Gérard Boutet

  • Depuis plus de vingt ans, Gérard Boutet bat les campagnes afin de collecter de précieux témoignages sur la vie d'autrefois.
    Le quotidien, alors, c'était aussi ce qu'il y avait dans le verre et l'assiette. Gérard Boutet se devait d' évoquer le boire et le manger de naguère. Nos Grands-mères aux fourneaux propose plus de 200 recettes qui fleurent bon le terroir, directement inspirées des habitudes culinaires de jadis. A ces secrets de bonnes femmes s'ajoutent de succulentes anecdotes, grains de sel indispensables à l'assaisonnement de certains mets quasi-légendaires.
    Le livre se déguste de plusieurs manières, selon qu'on hume le fumet de la marmite, ou qu'on goûte la savoureuse écriture de l'auteur.

  • Les derniers rescapés des métiers d'autrefois se sont changés en précieux témoins d'une société traditionnelle dont nous sommes tous issus.
    Ce sont quelques uns de ces personnages avisés et rares, le sourcier, le grèsier, le boutonnier et d'autres, que gérard boutet nous présente ici.

  • Décisifs. Il est superflu de rappeler qu'au théâtre des Illustres Figures, les drames, comme les comédies, se jouent davantage en coulisse que sur scène. Les exemples ne manquent pas. Ainsi, sans l'inconstance de certaines belles endormies, la plupart de nos princes charmants n'aurait jamais cherché noise à leur entourage.
    De même, sait-on qu'avant d'ensanglanter les champs de bataille, bien des guerres en dentelle furent déclarées au secret des alcôves royales. Mais les historiographes patentés ne sauraient se faire l'écho de ces turpitudes inavouables. Aux manigances d'antichambre, piteuses débandades et bassesses lamentables, ils préfèrent les hauts faits, les éclatantes victoires et les glorieuses postures.

  • Gérard boutet est né d'une famille dont l'histoire se confond avec celle d'un terroir.
    Ses aïeux vécurent tous dans le même village du coeur de la france, dans la maison ancestrale qu'il habite toujours. il est le dernier maillon d'une longue chaîne de paysans et c'est tout naturellement qu'il rend hommage aux gens des champs qui l'ont précédé. ces laboureurs, ces artisans, ces glaneuses, ce sont les personnages qui ont peuplé son enfance. il témoigne de leurs besognes modestes, parfois difficiles ; il peut évoquer leurs joies et leur bonheur de vivre, sans pour autant sombrer dans un passéisme trompeur.
    On ne va droit que si l'on sait d'où l'on vient. près de 200 métiers d'autrefois sont évoqués par gérard boutet dans sa série "les gagne-misère".

  • Sept vieillards se souviennent de l'ancien temps, quand ils n'étaient encore que des gadouillots, et un conteur les écoute.
    A travers leurs souvenirs, c'est tout un village d'autrefois qui renaît, qui s'anime et qui revit. Les vendanges succèdent aux moissons, on s'apprête à tuer le cochon dans l'attente de la batteuse, le feu des veillées crépite dans la cheminée... Prêtez l'oreille à votre tour : vous entendez déjà le marteau du maréchal-ferrant qui rebondit sur l'enclume de la forge. C'est le coeur du village qui se remet à battre !

  • C'était, je m'en souviens, un lundi de la mi-septembre 1781. Nous venions de croiser deux cavaliers. « Méfiance ! » grommela Grand-père qui se gardait des visages inconnus. Et, chemin faisant il me raconta que le secret des caillouteurs avait souvent excité de méchantes curiosités. Que je vous dise ! Les caillouteurs extraient des rognons de silex qu'on nomme les chailloux.
    Ces chailloux, aussi gros que les melons, ils les débitent ensuite en pierres à fusil. Or, les pierres à fusil, croyez-moi, ça vaut presque son pesant de pierreries, à cette heure.

  • Subtil jus de la treille, sur quels tons n'es-tu pas louangé ? Mais l'enivrant nectar n'est un bienfait de la nature que par la science de l'homme : son élaboration nécessite un savoir séculaire.
    Le vigneron " élève " ses cuvées au secret d'une cave, tel un alchimiste dans son antre. Il y a de la magie dans la transmutation d'un verjus en un vin gouleyant.

