L'oeil Du Prince

  • Le vallon

    Agatha Christie

    On connaît surtout Agatha Christie comme une romancière de génie, créatrice des personnages d'Hercule Poirot et Miss Marple, auteur de centaines d'histoires policières au suspense haletant. Ce que l'on sait moins, c'est qu'elle a également été, tout au long de sa vie, une auteure dramatique à succès.
    La raison de cet oubli est simple : les pièces d'Agatha Christie n'ont quasiment jamais été publiées en français. Gérald Sibleyras, auteur fêté du théâtre parisien, et Sylvie Perez, journaliste et essayiste, se sont attelés à la traduction de huit des pièces originales qui constituent son oeuvre dramatique. Elles paraîtront toutes à L'oeil du Prince dans une collection créée spécialement pour l'occasion, jusqu'en décembre 2019.
    Souvent adaptées de ses romans, ou, plus rarement, ayant été adaptées ensuite sous forme romanesque, ces pièces donnent à voir le talent de la Reine du Crime sous un autre jour. Christie se révèle en dramaturge précise, maîtrisant parfaitement la tension dramatique du huis-clos. Sa plume de romancière perce à travers des didascalies fournies, qui permettent de traverser ses pièces comme des récits. Les fans de ses romans ne seront pas déçus.

    Lorsque John Cristow est retrouvé mourant dans la véranda, chez Lady Angkatell, au cours d'un week-end entre amis, les suspects sont nombreux.
    Il y a d'abord Lady Angkatell elle-même, si attachante mais si étourdie ; son mari, un ancien gouverneur ; Henrietta, la sculptrice, qui vit chez le couple Angkatell ; Édouard, amoureux déçu d'Henrietta et jaloux de la relation adultère qu'elle entretenait avec la victime, dont tout le monde semble être au courant sauf, précisément, la femme de ce dernier, Gerda. La jeune Midge, amoureuse d'Édouard, qui ne semble pas la remarquer. Et enfin Veronica Craye, la star de cinéma, dont on ne connaît pas bien le passé trouble qu'elle partage avec John Cristow.
    Les derniers mots de la victime ne font qu'obscurcir le mystère et vont mettre à rude épreuve les qualités d'enquêteur et les connaissances de la psychologie humaine de l'inspecteur Colquhoun.

  • La force du coquelicot Nouv.

    Julia et Félix sont au bord de la falaise, les pieds dans le vide.
    Julia a bien failli s'envoler, retrouver sa liberté, si elle n'avait pas chuté de son vélo juste avant le précipice.
    Félix a le coeur gros. Il a vu l'accident, il a relevé Julia, il veut la consoler.
    Mais comment parler à quelqu'un qui ne veut pas de votre aide ?
    Vous aimez les coquelicots ?
    C'est une fleur que j'adore. Indomptable !
    Si vous la cueillez, elle s'éclipse direct en vous laissant un truc qui ne ressemble plus à rien dans les mains. Une petite fleur qui du haut de ses quelques centimètres vous dit merde bien en face : « Je vis là où j'ai choisi de pousser ou ciao bye bye, je me barre ! » On ne s'approprie pas un coquelicot ! Ce petit truc tout fragile d'un rouge si flamboyant ne finit jamais en bouquet. Pas assez résistant. Il a fait de sa fragilité une force incroyable.
    Lydia Cherton

  • Elisabeth Tudor, la reine vierge, règne sans partage sur l'Angleterre depuis plus de vingt ans.
    Éperdument amoureuse du jeune comte de Leicester, elle profite d'un séjour au château de Kenilworth pour lui avouer la passion qu'elle a pour lui et lui offrir le trône d'Angleterre.
    Mais elle ignore que Leicester a épousé secrètement la très belle et très jeune Amy Robsart.
    Entre les mortels dangers d'un refus et les séductions d'un destin royal, Leicester, manipulé par son valet le redoutable Varney, va se retrouver pris au piège.

