Cerf

  • Quatrième de couverture " Le livre d'Alexandre Jollien m'est infiniment précieux parce qu'il apporte un témoignage vivant, sincère et authentique de cette conviction ancienne (puisque aristotélicienne) mais toujours menacée que l'homme est capable d'être, que l'homme est l'ami de l'homme. "

  • des canons de la première guerre mondiale à l'éclatement du bloc communiste, c'est un siècle d'histoire qu'incarne elisabeth behr-sigel (1907-2005).
    siècle durant lequel elle a choisi de marcher dans les pas du christ, à travers une vie et une pensée engagées au service de la foi chrétienne. annonciatrice de la bonne nouvelle,
    elisabeth n'a pas cessé de se mettre à l'écoute de son époque pour faire de l'évangile une réalité vécue en son temps. la jeune luthérienne, née allemande dans le reichland d'alsace-lorraine, compte parmi les premières femmes à entreprendre des études de théologie à la faculté de strasbourg, à l'issue desquelles elle ne craint pas d'exercer un ministère pastoral.
    la rencontre avec la tradition de l'eglise d'orient, à travers les émigrés russes fuyant la révolution bolchevique, scelle son destin. ayant fait le pas de s'unir à l'eglise orthodoxe, élisabeth apparaît comme un trait d'union entre les différentes traditions chrétiennes. son engagement pour construire une eglise orthodoxe locale en france s'inscrit dans une vie professionnelle et familiale intense, de même que la réflexion active qu'elle est conduite à mener sur le rôle des femmes dans l'eglise.
    sa voix de théologienne, audacieuse et libre, est une invitation permanente au dialogue : dialogue entre orient et occident à travers le mouvement oecuménique, dialogue de la tradition chrétienne avec les réalités contemporaines et leurs exigences, dialogue d'une foi solidement ancrée avec un monde séparé de dieu. au coeur de sombres pages de l'histoire comme à travers ses drames personnels, la personnalité très entière d'élisabeth behr-sigel, qui continuait d'être, à quatre-vingt-dix-huit ans, le symbole pétillant et vif de l'orthodoxie française, nous donne le témoignage d'une espérance lumineuse : celle de la présence du christ ressuscité dans nos vies.

  • Dès les années 1960, Mahmoud Darwich chantait, dans une poésie incisive, sans emphase, toujours métaphysique, le récit mythique et utopique du douloureux passage d'une cohabitation hostile à une convivialité digne : " Mort, Vie, la route est une ". Depuis 1970, année où est parue pour la première fois cette traduction des Poèmes palestiniens - poèmes d'avant l'exil qui ont soudé l'identité palestinienne et inscrit le nom du poète dans l'histoire de son pays - la notoriété de Darwich n'a cessé de croître, ses textes d'être lus dans plus en plus de langues, ses récitals de rassembler des foules, jusqu'aux hommages unanimes le jour de sa disparition, le 9 août 2008. Longtemps épuisé, ce volume contient aussi les rares textes en prose de Darwich traduits en français : ces Chroniques de la tristesse ordinaire sont les échos de la vie, tour à tour révoltée, désespérée, d'un Palestinien avant qu'il ne quitte, pour près de vingt-cinq ans, sa terre natale. On y redécouvre les ébauches de dialogue avec l'occupant, une méditation sur la violence et sa place dans l'émancipation des Palestiniens, d'amoureuses évocations de la Terre sainte et de la ville " bâtie sur des saphirs "... Darwich le Galiléen - il était né près de Saint-Jean-d'Acre en 1941 - déclara un jour : " J'éprouve une certaine fierté à appartenir au pays qui a engendré Jésus (...). Si le monde est témoin chaque jour de plus d'un nouveau Golgotha, je note avec fierté que le premier Golgotha eut lieu en Palestine. Avoir cela en mémoire aiguise ma conscience personnelle, m'arme d'une grande force morale, ouvre devant moi un vaste horizon humain... "

