Marc Alyn

  • Le piéton de Venise

    Marc Alyn

    Marc Alyn est un amoureux de la Sérénissime où il se rend régulièrement. De ses nombreux séjours, saisissant la quintessence, il offre ici une Venise vivante, habitée et sensuelle, qui regorge de saveurs et de rencontres. Dans les églises, sous les porches, au coin des canaux, dans les palais, marc Alyn nous donne accès à une Venise secrète, celle des arcanes du tarot et de la vie cachée des Vénitiens. Sept voyageurs transfigurés accompagnent ce périple dans la Cité : D'Annunzio, Brodsky, Wagner, Byron, le baron Corvo, Corto Maltese et Ezra Pound. Avec vigueur et style, Marc Alyn renouvelle l'approche et la sensibilité à l'égard d'une ville tant parcourue et magnifiée sous toutes ses formes dans la littérature.

  • T'ang Haywen (1927-1991), calligraphe de l'invisible d'origine chinoise, ayant vécu à Paris dès 1948, recréait inlassablement le monde d'un pinceau à la fois délicat et puissant. Ce fut un prince en exil voyageant incognito et ne possédant que son oeil de phénix pour édifier un univers d'encre et de merveilles. Ainsi élaborait-il d'éblouissantes cosmogonies dans son modeste atelier de Montparnasse. C'est là que je lui rendais visite, au seuil des années soixante, tout au bonheur de le regarder peindre avec des mines de chat somnambule. Notre amitié dura jusqu'à son décès survenu à 64 ans. « La mort, m'avait-il confié avec un sourire énigmatique, ne met pas fin à nos rêves ».
    En effet, depuis sa disparition, son oeuvre, de plus en plus visible à travers le monde, fait peu à peu de lui l'un des artistes marquants de la modernité aux côtés de Zao Wou-Ki et de Chang Dai-Chien.

  • « De retour à Reims, au lendemain de la Nuit de la Poésie, enrichi de quelques amitiés neuves, mais toujours désargenté, j'obéis à la voix qui m'incitait à rentrer en moi-même, où le poème m'attendait. J'avais retrouvé, en marge de ma famille ombreuse et turbulente, la chambrette près du vieux tilleul - ma coquille, mon île - et là, j'écrivais. Assis à mon étroite table sous la lampe éclairant chichement le blanc de la feuille, je m'interrogeais sur le temps, jardin suspendu au-dessus du vide dont nous sommes à la fois les invités et les captifs.
    Fruit de ce questionnement intérieur, Le Temps des autres vit le jour. En 1956, Pierre Seghers le fit paraître sous une couverture rouge avec titre en retrait sur fond blanc. Ce recueil connut une destinée singulière : plusieurs fois réédité puis traduit en japonais avant d'être récité ou chanté par Jean-Louis Trintignant, Serge Reggiani et Marc Ogeret. Quelques mois plus tard, le 18 mars 1957, le prix Max Jacob couronna le livre, procurant à son auteur une aveuglante notoriété.
    N'ai-je pas vingt ans le jour même ? Dans les salons dorés de l'hôtel Meurice, sous le crépitement du magnésium, je reçus l'accolade des monstres sacrés: Paulhan, Cocteau, Salmon, Supervielle, Mac Orlan, qui composaient le prestigieux jury.

    Un cliché reproduit dans la presse fixa cet instant initiatique: Cocteau levant sa coupe de Dom Pérignon à la santé de « ces forces redoutables : génie/jeunesse qui, de loin en loin, s'associent pour créer ce scandale - un poète. » Pareil au voyageur frappé par la foudre, je titubai à la fois de crainte et de soulagement, tandis que Salmon m'invitait à boire le coup entre affranchis à Montparnasse. »

