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  • Un charme intemporel s'opère, quand, après avoir traversé Thérouanne et longé la vallée de la Lys, le visiteur entre en ville. Aucun indice, aucune échappée ne dévoile alors au découvreur néophyte, l'existence d'une place centrale. Soudain, un décor grandiose apparaît. Les tours du beffroi et de la collégiale dessinent une perspective digne d'Oxford ou de Gand. La façade de l'hôtel de ville, tel un rideau de scène démesuré, souligne la base de la place triangulaire. De chaque côté, les alignements des hautes façades des immeubles aux pilastres ordonnancés, s'ouvrent comme deux bras tendus. Ainsi, le regard est-il dirigé vers le fronton de l'hôtel de ville orné, à l'origine, des symboles majestueux de la royauté ! En choisissant Héroguel pour la nouvelle construction du beffroi et de l'hôtel de ville, Louis XIV affirme son pouvoir sur une cité qui n'était redevenue française que depuis deux ans. En 1715, à la mort du roi, les échevins et les bourgeois d'Aire veulent être, eux aussi, à l'heure de Versailles.

  • En 1600, la construction du Corps de garde, magnifique reflet de la gloire communale airoise, symbolise en cette fin du XVIe siècle, l'élan civilisateur de la Renaissance. Les tableaux sculptés de l'attique présentent les éléments, les vertus théologales et cardinales ; la frise médiane, aux métopes somptueuses, offre ses motifs guerriers et bourguignons. Les fins pilastres cannelés qui rythment les façades en brique et pierre, les tympans luxuriants des fenêtres, la colonnade délicate et déliée de la galerie promenoir composent une harmonie architecturale digne d'un palais vénitien... Et pourtant, ce ne fut qu'un bâtiment militaire municipal ! Pendant quelques décennies, il abritera le bailli et son tribunal et, au hasard des décisions administratives, il hébergera la Justice de Paix, l'Octroi et l'Office de Tourisme. Mais auprès des Airois, il a gardé, pour le prestige, son nom de Bailliage.
    Chef d'oeuvre de la « Renaissance flamande espagnole », le corps de garde d'Aire-sur-la-Lys surprend toujours le visiteur. Sa subtile élégance rivalise avec la monumentalité du beffroi, inscrit depuis 2005 au Patrimoine mondial de l'humanité.

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