Miguel Egana

  • La joie de vivre

    Miguel Egana

    Miguel Egaña est né à Paris en 1952.
    Artiste contemporain inspiré par le surréalisme et son usage poétique des objets, il s'oriente autant vers l'assemblage et l'installation que vers le land art. Les dessins ici réunis apparaissent comme un prolongement de son activité. Le même esprit y règne, la même insistance sur les dérèglements, souvent infimes, de nos certitudes visuelles. Couples, chiens, oiseaux, sirènes, licornes, îles désertes : les grands thèmes du dessin d'humour sont revisités.
    Ils forment un hommage à ces milliers de situations comiques ou absurdes que l'on découvrait au hasard d'une page d'un journal populaire. Miguel Egana a effacé le décor, la scène, l'arrière-fond, pour ne laisser que la ligne minimale, le blanc, la respiration, le silence. Ses dessins se " lisent " comme on lirait des haïkus ou des aphorismes.

  • Quoi de nouveau sur L'Origine ? L'Origine du monde est en passe de devenir, au même titre que jadis la Joconde de Léonard, une véritable icône pour l'art contemporain.
    La pornographie, devenue productrice inflationniste des images du sexe, constitue l'autre versant, non artistique, du stock d'images actuellement disponible. On verra donc bien souvent dans la confrontation, polémique ou non, implicite ou délibérée, de ces deux imaginaires, le lieu incertain dans lequel il conviendra de situer leur pratique. Si l'histoire du tableau de Courbet se confond avec une certaine histoire du regard masculin, histoire dans laquelle, s'il ne la clôt pas, se situe encore Marcel Duchamp, la nouveauté en ce domaine se situerait sans doute dans le renversement opéré par un certain nombre d'artistes femmes dont la démarche vise à l'appropriation, souvent charnelle, d'une représentation issue d'une mise en forme sémiotique de leur propre corps.
    A travers des oeuvres aussi diverses que celles de Niki de Saint-Phalle, Valie Export, Orlan, Marlene Dumas, Sarah Lucas et tant d'autres, ce qui semble visé dans cet engagement spécifique, c'est soit une mise en question polémique de tout l'agencement classique, pensé comme un dispositif de domination, soit son dépassement dans une autre mise en relation entre le masculin, le féminin, le sexe et l'art.

  • Présenté sous la forme d'un abécédaire, cet essai offre un parcours traversé de héros et d'héroïnes littéraires (Hermaphrodite, Alice...), de personnages conceptuels (La Forme, la Matière...), d'archétypes légendaires (la Belle au bois dormant, La Princesse au petit pois...), de figures iconographiques appartenant au registre classique (Ariane, Vénus, Endymion...), moderne (Marthe l'indolente, Kiki de Montparnasse, Marie-Thérèse Walter...) et contemporain (Sophie Calle, Tracey Emin, Michael Jackson...).

  • Deux formules de Marcel Duchamp sont ici interrogées. A travers la première : « I would be a monk not a monkey », le commentaire tente de répondre à deux questions qui, associées, constituent une forme de paradoxe : pourquoi Duchamp condamne-t-il aussi régulièrement et durement la répétition chez ses collègues artistes (les peintres en particulier)? Pourquoi Duchamp pratique-t-il, tout aussi constamment, l'autorépétition de ses propres oeuvres ? La réponse passe par une distinction subtile pratiquée par l'inventeur du ready-made entre répétition (du geste créateur), et duplication (des oeuvres); à travers une sorte de travail du deuil ressassant la perte de sa propre créativité, elle ouvre à une zone nouvelle, la découverte de l'inframince. La deuxième étude interroge la "dernière oeuvre" de Duchamp, sa fameuse épitaphe : "D'ailleurs, c'est toujours les autres qui meurent" dans la perspective d'une rhétorique contrepèterique qui tente de projeter, une ultime fois, toute la négativité du "faire" sur l'autre, le "regardeur".

  • Le point de départ de cet ouvrage est une interrogation autour de la Figure de l'artiste. Issue d'une construction figurale largement tributaire des fictions romantiques, l'identité de l'artiste moderne est inséparable de son double imaginaire et des récits dans lesquels il est appelé à s'inclure. Ce sont les aspects devenus multiples de cette Figure de l'artiste et le défi que pose sa tentative de réappropriation symbolique dans le champ du présent, qui font l'objet des études réunies ici.

  • Un thème court à travers ce livre et alimente son déroulement, ses méandres : l'opposition entre la bêtise et l'esprit.
    Une figure lui sert de support, celle de Marcel Duchamp. L'origine de cette aventure conceptuelle se trouve dans l'opposition entre deux formules : le premier énoncé est la désormais fameuse proposition duchampienne, ce verdict asséné à toute l'histoire de la peinture et à toutes les cohortes de peintres qui l'ont précédé : "bête comme un peintre". La seconde, moins célèbre, est un éloge prononcé par une autre grande figure, André Breton, gratifiant l'inventeur du ready-made du titre "d'homme le plus intelligent de la première moitié du siècle".
    Ce raccourci saisissant pourrait se lire comme une sorte d'allégorie du destin occidental de l'art lui-même et de son éternelle oscillation entre les deux pôles antagonistes. Ce qui est proposé dans cet ouvrage, se présentant sous la forme de courtes dissertations relativement autonomes, c'est une traversée de cette problématique, à travers des figures exemplaires comme celles de l'artiste-philosophe (qui prétend mettre l'art au service de l'esprit), du philosophe-artiste (qui vise à artialiser le discours philosophique), de l'ironiste (qui se sert stratégiquement des pouvoirs de l'intelligence), de l'homme d'esprit (qui fait osciller le langage entre les deux camps), etc.
    Aux côtés de Marcel Duchamp, une multitude d'autres acteurs, philosophes (Platon, Schopenhauer, Hegel, Kant, Foucault), écrivains (Gautier, Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, Breton, Desnos, Brisset), et bien entendu artistes (Praxitèle, Raphaël, Clesinger, Manet, Whistler, De Chirico) sont invités à entrer en scène pour interroger cette séculaire association, aussi tenace qu'arbitraire, entre l'art et la bêtise.

