Ginkgo

  • Le placard

    Kim Un-Su

    • Ginkgo
    • 7 Mai 2013

    Un trentenaire, après des années de formation et de tentatives, trouve enfin un emploi auprès d'un laboratoire public. L'unique tâche qui lui est confiée étant de vérifier le matériel livré chaque matin...
    Ses journées se passent ainsi, entre l'ennui et la contemplation du vide. Il s'aperçoit vite qu'il n'est pas le seul à ne rien faire : ses collègues, ses supérieurs, passent leur temps à bricoler des maquettes de navires dissimulées sous le bureau, à feuilleter des encyclopédies...
    Pour tromper l'ennui, il déambule dans le bâtiment et découvre le placard n° 13. Là, il trouve des dossiers stupéfiants sur des « symptomatiques ».
    Surpris par Dr Kwon, maître du placard, il se voit contraint de devenir son assistant pour suivre ces dossiers et répondre aux appels des symptomatiques.
    Sept ans plus tard, à la mort de Dr Kwon, il reçoit l'offre d'une mystérieuse entreprise. On lui propose de vendre - cher - un fichier concernant la mutation des corps humains. Ne sachant pas grand-chose sur ledit fichier et incertain des enjeux, il tente de détourner la proposition, sans y parvenir. Il sera enlevé et torturé par un professionnel sadique et souriant.
    Libéré par son tortionnaire mais toujours poursuivi par l'entreprise, il se réfugie chez une collègue - la seule autre personne connaissant l'existence du placard n° 13, et par ailleurs gourmande de sushi - avant de s'installer sur une île lointaine pour continuer d'entretenir son placard.
    Le Placard est l'histoire d'un homme qui décrit la vie des « symptomatiques », des personnes qui manifestent d'étranges symptômes, signes avant-coureurs d'une nouvelle ère de l'humanité.
    Ces symptomatiques forment une cohorte étrange où se mêlent un « hibernaute » qui a dormi 172 jours, un Pinocchio dont le doigt de bois - une prothèse - reprend chair et sang, un néo-hermaphrodite capable de se reproduire seul et quelques buveurs de pétrole et mangeurs d'acier. Mais le placard n° 13, qui accueille ces cas délirants, est surtout la boîte de Pandore du monde à venir... Critique amère de notre société dite postmoderne, sur un ton caustique, ce roman s'inscrit dans la lignée des Temps modernes de Chaplin. Les symptomatiques sont les pantins perdus qui font face à la réalité de notre société. Chaplin, mais aussi Cervantes ou Flaubert...
    Le Placard est un roman gothique et fou, dépourvu de règles, libre. Et les vérités des symptomatiques prennent vie grâce à l'écriture de l'auteur. Drôle et piquant, Kim Un-su donne au narrateur une distance particulière. On pensera aussi à Céline, peut-être et surtout au Voltaire de Candide.

  • Boule, un pauvre chien errant des rues de Moscou, est recueilli par l'éminent professeur Préobrajenski qui l'emmène à son domicile.

    En ces temps troublés qui suivent la révolution de 1917, le scientifique, privé de son laboratoire, entend bien poursuivre chez lui son ultime expérience. Au risque de donner vie à un être incontrôlable.
    Interdit par la censure dès sa rédaction, en 1925, ayant circulé « sous le manteau » pendant des décennies jusqu'à sa publication en Occident à la fin des années 1960, Coeur de chien est sous le couvert du fantastique une féroce et hilarante satire du nouvel ordre soviétique et d'un système absurde visant à la création de l'« Homme nouveau ».

    Parue en 1990 à Moscou et jamais rééditée, cette superbe traduction d'Alexandre Karvovski rend à ce texte incomparable son irrésistible et inquiétante drôlerie.

