Hermann

  • J'écris ce livre parce que j'ai peur. J'ai peur pour mes petits-enfants et pour le temps qui sera le leur. Et qui a déjà commencé. J'écris ce livre pour briser le silence. Celui qui règne sur la montée de l'islamisme, sur ses ravages parmi les jeunes et sur les dégâts qu'elle provoque dans notre école publique. Jusqu'à présent le silence a été la religion de l'école et le célèbre " Surtout pas de vagues ! " le credo de ses administrateurs, pour l'islamisme comme pour d'autres sujets tragiques : la pédophilie hier ou le cyber-harcèlement de nos jours.
    J'écris ce livre parce que je suis attaché à la laïcité, parce que je sais que ce principe républicain nous protège et protège nos libertés, celle de croire ou de ne pas croire, celle de changer de convictions, celle de critiquer les religions comme l'absence de religion, celle de confier nos enfants à l'école publique sans crainte qu'ils y soient endoctrinés, celle pour les croyants de pratiquer leur culte sous la protection d'un Etat neutre et fort.
    J'écris ce livre parce que le temps presse et qu'il y a maintenant urgence. Urgence à ouvrir les yeux, à voir le monde tel qu'il est et à tenter de comprendre ce qui s'y passe. Et, surtout, urgence à agir.

  • Bien des gens qui viennent voir un psychanalyste ou un rabbin ont d'abord l'idée qu'il va interpréter pour eux les mots et rendre explicite le non-explicite du langage, du signe ou des images qui les habitent. C'est la démarche très caricaturale de celui qui veut à tout prix que son psychanalyste interprète son rêve et lui traduise son sens sans ambiguïté. Celui-là attend de l'interprétation un éclaircissement, une sorte de sortie d'ambivalence de sens. Il veut que la vérité soit comme désobscurcie par l'autre qui détiendrait la vraie lecture et le sens authentique. Or une interprétation qui serait une théorie du signe perdrait toute sa puissance jusqu'à sa définition même, au lieu d'ouvrir le sens elle l'enfermerait dans une fidélité stérile. Tel est exactement le contraire de ce qu'exige toute interprétation. C'est ce que nous explique dans ce court texte Delphine Horvilleur, en confrontant les théories rabbiniques et psychanalytiques.

  • La pensée d'Edgar Morin est inclassable. Ni science ni philosophie, enjambant la science et la philosophie, les sciences humaines et les sciences naturelles, sa pensée échappe aux classements disciplinaires et aux modes de connaissance compartimentée. Edgar Morin a abordé des disciplines aussi différentes que la biologie, la sociologie, l'anthropologie, la philosophie et l'épistémologie des sciences.
    Comment résumer une oeuvre qui couvre plus de soixante années de vie intellectuelle ? Comment en dégager un esprit général qui ne soit pas une réduction caricaturale ?
    En passant par La Méthode dont la publication s'est étalée sur presque trente ans (1977-2004). Déjà en gestation dans les premiers travaux d'Edgar Morin (L'Homme et la Mort, Le Vif du sujet, Le Paradigme perdu), La Méthode est le creuset d'où sont sorties de nombreuses ramifications, sociologiques, politiques, éducatives (Terre-Patrie, La Voie, Les Sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur), ramifications distinctes mais inséparables de la source qui les a fait naître.
    Ancien résistant et témoin privilégié de notre époque, Edgar Morin a traversé le XXe siècle en acteur de l'histoire. Il est l'auteur d'une oeuvre transdisciplinaire, abondamment commentée et traduite dans plusieurs langues, qui nous oblige à rompre avec la disjonction et la compartimentation des savoirs. Elle a pour dénominateur commun la recherche d'une connaissance non mutilée et le souci d'une pensée capable d'affronter la complexité du réel.

  • Enrichi des Observations sur un ouvrage intitulé : Traité du mélodrame ou Réflexions sur la musique dramatique, par M. le chevalier de Chastellux Diderot, qui aime manier les paradoxes, dénonce la sensibilité comme un obstacle à l'art du comédien. Il s'agit de donner à la salle l'illusion de la plus grande émotion sans se laisser emporter par elle. Au carrefour de la philosophie et de la fiction, de l'esthétique et de la politique, l' l'écrivain nous livre ici l'un des plus charmants exemples de son art du dialogue.