    Cette pièce néo-élisabéthaine est une réécriture d'Amy Robsart de Victor Hugo. Christian Siméon en profite pour dépoussiérer le drame aux allures de tragédie classique et revient, par son écriture si personnelle, à une langue plus crue par endroits. Loin d'un effet de style gratuit et provocateur, cette langue parfois viscérale donne un contraste aux maintiens nobles des personnages, héritiers des princes antiques, et renforce l'horreur et l'injustice du drame implacable qui se joue.

  • A Domrémy, Jeannette est bouleversée, elle interroge Dieu : " Que faut-il faire ? " Survient Hauviette, une petite paysanne qui, répondant à la question de son amie, conseille d'en rester là. Entre alors Madame Gervaise, religieuse, que Jeannette a fait appeler espérant qu'elle saura lui répondre. Jeannette veut comprendre pour agir. A la question du mal, Gervaise répond par la Passion du Christ longuement racontée.

  • Août 1936, premiers congés payés.
    Dans les Landes, à deux pas du Pays basque, une famille française vient passer ses dernières vacances dans la maison d'enfance qui va être vendue. Au même moment, un peu plus au sud, à une poignée de kilomètres, la guerre civile déchire l'Espagne.
    La nuit du 15 août, après un dîner arrosé, la famille accueille pour quelques nuits un jeune espagnol émigré qui rejoint les forces républicaines de son pays.
    Dans l'atmosphère de cette région océanique, dans une période de pleine lune et de grandes marées, cette rencontre imprévue fait voler en éclats les certitudes et les égoïsmes des uns et des autres.
    Avec une belle dose d'humour et de tendresse, l'auteur raconte le choc de la petite histoire avec la grande...

  • Recueil de modules théâtraux, Du paillasson considéré du point de vue des hérissons pourrait avoir comme sous-titre « Scènes de la folie et de la tendresse dans le monde d'aujourd'hui et depuis toujours. » On y trouve une suite de tableaux, de situations dramatiques, de miroirs humains brisés où l'auteur a laissé aux metteurs en scène la liberté de choisir les « modules » qui leur parlent le plus. Certaines de ces micro-pièces sont une exploration de ce que l'auteur appelle « théâtre vague » : un instrument capable de sonder nos imprécisions existentielles, nos égarements par rapport à ce que devrait être l'homme, et qui en fin de compte lui apparaît plutôt comme un homme vague dans un monde vague dont l'avenir est vague...

  • Une guerre oubliée quelque part en Europe... Un journaliste français qui découvre une communauté frustrée de ne pas avoir eu la chance de participer, "comme les autres ", au grand festin de la société de consommation et du frisson médiatique. Des rats qui proposent à l'humanité un pacte métaphysique pour l'aider à sortir de son plus grand dilemme : comment continuer à vivre l'abondance sans finir engloutie par ses propres déchets...
    La Mémoire des serpillères est une pièce sur l'hypnose médiatique. Elle n'en reste pas moins une comédie. Pour faire du rire une résistance.

  • Avec Mais la pente est forte, Sarah Pèpe relève avec succès le défi d'un théâtre d'anticipation en brossant le portrait d'une société pas si éloignée de la nôtre. Elle nous invite à suivre le parcours d'une myriade de personnages aux prises avec des injonctions paradoxales : il faut travailler, mais il n'y a pas d'emploi ;
    Il faut être solidaire, mais il faut se battre pour exister ; il faut fuir l'idéologie, mais c'est déjà une idéologie ; il faut défendre la liberté d'expression, mais il faut parler plus fort que les autres pour être entendu.
    Sarah Pèpe décrit avec minutie tous les effets pervers qui minent notre vivre-ensemble : de l'élu à l'artiste, du prof à la prostituée, du juge à la femme de ménage, elle nous fait entrer avec justesse dans chaque point de vue individuel et montre, non sans virtuosité, comment chacun contribue, malgré les meilleures intentions, à la catastrophe finale.