  • " Savoir à qui attribuer la vie d'un homme demeure indécis car elle continue de s'épanouir par-delà l'absence et la mort. Ma vie pour une part est faite de souvenirs qui me sont échus sans que j'aie été mêlé aux événements et c'est à moi que revient la responsabilité d'en inscrire les enchaînements, comme si j'étais ensemble le dernier homme et l'écrivain ultime à qui un autre encore succédera peut-être, si ce monde, plus sauvage que le coeur de la plus noire forêt, le permet. " Vingt ans après le reflux des barbares vers le Nord, le fils de Barthélemy Lécriveur cherche à résoudre l'énigme vivante que fut son père. Dans les Hautes Brandes, contrée qui sépare l'Empire de Terrèbre des Jardins statuaires, il apprend que son père a peut-être usurpé l'identité d'un autre après avoir perdu la mémoire. Chez les bûcherons, puis chez les charbonniers, il découvre de curieuses coutumes, mêlant cérémonies secrètes (les lupercales forestières) et rites hallucinogènes (les champignons de sang). Mais c'est à son retour à Terrèbre que le jeune homme trouvera la solution de l'énigme.

  • " Sur toute la contrée, depuis les rebords amers du plateau dont les flancs se craquelaient de combes où les torrents menaient sans relâche leur tapage jusqu'aux mornes pentes des Hautes Brandes dont les sentes s'engonçaient sous des arceaux d'aubépines tassées comme des fous rires et, entre les deux, bien sûr, sous les denses nuées de la forêt qui étirait ses membres gourds au vent soudain tiédi, sur toute la contrée, en tout lieu et tout asile et même sur l'onde sans remords, cette odeur verte comme une femme.
    Et, quand le vent se suspendait, le goût sauvage du silence".
    Écrit en 1976-1977, le Veilleur du Jour fut publié chez Flammarion en 1986 dans la prestigieuse collection "l'Age d'or". À la fois roman d'énigme, récit d'aventures et livre de mémoire, tissé de relations métaphoriques à la littérature et au tarot divinatoire, ce deuxième volume du Cycle des contrées (après les Jardins statuaires) est aussi une réflexion prémonitoire sur le pouvoir et ses ambiguïtés.

  • Dostoïevski

    Stefan Zweig

    Dans cette évocation biographique et personnelle de la figure et de l'oeuvre de Dostoïevski, Stefan Zweig dresse le portrait de celui qui fut pour lui l'un des trois maîtres du XIX e siècle, avec Balzac et Dickens, que plus que nul autre il a aimé et médité. A travers ses propres impressions, il éclaire ce que la lecture de Dostoïevski provoque au plus profond de chacun.
    « Dostoïevski semble s'ouvrir les veines pour peindre avec son propre sang le portrait de l'homme futur. [...] Personne n'a eu de l'homme une connaissance plus approfondie que lui ; il a pénétré le mystère de l'âme plus profondément que nul autre avant lui. » Stefan Zweig

  • En 1878-1879, autour de l'âge de cinquante ans et après avoir écrit Anna Karénine, Léon Tolstoï traversa une profonde crise de vie et de conscience, celle qui allait le mener à devenir celui qu'on sait, le quasi-prophète qui inspirerait Gandhi et des millions d'autres. Ma Confession est le livre crucial de cette crise, écrit en 1879, et depuis longtemps n'était plus édité.
    Initialement prévu pour être une « Introduction à une critique de la théologie dogmatique » préfigurant une vaste oeuvre théologique en quatre parties, Léon Tolstoï en a finalement fait un texte court et simple parlant à tout être humain, le réceptacle de toute ces interrogations qui le hantaient depuis son enfance et qui sont celles de toute personne en ce monde :
    « Qu'est-ce qui sortira de ce que je fais aujourd'hui ? de ce que je ferai demain ? Qu'est-ce qui sortira de toute ma vie ? » et « Quel est le sens de la vie ? », questions demeurant sans réponses pour lui et qui rendent la vie « impossible », et finissant par se transformer en une manière de concevoir Dieu et la foi qui ne pouvait que se heurter à l'Église orthodoxe et à tout dogme établi.
    Complètement inconnue du public français et longtemps interdite par la censure, Confession, est une oeuvre bouleversante à consonances très largement autobiographiques et totalement originale. Tolstoï y déploie le paysage d'une âme désespérément séparée de Dieu, désertée par la grâce, seule face à l'obsession de la mort.
    Une première tentative de publication eut lieu en 1882 dans une des plus grande revue de l'Empire russe mais le texte fut presque en totalité éliminé par la censure de l'Église orthodoxe. Il fut publié à l'étranger à Genève en 1884, avant d'être traduit en français en 1887. Il circula longtemps en Russie en manuscrits avant de connaître une première publication restreinte en 1906 et de devenir pour toute une génération le grand livre de cet idéal ascétique et mystique.
    Aveu d'une puissance rare, même chez un écrivain aussi considérable, précisément parce qu'il abandonne tout artifice littéraire, inévitablement entaché de péché dans sa nouvelle vision du monde, pour conférer aux mots une sorte d'énergie primitive, une signification transparente libérée de toute médiation.
    Nous sommes ici au coeur de la vérité tolstoïenne si proche de la sainteté, témoins fascinés d'une expérience unique, relatée dans une langue limpide et par-là même universelle.

