Ariane Chemin

  • À l'automne 1963, deux inconnus grimpent la petite route en lacets qui mène au village de Sarrola, en Corse. Romain Gary, le héros de la résistance et de la littérature, épouse Jean Seberg, la star de la Nouvelle Vague, loin des paparazzis. De cette cérémonie secrète, il ne reste que deux photographies en noir et blanc, encore auréolées d'un parfum de secret et de maquis.

    1 autre édition :

  • À travers des événements significatifs et des personnages emblématiques, Ariane Chemin révèle la véritable physionomie d'une époque marquée par la fin des idéologies et le recul des partis traditionnels, la montée des intégrismes et le retour du religieux, la paupérisation d'une partie de la population, le réveil des thèses identitaires et l'émergence de nouveaux réseaux d'influence.
    Elle montre ce grand basculement en relatant des scènes, saisissant des séquences ou brossant des portraits plus évocateurs que bien des analyses. Dans un reportage sur le mariage à grand spectacle de deux personnalités du gotha socialiste, « La gauche à la noce », ou sur l'enterrement de Michel Rocard en présence de François Hollande, « Hollande et les cendres du rocardisme », elle illustre la fin d'une certaine gauche. Dans ses enquêtes sur Laurent Wauquiez ou François Fillon, elle dépeint les désarrois d'une droite piégée par ses contradictions. Ariane Chemin livre aussi les enquêtes qu'elle a menées sur le terrain, à Clichy sous Bois au lendemain des émeutes de 2005, à Marseille dans les quartiers Nord, et dans la région toulousaine à la rencontre de celui qui fut le « référent » des frères Merah. Elle consacre des pages saisissantes à un anonyme prénommé Rafael qu'elle appelle « l'inconnu de la Concorde », un SDF mort de froid en 2008.
    Son ouvrage nous offre enfin une galerie de portraits savoureux d'hommes et de femmes qui, chacun dans leur style, incarnent l'esprit du temps. D'Élisabeth Levy à Éric Zemmour, de Jean-Luc Mélenchon à Claude Lanzmann, de Michel Houellebecq à Jean D'Ormesson, c'est toute une époque qui nous est racontée de la façon la plus vivante et la plus perspicace.

  • Rue Larrey vécurent et passèrent deux prix Nobel et l'un des artistes les plus commentés du XXe siècle. Pendant plus de vingt ans, au 7e étage, l'insaisissable Marcel Duchamp loua un petit deux-pièces décoré par Picabia où il tirait sur sa pipe, préparait ses parties d'échecs, et recevait ses amours d'un soir, sous son grand manteau en fourrure. Au 5e étage, Paul Langevin, le physicien de génie, le fondateur de la Ligue anti-fasciste, y reçut le tout-Paris scientifique, les premiers résistants, mais aussi, à l'abri des regards et pas hélas des ragots, une Marie Curie qui dévalait de son labo rue d'Ulm jusqu'à la rue Larrey pour retrouver son amant. On chanta rue Larrey, on donna des bals masqués, on dansa et s'enivra d'alcools forts. On s'aima y compris durant ce mariage de quatre mois auquel s'était résolu Duchamp, en 1926, avant de divorcer sans drame. On y fut heureux malgré ces lettres postées d'Auschwitz et la mort tragique du gendre de Langevin, fusillé au Mont Valérien. On y espéra, à raison, le retour de Bernard, le fils de 17 ans cueilli dans sa chambre par la police de Vichy, entre deux cours au lycée Henri IV. Joyeux bastringue. Dans les escaliers se croisaient Man Ray, Brancusi ou Henri-Pierre Roché, le père de Jules et Jim venu à pied de chez lui, 99 boulevard Arago : défilé de fantômes gais dédaignant l'argent mais raffolant de Montparnasse, de Kiki et du Dôme, vénérant les grandes tablées du Boeuf sur le toit et cultivant l'amitié oisive.

  • Fleurs et couronnes

    Ariane Chemin

    • Stock
    • 6 Mai 2009

    Pourquoi on pleure, à l'enterrement de quelqu'un qu'on ne connaît pas bien ? Peut-être parce que, comme pour Georges Marchais, c'est la fin d'un monde qu'on ensevelit, et avec lui tant de vies gâchées et de rêves brisés sur lesquels les militants se retournent, ce matin de janvier 1996, dans le froid. On pleure aussi quand devant vous on enterre un demi-siècle de cinéma ou littérature, et que le chagrin prend alors les couleurs de la nostalgie. On pleure de voir pleurer et la femme qui aimait Gérard Brach, le scénariste qui ne s'aimait pas.