    Cette nouvelle édition, augmentée d'un texte sur le mélodrame que l'on ne trouve réimprimé nulle part ailleurs, en présente la seule version authentique.

  • Quel discours se soucie encore de la vérité  ? Pourquoi tenir cette exigence de vérité quand la parole est noyée dans des flux permanents d'informations et de duplications  ? La littérature et la psychanalyse partagent un rapport singulier à la parole  : celui du déploiement.
    A l'inverse de l'information, la littérature et la psychanalyse continuent à croire en la révélation d'une parole étrangère à l'intérieur de soi. En reprenant la scène de la rencontre entre Diane et Actéon des Métamorphoses d'Ovide , Yannick Haenel offre au lecteur une réflexion sur l'amour et le langage comme exposition d'une solitude sans laquelle aucun discours vers l'autre ne serait possible

  • L'arrivée d'un monde virtuel a considérablement modifié nos comportements au point de venir interroger nos subjectivités : mon avatar - véritable identité numérique - est-ce moi ? Et si ce sujet du virtuel est une part de mon identité subjective, où se situe-t-il entre le sujet de la conscience et le sujet de l'inconscient ? Elsa Godart introduit ici la notion de subjectivité augmentée pour traduire cette transformation du sujet dans son expression virtuelle. Or, cela n'est pas sans poser de nouveaux enjeux pour la subjectivité : qu'en est-il du rapport à l'image de soi ? Qu'en est-il de nos liens aux autres ? Doit-on repenser la relation entre le sujet et l'objet ? Assistons-nous à l'émergence de néo-symptômes propres à nos usages dans la virtualité ? Et qu'en serait-il d'une éthique du virtuel ? Plus que d'une métamorphose, ne tendons-nous pas vers une véritable hybridation ? Enfin, quel avenir pour la question du désir ou encore de la liberté ?

    Telles sont les questions développées dans cet ouvrage qui marque le troisième et dernier temps d'une métamorphose : celui de la transformation et l'avènement du sujet du virtuel.

  • "Devant un Outrenoir, qu'est-ce qu'on voit ? Il y a de la lumière réfléchie par le noir, donc déjà modifiée, transformée. Si elle était réfléchie par du vert, du bleu ou par un miroir, ce ne serait pas la même. On voit de la lumière qui provient du tableau vers celui qui regarde : ça c'est ce qui se passe dans ma peinture, c'est le côté optique [...]. si la lumière change de place, ce n'est plus la même peinture que l'on voit ; et si le regardeur bouge, ce n'est pas tout à fait la même chose qu'il voit. . C'est une organisation, certes, qui reste la même mais qui s'efface ou qui apparaît plus évidente, c'est tout un ensemble de choses qui change, tandis que dans une peinture traditionnelle, il y a un point de vue. Dans mon cas, l'intériorité ne précède pas l'acte de peindre." Pierre Soulages

  • Souvenirs

    John Rawls

    Souvenirs, proposé ici dans une traduction inédite, est l'un des derniers textes publiés par Rawls. Ce petit texte atypique écrit en 1977, attachant, drôle et parfois émouvant, est sans doute l'un des textes les plus personnels de Rawls.
    Au-delà du caractère autobiographique de ce livre, Souvenirs propose aussi une typologie comparative des grands intellectuels de la fin du XXe siècle et, au-delà, cherche à définir ce qui constitue une écriture proprement philosophique, une écriture dans laquelle l'entourage du philosophe et sa communauté intellectuelle jouent un rôle prépondérant.

  • Le 21 novembre 2018, Pascal Quignard a fait don à la Bibliothèque nationale de France d'un ensemble unifié d'estampes, de peintures, de dessins, de manuscrits, de livres inédits, de partitions et d'imprimés. Laurence Engel a souhaité montrer un certain nombre de ces pièces dans une exposition qui aura lieu à la BnF du 7 avril au 7 juin 2020.
    La première partie de cet ouvrage est le catalogue de cette exposition dont Olivier Wagner est le commissaire.
    Dans une seconde partie, ce livre rassemble un essai de Mireille Calle-Gruber sur le don, la reproduction d'un livre inédit de Pascal Quignard, De taciturnis, avec des gravures de Pierre Frilay, et enfin une conférence de Pascal Quignard, intitulée Sur le geste perdu de l'abandon et accompagnée d'une vingtaine de reproductions, ainsi qu'un commentaire sur la Hersé de Poussin. Cette conférence sera prononcée le 6 avril 2020, à la Bibliothèque nationale de France, en ouverture de l'exposition.