  • La paix soit avec vous, l'une des dernières (sinon la dernière) oeuvres de Vassili Grossman, est à lire comme le testament d'un écrivain, le bilan de sa vie.
    À l'automne 1961, Vassili Grossman, malade, désespéré par la saisie de son dernier roman Vie et destin, accepte de passer un mois et demi en Arménie pour travailler à la mise en forme littéraire d'un roman traduit de l'arménien.
    Sa tâche accomplie, il entreprend, le 30 décembre 1961, de rédiger ses «impressions arméniennes» ?
    Prenant le prétexte de «notes de voyage», Vassili Grossman parle ici de ce qui lui tient le plus à coeur :
    Le peuple, les gens «simples» pas si simples que cela, le martyre arménien (et parallèlement, le martyre juif), la foi, la poésie, l'art.
    Impossible en lisant ce livre, de ne pas songer à Vie et destin. Car tous les thèmes, tous les motifs y ont été puisés. Mais La paix soit avec vous, véritable «poème», est un livre lumineux, empreint de lyrisme et de sérénité. Au soir de sa vie, Vassili Grossman jette sur le monde et lui-même un regard plein de compassion et d'ironie mêlées. La joie l'emporte sur la souffrance, et la foi en la bonté sur l'amertume. Jamais l'auteur n'a montré tant d'abandon, jamais il n'a mis à nu, avec une telle sincérité, son âme et son corps.
    Refusant la suppression de certains passages où il évoque l'antisémitisme soviétique, Vassili Grossman ne verra pas la publication de son texte. Celui-ci ne paraîtra qu'après sa mort, en 1965 et 1967, avec, dans les deux cas, les coupures exigées. Il a fallu encore vingt ans pour que la censure soviétique autorise enfin la publication du texte intégral, tel qu'on pourra le lire ici dans sa traduction française.

  • Le veau d'or

    Ilf Et Petrov

    • Ginkgo
    • 12 Février 2021

    Nous suivons, une fois encore, les exploits de Bender et ses associés à la recherche d'un trésor au milieu de la réalité soviétique Alexandre Koreïko est en apparence un fonctionnaire soviétique ordinaire. Nul ne sait qu'il cache, dans le casier d'une gare, une mallette contenant les centaines de milliers de roubles qu'il a amassés au cours de sa carrière corrompue. Mais l'histoire de cet étrange millionnaire est parvenue aux oreilles d'Ostap Bender, et celui-ci ne rêve que d'une chose : s'exiler à Rio de Janeiro... Dans cette seconde aventure, l'escroc sympathique et sa nouvelle équipe sillonnent à bord de leur flamboyante voiture la Russie soviétique et l'Asie centrale pour voler le voleur. le Veau d'or est avec son humour acide la grande satire du système communiste.

  • Guérassime, sourd-muet de stature colossale, sauve un jour une petite chienne de la noyade : celle-ci lui voue un attachement éternel et devient le centre de son existence. Mais Guérassime est un serf, et la maîtresse du domaine auquel il appartient, vieille dame autoritaire et capricieuse, n'apprécie pas ce petit animal qui a osé lui montrer les dents et dont les aboiements la réveillent...