    Il y a des enterrements ratés, mais - chut ! - il ne faut pas le dire. C'est le genre qui veut ça : dans les colonnes des journaux, les chroniques mortuaires sont toujours plus douces que les portraits des vivants. Il y a des enterrements qui ne sont jamais finis, quand les cendres restent dans la théière, sur la table de la cuisine de Catherine Robbe-Grillet. Il y a des enterrements où l'on rentre autant sa colère que ses larmes, parce que c'est trop injuste, cette cérémonie sans Président, sans députés, sans ministres, alors que Maurice Kriegel-Valrimont, l'homme qui gît là sous le drapeau tricolore, a libéré Paris. Quand on voit toutes ces rosettes dont on couvre à l'Élysée ces gens qui n'ont rien fait !

    Souvent plus gaies qu'un pot de départ (ces nouveaux enterrements des temps de crise), les funérailles sont parfois aussi scandaleuses que sous l'Ancien Régime : chaque semaine on enterre dans l'ancien carré des indigents de Thiais des hommes sans nom. Les enterrements ferment la parenthèse d'un siècle, celui d'un dernier nabab corse dans une île qui se meure, mais auscultent aussi les valeurs de celui qui s'annonce.

  • La promo sciences-po 86

    Ariane Chemin

    • Stock
    • 29 Septembre 2004

    « Ils sont nés en 1962, ils ont fait Sciences-Po Paris en 1984, 1985 ou 1986, ils ont vaguement entendu parler de Mai 68 et ont longtemps attendu leurs événements à eux ; mais quand les étudiants descendent à nouveau dans la rue, à l'été 1986, c'est sans eux.
    À Sciences-Po, je les ai côtoyés ; eux ne se souviennent pas de moi, mais moi je les connais. Normal, je les vois tous les jours à la télé. Frédéric Beigbeder : à l'époque, il était le fiancé de Miss Sciences-Po et venait de fonder le Cacas's Club. Arnaud Montebourg : il tissait ses réseaux, nous énervait mais nous fascinait. Isabelle Giordano : elle arrivait en retard aux conf' parce qu'elle sortait des castings pour Trente millions d'amis. David Pujadas : quand il a été sacré roi du 20 heures, ç'a été la consécration de notre promo.
    Mais il y avait aussi des comiques, comme Anne Roumanoff, comme ceux du groupe Jalons, qui est né cette année-là. Basile de Koch et Frigide Barjot avaient encore leurs vrais noms et proposaient d'aller manifester contre le froid au métro Glacière.
    Et puis il y avait aussi des anonymes, pas moins intéressants, pas moins significatifs de cette génération bizarre, coincée entre celle qui a fait 68 et celle des trentenaires qui se moquent éperdument de la révolution et des lendemains qui chantent. »

  • A la recherche de milan kundera Nouv.

  • Le livre événement de cette fin d'année est une BD. Alexandre Benalla raconté par les deux journalistes qui ont révélé l'affaire.

    C'est l'histoire d'un presque inconnu, sans hommes ni parti, qui déjoue tous les pronostics et devient, à moins de 40 ans, Président de la République.

    C'est l'histoire d'un gamin de 25 ans, démerdard et astucieux, qui, en six mois de campagne, se rend indispensable, gagne l'Elysée et, le soir à 23 heures entre un whisky et un cigare, fait rire ou renseigne le Président.

    C'est une histoire de pieds-nickelés et de corneculs, d'amateurs et de barbouzes, de technocrates et d'escrocs dont aucun scénariste n'aurait osé imaginer l'enchaînement terrifiant et gaguesque : une Coupe du monde cachée dans le bureau du Président pendant que les joueurs la cherchent, des béliers face à une porte qui résiste, un sous-marin de paparazzi qui sert à transporter un coffre, deux copains sous contrôle judiciaire en grande conversation enregistrée, des passeports de service qui disparaissent et réapparaissent au Château...