  • Building

    Léonore Confino

    Un building. Une entreprise. 13 étages. 32 employés. Une journée. Une scène par heure et par niveau. Hôtesses, comptables, agents d'entretien, cadres, directeurs des ressources humaines, chargés de communication s'agitent, déjeunent, coachent, prospectent ou brainstorment au rythme intempestif des crashs d'oiseaux contre leurs baies vitrées. Une ascension vers la chute...
    L'écriture de la pièce, féroce, caustique et ponctuée de chansons, met en relief la noirceur des thèmes abordés : la perte de notre identité dans l'entreprise et, avec elle, celle de nos idéaux.
    Comédienne et auteure, il m'a fallu, au cours des périodes creuses, rester perchée de longues heures sur des escarpins d'hôtesse dans le hall climatisé du palais des congrès de la porte Maillot.
    Building est né d'un mal de pieds.
    Léonore Confino Building est donc le fruit de l'experience. Léonore Confino sait trouver les mots pour peindre un monde de l'entreprise sans concession mais sans cliché. Elle porte un oeil à la fois grinçant et dénonciateur des abus du monde de l'entreprise, tout en conservant un regard bienveillant sur ses personnages. À mesure que l'on gravit les étages, l'aliénation de chacun se fait plus pesante, au rythme des pigeons qui s'écrasent dans les baies vitrées comme autant de chocs qui ramènent à la vie les personnages les uns après les autres. Mais l'on ne peut empêcher le chaos final qui prend place au dernier étage, si haut que toute réalité terrestre n'a plus prise en ces lieux.

  • Les Uns sur les autres met en scène une famille presque ordinaire : la vie, dans un pavillon de banlieue, d'un couple sans histoires. Lui fuit la maison pour se réfugier au bureau, elle s'active en cuisine et tente vainement de réunir tout le monde autour d'un repas. Le grand-père ressasse un passé auquel personne ne s'intéresse et les deux enfants, Robin et Jane, sont sans arrêt pendus au téléphone. Le jour où Jane, anorexique, atteint son but (le poids zéro), la voilà si légère qu'elle devient invisible. Avec l'étrange phénomène, chacun va retrouver la parole, jusqu'à la mort du grand-père qui ne partira pas sans dévoiler son secret.
    Les Uns sur les autres est la troisième pièce écrite par Léonore Confino. Après le couple dans Ring, le travail dans Building, elle traite ici de la famille avec toujours cette plume critique et pertinente et l'humour pinçant mais bienveillant qui la caractérise.
    Les membres de cette famille, hauts en couleur, naviguent dans un environnement dissonant où les discussions se croisent et où personne ne semble réussir à interragir véritablement avec les autres.
    C'est la mort du grand-père et l'invisibilité de la fille, élément fantastique qui passe pour naturel aux yeux de tous, qui déclenchent le dialogue et révèlent les angoisses. Dans toutes les situations quotidiennes poussées jusqu'à l'exagération Léonore Confino appuie sur les enjeux de la famille et détricote les liens très particuliers de ses membres.

  • Entre le 23 juillet 1363 et le 9 mars 1389, entre rêve, et réalité, l'histoire de deux gamins poètes et misérables, ambitieux et perdus, qui se rencontrent dans le New York bouillonnant et sexuel de la fin des années soixante. Et dans ces jours de toutes les révolutions, de tous les combats, ces deux gamins vont s'aimer, s'influencer, soutenir et se battre pour devenir, contre toute attente, deux légendes : Patti Smith et Robert Mappelthorpe.

