Bernard Baertschi


  • depuis quelques décennies, les progrès de l'imagerie cérébrale (scanners et résonance magnétique) ont permis un développement sans précédent de notre connaissance du cerveau.
    comme souvent, les avancées scientifiques et les applications qu'elles rendent possibles soulèvent des questions éthiques fondamentales. leur enjeu apparaît ici d'autant plus décisif qu'elles concernent un organe qui symbolise pour beaucoup la personne elle-même : mieux connaître le cerveau, c'est mieux nous connaître : et agir sur lui, c'est agir sur notre identité. jusqu'où pouvons-nous et devons-nous aller ? au-delà des problématiques proprement éthiques, le domaine de la neuroéthique s'étend à des questions philosophiques fondatrices, que les neurosciences renouvellent en profondeur : la nature de l'être humain, les rapports de l'âme et du corps, le libre arbitre ou l'identité personnelle.
    cet ouvrage est principalement consacré à quatre de ces questions : le rôle. classiquement dévalorisé par les philosophes, des émotions dans nos décisions morales : la place de la responsabilité et de la liberté individuelles à l'épreuve du déterminisme cérébral : l'observation des états mentaux à travers la neuro-imagerie qui réactive un vieux rêve, lire dans l'esprit : et enfin l'amélioration des capacités humaines que promettent les médicaments du cerveau.
    en soumettant les neurosciences à l'examen philosophique et, réciproquement, en étudiant en quoi leurs avancées nous obligent à repenser nos conceptions morales, cette réflexion solidement argumentée évite à la fois un refus de principe et un enthousiasme naïf.

  • Depuis quelques années, les neurosciences connaissent un développement foudroyant, grâce notamment à l'imagerie cérébrale. D'où l'essor de la neuropsychologie, faisant naître l'espoir d'une meilleure connaissance du fonctionnement de l'esprit humain et de nos capacités morales (neuroéthique).Ce livre est consacré à l'examen de trois questions éthiques que cet essor a renouvelées.La première est celle de savoir quelle est la «vraie» éthique normative. L'utilitarisme et le kantisme s'affrontent depuis longtemps au plan philosophique. Des études récentes en neurosciences ont amené certains auteurs à soutenir que l'utilitarisme serait meilleur, en ce sens qu'il serait la conception la plus adéquate pour diriger notre conduite. Mais est-ce vrai ? Des études expérimentales peuvent-elles avoir un impact aussi décisif ?La seconde concerne le statut moral des êtres humains qui paraissent ne pas posséder les facultés psychologiques nécessaires à l'exercice de la morale. La question est ancienne, pensons à l'épineux problème du statut moral des embryons ou des patients en état végétatif. Récemment, on s'est demandé si les psychopathes étaient capables d'un comportement authentiquement moral. Si ce n'est pas le cas, quel impact cela aurait-il sur leur statut moral ?La dernière est celle de la portée morale de certains traits de la psychologie humaine. L'être humain ne se comporte pas toujours de manière correcte, et il existe des situations où il est important de le détecter. Ainsi, l'imagerie cérébrale a récemment été proposée pour identifier les menteurs. Peut-on faire confiance à cette technologue ? Et puis, si nous sommes souvent moralement déficients, ne devrait-on pas utiliser les neurosciences pour nous améliorer moralement ?Bernard Baertschi est Maître d'enseignement et de recherche à l'Institut d'éthique biomédicale et au Département de philosophie de l'Université de Genève. Il a notamment publié La valeur de la vie humaine et l'intégrité de la personne (PUF, 1995), La neuroéthique (La Découverte, 2009) et La vie artificielle. Le statut moral des êtres vivants artificiels (CENH, 2009).

  • Oppose aux notions d'obligation morale (dans une perspective dontologique ou kantienne) et de bien-tre (dans la tradition utilitariste) une conception de la vie heureuse, d'inspiration aristotlicienne. Cette conception permettrait, d'aprs l'auteur, de mieux aborder les questions de biothique et d'ventuellement les rsoudre.

  • La dignité est l'une des notions éthiques aujourd'hui les plus sollicitées, particulièrement lorsqu'il est question des biotechnologies. Mais si elle est très souvent invoquée, il est difficile de savoir quel sens précis lui est donné. Il est donc nécessaire, si l'on veut éviter d'en rester à une éthique des " bons sentiments ", d'en clarifier la signification. C'est là une tâche complexe, en ce que ce concept a une double référence, à l'éthique d'une part (la dignité doit être respectée) et à l'anthropologie ou à la métaphysique d'autre part (la dignité est attachée à ce qu'est l'être humain). Bref, la dignité est une notion philosophique placée à la charnière de l'éthique et de l'anthropologie, entre ce qui doit être et ce qui est. Ayant élucidé le sens et la portée du concept de dignité, Bernard Baertschi examine ensuite si les biotechnologies contemporaines (le génie génétique, la procréation médicalement assistée, le clonage et les xénotransplantations) respectent ou non la dignité de l'être humain.

  • La possibilité d'obtenir des embryons in vitro a permis à des millions de personnes à travers le monde d'accéder à la parentalité. Pour autant, maîtriser la production de l'embryon en laboratoire a engendré de nombreuses questions. La FIV est-elle fiable ? Que faire des embryons non implantés ? Quels soins et quels devenirs pour eux ? La recherche en santé humaine peut-elle bénéficier de ces embryons ?
    En s'appuyant sur l'état des connaissances actuelles, ce livre répond à toutes ces questions - et à bien d'autres. Il brosse un panorama à la fois scientifique, juridique, éthique et - surtout - objectif de cet épineux sujet. Il offre ainsi un regard original et parfaitement actualisé sur l'embryon humain, et formule des propositions concrètes susceptibles d'éclairer les débats à venir dans le cadre des prochaines révisions de la loi de bioéthique.

  • La collection est dirigée par Monique Canto-Sperber, directeur de recherche au CNRS. Elle contribue à redéfinir la philosophie morale comme discipline de recherche pour permettre une meilleure intelligence des problèmes et des inquiétudes de notre temps. Elle diffuse les travaux des auteurs anglo-saxons.

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