Artisans Voyageurs

  • Voyage à bicyclette de Constantinople à Montélimar. Le but de l'auteur n'était pas de dévorer chaque jour les kilomètres par centaines, mais simplement de passer partout en observant les pays traversés.

    Je disais, au début de cette longue relation, que mon ambition était, au départ, de savoir tirer quelque profit de mon voyage. J'en ai, au moins rapporté quelques enseignements. D'abord, c'est que la connaissance des langues étrangères est d'une grande utilité dans les voyages, qu'elle évite beaucoup d'ennuis, donne bien des petites satisfactions, et peut fournir les moyens, surtout, de rendre plus de services. C'est, ensuite, que les Français ont, partout, beaucoup d'amis, et la France, quoi qu'on dise, beaucoup de sympathies. C'est enfin que, si les voyages sont toujours fort intéressants, si l'on a toujours un grand plaisir à voir des choses nouvelles et des pays nouveaux, il n'y a, tout de même, qu'un seul pays où rien ne manque et où l'on puisse vivre parfaitement heureux. Chaque homme a le sien, qu'aucun autre ne peut remplacer, pour lui. Et j'ai vu par moi-même, à l'émotion du retour, que, pour un Français, aucun pays ne peut remplacer la France.

  • Ainsi commencent les tribulations géopoétiques de l'Intrépide Centripète, ce cycliste lunaire façon Buster Guidon. Toujours cramponné à son guidon, il nous fait découvrir dans ses errances un bon paquet de coeurs du monde, nombrils, centres, milieux, axes, dont il remplit ses carnets de voyage sans trouver son bonheur. Heureusement il est aidé dans sa quête initiatique par l'érudition de son dévoué secrétaire qui l'amène à des profondes réflexions profondes sur la notion même des centres, topographiques, politiques, historiques, philosophiques, religieux...pour finalement se recentrer - forcément - sur l'Hexagone qui lui offrira une bien belle occasion de raccrocher son vélo. Un ton gentiment décalé, un humour rafraichissant, un récit extrêmement documenté pour une entreprise tellement nécessaire : se recentrer sur le sens à donner à sa vie.

  • Dans le monde du vélo tout le monde connaît Gianni Marcarini. Italien naturalisé français, breton d'adoption, après une brillante carrière de coureur, il eut le premier la géniale intuition de la vente par correspondance et en itinérant des maillots des pros. Puis, toujours bon flair, il lança la mode des tenues vintages, bien avant tout le monde. Un précurseur ! Équipier des plus grands (Anquetil, Poulidor, Van Looy), ami de nombreux champions des générations suivantes, sa biographie est une chronique d'un demi-siècle de cyclisme et d'une France heureuse.

  • "Ce volume sera donc la partie anecdotique, amusante, mouvementée et absolument authentique de ma longue course à travers la brousse et le désert. Comme le disait si aimablement un de mes amis dans une chronique récente, « tout chargé de mission qu'on soit, on ne voyage pas, en effet, pendant quelques mois dans Madagascar sans avoir des aventures, sans découvrir des traits nouveaux et particuliers des moeurs locales. Ce sont ces souvenirs et ces aventures que j'ai notées dans ce livre".

    Introduction de Philippe Orgebin "[...] j'étais comme on dit, parti de France sur la foi des traités : au Journal officiel de la colonie, j'avais vu que le gouverneur général avait inauguré en automobile la route de Tananarive à Tamatave le 1er janvier précédent. Fort de cette indication, j'avais résolu de faire une grande partie de mon voyage dans l'intérieur au moyen de la bicyclette et de ne me servir des porteurs que dans les cas d'absolue nécessité. Où passe une automobile, m'étais-je dit, passera bien une bécane. Et c'est ainsi que je débarquai au port en compagnie de ma machine... avec la ferme conviction que j'allais y trouver une route convenable. [...] [...] j'ai parcouru le pays de l'Est à l'Ouest. J'ai couvert la plus grande partie de ce trajet - environ sept cents kilomètres sur mille - au moyen de la seule bicyclette et je puis dire, d'ailleurs sans fatuité et simplement pour prendre date, que je suis le premier voyageur qui ait traversé l'île, en un temps très limité, par ce moyen de locomotion. Ce volume sera donc la partie anecdotique, amusante, mouvementée et absolument authentique de ma longue course à travers la brousse et le désert. Comme le disait si aimablement un de mes amis dans une chronique récente, « tout chargé de mission qu'on soit, on ne voyage pas, en effet, pendant quelques mois dans Madagascar sans avoir des aventures, sans découvrir des traits nouveaux et particuliers des moeurs locales. Ce sont ces souvenirs et ces aventures que j'ai notées dans ce livre".

  • Sa vie durant Jean Jaccon vouera une grande passion au cyclisme. Du tricycle abandonné dans la ferme familiale par un ivrogne aux vélos modernes, du chemin de ferme aux grandes randonnées du Touring Club de France, il a traversé sa vie d'homme à la belle et saine lenteur de la bicyclette.

