Tristan Garcia

  • 7

    Tristan Garcia

    Sept fois le monde. Sept romans miniatures.
    Il y sera question d'une drogue aux effets de jouvence, de musique, du plus beau visage du monde, de militantisme politique, d'extraterrestres, de religion ou d'immortalité. Sept récits indépendants dont le lecteur découvrira au fil des pages qu'ils sont étroitement liés.
    Peu à peu, comme un mobile dont les différentes parties sont à la fois autonomes et solidaires, 7 compose une image nouvelle de la psyché de l'homme contemporain, de ses doutes et de ses croyances nécessaires.
    Exploration réaliste de divers milieux sociaux, 7 est aussi le récit fantastique d'une humanité qui tourne volontairement le dos à la vérité et préfère se raconter des histoires.

  • Au XVIIIe siècle, un nouveau fluide fascine le monde : l'électricité. L'intensité devient un idéal ordinaire pour l'homme et un concept savant de philosophie, de la puissance nietzschéenne au vitalisme de Deleuze, de l'excitation nerveuse des libertins à l'adrénaline du désir, de la performance et des sports extrêmes.

  • «Je ne me rappelle plus clairement notre fuite dans la cour vide du collège. Une lumière blanche aveuglante, à la manière d'un projecteur directement venu du ciel, nous a suivis un instant. Puis Faber a fait le mur derrière les toilettes. Le temps d'enjamber le parapet en ciment, de me râper les genoux contre la pierre crayeuse et le mortier, et nous revoilà en train de galoper dans la ruelle, juste derrière le collège Octave-Joly. Jamais nous n'y sommes retournés.
    Nous avons repris nos esprits. Lorsque le Grand-Cours familier s'est ouvert devant nous, les voitures bourdonnantes du petit matin ont entamé leur ronde routinière sur le boulevard. En s'étirant, Madeleine a ouvert les yeux : "Qu'est-ce qui s'est passé?" Faber m'a adressé un clin d'oeil.
    Il a indiqué le vieux bâtiment dans notre dos : "On lui a dit adieu." "Ah." Madeleine a bâillé. "À qui?" "L'enfance, évidemment."»

  • Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années quatre-vingt le premier grand mouvement homosexuel en France. Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie. Tous deux s'aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice, journaliste, et de son amant, un intellectuel médiatique. Nous assistons avec eux à la naissance joyeuse et à la fin malade d'une période décisive de l'histoire de la sexualité et de la politique en Occident. Ce conte moral n'est pas une autofiction. C'est l'histoire, que je n'ai pas vécue, d'une communauté et d'une génération déchirées par le Sida. C'est le récit fidèle et violent de trahisons, le portrait de la pire part des hommes et - en négatif - de la meilleure.

  • Qu'est-ce qu'une chose ?
    Abattant les dernières barrières philosophiques qui circonscrivaient le champ des choses, ce Traité considérera sur un plan d'égalité une table, un silex taillé, un quark, un gène, une personne humaine, le mot « vérité », une robe rouge, la couleur d'un tableau abstrait, un tiers de branche d'acacia, l'espèce chimpanzé, cinq secondes, un rite de passage, l'inexistence d'un fait ou un cercle carré. Voilà les choses qui sont aujourd'hui les nôtres : un tohu-bohu de réel, de possible, de matière, de mots et d'idées. Face à ce paysage nouveau, ce Traité ne propose ni une phénoménologie réinventée, ni une analyse du concept de « chose », ni une pensée critique de la réification. Il invite plutôt à prendre le large pour une toute autre aventure théorique. Il suggère d'explorer d'abord notre monde comme s'il était vraiment plat, en lui ôtant toute détermination, toute intensité, tout relief.
    Dans un second temps seulement, à l'aide de concepts forgés dans cette pauvreté ontologique radicale, il invite à retrouver la possibilité d'un univers, c'est-à-dire l'ensemble de choses non plus seules, mais les unes dans les autres. Le désert formel se transformera en encyclopédie luxuriante de nos objets contemporains, de leur ordre et de leur désordre. Ainsi verra-t-on se dessiner les grandes querelles actuelles sur le classement des objets autour de nous, des objets en nous et de nous-mêmes en tant qu'objets : par parties, par espèces, par genres ou même par âges. Comment découper les choses pour vivre parmi elles et en être une soi-même ?