  • Migraaaants

    Matéi Visniec

    Aujourd'hui, dans le monde globalisé, nous sommes tous des migrants... Mais avons-nous la sagesse de comprendre notre nouvelle identité ? Avons-nous l'intelligence d'imaginer un nouveau modèle de société pour que la vie devienne vivable pour tous ? Et surtout, trouverons-nous les moyens d'imposer la paix globale et un état de droit universel pour que les migrations ne poussent pas à des nouvelles violences et à un repli inhumain sur soi ?
    "

  • On connaît surtout Agatha Christie comme une romancière de génie, créatrice des personnages d'Hercule Poirot et Miss Marple, auteur de centaines d'histoires policières au suspense haletant. Ce que l'on sait moins, c'est qu'elle a également été, tout au long de sa vie, un auteur dramatique à succès.
    La raison de cet oubli est simple : les pièces d'Agatha Christie n'ont quasiment jamais été publiées en français.
    Gérald Sibleyras, auteur fêté du théâtre parisien, et Sylvie Perez, journaliste et essayiste, se sont attelés à la traduction de huit des pièces originales qui constituent son oeuvre dramatique. Elles paraîtront toutes à L'OEil du Prince dans une collection créée spécialement pour l'occasion, jusqu'à l'hiver 2020/21.
    En adaptant elle-même ses romans, Christie se révèle en dramaturge précise, maîtrisant parfaitement la tension dramatique du huis clos. Ses pièces donnent à voir le talent de la Reine du Crime sous un autre jour. Sa plume de romancière perce à travers des didascalies fournies, qui permettent de traverser les pièces comme des récits.
    Les fans de ses romans ne seront pas déçus.

    À l'occasion de vacances dans le voisinage de Gull's Point, la maison balnéaire de Lady Tressilian, Neville Strange se retrouve pris entre son ancienne femme, Audrey, et son nouvel amour, Kay. Thriller haletant, la pièce explore la psychologie de la jalousie alors que l'orage gronde et qu'un meurtre sauvage et brutal se dessine dans l'ombre. La vengeance des uns se dissimule sous le ressentiment des autres, et de fausses croyances autour des dernières volontés de Lady Tressilian rendent tout le monde suspect. La pièce aborde des réflexions sur le suicide, la dépression et la rédemption, et fait de ce drame un mille-feuilles psychologique d'une intelligence redoutable.

  • On connaît surtout Agatha Christie comme une romancière de génie, créatrice des personnages d'Hercule Poirot et Miss Marple, auteur de centaines d'histoires policières au suspense haletant. Ce que l'on sait moins, c'est qu'elle a également été, tout au long de sa vie, un auteur dramatique à succès.
    La raison de cet oubli est simple : les pièces d'Agatha Christie n'ont quasiment jamais été publiées en français.
    Gérald Sibleyras, auteur fêté du théâtre parisien, et Sylvie Perez, journaliste et essayiste, se sont attelés à la traduction de huit des pièces originales qui constituent son oeuvre dramatique. Elles paraîtront toutes à L'OEil du Prince dans une collection créée spécialement pour l'occasion, jusqu'à l'hiver 2020/21.
    En adaptant elle-même ses romans, Christie se révèle en dramaturge précise, maîtrisant parfaitement la tension dramatique du huis clos. Ses pièces donnent à voir le talent de la Reine du Crime sous un autre jour. Sa plume de romancière perce à travers des didascalies fournies, qui permettent de traverser les pièces comme des récits.
    Les fans de ses romans ne seront pas déçus.

    Après avoir reçu une lettre d'outre-tombe, Carla Crale pense que sa mère, décédée en prison, a été condamnée à tort pour le meurtre de son père. Dans une tentative passionnée de laver son nom, elle persuade les personnes présentes le jour de la mort de son père de retourner sur les lieux du crime et de « revenir 15 ans en arrière » pour revivre les événements.
    Une approche inhabituelle du traditionnel mystère policier ; l'action de la pièce glisse parfaitement du passé au présent, examinant le danger de s'appuyer sur des témoignages personnels déformés par le temps, les préjugés et la perception. En étudiant les récits de chaque suspect et les diverses incohérences qu'ils soulèvent, le drame révèle une vérité troublante et terrible.