    Le récit de Jean Jaccon, présenté par son fils Gilbert, est à la fois nostalgique et pleinement stimulant.

    " En 1909, je travaille dans une ferme située à plus de 10 kilomètres de celle de mes parents. Cette distance est un prétexte pour persuader mon père qu'à 16 ans, j'ai l'âge d'avoir un vélo. Il se décide enfin et nous trouvons une occasion pas chère chez un cousin mécanicien de cycles à Châtillon. C'est une machine déjà vieille, de la marque Chimère. Elle a des pneus, des chambres à air et un guidon genre Petit Breton, c'est à dire bien vaste. Elle est à pignon fixe, la roue libre n'étant pas encore très répandue. Elle a un seul développement, de 7 mètres au moins, et n'a pas de freins. Cependant, je suis ravi d'avoir ce cycle et, quand je le chevauche, je suis fier comme Artaban.

    Ce n'est pas très facile de gravir les côtes avec ce grand braquet mais, par contre, les descentes sont faites à grande allure et les cailloux voltigent car les routes ne sont pas goudronnées. Quelquefois la chaîne saute et il n'est pas facile de s'arrêter sans freins. Pourtant en percutant les haies, on parvient à s'en sortir avec seulement quelques piqûres de ronces ou d'aubépines."

  • Sportif en permanence très actif, Ruffier n'était cyclotouriste qu'à peu près une fois par an ; pour son traditionnel voyage estival, qui le conduisait souvent dans les Alpes, massif qu'il affectionnait depuis son service militaire effectué dans le Génie Alpin. Malgré ses théories sur les avantages du vélo de course et du pignon fixe, les narrations qu'il donnait de ses pérégrinations assurèrent sa renommée chez les cyclotouristes.

    " Le récit de voyage m'apparaît un genre littéraire assez difficile, surtout s'il s'agit d'un voyage à travers la douce et belle France. On peut verser dans la narration épique ou l'anecdote savoureuse si l'on revient de loin, de régions sauvages et dangereuses, de pays encore fermés à ce que nous appelons la civilisation. Et puis, alors, on a le droit de broder et même de mentir, pourvu que ce soit ingénieusement." Comment m'y prendre ? M'efforcer à des descriptions pittoresques ? Fouiller l'arsenal des mots dans le fol espoir d'y trouver ce qu'il faut pour représenter la nature, pour figurer les lignes et les couleurs, pour ressusciter dans leur calme, leur splendeur ou leur angoissante énormité, tous les admirables spectacles qui m'ont enchanté les yeux et l'âme ? Tâche vaine qui me rebute. Il n'est rien de plus froid, de plus ennuyeux que "la description".

  • Jean Bertot traversa la France à vélo en août 1893. Un chef d'oeuvre d'autodérision et d'humour !

    ..." Ah ça ! mon cher, vous êtes fou ! Employer vos quelques jours de vacances à faire le voyage de Paris à Marseille en bicyclette, c'est insensé ! Savez-vous bien qu'il y a de Paris jusqu'à Marseile, quelque chose comme 860 kilomètres ? savez-vous qu'il vous faudra traverser une grande partie du Jura, vous enfoncer dans les Alpes françaises, où vous ferez vous et votre bicyclette, une triste figure ? êtes-vous entraîné, au moins ? Avez-vous reçu des leçons de quelqu'un des maîtres du sport ?

    - Nullement. Tout récemment initié par un ami complaisant à l'art paradoxal de se tenir en équilibre sur deux roues, j'ai fait deux ou trois fois le voyage de Paris à Versailles, voilà tout."

  • En août 1892, cinq cyclistes partaient pour un périple difficile autour du massif alpin. Sans roue libre, sans dérailleur, sur de vilaines pistes encombrées de diligences, ils parcouraient jusqu'à cent kilomètres par jour ! un récit de jouvence et de quoi inspirer la modestie à ceux qui aujourd'hui " font " à vélo, disent-ils fièrement, en un an - tout en oubliant le célèbre calcul d'Ératosthène - un tour du monde de.. 20 000 km...

    ..." Depuis longtemps, je caressais ce projet de voyage. J'avais si souvent entendu célébrer l'Engadine et ses gorges sauvages, la Valteline et son incomparable Stelvio, le Tyrol et ses vastes forêts suspendues aux flancs des dolomites roses que je n'avais pas de plus vif désir que de courir à toutes pédales vers ces contrées...

    ... Ne partez jamais avec des compagnons trop faibles. La bonne humeur est inséparable de la bonne santé. La fatigue rend les gens grognons. Donc, choisissez des compagnons robustes et surtout philosophes...