  • Ce livre est un coffret rempli d'émouvants souvenirs liés, par l'image et la mémoire, aux mariages de naguère. Convoler était un engagement que nul ne prenait à la légère. Pour les "épouseux", l'aventure ne se limitait pas au plus beau jour de la vie. En accompagnement des documents qui parlent d'eux-mêmes sans dire tout, Gérard Boutet évoque les intrigues sentimentales, les manoeuvres de séduction, les espiègleries entre promis et promises, les rites infaillibles qui permettaient d'enflammer le coeur d'une belle, les précautions par lesquelles un soupirant s'attachait les faveurs de sa bien-aimée... Durant la noce, les invités ne manquaient jamais d'égayer l'événement en multipliant les facéties. Ces clichés d'hier, ces historiettes gentiment contées, ces traditions ressuscitées composent un témoignage d'une étrange valeur, celle d'un temps pas si lointain où un couple, après ses serments à la mairie et devant Monsieur le curé, formait un ménage indissoluble. Car on s'unissait alors dans l'espérance du meilleur et la résignation du pire, sans imaginer que le destin pourrait y changer quelque chose.

  • Durant l'été 1724, au pire des chaleurs orageuses, la dépouille d'un homme est déterrée, étripée, salée. Puis, en dépit des abominables relents de putréfaction qui s'en dégagent, on la traîne par les chemins de la paroisse, accrochée à l'arrière d'une charrette, avant de l'exposer devant l'auberge du village. Ainsi passe la justice du Roi. Elle supplicie la mémoire d'un vieil huguenot dont le crime, à l'article de la mort, fut de n'avoir point renié ses convictions religieuses. Ce châtiment effroyable est le dénouement de l'affaire Moïse Gréjon qui suscita, à l'époque, un vif émoi dans le pays. Gérard Boutet - qui descend à la fois du martyr posthume et d'un des délateurs - ressuscite ce « procès à cadavre » dont sa famille fut doublement marquée.
    Ces pages terribles reposent sur des faits authentiques. C'est l'intolérance de tous les temps, quels que soient les croyances et les prétextes, qui s'y trouvent mises en accusation. Au-delà de l'anecdote macabre, le livre renvoie à un fanatisme qu'on voudrait éteint à jamais.

  • Au printemps 1726, au début du règne de Louis XV, deux couples de paysans - les ancêtres de l'auteur - s'éloignaient de leur province, l'Orléanais, pour se rendre à Tournai, au-delà des frontières du Nord, dans le but de s'y marier selon leur religion. Ils étaient protestants. Pareil déplacement enfreignait la loi. Ils allaient en sabots, couchant ici sous une grange, là dans une maison sûre, mais toujours se cachant des délateurs et des argousins. Ils couvrirent, en vingt et un jours, deux cent vingt-cinq lieues, soit quotidiennement cinquante de nos kilomètres. À leur retour au pays, les tracasseries rancunières, constamment attisées par le curé du village, tournèrent vite au drame. Leur existence devint un enfer.

  • Aucun romancier n'aurait osé imaginer la vie d'un person- nage aussi étonnant que bernard de la serre. cette fois encore, la réalité dépasse la fiction !
       Fils d'un modeste métayer du béarn, bernard de la serre est né en 1646. rien ne le disposait à vivre de telles tribu- lations. Qu'on en juge plutôt !
    Après le séminaire où on l'a placé de force, il devient cha- pelain du régent d'Espagne, ce qui constitue déjà un avancement prodigieux. les épisodes qui suivent ne sont pas moins surprenants.
    L'abbé est capturé par les Barbaresques du Maroc, dans les bagnes desquels il croupit pendant cinq années.
    Racheté par les Trinitaires, il regagne la France où il ob- tient un confessionnal en l'église saint-roch, à paris.
    C'est là que, dix années durant, il devient le directeur de conscience de Monsieur, le frère de louis XiV. or, de conscience, monsieur n'en a guère. les scandaleux secrets que détient l'abbé de la serre lui valent d'être re- légué en une paroisse reculée de l'orléanais - l'envoyer dans la lune n'aurait pas été pire.
    Perdu dans l'immensité de la beauce, le prêtre sent se réveiller ses origines béarnaises, fortement teintées de calvinisme. le voilà qui accepte de marier les protestants des alentours. ce crime abominé lui cause quelques alarmes, sans pour autant le détourner de sa complai- sance envers les huguenots.
    Le chanoine bégon, cousin des colbert, jure la perte du fraudeur, qu'il dénonce au marquis de pontchartrain. le cas devient une affaire d'État. l'abbé de la serre est saisi au corps, embastillé, condamné aux galères à per- pétuité. il meurt à 61 ans, dans les fers de l'arsenal de Toulon, en 1707.
    Ce personnage haut en couleur était connu des historiens et des généalogistes, mais le manque de documents em- pêchait d'approfondir les recherches. l'affaire dite « du curé de Nids » restait une énigme.
    Gérard Boutet a eu une chance inouïe : celle d'exhumer des archives judiciaires jusqu'alors inédites. Ainsi a-t-il pu mener une véritable enquête policière et reconstituer l'iti- néraire de ce prêtre atypique. il s'est déplacé en béarn, en castille, en mille endroits où bernard de la serre s'était aventuré.
    Le livre qui en résulte ne pouvait que prendre le ton d'un roman picaresque.