  • Du vandalisme La notion de vandalisme est indissociable du culte moderne de l'art et de l'histoire dès lors que le mot (forgé par l'abbé Grégoire pour condamner les déprédations revendiquées par les révolutionnaires comme l'expression du zèle républicain) fut à l'origine de la conservation des monuments historiques en France. C'est ce destin croisé de la culture et de la barbarie, ce rapport problématique entre la création et la destruction qu'a voulu interroger le Centre de recherches en arts de l'Université de Picardie Jules Verne en organisant deux journées de réflexion, les 18 juin 2002 et 20 novembre 2003. Les participants de ce colloque ont ainsi enquêté sur le vandalisme à l'âge classique, procédé à une archéologie du concept à travers l'analyse de ses enjeux idéologiques, politiques et philosophiques et repéré ses manifestations à l'oeuvre dans un certain nombre de pratiques artistiques modernes et contemporaines.

  • Divisé en cinquante-deux courts chapitres, ce texte se propose comme un libre parcours autour du couple conceptuel centre/périphérie. Il y sera question de Copernic, de circulation routière, de Jacques Lacan, d'Edith Piaf, Emmanuel Levinas, Vincent Van Gogh, Marcel Duchamp. Ces rencontres se donnent pour but l'élaboration d'un nouveau concept censé traduire l'irréversible dérive de la pensée et des pratiques contemporaines et leur inéluctable déterritorialisation.

  • À travers la figure singulière du fantôme, regroupant sous cette rubrique tout un ensemble de phénomènes - hantise, réminiscence, survivance, etc. -, cet ouvrage postule l'existence de ce qu'on pourrait appeler un paradigme fantomatique, ce modèle se révélant très insistant de nos jours, aussi bien dans le champ de la création que dans celui de la réflexion philosophique, de la médecine ou des sciences humaines. La particularité du fantôme, c'est son pouvoir de remise en question de nos convictions identitaires, nos relations réglées au temps et à l'histoire, nos certitudes quant à notre appartenance même au monde des vivants; en bref, le fantôme ouvre à l'inquiétante étrangeté d'une altérité radicale au sein même de nos modes d'accès au réel.

    /> Couvrant un vaste champ interdisciplinaire, les différentes contributions réunies ici mettent ce modèle fantomatique à l'épreuve, en interrogeant ses effets dans les différentes pratiques contemporaines, aussi bien les arts plastiques et les arts de l'image - peinture, sculpture, cinéma, photographie -, que la littérature et la biologie.

    Cette interrogation est solidaire d'une dimension réflexive qui tient compte des bouleversements heuristiques qui ont accompagné son irruption intempestive dans le champ des savoirs, dans la perspective ouverte entre autres par Aby Warburg et sa notion de survivance, puis plus récemment par Jacques Derrida et son concept d'hantologie.

    C'est dans cette filiation intellectuelle, cet héritage philosophique, revendiqué de façon explicite ou plus diffuse, suivant les auteurs, que se situent les textes présentés.

    Ont contribué à cet ouvrage : Muriel Berthou Crestey, Anne Dietrich, Miguel Egana, Raphaël Faon, Sabine Forero-Mendoza, Catherine Grall, Claire Kueny, Olivier Long, Edith Magnan, Véronique Mauron, Sébastien Rongier, Olivier Schefer, Yann Toma, Jeanette Zwingenberger.

  • Cet ouvrage interroge la persistance des ruines dans la création actuelle en sollicitant plusieurs disciplines, dont l'esthétique, les arts plastiques, la littérature, les jeux vidéo ou encore internet. Cette approche pluridisciplinaire tend à saisir dans sa complexité ce phénomène qui n'en fi nit pas de susciter attrait et répulsion, fascination et malaise.

    Avec le soutien de l'UMR de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

  • « Arts drogués » s'attache à parcourir les liens étroits que peuvent entretenir les productions artistiques avec l'usage des psychotropes, entendu ici dans son acception la plus large.
    Des Paradis artificiels de Charles Baudelaire aux artistes les plus récents, l'art et la création sont donc pensés sous l'angle de leur relation à des agents extérieurs et « modificateur de conscience ».
    Cet ouvrage convoque des chercheurs d'horizons disciplinaires très variés (histoire de l'art, musicologie, anthropologie, sociologie, arts plastiques, etc.) et s'inscrit dans un partenariat avec l'exposition « Sous influences, artistes et psychotropes » dont le commissariat a été assuré par Antoine Perpère à la Maison Rouge (Paris) en 2013.

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