  • Empruntant à toutes les traditions, du marxisme au fascisme, de la pensée libérale à la pensée réactionnaire, du féminisme, de l'anticolonialisme, de l'éthique animale ou de l'écologie profonde au fondamentalisme religieux, Tristan Garcia propose ici un modèle original des identités politiques et tente d'élucider notre condition embrouillée.
    De ce « nous », perçu comme une superposition de calques, de plans transparents de notre imaginaire, sur lesquels nous prétendons tous découper l'espace social en espèces, en genres, en races, en classes ou en générations, pour nous y situer, ressort ici un portrait inédit et vivant de ce que nous sommes, une identité dynamique qui s'étend et se replie sans cesse.
      Un essai exigeant et puissant.  Télérama.

    Un des jeunes philosophes les plus intéressants de sa génération.  Les Inrocks.

  • À travers les siècles, depuis la toute première étincelle de douleur au sein d'un organisme, quatre âmes se croisent, se battent, se ratent et se retrouvent. Successivement animales et humaines, elles voyagent au Néolithique, en Mésopotamie, à travers la Méditerranée à l'Âge de Bronze, dans la Chine ancienne des Wu, sous l'Empire romain, dans le royaume indien de Samudragupta ou au beau milieu du désert australien. Elles meurent, elles reviennent. Chacune de leurs existences est l'occasion d'un récit, petite partie d'une fresque dont le sens se dévoilera peu à peu: l'épopée des oubliés, le chant des perdants, le grand livre des êtres morts dans l'ombre. Les héros en sont des femmes, des esclaves, des lépreux, des enfants ou des bêtes dont l'esprit se souvient, oublie, génération après génération, mais progresse à l'aveugle dans les galeries du passé.

  • Mémoires de la jungle

    Tristan Garcia

    Le narrateur de ce roman, Doogie, est un jeune chimpanzé (Pan troglodytes troglodytes).
    Le sol du continent africain, dévasté par des guerres, des famines et une vague de pollution chimique, a été laissé expérimentalement en jachère. Partout ailleurs, l'espèce humaine s'est retranchée dans les villes et à l'intérieur de vastes stations orbitales. Un immense zoo près du lac Victoria accueille scientifiques et étudiants afin d'observer la faune préservée... C'est là que Doogie a été élevé, dans une famille de chercheurs, en compagnie de deux enfants : Donald et sa soeur, la bien-aimée Janet.
    Tout autour, à perte de vue, la jungle de jadis a repris ses droits. Singe génial et attachant, Doogie a appris à parler - à l'aide du langage des signes, d'écrans tactiles et de lexigrammes - un dialecte baroque et rapiécé. Son récit commence alors que Doogie revient d'un long voyage en orbite. Après le naufrage de son vaisseau sur un rivage désertique de la côte africaine, le singe civilisé se retrouve seul, perdu dans la jungle.
    Pour rejoindre Janet et son foyer d'enfance, il devra affronter le monde sauvage, et se dépouiller peu à peu de sa « fidélité à l'humain », quitte à redevenir un animal...

  • Et si le temps s'arrêtait? Si le monde était fini?

    Lorsque David Browser, explorateur spatial, arrive aux confins du cosmos, il arrête l'expansion de l'Univers. Condamnés à l'éternel présent, les hommes peuvent cependant revivre et modifier à loisir leur propre vie en manipulant des cordelettes enfouies dans une console individuelle.

    Explorant les conséquences d'une hypothèse stupéfiante, Tristan Garcia construit une galaxie de personnages survivant dans le temps immobile : de Dreamer Wallace âgé de dix mille ans, à Anita qui déclenche en rêve des paysages nouveaux, en passant par Viv qui monte et remonte jusqu'à la nausée une séquence clé de sa vie.

    Un roman stupéfiant où l'aventure se mêle à une réflexion sur les objets, le temps, le sens de notre existence.

  • Un athlète en quête du saut parfait, un pilote automobile mystique, une volleyeuse amoureuse qui perd la tête en plein match, un champion cycliste sous ecstasy. Que se passe-t-il lorsqu'un grain de sable vient perturber la mécanique parfaite de ces corps surentraînés, de ces esprits tendus vers la victoire?

    La plume tout à la fois caustique et bienveillante de Tristan Garcia rend aux dieux du stade leur humanité.

  • Cet ouvrage est le premier d'une série de recueils, sous le titre Kaléidoscope. Il rassemble seize textes, hétéroclites en apparence, par leur style et par leurs objets, qui expriment pourtant une même vision du monde et de l'époque : il y est question de philosophie, de politique, de foi, de sciences et d'arts, de sons, de textes et d'images, de culture populaire et savante, de réalité et de fiction, du beau et du laid, du faux et du vrai, de l'espace et du temps, d'animaux humains et non humains, de genres, de races, de classes et de générations... L'important étant de les considérer tous sans hiérarchie, mais avec distinction.