  • La rivière est belle, pour qui flâne dans le verdoiement estival de ses berges.
    Le pêcheur du dimanche s'abandonne au murmure des joncs, au clapotis de l'onde ; la baigneuse s'alanguit sous la caresse du courant qui lèche la plage. Mais, gare ! La rivière s'enfle parfois de terribles colères. Brusquement gonflée par les neiges d'amont, la voici qui s'échappe de son lit. Elle submerge les gués, elle ronge ses îles. Elle emporte les ponts, les moulins, les gabares. Ce n'est qu'après plusieurs jours de folie que, effrayée de son audace, elle fait mine de se raisonner.
    Elle se retire alors, penaude et sale, dans la coulée qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Elle redevient caressante et soumise, mais elle demeure insaisissable. Et pourtant, l'eau se fait délicieusement fraîche, au plus ardent de l'été, quand elle s'écoule de la claire fontaine en un filet cristallin. Elle a un goût de paradis terrestre quand les enfants y barbotent près de jolies ondines aux seins délicatement ambrés.
    Plus que jamais, dans ces moments-là, l'eau symbolise le besoin vital, le bonheur essentiel, le bien-être absolu. La vie, simplement.

  • La lessive était un temps fort dans la vie des campagnes.
    La corvée se produisait deux fois l'an au printemps et en automne. C'était l'époque des lourdes armoires bondées de draps, de linge, de chemises. C'était aussi, les jours de "buée", la période où les lavoirs bruissaient de la médisance des lavandières et du caquetage des " poules d'eau ".

  • Si la ronde des saisons décidait de l'ordre des travaux, c'était sur le pas lent et lourd des attelages que, naguère, se réglait la marche des campagnes.
    Une allure mesurée n'était pas confondue avec la nonchalance. Les paysans n'ignoraient point qu'ils devaient ménager leurs bêtes de trait pour aller loin et en profiter longtemps. Les artisans savaient qu'en fin de compte, ils ne gagnaient pas de temps à précipiter l'ouvrage qu'ils s'étaient engagés à fournir. En notre époque où les événements s'emballent souvent, où l'on ne fait que courir sans rien rattraper, sinon de menues satisfactions vite dépassées, il serait bon, quelquefois, de s'arrêter un moment et de souffler.
    On pourrait alors se demander à quoi sert de se hâter puisque, de toute façon, on s'usera sur le chemin avant d'en atteindre la fin.

  • Voici la vie quotidienne de sept paysans bien de chez nous, qui nous parlent de leur " village à l'heure allemande ".
    L'ennemi occupe de nouveau le pays. Sa présence en dérange beaucoup, mais certains s'en accommodent... Sept paysans qui racontent tout, en vrac les premiers morts de 40, l'exode, l'accueil des premiers fugitifs, la solidarité, les imprudences, les rancunes, et ces mille petits détails qui donnent une dimension inattendue aux événements de l'Histoire officielle. Ce qui frappe dans ces récits, c'est leur aspect " chronique de la vie ordinaire ", qui les rend universels.
    C'est aussi la sensibilité d'un écrivain qui, par ses qualités d'écoute et d'écriture, jette un pont entre les générations.

  • Un nouvel auteur, Jerry Josnes ?
    Pas tout à fait. Dans les années 70, il était un de ces polardeux publiés dans une collection dite « de gare ». Parti sans laisser d'adresse à la suite d'on ne sait quel déboire, il a fini par se faire oublier, lui et ses bouquins. On ignore ce qu'il est devenu. Nul ne peut dire où il vit, ni comment. C'est par hasard, l'autre jour, que Gérard Boutet a remis la main sur plusieurs manuscrits laissés par son ami d'autrefois. Il les a lus et, ravi de leur écriture enjouée, s'est promis de les faire éditer.
    Ce premier roman restitue toute une ambiance surannée, qui n'a rien de commun avec l'époque actuelle. Les ordinateurs ressemblaient à des armoires blindées ; on ne parlait pas du minitel, d'Internet encore moins. Inconnus, les portables : il fallait trois mois pour obtenir le téléphone. Le cinoche en technicolor résistait vaillamment à une télé parcimonieuse qui venait de colorer sa deuxième chaîne. Dans la rue, les bourgeois en costard-cravate se rinçaient l'oeil sur les minijupes des minettes. L'avenir promettait des lendemains qui chantent, avec du boulot pour chacun...
    À travers une intrigue à rebondissements, Flic flaque est une invitation à flâner dans un monde que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître.

  • Découvrez Contes braconnes par les bois de Sologne, le livre de Gérard Boutet

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