  • Approches de l'Art moderne

    Marc Alyn

    Dans ces approches de l'art moderne, qui forment aux yeux de l'auteur une galerie fabuleuse, on trouvera des portraits de peintres, de sculpteurs, mais aussi de plasticiens composant des poèmes, de poètes tentés, voire tourmentés, par l'expression picturale qu'ils considèrent comme un prolongement de leur « cri écrit », pour reprendre un titre de l'un d'entre eux, Jean Cocteau. « Moi aussi je suis peintre ! », s'exclamait déjà Apollinaire au seuil de ses Calligrammes, dessins réalisés avec pour matière première les mots.
    À partir du surréalisme, chaque artiste se veut un aventurier de l'esprit à l'affût, non de la beauté, mais en quelque illumination extrême s'achevant en désintégration. Hiroshima est partout dans les têtes, au même titre que l'holocauste. La folie, le suicide, l'overdose éblouissante demeurent des éléments incontournables de la quête. Chacun tend au flash, au satori mystique, à la fusion avec le Rien primordial. C'est ce que Bataille nomme « l'expérience intérieure » et Michaux la « connaissance par les gouffres ».
    Les femmes - jadis « muses », maîtresses ou esclaves - deviennent des artistes à part entière. En témoignent les chefs d'oeuvre de Remedios Varo, de Kay Sage et de Leonora Carrington, qui administrent la preuve éclatante de la percée triomphale des créatrices enfin sorties de leur ghetto.

  • Les alphabets du feu

    Marc Alyn

    Au centre des Alphabets du Feu rutile et palpite l'Orient que l'auteur a longtemps parcouru en quête des sources oubliées de l'écriture. Du tombeau d'Ahiram, où sont gravées les lettres-mères de notre alphabet, au monumental escalier solaire de Baalbek dont les degrés montent à l'assaut du ciel, le poète retrace la prodigieuse saga de civilisations abolies. L'odyssée intérieure du recueil constitue, en définitive, un périple initiatique, au terme duquel nous accédons à la « chambre secrète » de l'origine retrouvée.

  • Marc Alyn entre en poésie par un coup d'éclat, en 1957, recevant dès l'âge de 20 ans le prix Max Jacob pour Le Temps des autres (Seghers).
    Critique littéraire et fondateur de la collection " Poésie/Flammarion ", il consacre des essais à Gérard de Nerval, François Mauriac, Dylan Thomas, André de Richaud, Norge et Lawrence Durrell. Volontairement éloigné de la vie littéraire, à Uzès, il voyage en Orient, notamment dans le Liban en guerre, et ne revient à Paris qu'en 1987, publiant sa trilogie Les Alphabets du Feu. Par la suite, il élargit et renouvelle son oeuvre, recevant en 2007 le prix Goncourt de la poésie.
    Cette anthologie personnelle regroupe un large choix de poèmes écrits entre 1956 et 2011.
    />

  • Léonard de Vinci le qualifiait de " vrai chef d'oeuvre ". Est-il vrai que Dieu créa l'homme afin d'en faire cadeau au chat, lequel eut la bonté de ne pas le croquer ? Un chat, fût-il sans nom, n'est jamais n'importe qui. De la déesse Bastet à tête de chat de l'Égypte ancienne, qui assure, en luttant chaque nuit contre le Serpent, le retour du Soleil, jusqu'au chat domestique contemporain, croqué par les dessinateurs humoristes, tous les chats ont ici leur place.
    Doué de pouvoirs énigmatiques, le chat fascine par son mélange unique de détachement et de vigilance. Comment ne pas voir en lui une créature magique, frontalière des univers invisibles où elle va et vient à sa guise, se livrant à de fantasques contrebandes ? Ne dispose-t-il pas de sept âmes et de neuf vies ?
    Le monte-en-l'air à la patte subtile, familier de nos toits qu'il arpente avec une assurance de fil-de-fériste, sait garder en toute circonstance élégance et dignité. C'est le Chat dans toute sa splendeur et son mystère. On connaît ses façons d'illusionniste : il apparaît soudain et, désormais, on ne voit plus que lui, mystique gris ou clochard de sang bleu.
    Marc Alyn nous offre ici un hymne à la gloire du félin, un voyage littéraire et artistique en terre matoue. Le lecteur y rencontrera le matagot enrichissant son maître endormi, le roi des chats et les greffiers de Venise aux ordres de Corto Maltese.