  • Le père Lataste a un jour découvert que des femmes exclues, par leur condamnation, de toute réinsertion normale dans une communion humaine et chrétienne, pouvaient trouver une telle réinsertion par la folie de l'Amour. Il a inventé une formule efficace de cette folie, il a fondé une congrégation, celle des Soeurs de Béthanie, qui existe encore aujourd'hui et dont nous mesurons mal l'originalité inouïe : faire vivre en vie fraternelle, au nom du Christ, d'anciennes prisonnières et des femmes qui n'ont pas eu ce passé infamant. Le père Lataste s'appuyait sur la réalité de l'amour infini de Dieu. Il indiquait aux premières religieuses vivant cette étrange aventure à quel prix l'entreprise pouvait réussir : " Ne jugeons de rien sur les apparences, mais seulement par les vues de la foi... Accoutumez-vous donc à faire peu de cas des côtés humains et à n'estimer vraiment que ce que Dieu estime : qu'est-ce que le reste ?" II y avait dans cette attitude bien plus qu'un dévouement particulier pour les misères des êtres jetés en prison. Il y avait l'intuition d'un certain regard sur tous ceux qu'une société exclut, rejette ou méprise. Il y avait l'amorce d'une spiritualité de la miséricorde. Des laïcs et des prêtres ont récemment retrouvé ce filon au contact des communautés de Béthanie.

  • En quelques brefs chapitres, Pierre Claverie, fin connaisseur de l'arabe, de la culture et de la religion musulmanes, présente l'islam. Neuf mots pour expliquer ce qui rassemble et anime les croyants de cette religion : une communauté, un livre, un prophète, une foi, une loi, une morale, une famille, une cité, une mystique. Un ouvrage utile, par sa clarté et sa simplicité, pour les étudiants et tous ceux qui ont des responsabilités d'enseignants ou de catéchètes. D'autres ouvrages de Pierre Claverie, publiés aux éditions du Cerf, peuvent compléter les informations et réflexions que celui-ci contient : Le Livre de la foi. Révélation et parole de Dieu dans la tradition chrétienne, 1996 ; Petit traité de la rencontre et du dialogue, 2004 ; et Humanité plurielle, 2008.

  • Écrit par une protestante, en charge d'aumônerie, ce texte aborde deux questions cruciales : comment la personne qui va mourir vit-elle ses derniers jours ? comment l'accompagner de la manière la plus efficace possible ?

    Cet ouvrage, étayé par une expérience pratique d'accompagnement des personnes en fin de vie, s'attache à montrer qu'une fois la question de la douleur résolue à l'aide d'antalgiques, chacun peut vivre en toute quiétude ses derniers jours, en éprouvant des joies souvent inattendues. En faisant parfois des découvertes essentielles, non envisagées dans sa vie de bien-portant, tels l'altruisme, la solidarité, la charité, l'amitié, et très souvent, y compris au tout dernier moment, celle de Dieu.

    Sans insister sur les questions d'ordre religieux, l'auteur a surtout voulu réconforter les humains que nous sommes tous, angoissés par la perspective de la mort. Il est temps de briser les tabous : la mort peut et doit être vécue sereinement. Elle est une fatalité, donc inéluctable, mais la charge de tristesse et de culpabilité peut être grandement atténuée.

    L'auteur a perdu son fils aîné, âgé de vingt-huit ans. Forte de cette expérience, elle a donc pu approcher les personnes en fin de vie et leurs familles, en connaissance de cause. Elle s'est aperçue que la mort n'est pas si dramatique qu'on s'attache à le penser dans les civilisations occidentales. Celle-ci n'est pas la fin de tout. C'est un simple passage, que nous tous devrions nous préparer à franchir sans peur. Puisse ce modeste texte nous y aider...

  • Réfuté, le christianisme ? Désintégré par les savoirs modernes ? Archivé au musée des illusions ? Ce sont plutôt les préjugés contemporains à son sujet qui sont mal en point et ressortent désormais vides, artificiels, dépassés. Inversant les perspectives, échappant au contrôle du religieusement correct, Frédéric Guillaud s'empare de l'urgence et montre en quoi le christianisme est, pour le dire simplement, croyable. L'existence de Dieu ? Rationnellement démontrable. La Révélation chrétienne ? Solidement établie dans l'histoire. L'infaillibilité de l'Église, la présence réelle dans l'Eucharistie, l'Immaculée Conception ? Aisément défendables devant le tribunal de la raison. Et ainsi de suite, au fil des pages de cet essai qui tient de la machine de guerre et montre que la foi catholique repose sur les fondements rationnels accessibles à tous. Une fois l'ouvrage refermé, le lecteur aura tout loisir de méditer ce dialogue tiré de Matrix, entre Tank et Néo :
    « De quoi as-tu besoin, sinon d'un miracle ? - De munitions, de beaucoup de munitions. » Une apologétique décidément reloaded !

