Littérature argumentative

  • Le néant artistique abusivement appelé art contemporain est la lointaine suite de la crise de la peinture déclenchée par le progrès technique dans la seconde moitié du XIXe siècle. Sous l'effet de cette crise, la religion de l'art inventée par le romantisme s'est trouvée privée de sens. La délirante sacralisation de l'artiste par la philosophie allemande, qui lui conférait le statut de voyant, de messie, de philosophe, a basculé au XXe siècle dans l'absurde, le dérisoire, voire l'abject.

    Tel est le prétendu art contemporain : une religion séculière de la falsification de l'art, où l'adoration de l'art a fait place à celle du soi-disant artiste, et où l'oeuvre d'art se trouve remplacée par n'importe quoi pourvu qu'il ne s'agisse pas d'art. Aussi bien tout cela est-il aujourd'hui très vieux. Dès les débuts du XXe siècle, les figures les plus radicales des avant-gardes avaient été au bout de la logique du remplacement de l'art par n'importe quoi. Tout ce qui s'est fait depuis dans ce sens n'est qu'une fastidieuse rabâcherie.

    Né de la volonté politique de la classe dirigeante américaine au temps de la guerre froide, le succès mondial du prétendu art contemporain est à beaucoup d'égards un accident de l'histoire. Il n'en reste pas moins que l'aberrant triomphe de cet ersatz d'art renvoie les sociétés occidentales actuelles à leur profonde déculturation.

  • - Mon premier est une invention de la Révolution française et du Romantisme.
    - Mon deuxième est un dieu pour les dévots de la Sorbonne.
    - Mon troisième est la belle évidence des biographes sentimentaux et des comédiens candides.
    - Mon quatrième est la plus étonnante imposture de la littérature française.
    - Mon tout se nomme Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière.
    Le biographe Pierre Le Gall s'interrogeait : "Corneille a-t-il écrit les oeuvres de Molière...
    La question ne doit pas être posée. Elle ne le sera donc pas." Eh bien, cette question sera posée. Et la réponse est dans ce livre. On y apprend que Molière, dont on n'a jamais retrouvé aucun manuscrit, aucun brouillon, aucune correspondance, Molière, que personne n'a jamais vu écrire, est un homme aux multiples secrets. Après une minutieuse enquête basée sur les biographies les plus reconnues et les recherches les plus pertinentes, une conclusion s'impose : Molière est le porte-parole et le prête-nom de Pierre Corneille.
    Pendant plus de vingt années, derrière le masque du "premier farceur de France", Corneille va dénoncer les marquis ridicules, les Précieuses, les dévots trop mondains, l'étouffante hypocrisie ambiante. Tous ceux dont il avait souffert. Signe des temps, Louis XIV soutient le comédien. Et c'est ainsi que Molière le richissime va sauver Corneille le nécessiteux, permettant au véritable auteur des comédies, que ses contemporains disaient "fini", de développer toute la mesure de son génie.

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