  • L'araignée

    Remi Delieutraz

    Saint-Empire romain germanique, 1521. Le jeune empereur Charles Quint, fameux arachnophobe, projetait, d'après l'historien Denis Crouzet, beaucoup de ses craintes dans la figure de l'araignée. Prudent et mesuré, il s'oppose ici à un Luther combatif et déterminé, prêt à tout pour faire triompher son sens de la Vérité et de la Justice. Leur confrontation est vive, passionnée et parfois violente, à la hauteur des enjeux de cette époque.
    Le xvie siècle ouvre une grande période de doute pour les esprits européens. Découverte de l'Amérique, avancées techniques et scientifiques... Tout concourt à troubler les anciens repères. L'empereur Charles Quint, marqué par son héritage médiéval, est obsédé par le maintien de la stabilité du monde. Le théologien Martin Luther, indocile et tourmenté, entre en rupture avec l'ordre séculaire imposé par l'Église et entraîne des milliers d'individus dans sa rébellion. Tous deux effrayés par l'inconnu, Luther et Charles Quint présentent chacun une attitude opposée face à leurs angoisses communes : l'un propose le mouvement, l'autre la conservation.
    Changements climatiques, bouleversements technologiques et géopolitiques, transhumanisme... Notre temps offre aussi son lot de sujets d'appréhension. Sans forcer le trait sur les similitudes entre le xvie et le xxie siècle, la pièce nous invite à nous interroger sur nos attitudes face à la transformation du monde.
    Rémi Delieutraz

  • Les retrouvailles d'une actrice de boulevard et d'une actrice d'avant-garde. Quand Suzy vient retrouver sa « meilleure » amie Simone, dans le théâtre où elle vient juste de terminer de jouer une pièce très engagée devant à peine quelques spectateurs, le piège est déjà en train de s'enclencher.
    Entre réminiscences, vacheries, confessions, elles se promènent dans la nuit. De la loge de Simone à un restaurant prétendument grec ou turc, pour finir dans le luxueux appartement de Suzy (en fait celui de son amant Vattier, le grand directeur de théâtre à succès, qui a décidé de se débarrasser d'elle) où enfin, les masques seront arrachés. Et la tragédie éclatera. Pas du tout celle que l'on avait pu supposer.
    On assiste sous la plume de Bernard Da Costa à un duel féminin dévasteur entre deux comédiennes au crépuscule de leur carrière, deux vies qui ont pris des chemins opposés et que tout fait à nouveau converger vers un final grandiose et meurtrier.
    On parle du théâtre, de ses coulisses, de l'enjeu des pièces de boulevard à succès, et des subventions qui tiennent à bout de bras les petites salles aux pièces engagées. On évoque avec finesse les intrigues et les coups bas qui font et défont les carrières. On parle également, bien sûr, d'amours meurtris, de jalousies réciproques mais aussi d'attirance mutuelle.
    Les deux partitions sont écrites avec justesse et psychologie et permettent la composition de rôles brillants pour des comédiennes d'un âge trop souvent laissé pour compte.

  • Fin février. C'est l'époque. Chez Monsieur Sieux on tue. Tous les voisins sont là... Cette année, c'est Hertebise qui donne le coup de masse. Elle a toujours été intimement attirée par le porc. Bien sûr, elle refusait de l'admettre.
    Monsieur Sieux est tueur de cochon. Il dirige les opérations. Fin février. C'est l'époque. Jour J, jour de l'abattage.
    Bulf aime Hertebise, pour elle, il met la viande dans le congélateur. Mais l'amour ne suffit plus. Elle le fait toujours chez un voisin...
    Et sous les jupes du majordome, il y a certainement des rois, des reines, des poètes qui n'en mènent pas large, des couples mariés, des ivresses, un ou deux mots de trop et des miséreux sans doute, comme partout...