    Écrit en prison en 1852, alors que Tourgueniev était incarcéré pour des propos que contenait son article sur Gogol qui venait de mourir, Moumou, dont la figure de la dame-propriétaire tyrannique est inspirée de la mère de l'auteur lui-même, était après les Mémoires d'un chasseur un nouveau réquisitoire terrible contre le servage, qui allait finir par être bientôt aboli, et est devenu un des textes les plus célèbres et populaires de la littérature russe.

  • Les douze chaises

    Ilf Et Petrov

    • Ginkgo
    • 2 Décembre 2020

    Le cas d'espèce du roman humoristique : une satire de la Russie entre NEP et stalinisme que la bureaucratie n'a pas vu passer et qui échappa à la censure !!! . Paru en 1928 - un monument de la littérature russe Sur son lit de mort, une riche dame dévoile à son gendre « Hippolyte Matvieïévitch Vorobianinov » qu'elle a caché ses diamants dans l'un des douze sièges de son ancienne maison, réquisitionnée depuis. Problème : celles-ci ont été vendues. L'information tombe dans l'oreille d'un personnage rusé et haut-en-couleurs, Ostap Bender, auto-proclamé « le grand combinateur », qui va proposer à l'aristocrate déchu de retrouver les chaises avec lui.
    Les « héros » se lancent donc à la poursuite de douze chaises et traversent pour cela une bonne partie de l'Union soviétique.

  • Un jeune homme, Ivan Timofeïevitch, en mission pour plusieurs mois aux confins de l'Empire russe, dans une région reculée et sauvage à la limite de la Russie, de l'Ukraine et la Pologne, vit dans un village où les habitants le regardent avec méfiance, et a pour seule compagnie un paysan auquel pour passer le temps il tente d'apprendre à lire et écrire. Un jour, parti chasser, il s'égare et tombe par hasard sur une pauvre cabane, perdue au milieu des forêts, où vivent une vieille femme et sa petite-fille, la jeune et belle Olessia.
    Olessia lui fait retrouver le chemin du village, et lui explique que toutes deux vivent à l'écart de tous car les villageois les considèrent comme des sorcières...
    Dans la solitude de la nature, dans le silence des forêts, une des plus belles histoires d'amour de la littérature russe, et de toute la littérature.
    Comme on laisse passer l'amour possible est une préoccupation majeure dans l'oeuvre d'Alexandre Kouprine. Elle se conjugue avec le témoignage réaliste dont est victime la beauté singulière. La sorcière supposée du récit Olessia (1898), la jeune juive, la mal mariée résignée de force, ces différents personnages semblent voués à disparaître dans l'oubli et l'incertitude, bannis par les frayeurs de la communauté, ses codes, sa violence et sa délation.
    Très célèbre en Russie, Olessia était l'un des récits favoris de son auteur et largement autobiographique.
    Il a fait l'objet de plusieurs adaptations au cinéma, dont l'une en 1956 avec Marina Vlady et Maurice Ronet : La Sorcière.

  • " La Locomotive ivre " rassemble des texte, de Mikhaïl Boulgakov.
    Ces nouvelles où s'exprime une satire peinture incisive de la société soviétiques. L'ambiance de la Russie des années vingt, celle du communisme et de la de guerre" et de la "NEP" (Nouvelle Economie politique). Chroniques lucides et sensibles, journal d'un monde qui bascule . Récits à l'ironie mordante, à la frontière du fantastique où se mêlent à La tendresse, la dérision et l'humour. Et si la gravité n'est jamais absente, il reste toujours à l'issue de transformer le quotidien en farce.

    De la rébellion "drôle" à la bouffonnerie " tragique ". Toute la palette inimitable du grand écrivain.

  • À la suite de tentatives de vol de sacs à dos au siège de l'Alpine Club londonien, le célèbre détective et son biographe sont entraînés au coeur des Dolomites, à la recherche d'un mystérieux trésor convoité à la fois par des indépendantistes indiens et des officiers hongrois opposés à l'empire des Habsbourgs. De Londres à San Martino di Castrozza, ils découvriront le monde singulier des alpinistes anglais, puis celui des irrédentistes italiens avant d'affronter un terrible sommet des Dolomites, dans le Trentin alors sous domination autrichienne. Servi par une (double) plume alerte, ce roman transalpin vient compléter les enquêtes de Sherlock Holmes sur les Alpes concoctées par Pierre Charmoz et Jean-Louis Lejonc (dans la même collection).