  • SAY ; vaincre la crise

    Collectif Say

    Project Syndicate, les Éditions Hermann et Finance Mag (ex-Fintech Magazine) s'associent pour créer une nouvelle revue-magazine, SAY. SAY donne la parole aux penseurs français et internationaux pour restaurer la valeur de l'analyse et de l'opinion informée, basée sur les faits, par opposition aux dérives idéologiques et « populistes ». Le premier numéro de SAY, un numéro double, comprend sept séquences :

    - La crise de toute une vie, consacrée à l'impact économique et politique de la pandémie de Covid-19 ;

    - L'élection de tous les dangers, dont se dégagent les options géopolitiques de l'Europe face à l'élection américaine imminente, aux tensions avec la Chine et aux scénarios pétroliers ;

    /> - La relance, mode d'emploi, qui illustre les diverses stratégies économiques pour la reprise ;

    - Le cas français, qui examine en profondeur la situation dans l'Hexagone et notamment le plan de relance ;

    - Substance verte, qui analyse la relance verte et le Green Deal européen face aux options des autres pays ;

    - La guerre des techs, qui s'attache au risque de « Splinternet », d'explosion du réseau sous les coups de boutoir de la rivalité sino-américaine, mais aussi aux atouts et aux faiblesses européennes, notamment via la règlementation ;

    - Regards, qui s'ouvre sur le cri d'alerte d'un des grands VCs de Silicon Valley.

  • La vocation

    Judith Schlanger

    • Hermann
    • 18 Juin 2010

    Comment vivre et que faire de ma vie ? À travers ma vocation, ma vie trouve son sens dans une activité à laquelle je m'identifie. Et comme l'activité de mon choix répond à ma nature, elle m'exprime, m'accomplit et me définit.
    La promesse de l'individualisme démocratique est que chacun puisse réussir sa vie par son travail, qui lui fera gagner à la fois son identité et son pain.
    Pour devenir soi-même, pour se réaliser, chacun doit pouvoir s'épanouir dans ce qu'il fait.
    L'artiste et le savant incarnent la figure romantique par excellence du travail voué. Pour certains, c'est le désir de savoir qui commande et organise leur existence.Mais l'exemple du travail créateur ou du travail intellectuel a un caractère d'exception. Qu'en est-il des goûts et des aptitudes en général ? Et qu'en est-il des tâches insignifiantes dans lesquelles on ne peut pas s'exprimer, et qui doivent pourtant être remplies ? Que devient aujourd'hui la grande figure idéale de la vocation ? Ce livre invite à une réflexion qui n'a rien de technique et nous concerne tous.
    Judith Schlanger a publié de nombreux ouvrages sur la pensée, ses enjeux culturels, ses métaphores, son invention, sa mémoire. En particulier : Les Métaphores de l'organisme, L'Invention intellectuelle, La Mémoire des oeuvres.

  • Quels sont les fondements philosophiques de la subjectivité ? À quel moment (historique) le sujet fait-il son apparition ? De nombreuses archéologies du sujet existent. Mais Elsa Godart propose une approche originale en partant de la question de la sincérité - notion qui n'apparaît pleinement qu'au bas Moyen Âge. Et si l'émergence du sujet était consubstantielle à celle de la sincérité ? Une vaste enquête s'ouvre alors, qui nous conduit de saint Augustin à Pascal, en passant par saint Bernard et Montaigne. Cette monographie nous invite à saisir le moment du retournement : quand la conscience se prend elle-même comme sujet de connaissance.

    Tel est le pari de cet ouvrage qui marque le premier des trois temps d'une métamorphose : celui de la formation du sujet de la conscience.