    À la fin de l'histoire, un ministre de l'Intérieur démissionne, le stratège de l'Élysée s'en va, des tas de hauts gradés sont mutés. Mais l'affaire raconte bien davantage. Le tabassage de la place de la Contrescarpe inaugure des dérives répétées du maintien de l'ordre ; chacun des épisodes du feuilleton se retrouve au dos des Gilets Jaunes ; le Président se met à détester la presse.

    Voici l'histoire banale et pourtant extraordinaire d'un conseiller et de son Président.

    Tous deux journalistes du Monde, Ariane Chemin et François Krug, à l'origine de l'affaire, s'associent au dessinateur Julien Solé et publient sous forme de bande-dessinée le récit complet de ce feuilleton politique, de ses ramifications à ses derniers rebondissements, dévoilant à travers des scènes inédites l'envers désespérant, amusant parfois, souvent inquiétant d'un scandale qui n'a pas fini d'ébranler la Présidence Macron.

  • En apparence, c'est une ville Dans ses profondeurs, le monde d'aujourd'hui. Elle sert de décor aux spectacles de Jamel Debbouze Benoît Hamon croyait en faire son laboratoire présidentiel De Los Angeles, Omar Sy ne la quitte pas des yeux Le rappeur La Fouine fut l'un de ses dealers Parfois, Nicolas Anelka revient y frimer en Ferrari. On y croise aussi des profs héroïques, des imams, un prêtre, et des gamins à la tchatche d'enfer. Y rester, c'est accepter ses codes, ses interdits Pour briller, il faut en partir.
    Plus qu'une ville, c'est une communauté Attachante comme une famille Redoutable comme un clan.Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin montrent la réalité du communautarisme et l'énergie de celles et ceux qui le combattent. Laurent Joffrin, Libération.Un livre événement, qui se dévore au rythme haletant d'une série. Katell Pouliquen, Elle.

    1 autre édition :

  • Une journaliste adulée par la France entière.
    Un homme promis aux plus hautes destinées.
    Un couple à qui tout paraît sourire.

    Des amis devenus sourds et aveugles.
    Une cour de conseiller ambitieux.
    Un réseau de complices aux marges du pouvoir.

    Une insatiable frénésie de femmes.
    Une illusion collective, un scandale planétaire.
    Une histoire folle mais vraie.

    1 autre édition :

  • De la vie de couple à la grande politique il n'y a souvent qu'une feuille de papier. Dans cette enquête très informée les auteurs nous font pénétrer au coeur du mystère présidentiel : quelles fractures expliquent l'ascension de l'un et la glissade de l'autre ? Pourquoi celui-ci se radicalise-t-il ? Pourquoi celle-là entretient-elle les divisions autour d'elle ? Certaines blessures intimes expliquent-elles des choix politiques qui engagent le pays oe
    Un document exceptionnel riche en révélations.

  • Patrick Buisson fut le conseiller le plus influent de Nicolas Sarkozy. Son âme damnée, un oracle capable d'un coup de formule magique d'inverser la courbe des sondages. Mais son emprise s'étendait bien au-delà des grilles de l'Élysée, dans les couloirs des rédactions, au sommet des partis. Dans le sillage de cet idéologue d'extrême droite, une cohorte de bannis de la République a retrouvé la route du pouvoir.
    Après l'état de grâce, le chemin de croix : Pauline de Préval, sa muse, l'abandonne. Nicolas Sarkozy est battu à la présidentielle. Georges, son fils, se rebelle. Voilà Patrick Buisson rattrapé par un petit dictaphone caché dans une poche de sa veste.
    Qui tire les ficelles de ce roman d'espionnage où se croisent abbés de cour, journalistes dociles, Jeanne d'Arc belliqueuses et ministres courtisans ? Passions contrariées, confidences trahies, mais aussi revanche sur l'histoire, autant d'ingrédients qui façonnent le destin maudit de Patrick Buisson.

  • Un formidable document, remarquable travail de journalisme et d'investigation sur l'un des aspects les plus méconnus de l'ère Mitterrand.
    Par les révélations qu'il contient, par la qualité des personnes qui ont accepté de témoigner ce livre fera date et se révélera incontournable pour la compréhension de l'homme et de son action.

  • Patient zéro ; à l'origine du Coronavirus en France Nouv.