  • Dans ce long texte à la fois érudit et grand public, paru en 1842 dans la Revue des Deux Mondes, Charles Louandre retrace l'histoire du diable à travers les âges.

    Par le biais de sources et de témoignages anciens, du moyen âge jusqu'à la Renaissance en particulier, il éclaire cette figure mystérieuse par laquelle les hommes ont cherché à expliquer les tentations, les turpitudes et les accès de folie dont ils étaient sujets ou témoins. A travers descriptions d'exorcismes, dont les détails rappellent des films bien connus et qui raviront les amateurs du genre, et tableaux de sabbats, d'orgies et d'envols de sorcières, Louandre s'interroge sur la permanence de la présence du démon dans l'âme et la vie humaines, fruit des superstitions « qui s'entassent autour du dogme comme les masures au pied des cathédrales », et sur ses rôles et métamorphoses : tour à tour « ennemi du genre humain » au moyen âge, tentateur des saints et des religieuses, personnage de farces au XVIe-XVIIe siècles, devenu presque au XIXe siècle un libérateur romantique et mystique.

    Placée par Baudelaire, dans ses notes aux Fleurs du Mal, aux côtés de La Sorcière de Jules Michelet, cette « Monographie du diable » est un vrai délice de lecture.

  • « Que ressent une époque en train de périr envers ce qui vient à sa place? » L'imposant André Babitchev, éminent et arrogant membre du trust soviétique de l'industrie alimentaire et directeur d'une usine de saucisses dernier cri, recueille chez lui un homme qui dormait ivre au coin d'une rue, un homme que la nouvelle société a laissé sur le côté, Nicolas Kavalérov.
    Celui-ci devient pour un temps son serviteur et son parasite:
    Car le véritable protégé de Babitchev, Volodia Makarov, le prototype de l'homme nouveau, le jeune footballeur triomphant qu'aime la jeune fille dont Kavalérov est lui-même amoureux, sera bientôt de retour...

    D'un côté les hommes nouveaux, sportifs, matérialistes, soucieux d'hygiène et de rendement. Au xixe siècle ils dissé- quaient les grenouilles, aujourd'hui ils construisent des avions et des combinats géants de saucisses. De l'autre côté l'éternel « homme du souterrain », intelligent et inutile, individualiste et terré dans son trou, dévoré par l'envie. [...] La sobriété de style d'un Bounine, la sophistication des constructivistes, l'imper- tinence d'un dandy se marient au burlesque et à l'inquiétant. (G. Nivat).

    Fable symbolique d'une ironie féroce sur le fossé entre ceux du monde d'hier et qui ne sont rien et les vainqueurs du monde nouveau, L'Envie remporta à sa parution en 1927 en Union soviétique un immense succès : il était le roman crucial de son temps... Si moderne !

  • Ce volume contient sept des plus belles nouvelles de l'écrivain : « Trois roubles, La Grammaire de l'amour, Nuit en mer, Coup de soleil, Casimir Stanislasovtich, Ida, Le Sarafane de Mordovie ». Il reprend le volume « La Grammaire de l'amour » paru en 1997 aux éditions Sables à Toulouse, augmenté d'une septième nouvelle.

  • Avec Amériques intimes, son septième ouvrage, Christine Frérot aborde une fois de plus cette Amérique latine qui lui est si chère, mais en délaissant cette fois l'histoire de l'art pour aborder les rivages de l'intime et du souvenir. La mise à nu de ses sentiments, de ses découvertes ou de ses attachements irrigue son récit autobiographique, où l'on découvre des éclats sensibles ou mélancoliques, les évocations de moments plus ou moins privilégiés, la matière vivante de tous ses enracinements.

    Le Mexique, fil conducteur de ce livre, où affleure néanmoins l'ancrage profond de sa première vie (la rude et solitaire Lozère) la conduit - en des « aller-retour » incessants - depuis Mexico, la capitale-mondes bruyante, fascinante et épuisante, à Oaxaca la baroque, vibrante, lumineusement ocre ; depuis La Havane, encore socialiste et endormie, à Sao Paulo et Rio de Janeiro, cités d'un Brésil intense, langoureux et musical ; depuis le Pacifique jusqu'aux Caraïbes et à l'Océan atlantique.