    Les textes se répondent et s'enchaînent, afin de construire une manière de vivre et de penser, mais ne sont pas régis par un ordre général. Ainsi, le volume peut s'ouvrir au hasard, sans risquer de perdre le sens de l'ensemble.

  • Six Feet Under est l´équivalent des grands romans français, russes ou allemands de la fin du XIXe siècle. Elle nous dévoile des vies sans destin, qui sont aussi les nôtres. Autour de la famille Fisher, gérante d´une entreprise de pompes funèbres, cette série suit le parcours d´une poignée de personnages dont la mort est le métier. Une dizaine d´individus de la classe moyenne américaine s´aiment, travaillent, et tous cherchent à tâtons un sens dans un monde qui les laisse libres de croire, ou non, à un Salut.
    Mêlant des réflexions toujours nuancées sur la sexualité, les genres, la famille, la religion, la politique ou la psychologie, la série d´Alan Ball laisse se refléter nos incertitudes actuelles dans le miroir de la mort afin de dresser le portrait de notre humanité. OEuvre discrète, mais qui a bénéficié d´un succès critique considérable, elle est devenue la matrice d´un nouveau réalisme empathique.

     

  • Voici des gymnastes roumaines, des cyclistes espagnols, des volleyeuses cubaines ou des pongistes chinois qui sacrifient leur vie, l'épuisent dans l'effort, espérant une victoire dont le sens demeure énigmatique.
    Chacune des trente nouvelles de ce recueil porte sur une discipline sportive différente, bien connue ou inattendue, du football au kourach ouzbek, du tennis de table au biathlon. Souvent brefs, ces textes drôles et tragiques recueillent la souffrance et la joie du corps, la chance des perdants et le prix payé par les gagnants. Arrivés les premiers ou les derniers, sportifs et sportives sont les pièces d'un puzzle qui ne représente rien, sinon la carte approximative (lu monde actuel : une compétition chaotique, dont personne ne parvient à déterminer les règles ni le classement final.

  • Quelque chose a basculé dans le rapport que nous entretenons avec les animaux. même celui qui n'est pas végétarien, qui ne se reconnaît pas dans l'activisme pour la reconnaissance du droits des animaux, hume dans l'air du temps un drôle de changement. nous avons franchi le rubicon qui séparait l'espèce humaine et l'espèce animale et permettait à l'une de se définir au miroir de l'autre. le premier à l'avoir compris fut le philosophe Jérémy Bentham. Dès 1789, dans son introduction aux principes de morale et de législation, le fondateur de la doctrine utilitariste, consacrait un paragraphe devenu célèbre à l'illégitimité des cruautés imposées aux espèces animales. mais il fut aussi le premier à mettre en lumière les limites de l'extension aux animaux des droits constitutifs de l'humanité. De quel droit tracer entre nous et les autres animaux une « ligne infranchissable » ? Comment se fait-il que nous y parvenions de moins en moins ? pourquoi le coeur nous porte-t-il vers tous les autres êtres sensibles quand les raisonnements nous en séparent ? pourquoi, inversement, les raisonnements qui nous en rapprochent ne parviennent-ils jamais à emporter tout à fait notre adhésion, à vaincre notre sentiment que ce que nous infligeons de douloureux à d'autres animaux ne vaut jamais vraiment ce que nous infligeons d'injuste à d'autres hommes ? Ces questions sur notre conception morale de l'animalité font toute l'actualité de Bentham aujourd'hui.

  • L'image

    Tristan Garcia


    tous les titres sont organisés autour d'une structure commune : des repères, rappelant le contexte historique des concepts et des textes étudiés.
    - des grandes "thématiques'', indispensables à la compréhension du thème ou au commentaire éclairé des textes au programme ; une synthèse offrant des pistes de réflexion personnelles et originales. - des outils méthodologiques, notamment bibliographiques ; un système de circulation entre les fiches et les références bibliographiques.

  • Alors que nous manquons aujourd'hui de repères, Tristan Garcia tente de nous en livrer quelques-uns, essentiels, singuliers, iconoclastes, grâce auxquels la possibilité d'une utopie nouvelle se dessine. Attaché à l'idée métaphysique qu'il « faut laisser être et rendre puissant », l'auteur se refuse à la fois de décrire simplement le réel (dire ce qui est) et de suggérer une prescription (dire ce qu'il devrait y avoir). Son geste d'écriture, sous de multiples formes (essai, roman, écrits sur l'art...), tente plutôt d'opérer une transcription de ce réel, tout en essayant de reformuler les catégories de la pensée.
    L'ambition immense de son oeuvre tend, en creux, à nous aider à transformer nos conditions d'existence. Son attention égale à ce qui finit et à ce qui commence, aux crépuscules et aux aurores, nourrit une pensée extrêmement riche, qui dans sa singularité même, occupe le centre de la vie intellectuelle contemporaine.