  • Ainsi commence l'Entretien d'un philosophe avec Madame la Maréchale de ***, une jeune femme "belle et dévote comme un ange" qui demande au philosophe de justifier son athéisme.
    Ce savoureux dialogue a le naturel d'une conversation familière ; il en épouse les méandres. Chaque interlocuteur peut interrompre l'autre au moment où l'on s'y attend le moins. Les répliques s'enchaînent de façon imprévisible sans la moindre contrainte extérieure. Diderot ne catéchise pas son interlocutrice. Il a pour elle un respect qui n'est jamais démenti. Comme il est dit dans l' "Avis au lecteur", "il serait à souhaiter que les matières importantes se traitassent toujours (.) dans le même esprit de tolérance".
    On trouvera ici la première édition critique de ce dialogue, établie d'après la version originale diffusée dans la Correspondance littéraire en 1775 et accompagnée d'un ensemble de textes qui en éclairent le sens et la portée.

  • La période hellénistique correspond à une extension géographique maximale du monde grec. On trouve dans ce vaste espace, qui s'étend jusqu'aux portes de l'Inde, des sculptures qui portent la marque de leur temps avec des inflexions régionales. On ne peut, à partir de la mort d'Alexandre en 323, tracer des frontières rigides qui correspondraient aux limites mouvantes des royaumes qui se constituent en remodelant un espace élargi, car les hommes et les objets circulent.

    Après un premier volume consacré à la présentation des fonctions et des grands thèmes de la sculpture hellénistique (Picard, 2016), François Queyrel privilégie dans cet ouvrage une approche régionale. Il met ainsi en valeur localement la consommation des sculptures, qui peut coïncider mais pas nécessairement avec leur lieu de production, et cerne les échanges et interactions entre sculpteurs et commanditaires, car la sculpture était faite pour un contexte particulier. En adoptant un ordre géographique, il vérifie si des différences existent entre cités et royaumes et constate l'originalité de traditions locales et leur diversité, alors même que les conditions historiques varient suivant les régions, et la force d'une ambition unificatrice qui évolue dans ses formes durant les trois derniers siècles avant notre ère.

  • La liberté est-elle un pouvoir neutre et indifférencié de choix et d'action qui est octroyé à tout individu, et qu'il exerce identiquement avec tout autre, ou n'est-elle pas plutôt une capacité qui n'échoit qu'à lui seul d'accomplir son être propre dans ce qu'il a d'unique ? En souscrivant à la seconde branche de cette alternative, Claude Romano s'efforce de préciser les conditions de possibilité de qu'il appelle « liberté intérieure », c'est-à-dire la capacité de vouloir et de décider en l'absence de conflit intérieur, de telle manière que cette volonté et cette décision expriment l'être que nous sommes et manifestent un accord de cet être avec lui-même. En soulignant les limites de la conception largement dominante, de Platon à Harry Frankfurt, de cette liberté comme une subordination de nos désirs et tendances affectives spontanées aux « désirs de second ordre » qui découlent de notre réflexion rationnelle, l'auteur défend une conception originale de l'autonomie qui rejette une telle hiérarchie. Il étaye son propos par l'analyse d'un exemple littéraire, la décision finale de la Princesse de Clèves dans le roman éponyme de Mme de Lafayette.

  • Dossier central: "La Covid-19 : de la peur à l'avenir".

    Avec, entre autres: les contributions de:
    Mohamed ElBaradei (prix Nobel de la Paix).
    Angus Deaton prix Nobel d'économie) et Anne Case (professeur d'économie, Princeton).
    Fiona Scott Morton (professeur d'économie, Yale).
    Joseph E. Stiglitz (prix Nobel d'économie).
    Mike Spence (prix Nobel d'économie).
    Robert Schiller (prix Nobel d'économie).
    Jacques Attali.
    Jean Pisani-Ferry.
    Roger-Pol Droit.
    Thierry Ménissier.
    Laurence Joseph.
    Josep Borrell (ministre des Affaires étrangères de l'Union européenne).
    Olivia Grégoire (secrétaire d'Etat, France).
    Pascal Canfin (député européen).
    Yuriko Koike (gouverneur de Tokyo).