  • - Marc Alyn vient de recevoir la Bourse Goncourt de la Poésie-Adrien Bertrand 2007, après Philippe Jaccottet, Andrée Chédid et Claude Esteban.
    - Un poète reconnu depuis plusieurs décennies, figurant dans de nombreuses anthologies.
    - Première édition de ses poésies complètes.
    Marc Alyn est né en 1937 à Reims. Auteur d'une oeuvre considérable, il a publié trois livres aux éditions Bartillat : Le Piéton de Venise (prix Henri de Régnier 2005), Paris point du jour (2006), Approches de l'art moderne (2007). À vingt ans, Marc Alyn reçoit le Prix Max Jacob pour son recueil Le Temps des autres. La reconnaissance est immediate. Il est édité chez Seghers, grand éditeur de poésie.
    François Mauriac ne manque pas de le saluer dans son Bloc-notes. En 1973, il reçoit le prix Apollinaire pour Infini au-delà. Il fonde Poésie Flammarion. Pour son oeuvre poétique, il reçoit le Grand Prix de Poésie de l'Académie française et le Grand Prix de Poésie de la Société des gens de lettres. Son oeuvre est marquée par différentes influences : le surréalisme, l'onirisme ou la mystique, sans que l'humour soit absent. Il est considéré comme un grand poète de notre temps. Certains de ses poèmes figurent dans de nombreuses anthologies. L'occasion de revenir sur un jeune poète prodige qui connaît une nouvelle vigueur en ce début de XXIe siècle.

  • Quand je dis je, lequel de mes moi se profile ? Tout est plusieurs. Où est mon corps enseveli entre les mots ? Je me regarde avec les yeux de l'autre, le colocataire de ma peau. Dois-je penser crypté pour tromper la vigilance de ce geôlier lui-même incarcéré en tête à tête avec l'alter ego, doux étrangleur promis à l'échafaud ? L'avenir me réveille en sursaut. Encore heureux si mon portrait grossièrement trafiqué ne figure pas à la une des journaux pour quelque délit perpétré durant mon sommeil ! Par chance, des senteurs de filin, de goudron, de varech me halent dans le matin, et je goûte furtivement à mon âme de sel, d'étrave, de requin mystique. Ai-je contenu un instant l'éternité en mouvement du Large, moi qui d'une larme déborde ? Une voix usagée, rafistolée de trous, de plaies, de bosses, tente de s'emparer sournoisement de mon verbe ; je lui oppose cette écriture de nomade capturée par le devenir, et qui s'évade vers le Grand Nulle Part sans répondre aux sommations. Je dérobe au voleur mon bien ; j'en fais l'aumône à l'étranger intime qui se tait, riant de m'effacer. La parole revient sur le lieu de son crime, mais ne retrouve rien : on a guillotiné par erreur la victime prise pour l'assassin.

  • Pieton de venise

    Marc Alyn


    marc alyn est un amoureux de la sérénissime où il se rend régulièrement.
    de ses nombreux séjours, saisissant la quintessence, il offre ici une venise vivante, habitée et sensuelle, qui regorge de saveurs et de rencontres. dans les églises, sous les porches, au coin des canaux, dans les palais, marc alyn nous donne accès à une venise secrète, celle des arcanes du tarot et de la vie cachée des vénitiens. sept voyageurs transfigurés accompagnent ce périple dans la cité : d'annunzio, brodsky, wagner, byron, le baron corvo, corto maltese et ezra pound.
    avec vigueur et style, marc alyn renouvelle l'approche et la sensibilité à l'égard d'une ville tant parcourue et magnifiée sous toutes ses formes dans la littérature.

empty