    Ce livre n'a pas pour objet de tracer une chronologie. Il dessine en rhizomes des fragments d'histoire et assemble dans une mélancolie joyeuse les divagations et les certitudes d'un parcours esthétique et sensible, d'une renaissance de soi.

    C'est l'amour et ses liens avec tout un continent, la seule Amérique, l'America latina à la fois espagnole et portugaise, mais aussi aztèque, maya et inca ; celle de cultures millénaires dont le passé est toujours vivant, mais aussi celle des modernités architecturales les plus extravagantes, et surtout, celle de l'affect ; enfin, unique, celle d'un réel-merveilleux intrinsèquement latino-américain, autrefois chanté par l'écrivain cubain Alejo Carpentier.

  • Une histoire de la peinture pour les bêtes.

    Sont des récidivistes de l'histoire de l'art revue et corrigée. Philippe Mouchès et Olivier Salon Auteurs du savoureux Histoire de l'art et d'en rire / Musée des Zeugmes (Cambourakis, 2016), et du non moins délectable Carambolages (Cambourakis, 2017), ils nous offrent ici, sur un plateau, des morceaux de choix :
    Ceux de Boucher (pages 12-13) raviront les amateurs de bavette ; les inconditionnels de la Vénus de Milo seront impatients de découvrir le traitement que lui réserve une colonie de manchots; quant à la plus célèbre peinture du monde, son sourire batracien pourra surprendre les plus aguerris.

    Une nouvelle collaboration fructueuse d'Olivier Salon (membre de l'Oulipo) et Philippe Mouchès, (membre de l'Oupeinpo). ils nous proposent une nouvelle variation humoristique autour du pastiche artistique. À partir de toiles de maîtres connues dans le monde entier, le peintre les revisite en les détournant ou les entrechoquant tandis que l'écrivain compose des récits décalés, explications supposées ou imaginées de ces images réinventées.
    Une approche décalée de l'histoire de l'art, à la fois cocasse et intelligente

  • Ce livre, qui n'appartient à aucune catégorie de la littérature, illustre que dans notre monde moderne, où triomphent le rationalisme et le scientisme, le mythe est toujours vivant. » (Stefan Zweig) La Mue du serpent a paru pour la première fois en Géorgie, en 1926. Remarqué par un Stefan Zweig émerveillé, le roman paraît en traduction allemande en 1928, avec une préface du célèbre auteur. L'action du roman se déroule lors de la Première Guerre mondiale, en Iran, affecté par la rivalité entre les Alliés et les Empires centraux, et en Géorgie. Le personnage central du roman, Archibald Mekeche, peintre, un intellectuel détaché de ses racines, se retrouve en Iran. C'est ici qu'il découvre ses origines géorgiennes où selon les hypothèses de l'époque l'ethnogenèse des Géorgiens est liée à la basse Mésopotamie. Passé par un long chemin initiatique, il revient au sein de son pays pour y renaître dans l'amour et retrouver son identité.

    Traduit du géorgien par Maïa Varsimashvili-Raphael et Isabelle Ribadeau Dumas.

  • Une jeune épouse qui refuse de se plier aux règles de sa nouvelle zadrouga, ces communautés familiales élargies de Serbie, un soldat amputé qui revient de la guerre contre les Turcs et qui est accueilli par son père, une jeune fille qui part faire des études dans la capitale et fait la fierté de son village, un père qui sombre dans la spirale du jeu au désespoir de sa famille,... « scènes de la vie serbe » que restituent merveilleusement ces cinq nouvelles de Laza Lazarevic, un des auteurs les plus chers aux coeurs des Serbes, qui fit découvrir à l'Occident ce pays mystérieux, depuis peu délivré du joug ottoman.

  • On ne saurait mieux comprendre Russes, Ukrainiens, Baltes, Biélorusses, Géorgiens, Moldaves, etc. qu'en partageant avec eux un repas convivial.