  • Un itinéraire personnel, et qui plus est un itinéraire politique, présente-t-il un intérêt pour les « générations futures » ? Pas toujours ! Mais il en est qui, par la qualité de l'engagement, le sérieux de la réflexion et le moment historique où ils ont été parcourus, sont à la fois exemplaires et instructifs.

    La Tunisie a acquis son indépendance en 1956 et, en 1959, la République tunisienne fut proclamée. Toute une jeunesse pour laquelle indépendance signifiait aussi l'accès égal de tous à la modernité et au progrès s'est rapidement trouvée déçue. Les dirigeants, à partir d'une démarche originale, ont peu à peu glissé vers l'instauration d'un État autoritaire, politiquement et économiquement fluctuant, mais avec une constante : l'exclusion des éléments les plus politisés et la banalisation de la violence d'État contre les contestataires.

    Un opposant dit ici cette histoire dans laquelle s'insèrent le cheminement complexe de la contestation de ce pouvoir, les étapes de la conscience et de la lutte de la gauche marxiste, les remises en question et les déchirements de ses organisations, en particulier du groupe Perspectives.

    La construction d'un État national est-elle incompatible avec le respect des droits de l'homme et des libertés publiques et privées ? Au-delà des péripéties et des contraintes particulières à la Tunisie, y aurait-t-il une sorte de loi à laquelle la plupart des pays ayant accédé à leur indépendance se seraient conformés en adoptant les principes d'organisation de l'État et de gestion de la société sous la férule du parti unique ? Cette interrogation sous-tend tout le témoignage de Gilbert Naccache.

    La réponse est probablement positive. Mais, « l'eussions-nous su, nous n'aurions pas renoncé à ce combat qui donnait un sens particulier à nos vies, qui disait qu'on pouvait, qu'on devait vivre des rapports plus justes, plus vrais... »

  • Hans Küng a été un des protagoniste les plus éminents de l'aventure théologique au XXe siècle. A la fois prêtre et théologien, c'est un homme sûr de son appartenance, engagé au service de l'Eglise, conscient de ses responsabilités de théologien, épris d'excellence et de rigueur scientifique, travailleur infatigable, passionné d'échanges et de rencontres, curieux de tout, heureux de vivre, que l'on retrouve dans le deuxième volume de ces Mémoires, qui s'étend de 1968 à 1980. Bien que durement éprouvé par le traitement que lui a réservé son Eglise, Hans Küng raconte ici son histoire avec dignité et objectivité. Par une foule de détails, il offre au lecteur contemporain une documentation exceptionnelle - et de première main - sur les modes de fonctionnement et les pratiques de l'administration vaticane dont il a eu à souffrir, et que d'autres ont critiqués par ailleurs. Tandis que, au fil de voyages autour du monde, l'auteur se forge une réputation internationale, il élargit sa vision des choses, en particulier sur les religions du monde, et publie trois best-sellers : Infaillible ? Une interpellation (1970), Etre chrétien (1974) et Dieu existe-t-il ? (1981). Dans le même laps de temps, un de ses collègues de Tübingen, Joseph Ratzinger entame une carrière qui le mènera aux sommets de la hiérarchie jusqu'à son élection comme pape, sous le nom de Benoît XVI... Comment le parallélisme de ces deux parcours ne frapperait-il pas les esprits ? Hans Küng signe un livre captivant, témoignage passionnant et stimulant de son goût pour la vérité autant que pour la liberté.

  • Vatican II est, dans l'Église, comme l'a dit Jean XXIII, un printemps arrivé hors saison et dont les fruits qui mûrissent à long terme, comme ceux de tout autre concile, passeront les promesses des fleurs. Il est comme on aime à le dire, un esprit, mais un esprit qui a pris corps. À ce titre, il a sa forme propre, ses traits, son style, et son visage ; en lui, de toute part, résonne un appel à servir les hommes, en essayant de leur montrer un visage d'Église où ils puissent découvrir une image de Dieu. Il veut nous éveiller au meilleur de nous-même et plus encore des autres, nous apprendre de vingt manières à respecter le fond des coeurs et des cultures pour y montrer l'étoile du matin qui, de la Galilée, peut et veut se lever sur tous les horizons.