    Lucie Dumas écrit une pièce drôle où l'on sent la séduction de l'absurde et l'influence du Grand-Guignol.
    Prétexte cathartique de la pièce, ce cochon omniprésent cristallise les émotions, les désirs, les frustrations...
    Entre les lignes on parle d'amour, de violence inassouvie, de politique, de sexe... C'est fou tout ce qu'on trouve dans un porc !...

  • Désaxé

    Hakim Djaziri

    Depuis la prison de Fleury-Mérogis, « l'homme » écrit une lettre à ses parents dans laquelle il leur fait ses adieux.
    Avant de la poster, il revient sur son parcours. Dernières confessions d'un homme pour « laver sa mémoire », « expier ses pêchés ». Il parle de son enfance en Algérie, du terrorisme et de la mort à laquelle il a miraculeusement échappé, de sa fuite avec ses parents et son frère vers la France, de la cité des Trois-Mille à Aulnay-Sous-Bois, l'un des quartiers les plus difficiles de Seine-Saint-Denis où le destin les a propulsés.
    Débute pour lui le parcours du combattant. En manque de repères, il finit par sombrer dans un quotidien dangereux.
    Il le sait, il n'y avait aucune fatalité.
    Il aurait pu choisir un autre itinéraire, d'autant qu'il dessine avec clairvoyance le portrait de tous ceux qui l'aiment et qui ont tout tenté pour lui éviter de basculer dans l'irréparable.
    À la croisée des chemins, il a préféré céder à la haine.
    Il devient alors djihadiste.

  • 21 pas

    Claude Cohen

    21 pas revient sur un événement historique dans la recherche médicale, la toute première transplantation cardiaque par le docteur Christiaan Barnard en Afrique du Sud, le 3 décembre 1967.
    La pièce replace le contexte de l'époque et nous donne les éléments éthiques, historiques et politques importants.
    Notamment les différences juridiques entre les États-Unis et l'Afrique du Sud, qui permirent à Barnard de pratiquer son opération, alors que certains de ses collègues américains étaient plus en avance techniquement. Ces différences juridiques traduisent des visions divergentes sur le corps et la définition de la mort, ainsi que sur la morale qui les entoure.
    C'est là que réside la véritable force de la pièce : Claude Cohen, ici, ne fait pas un exposé médicale et évite l'écueil didactique du récit historique. Il nous propose un huis clos familial dans lequel Christiaan Barnard se confronte à son père.
    Peu de temps après la mort de son patient (18 jour après la transplantation), Barnard est rejoint par son père dans son bureau, alors qu'un orage les oblige à rester enfermés. C'est au travers de ces deux personnages que l'auteur réussi à cristalliser tous les enjeux de cette histoire. D'un côté, la volonté scientifique, qui agit au nom de l'avancée médicale et la prolongation de la vie humaine. De l'autre, une voix plus réservée, qui soulève les problèmes éthiques en même temps que le point de vue religieux. Qu'en sera-t-il de l'humain lorsqu'on aura remplacé tous ses organes ?

  • Il y a d'abord Le grand Gilbert Grancouraud, sculpteur injustement méconnu, qui porte en haute estime son art et sa personne. Il y a également le capitaine Martin Cazeaux, médecin-chef débordé, qui voue un profond respect à son uniforme, en général, et à ses galons, en particulier. Il y a aussi Alphonse Plumet, pauvre poilu, simple soldat. Et puis, il y a Catherine, les pieds sur terre et la tête sur les épaules.
    A l'heure où la "patrie reconnaissante" de peu de choses a imaginé de faire figurer un héros en place publique, baïonnette au poing et drapeau en avant, il est possible qu'il n'ait ni les traits d'un sculpteur, ni même ceux d'un capitaine. Et quitte à ériger une statue pour le soldat inconnu, autant qu'il soit méconnaissable pour ne faire de tort à personne.

empty