  • Chaque livre peut se lire séparément des autres et illustre un petit rien de l'enfance : pêcher des crevettes dans un trou d'eau, jouer dans les flaques, se lever aux aurores pour aller ouvrir ses cadeaux? Il s'agit de montrer un univers doux et rassurant, à hauteur d'enfant.
    « Les vacances c'est pas fait pour rester sur les écrans, mais pour aller dehors ! » Si c'est Tadé qui le dit, alors il vaut mieux s'exécuter et abandonner les jeux vidéos sur la tablette ! Mais la tentation est trop forte, et puis les enfants n'ont même pas fini leur partie ! Alors, Ben se planque sous le tipi de la chambre. Et Chacha enfile son ciré sur l'épouvantail du potager : ainsi Tadé la croit au jardin alors qu'elle est vissée sur son écran ! Qui gagnera cette partie de cache-cache tablettes ? Un épisode consacré avec légèreté et humour à l'addiction aux écrans des enfants.

  • Une histoire transdisciplinaire des expositions : à la croisée de l'histoire de l'art, des sciences et de la philosophie, cet ouvrage, basé sur un projet de recherche, explore le rôle que l'exposition a joué dans la construction des catégories conceptuelles de la modernité, au-delà du cadre des institutions artistiques, et présente un modèle historiographique à la fois esthétique et épistémique.
    L'histoire des expositions fait actuellement l'objet d'un fort regain d'intérêt. Alors qu'aujourd'hui le « medium » de l'exposition offre à de nouvelles pratiques artistique une scène sur laquelle émerger, il cristallise aussi d enombreux néo-positivismes institutionnels relatifs à l désignation ontologique « art ». L'exposition, à la recherche de ses formes autoréflexives (comme en quête de son propre modernisme), semble être en train de devenir un genre d'art en soi. En prenant de la distance sur la multiplication actuelle des études relatives au curating, ce projet de recherche propose d'entreprendre une histoire de l'exposition de l'art à partir d'une généalogie élargie débordant le cadre strict des institutions artistiques. Le projet de recherche Théâtre, jardin, bestiaire : une histoire matérialiste de l'exposition propose de considérer l'exposition comme un genre, et de s'interroger sur sa place dans une géographie étendue des frontières et lignes de partage conceptuelles qui ont historiquement structuré l'espace de l'art et continuent de l'animer aujourd'hui. Il s'agit de réinscrire le genre de l'exposition à la fois dans l'histoire du modernisme et dans la cosmographie moderne qui l'a vu naître, dans ce qu'il conviendrait d'appeler la matrice anthropologique de la modernité : ses divisions épistémiques, ses découpages ontologiques, son économie politique, ses horizons négatifs.

  • A la puberté, l'immaturité sexuelle de l'enfant côtoie la maturité physiologique nouvelle de l'adolescent : passé, présent et avenir se mêlent pour trouver une voie de passage singulière qui tient compte de la mutation en cours et en amoindrit les effets traumatiques. C'est l'âge des fantaisies, des expérimentations sans conséquences et des inventions. La juvénilité comme moteur de changement n'est pas l'apanage d'un âge : à chaque situation de crise de vie, l'adulte réactualise une adolescence, paradigme de la nouveauté et de la transformation.
    La création artistique en est l'expression la plus aboutie. Plusieurs oeuvres littéraires, théâtrales et cinématographiques sont analysées sous l'angle juvénile qu'elles explorent. Comme celle de l'adolescent, la crise juvénile de l'adulte soumet le psychanalyste à l'épreuve de son engagement transférentiel. Il doit à son tour faire preuve d'inventivité juvénile pour faire tenir un attelage transférentiel que la passion emballe.

  • L'enfant apparaît au centre d'enjeux sociétaux, idéologiques et politiques cruciaux, et fait l'objet de toutes les contradictions d'aujourd'hui. Cet ouvrage rend compte de l'expérience et de la réflexion des équipes des centres médico-psychopédagogiques (CMPP) qui rencontrent quotidiennement les quelques 200 000 enfants et adolescents en difficulté qui viennent consulter avec leurs familles dans les 310 structures implantées en France.
    Comment les équipes pluridisciplinaires des CMPP, prises entre réalités cliniques et logiques administratives, travaillent-elles ? Comment perçoivent-elles la pression des nouvelles politiques de soins et de gestion objectivante des populations ? Que deviennent les références, historiquement fondatrices des CMPP, à la psychanalyse et à la psychopédagogie ? Comment, dans ce contexte, construire des espaces de liberté et d'invention ?

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