    Une enquête détaillée aussi fascinante que déconcertante.
    Le 25 février 2020, le service de réanimation de l'hôpital la Salpêtrière, à Paris, est sous le choc : Dominique Varoteaux, 61 ans, infecté par ce nouveau virus venu de Chine, vient de mourir d'une embolie pulmonaire massive. Au ministère de la Santé, c'est le branle-bas de combat : le « cas 17 » est la première victime française du Covid-19 qui, en Chine, a déjà fait 2700 morts. Ni lui ni ses proches ne reviennent pourtant d'une zone à risque, Chine ou Italie. Un peu plus tôt, un autre malade a lui aussi été testé positif. Les deux hommes ne s'étaient jamais croisés mais ils habitent tous deux dans l'Oise. Deux cas semblables dans la même journée, à quelques kilomètres de distance... En quelques heures, ce département du nord de Paris devient le premier cluster français du coronavirus et ses habitants des pestiférés. Alors que tous les médias français se ruent dans l'Oise, les épidémiologistes et les services du ministère de la Santé se lancent dans un défi quasi impossible : remonter la piste du patient zéro, ce porteur du virus qui, sans le savoir, a introduit la Covid-19 dans l'Oise et contaminé la France. Un vrai travail de détective.
    Basé sur une enquête journalistique minutieuse, Patient zéro est le récit documenté des débuts de la contamination en France, qui prend au fil de la lecture des allures de polar... Malades, familles, soignants, élus, chercheurs, racontent aussi la panique, les ratés et la mobilisation face à ce virus qui a bouleversé la vie des Français. Avec habilité et dans un langage dessiné parfaitement maîtrisé, Renaud Saint-Cricq et Nicoby, accompagnés des grandes reporters du Monde Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, nous emportent dans les coulisses de l'une des plus graves crises sanitaires de l'histoire.

  • «L'élu socialiste semble fasciné par l'enfant, s'adresse à elle comme s'ils étaient seuls au monde. Une journaliste, amusée, s'interroge : "Mais qui est donc cette petite fille ?"» Pourquoi François Mitterrand cherchait-il à se montrer «chébran» pendant les années SOS Racisme ? Pourquoi la France entière connaît-elle Latche et n'a jamais entendu parler de Souzy-la-Briche ? Qui est cette femme mystérieuse qui a inspiré au Président la pyramide du Louvre ? Cette passionnante enquête restitue la dimension cachée de la vie de François Mitterrand. Elle montre avec précision l'incroyable ampleur du dispositif mis en place pour protéger Mazarine et Anne Pingeot.
    Une très belle histoire d'amour, mais aussi un terrible secret d'État.

  • C'est au coin de l'avenue des Champs-Elysées que Nicolas Sarkozy a fêté sa victoire. Sa femme a choisi le Fouquet's, vieux repère clinquant de la renommée. Ce soir-là se trouvaient réunis autour de lui des fortunes colossales, des patrons de presse, des vedettes, le box-office. Ce sont les amis du président. Ils disent beaucoup de lui et de ce qu'il fera demain.

    En une nuit, un lieu, une affiche, s'est écrite la scène primitive du sarkozysme.

  • Patrick Buisson fut le conseiller le plus influent de Nicolas Sarkozy - son âme damnée. Mais son emprise s'étendait bien au-delà des grilles de l'Élysée : au sein des ministères, dans les couloirs des rédactions, au sommet des partis. Dans le sillage de cet idéologue d'extrême droite, une cohorte de bannis de la République a retrouvé la route du pouvoir.
    Après l'état de grâce, le chemin de croix : Pauline de Préval, sa muse, l'abandonne. Georges, son fils, se rebelle. Nicolas Sarkozy est battu à la présidentielle. Rattrapé par un petit dictaphone caché dans sa poche, Patrick Buisson se retrouve au coeur de l'affaire des écoutes de l'Élysée. De courtisé, il devient infréquentable.
    L'homme de l'ombre n'a pas pourtant pas disparu. Proche d'Éric Zemmour et de Philippe de Villiers, inspirateur de Laurent Wauquiez, il continue de diriger la chaîne Histoire et n'a qu'une idée : se venger de Nicolas Sarkozy en provoquant sa chute, faire exploser la droite pour la reconstruire à sa manière : unie, identitaire et catholique.

    Édition augmentée Ariane Chemin et Vanessa Schneider sont grands reporters au Monde.

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