    Le père Gustave Martelet, qui a participé au concile Vatican II, présente ici ce qu'a été le concile, en particulier aux générations qui n'ont pas connu cette époque. Il rend accessibles les textes majeurs de Vatican II en montrant leur importance décisive pour la vie de l'Église.

  • Le patriarche oecuménique Bartholomée Ier, primat de l'Église orthodoxe de Constantinople, qui dispose d'une primauté sur l'ensemble des Églises orthodoxes, a annoncé, en septembre 2010, vouloir convoquer pour 2012 un « Saint et Grand Concile Orthodoxe ». Si cette invitation était confirmée, les Églises chrétiennes orthodoxes, qui représentent plus de 200 millions de fidèles dans le monde, devraient adopter, au cours de ce concile, plusieurs décisions importantes.

    Hormis des questions portant sur le fonctionnement interne de l'Église orthodoxe (statut de la diaspora orthodoxe, règles de proclamation de l'autocéphalie et de l'autonomie, empêchements au mariage, règles du jeûne, ordre de préséance), quatre autres sujets devant faire l'objet de décisions conciliaires concernent l'ensemble des chrétiens : « L'Orthodoxie et le mouvement oecuménique » ; « Les relations des Églises orthodoxes avec l'ensemble du monde chrétien » ; « La contribution des Églises orthodoxes locales à la réalisation des idéaux chrétiens de paix, de liberté, de fraternité et d'amour » ; « Un calendrier commun ».

    Les textes réunis dans ce recueil sont des conférences données par Antoine Arjakovsky, entre 2004 et 2010, sur la plupart des thèmes qui seront abordés lors du prochain concile de l'Église orthodoxe. Plusieurs chapitres sont consacrés également à la situation du mouvement oecuménique dans le monde et en Europe de l'Est. Des annexes permettent de faire un point plus récent sur la situation actuelle de la préparation du concile.

  • Avec toi

    Suzanne Taha Hussein

    A priori, tout les séparait : la langue, la religion, le handicap, la condition sociale. Comment Suzanne Bresseau (1895-1989), une jeune Bourguignonne chrétienne; est-elle devenue la femme de Taha Hussein, un des plus grands hommes de lettres arabes du XXe siècle ? Comment a-t-elle vécu les honneurs, les désarrois, les interrogations de cet écrivain aveugle - titulaire d'un doctorat d'al-Azhar et d'un autre de la Sorbonne, et ministre égyptien de l'Education - qui chercha à réconcilier la tradition islamique et la modernité des Lumières ? C'est à ces deux questions que " répondent " les souvenirs de Suzanne Taha Hussein dans un style plein de retenue et d'élégance. Il est rare qu'une femme raconte sa vie aux côtés d'un grand homme. Ce témoignage unique en est donc d'autant plus précieux. En refaisant le chemin de leur vie à deux, Suzanne Taha Hussein fait revivre soixante ans de la vie intellectuelle et politique bouillonnante du Caire, soixante ans de rencontres avec de nombreux écrivains et penseurs issus des deux côtés de la Méditerranée, et soixante ans de dialogue islamo-chrétien. On croise ainsi Mohamed Abdou, le grand réformateur de l'Islam en Egypte, Gide, Cocteau, Tagore, Senghor, La Pira, Massignon, Berque, Helen Keller, et bien d'autres. Dans cette histoire d'une étonnante modernité, c'est l'amour - l'amour perdu et retrouvé au-delà de la mort - qui anime ces pages. C'est aussi le combat constant pour que l'Egypte moderne reconnaisse son triple legs pharaonique, grec et islamique. Et invente sa modernité.

  • La célébration du 70e anniversaire de la mort de Freud (septembre 1939) est l'occasion d'une réflexion sur sa théorie de la guerre et de la mort. Fondée sur le mythe de la horde primitive, le meurtre du père et la dette commune, la société, selon Freud, s'organise autour des interdits de meurtre et d'inceste. La guerre fondée dans la pulsion de mort est la conséquence de la levée collective de ces interdits. Freud bâtit ainsi ce que l'on pourrait nommer une « culture du meurtre ». Mais dès la Première Guerre mondiale, il avait saisi qu'un bouleversement était en train de s'opérer avec la guerre totale, industrielle et informationnelle.