  • Le XIXe siècle remet violemment en question la toute-puissance du sujet avec l'expression d'un inconscient social (Marx) et psychique (Freud). En quoi cela bouleverse-t-il irréversiblement la question du sujet ? Assistons-nous alors à une forme de désubjectivation du sujet ? Pour réfléchir à cette question, Elsa Godart reprend l'un des fondements du sujet, à savoir la question de la volonté libre, qu'elle confronte aux déterminismes inconscients. En s'appuyant sur de nombreuses études de cas, l'autrice propose une lecture originale de l'inconscient et suggère une vaste réflexion autour de la volonté inconsciente, dont il est démontré ici qu'elle est aussi volonté de jouissance. Or, en quoi cette volonté inconsciente propre au sujet peut-elle entrer en coïncidence avec notre société contemporaine et se heurter à l'individu social ? Comment cette volonté inconsciente se pose-t-elle face au désir ?

    Ces questions sont au centre de cet ouvrage qui marque le deuxième des trois temps d'une métamorphose : celui de la déformation du sujet de la conscience et l'avènement du sujet de l'inconscient.

  • éprouver Auschwitz

    François Rachline

    • Hermann
    • 8 Janvier 2020

    Auschwitz est à part. Temporellement et spatialement. C'est un passé métamorphosé en présent perpétuel, un lieu et un non-lieu. Une plaie qui ne cicatrise pas, béante sous les yeux de qui veut bien les ouvrir. Il n'est pas d'autre endroit sur terre où l'être humain peut s'exposer à ce que l'humanité a engendré d'extrême à partir d'elle-même. C'est un seuil. Une frontière. Une limite. Un trou noir aussi. Effacement de l'espace, fracture du temps. Auschwitz ne laissera plus les vivants reposer en paix.

  • Depuis son avènement au début du XXe siècle, la phénoménologie a rallié, dans une fidélité plus ou moins grande à Husserl, son fondateur, des auteurs aussi différents que Heidegger, Scheler ou Fink - non sans que chacun ait d'abord pris la mesure de l'ambition d'un projet qui consistait à réaffirmer le sens de la philosophie en lui assignant pour objet un certain absolu, jugé comme tel « irréductible ». Les philosophes français, dont Sartre, Merleau-Ponty, Levinas, Derrida, Henry, Marion, ont tous eu à coeur de renouveler à leur façon la phénoménologie, en interrogeant à nouveaux frais ses enjeux.

    En revenant sur l'histoire de ce courant, Paul Audi montre que la plupart de ces penseurs ont suivi un même ordre de mission - que Sartre formule ainsi dans son tout premier texte phénoménologique, en 1934 : « Soyons plus radicaux ». Pourquoi et comment ce devoir de radicalité a-t-il pris auprès d'eux le statut d'un mot d'ordre ? Quels enseignements devrions-nous aujourd'hui en tirer ? Une de ces leçons ne revient-elle pas à dire que si, en phénoménologie, la demande de radicalité a bien sa raison d'être, elle n'en révèle pas moins les limites de la discipline - des limites qui pourraient bien expliquer pour partie son essoufflement actuel ?

  • La restauration des monuments historiques après 1945, travail colossal, urgent et nécessaire, sert de creuset pour renouveler les techniques, mais aussi les théories de la restauration. La question de l'acceptation ou de la non-acceptation de la perte (culturelle, matérielle, identitaire, psychologique, etc.) est au coeur des enjeux.Le thème de la «lacune» permet d'esquisser une forme d'allégorie du patrimoine martyr. La «réintégration des lacunes» dans la pensée de Cesare Brandi, avec ses fameux «axiomes», aide à penser la réparation. La restauration post bellica peut alors être une forme de guérison, mais une guérison qui conserve -exigence éthique-des traces du passage de l'oeuvre dans le temps, y compris dans le temps des ruptures de l'histoire.
    Depuis 2011, divers pays subissent des destructions intentionnelles ou par effets collatéraux. Comme pour ajouter du désespoir à la détresse, les guerres en Syrie et au Proche-Orient creusent de nouveaux patrimoines martyrs. Pour illustrer ces questions sensibles, cet ouvrage propose l'analyse de projets de restauration post bellica particulièrement significatifs en Allemagne, en France, en Italie et en ex-Yougoslavie, sur une période allant de 1945 à nos jours.

empty