  • L'auteur, professeur au Lycée de Chartres, mène le lecteur à la découverte de la France du la fin du XIXe siècle. Avec le savoir de son époque il se livre, non sans humour, à un exercice d'histoire et de géographie. Exercice très sportivement accompli à bicyclette..." Le tourisme à bicyclette peut se pratiquer de deux manières :

    1) le touriste qui voyage seul, sans bruit, évitant les grandes villes, le touriste sauvage, si je puis m'exprimer ainsi, qui ne désire qu'une chose voir et contempler la belle nature, en suivant l'itinéraire qu'il s'est proposé ;

    2) le touriste un peu moins sévère, quelque peu gentleman, sans prétention, que ses relations obligent à s'arrêter quelquefois, qui a du temps devant lui, à qui il est indifférent par conséquent, de subir un retard de un et même plusieurs jours, et qui sera heureux de profiter de son voyage pour voir des parents, des amis quittés depuis longtemps...

    Il est difficile de donner des conseils sur ce que l'on doit emporter... Toutefois, il en est un que je recommande particulièrement : le revolver chargé à poudre ou à petits plombs. Mais, on doit se servir de cette arme avec une extrême réserve et bien se pénétrer de ceci : qu'entre des mains inhabiles, le revolver peut causer de sérieux désagréments, de porter préjudice au tourisme en général."

  • L'ouvrage donne une description minutieuse et utile de l'itinéraire au fur et à mesure qu'il se déroule et analyse très finement les sensations éprouvées. Il signale d'assez nombreuses rencontres, preuve que les routes étaient déjà bien fréquentées par les cyclistes.

    Introduction Henri Bosc [...] Et d'abord, il y a trois façons d'effectuer cette route de Bordeaux à Paris, qui varie de 557 kilomètres environ à 720, entre l'itinéraire le plus direct et celui très détourné par Fontainebleau, que nous avons choisi. Ces mêmes considérations peuvent d'ailleurs s'appliquer à toutes les routes de longue haleine.
    1° On peut effectuer le dit itinéraire en « mangeur de route », suivant l'expression consacrée, à raison de 150 ou 200 kilomètres, voire même 225 kilomètres par jour; soit en deux jours et demi au moins (les grands records à part, bien entendu) et quatre jours au plus. Inutile de dire que, dans ce cas, on voit comme curiosités les cailloux et quelquefois même les grosses pierres seulement ![...] 2° On peut effectuer la route en question en vrai, en sincère touriste, voulant visiter à peu près tout ce qui le mérite dans cet admirable itinéraire, sans se faire trop esclave des vitesses et des distances quotidiennes. Dans ce cas, il ne faut pas moins de douze à quinze jours.
    3° On peut enfin choisir un moyen terme de sept à huit jours. Cette troisième façon de voyager est absolument réalisable, tout en respectant les exigences du tourisme pur, et c'est assurément la plus pratique pour les neuf dixièmes des touristes, car il en est bien peu qui puissent consacrer à la Pédale plus d'une semaine à la fois. C'est, en quelque sorte, le vrai tourisme rapide; mais alors il est absolument indispensable, pour ne pas tomber dans le clan des mangeurs de route, pour voir, à peu de chose près, ce que voient les touristes qui ont à leur disposition douze à quinze jours, il est indispensable, dis-je, de préparer son itinéraire d'avance avec un soin des plus minutieux, - la moindre perte de temps, la moindre fausse manoeuvre pouvant le compromettre. [...]

  • Parmi les précurseurs du cyclotourisme, le suisse Paul Maerky nous livre souvenirs de la grande route, un récit original tiré d'une trentaine de voyages qu'il fit avec son épouse, en France, entre 1897 et 1924 pour soigner une neurasthénie.
    Une trentaine d'année durant, le couple enfourchait les bicyclettes de Genève à Nantes, de Genève à Bordeaux, en passant par Tours, Angers, de Dunkerque à Marseille, de Brest à Toulouse, Beziers...
    Paul Maerky, dans ce livre annonciateur des guides de voyage modernes, peint les portraits de ceux qu'il a croisés sur la grande route : portraits amicaux et cocasses des douaniers, gendarmes, rouliers, commis voyageurs, nomades, bergers, globe-trotters, aubergistes... Des auberges et des restaurants il en est souvent question pour en louer l'hospitalité et la qualité de la table ou pour déplorer les commerçants sans scrupules.

  • Alcide Bouzigues, né en 1853 à Lannemezan, était pharmacien à Paris. Il revenait régulièrement sur ses terres natales, en train. En 1891, il décide de s'y rendre à bicyclette. Il n'avait pas jugé nécessaire de porter une tenue spécifiquement cycliste, étant habillé et chaussé "comme tout le monde", avec des pinces au bas des pantalons. Voyageant sans assistance, il transportait huit kilos de bagages et des provisions de vin et de... cognac. Trompe, revolver et cartes-lettres complétaient son équipement...

  • Ecrit en 1893, à la fois poétique et érudit, ce récit de voyage témoigne des richesses d'une région de Vendée souvent méconnue. Aujourd'hui, il est le guide idéal du vacancier vélomane qui voudrait, dans les roues de l'auteur, un mois d'été, explorer le bocage du XXIe siècle.

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