    Tout en restant fondamentalement et radicalement enraciné dans la pensée freudienne, ce travail tente de démontrer un « au-delà » de Freud dans l'apparition d'une « culture de l'extermination » qui trouve son origine dans les grands textes fondateurs des monothéismes, puis son champ de réalisation dans l'histoire occidentale principalement. Cette « culture de l'extermination » n'a pas disparu avec les horreurs du siècle dernier. Elle est toujours bien présente partout dans le monde et prête à ressurgir en Occident comme le laissent entrevoir quelques frémissements politiques dans de nombreux pays. Il faut donc demeurer lucide et vigilant.

  • Irak, la faute

    Michel A

    Déjà 1400 000 victimes.
    L'unicef compte un demi-million d'enfants de moins de cinq ans morts depuis 1991 des conséquences de l'embargo.
    Comment veut-on construire la paix au moyen-orient en étouffant un peuple ?
    Pourquoi ignore-t-on la souffrance des enfants irakiens ?
    Comment les dirigeants du monde peuvent-ils maintenir et légaliser une punition si radicale ? quel est l'objectif non avoué de cette sanction implacable ?
    Quelles sont les clefs de la levée de l'embargo ? des responsables politiques, religieux, économiques, des universitaires, des journalistes.
    Des hommes de parole répondent à ces questions. leurs analyses et leurs réactions éclairent sous des angles différents la situation ; ils proposent de vraies solutions pour redonner à l'irak la vie et la dignité.
    Voilà enfin posé le problème des millions de victimes innocentes qui meurent dans l'indifférence des conséquences des embargos civils dans le monde.

  • Songhaï était un royaume béninois prospère avant l'ère coloniale.
    C'est aujourd'hui une incroyable initiative de développement local : centres de formation, fermes, caisses de crédit, coopératives, chaînes de montage et de restauration, ateliers de recyclage.
    Songhaï a commencé par redonner confiance aux Africains. Puis il les a invités à prendre en main leur avenir économique et social à partir de micro-réalisations articulées les unes avec les autres, sans rupture avec l'environnement culturel et naturel, sans dépendre des modèles occidentaux.

    Récit d'une étonnante réussite et théorie du développement concret, ce livre donne l'exemple trop rare d'une réussite globale dans l'univers du tiers-monde. Il convaincra jusqu'aux afro-pessimistes.

  • Le lecteur assidu des Évangiles ne peut qu'être frappé par la place privilégiée qu'y tiennent les femmes.
    Et dans ce moment de l'histoire de nos sociétés où leur rôle est de plus en plus objet de débats, il a semblé utile d'en présenter un tableau aussi complet et ordonné que possible. Cet ouvrage qui n'est ni de théologie ni d'exégèse propose une lecture toute simple et directe des textes du Nouveau Testament, parfois de l'Ancien et des récits apocryphes. Il fait état des nombreuses femmes qui accompagnent l'avènement et la manifestation de la Bonne Nouvelle.
    Même si les douze apôtres sont tous des hommes, il montre l'éminent respect dont a témoigné Jésus envers les femmes, le regard nouveau qu'il a porté sur elles et l'immense confiance qu'il leur faisait. C'est à elles que Jésus a accordé, souvent en premier, le privilège de son enseignement et de sa présence.
    Puisse cet ouvrage contribuer à promouvoir la place de la femme dans l'Église d'aujourd'hui et, plus largement, dans les religions.

  • la nécessité d'écrire un livre concis, simple, clair sur la douloureuse histoire des juifs et la responsabilité chrétienne dans cette histoire s'était imposée à lui.
    ce petit livre a effectivement aidé de nombreux chrétiens à connaître et à mieux comprendre " nos frères juifs ". les développements des rapports judéo-chrétiens de ces dernières années ont encouragé l'auteur et son éditeur à publier cette nouvelle édition mise à jour.