    Découvrez une gastronomie originale, variée, celledes soirées entre amis autour de plats délicieux, faciles à préparer. Zakouski, borchtch, pâtes croquantes, chachlyk, pirojki, malossols et marinades... Leurs mille et une saveurs colorées vous appellent à la fête et au dépaysement.

    Assaisonnées d'une pointe d'humour et de sociologie, ces Saveurs s'adressent aux cordons bleus, cuisiniers en herbe et à tous les gourmands. Vous y trouverez des recettes bon marché, mais aussi des astuces utiles, ainsi que des conseils ancestraux de beauté et santé pour mieux garder la forme. Un regard décalé et gourmand. Pour une sociologie souriante de la Russie.

  • Savez-vous qu'il existe un univers parallèle au nôtre auquel les êtres humains normaux n'ont pas accès ? Dans cet univers, Pierre le Grand veille toujours sur son Palais de l'Ermitage et ses fidèles serviteurs, les fameux chats gardiens des trésors de l'art, parlent avec les personnages des tableaux du célèbre musée de Saint-Pétersbourg.
    Le tsar veut organiser une grande fête dans son Palais, pour laquelle il fera exceptionnellement appel à une jeune ballerine venue du monde des humains. Mais Buthadeus, le réprouvé, le chevalier banni qui erre depuis des siècles entre les mondes, a un plan machiavélique pour une dernière fois tenter de s'emparer du Palais et de l'univers entier.
    Macha, la jeune danseuse, aidée du chat Vaska et par Alexandre Pouchkine en personne, pourra-t-elle non seulement danser pour le tsar, mais aussi sauver le monde ?

  • Des voyageurs traversant un des immenses lacs russes demandent au moine singulier et colossal qui les accompagne de leur conter narrer ses aventures.
    C'est ainsi que cet étrange moine raconte comment sa mère, morte en couches, l'avait promis à Dieu et à la vie monastique et comment, pour avoir refusé ce destin, il fut poursuivi par une curieuse malédiction, voué à errer sur la terre russe, tour à tour prisonnier des Tatars, compagnons des Tziganes, expert et dresseur de chevaux des steppes, soldat et même criminel, échappant sans cesse à la mort pour tomber dans un autre péril.
    Conte symbolique et intemporel, Le Pèlerin enchanté est une extraordinaire odyssée à travers la Russie.

  • La « crise migratoire » s'invite à la table des échanges internationaux comme à celle des repas de famille. Et tous de déplorer les horreurs en Libye, les victimes des naufrages en Méditerranée, les passeurs odieux, les drames de la montagne.... Le présent ouvrage fait suite au « Réfugiés sont notre avenir - Ginkgo 2019 ».

    Le samedi 10 octobre 2020, une randonnée littéraire était organisée au col de l'Échelle dans le cadre du Festival Exils, dont la première édition a eu lieu à Briançon du 7 au 11 octobre 2020.

    La vallée de la Clarée, et tout particulièrement la commune de Névache, au pied du col de l'Échelle (1 762?m), a vu passer de nombreux réfugiés depuis 2016. Un dispositif d'accueil d'urgence - avec l'association « Solidarité Névache » créée dès août 2016 -, s'est rapidement mis en place, en lien avec le Refuge solidaire de Briançon, ainsi que des « maraudes » au col, surtout l'hiver. Ce mouvement spontané de générosité a pu se maintenir malgré les entraves nombreuses, que ce soit des autorités ou de groupes d'extrême droite, venus au printemps 2018 investir le col.

    La randonnée au col voulait rappeler que la solidarité est un acte naturel en montagne et que les cols ne sont pas des frontières à l'humanité. Les lectures de textes ayant trait à l'exil (témoignages, extraits de romans...) étaient précédées par des interventions du groupe « les Fiiiiiilles », chants a capella.

    « Au col de l'Echelle » reprend les textes lus dans le cadre du Festival Exils. Des photos de Fabienne Augié, nomades ou collées sur les cabanes du col, ont invité les participants à poser un autre regard sur les exilés. Elles illustrent ce recueil, dont la vocation est de témoigner, audelà d'une belle journée d'automne, que les solidaires des Hautes-Alpes ne baisseront jamais la garde

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