  • Nous naissons toujours dans une dépendance et une impuissance caractéristiques du petit d'homme. Les désirs et les fantasmes qui en découlent nous font naviguer entre l'illusion de toute-puissance et la dépression de l'impuissance, entre l'amour et la haine, entre la colère et le plaisir de vivre, entre la méfiance et la confiance.

    Tous ces sentiments ont quelque chose à voir avec l'image de Dieu, notre vécu de foi ou d'absence de foi. Nous sommes toujours partagés entre nos pulsions de vie et nos pulsions de mort qui entraînent un véritable jeu dialectique avec les démarches de foi et d'appartenance religieuse.

    D'autre part, l'amour, l'agressivité, et tout ce qui en découle, s'ils s'inscrivent dans des modèles sociaux en permanente modification, n'en demeurent pas moins présents et actifs dans nos vies, posant question aux paroles évangéliques ou questionnés par l'évangile.

    Le signe de la baleine, c'est le signe de Jonas enfoui au creux de la mort pour une nouvelle naissance sur sa terre renouvelée. La cure psychanalytique se joue sur le même modèle. Plonger dans nos obscurités, notre douleur, nos incertitudes, les traverser pour renaître à la vie, lavés, et accomplir plus authentiquement notre vie d'homme.

  • Un livre-événement où, en toute confiance et en toute confidence, s'exprime un homme qui connaît Jorge Mario Bergoglio, devenu le pape François.
    Un homme qui, comme lui, est Argentin. Un homme qui, comme lui, est jésuite. Un homme qui fut le professeur de grec, au séminaire, du jeune Jorge. Un homme qui a agi sous la direction du provincial Bergoglio. Un homme qui reste aujourd'hui en contact avec le successeur de Pierre.
    Cet homme, c'est le père Juan Carlos Scannone, l'un des représentants majeurs de la théologie du peuple.
    Au cours de ce dialogue avec la journaliste Bernadette Sauvaget, c'est dans la genèse, la pensée, le programme et la proximité de François que nous fait pénétrer Juan Carlos Scannone. Il revient sur ses souvenirs personnels, dresse le portrait au quotidien du futur pape, détaille les années de la dictature, éclaire la polémique sur son rôle dans cette période troublée, commente la signification de son élection et explique, non sans humour, comment son confrère se montre en fait un pontife très « jésuite ».

    Un livre pour comprendre où va François à partir de là où il vient et pourquoi il est le « pape du peuple ».

  • Il est des saints, tel François d'Assise, dont le visage est abordable parce qu'ils apparaissent dans de nombreux récits clairs et colorés comme des images d'Épinal. Dominique (vers 1173-1221), lui, est méconnu, tout de prière et de ferveur, plongé dans le désir de la contemplation, l'annonce de l'Évangile, l'amour du monde, et d'autant plus mystérieux qu'il n'a laissé presque aucun écrit. Aussi chacun a-t-il pu, de Dante à Marie de la Trinité, en passant par Fra Angelico, le Greco, Lacordaire, Bernanos, livrer son propre profil du fondateur des Frères prêcheurs.

    Guy-Thomas Bedouelle en donne ici un portrait entier, intense, débarrassé des clichés. C'est un Dominique en son temps et en son Église que nous suivons à travers l'Europe. Un temps de chrétienté menacée ; un temps de réforme ecclésiale qui est dominé par la figure du pape Innocent III ; un temps de tourmente dans lequel Dominique s'engage sans retour, convaincu de la force de la prédication et de la grâce de la parole dans sa mission auprès des tièdes, des hérétiques, des incroyants.

    Cette biographie à la fois historique et spirituelle restitue un Dominique vivant, appelé à emmener à sa suite des hommes et des femmes sur plus de huit siècles.

  • Depuis plus de cent cinquante ans, l'oeuvre d'Orient est au service des chrétiens d'une région du monde où se concentrent d'importants défis de notre temps. Le dialogue oecuménique y dévoile toute sa nécessité, tout comme la poursuite de la coexistence entre les trois religions monothéistes. Dans les entrechocs actuels, bien que minoritaires là où le christianisme est né, les chrétiens y restent des acteurs significatifs par leur ouverture culturelle et le sens du dialogue qu'ils puisent dans l'Évangile. Leurs Églises, comme l'écrit dans sa Préface le cardinal Vingt-Trois, « ne sont ni repliées sur elles-mêmes ni accablées par l'épreuve ». À la faveur d'une émigration, pas toujours volontaire, de leurs fidèles, elles rayonnent même jusqu'en Occident.

    Les contributions de deux colloques tenus à Paris et à Rome en 2006, entre historiens, théologiens, sociologues et religieux de terrain, ont donné jour à cet ouvrage qui intéressera autant le grand public que le monde savant. Le grand public, solidaire des chrétiens d'Orient, y trouvera des informations précises et claires sur la naissance de l'oeuvre d'Orient et le contexte de son action aujourd'hui, comme naguère. Il y verra aussi : la part étonnante prise par les congrégations religieuses françaises, masculines et féminines ; l'évolution de l'oeuvre d'Orient, de ses solidarités latines initiales à l'unionisme, puis à l'oecuménisme ; ce que peut être le dialogue doctrinal avec l'islam. Le statut de Jérusalem s'y voit consacrer un chapitre spécial. La raison de l'émigration des chrétiens comme leur démographie sont éclairées. Les chercheurs trouveront dans ce livre un instrument de travail dans un champ actuellement très vivant de la recherche, notamment grâce à ses index très détaillés.

  • La troisième religion du monde est encore aujourd'hui mal connue. Dans les années 1960, Alain Daniélou s'est fait le porte-parole d'un hindouisme essentiellement polythéiste, du « linga » comme phallus et de Shiva comme dieu de l'extase. Mais ne se démarquait-il pas ainsi des enseignements de Swâmî Karpâtrî qu'il revendiquait comme maître ? Ne présentait-il pas à tort ce grand sage comme le fondateur d'un parti politique ultra nationaliste, le Jana Sangh ? Et comment comprendre la façon dont son livre célèbre « Shiva et Dionysos » utilise à son profit les écrits de René Guénon ?

    L'auteur de cet essai revisite l'héritage laissé par Alain Daniélou. Il s'appuie non seulement sur l'oeuvre de l'orientaliste mais aussi sur des traductions nouvelles, des documents inédits et des recherches approfondies auprès des représentants autorisés de la tradition hindoue. Avec précision et clarté, il raconte sa découverte de l'hindouisme traditionnel. Il met en rapport la spiritualité indienne et l'interprétation qu'en donne Daniélou, l'hindouisme orthodoxe et le fondamentalisme sanglant de l'« hindutva ». Il tente enfin de comprendre les implications à la fois religieuses et politiques - inaperçues depuis un demi-siècle - de la démarche d'Alain Daniélou : l'auteur du « Polythéisme hindou » n'a-t-il pas développé une vision personnelle de la religion, distanciée du christianisme de sa mère et de son frère, et de l'hindouisme orthodoxe par un cheminement dans un shivaïsme ésotérique cherchant à ranimer les cendres du paganisme gréco-romain ?

  • Cent ans après le premier génocide de l'histoire, ce livre présente la pierre de vérité, cruciale, apportée par trois dominicains à la réparation d'un trou noir de notre mémoire qui demeure nié, occulté ou minoré.

    Retenus otages à Mardin, la « Jérusalem de l'Est », entre fin 1914 et fin 1916, les frères Marie-Dominique Berré, Jacques Rhétoré et Hyacinthe Simon assistent, impuissants, à l'anéantissement programmé, industriel, systématique des Arméniens qu'accompagne le massacre à la chaîne des Assyriens, des Chaldéens et des Syriaques. Témoins oculaires, ils vont se faire les chroniqueurs de l'indicible et consigner, chacun de son côté, ce déchaînement sans précédent de l'enfer sur terre.

    Pour la première fois, leurs dépositions précises, lucides, terribles sont réunies en un seul volume qui a valeur d'inédit. Elles ne font pas que donner une sépulture aux victimes anonymes des charniers d'hier. Elles valent alarme pour aujourd'hui. Alors que la tragédie des chrétiens d'Orient se répète sous les mêmes cieux et dans la même indifférence, leurs récits, toujours documentés, parfois apocalyptiques, ressortent rétrospectivement comme prophétiques.

    Un testimonial pour la reconnaissance du crime. Un testament pour le réveil de la probité. Une lecture indispensable, pour tous ceux qui n'entendent pas se réfugier derrière l'ignorance consentie et prétendre :
    « Je ne savais pas ».

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