La Decouvrance

  • Ce conflit absurde aurait pu ne pas avoir lieu, mais il en fut autrement. Et aujourd'hui pour nous 14-18 marque un sommet dans l'universalité de la souffrance aveugle, celle des bêtes de somme, de la chair à canon, descouillonsdu texte, fusillés pour l'exemple, ou simplement morts au combat, gazés, ou alors survivants mutilés, gueules cassées, fous... Et cela quel que soit leur camp.(Patrick Boman)Lescouillonsse sont évidemment lespetitssouvent méprisés par d'aristocrates officiers au sens de l'honneur haut placé. Ceux que l'on sacrifie facilement pour reprendre une tranchée qui sera à nouveau perdue le lendemain. Ce sont souvent de jeunes paysans qui découvrent le monde et constatent ce que l'homme est capable de faire... en matière d'autodestruction.

    Une série de textes qui donne la parole aux soldats par l'intermédiaire de phrases issues de leurs correspondances ou de journaux. Retirées de leur contexte, parfois empreintes de naïveté, elles gagnent en force et en émotion. Par exemple, lorsqu'un Poilu avoue de façon anodine dans son journal qu'il s'est caché pour éviter la corvée de bois trop dangereuse, nous sommes dans tout ce que l'homme possède d'humain et non dans la lâcheté.·La seconde série de textes est composée de fictions réalisées à partir de faits réels ou pas. Leur point commun, la brièveté pour essayer de saisir l'instant.

  • Ce livre peint l'histoire d'une couleur : le bleu.
    Depuis l'Antiquité, des bleus extraordinaires se côtoient à Constantinople : le bleu des caravanes de la soie, le cobalt de Samarkand, l'anil d'Égypte, l'indikon de Grèce. Bizarrement, ces bleus s'arrêtent aux portes de l'Europe.
    Au Moyen Âge, le bleu devientbleu roi, bleu marialet obsède les artistes, car il est l'azur infini qui tel un parfum donne l'illusion de la réalité.
    Au XVIe siècle, des volets bleus apparaissent aux fenêtres des îles de l'Atlantique. Partout, sauf dans l'île de Ré où les volets restent verts. Sans doute l'usage, l'histoire, le hasard ont-ils poussé les insulaires à peindre leurs volets comme on brandit un étendard. Mais d'où proviennent ces couleurs bleues et vertes, jusque-là inconnues sur le littoral ?
    Le pastel voit le jour à Toulouse. Unique en Europe, ce bleu féérique va fournir aux navigateurs bretons l'occasion de se sublimer. Les Bigoudens de Penmarc'h, pour qui la couleur n'est pas un métier, vont braver l'océan, se lancer sur la plus incroyable route qui n'ait jamais existé : de Toulouse à Anvers par Bordeaux et La Rochelle, et partir à l'assaut du monde.
    Le voile va pouvoir enfin se lever sur le mystère dela Route de l'or bleu.

  • Inutile de faire une quelconque recherche sur l'histoire des Mac Strumbble : vous ne trouverez rien. Officiellement, il n'y a jamais eu de clan Mac Strumbble, nulle part, même pas en rêve. L'Histoire, dit-on, est écrite par les vainqueurs. Chez les Mac Strumbble, on décida qu'on n'écrirait rien car, même s'il y aurait beaucoup à dire, il n'y aurait rien à écrire.
    Malheureusement, il fallut que Pépito Mac Strumbble ouvre sa grande bouche un soir de beuverie délirante à l'Auberge du Tout-Venant,établissement bien connu des abrutis en tous genres et autres gibiers de potence. Mais, déjà l'Histoire s'égare et devient rumeur.Toute ressemblance avec des faits ou des personnes ayant existé n'est ni le fruit du hasard ni celui d'une quelconque coïncidence, évidemment.

  • Ce samedi 10 février, alors qu'il double le cap Finistère au commandement de La Ville du Cap, il veut croire que plus rien de fâcheux ne peut arriver. Il touche au port après deux années d'expédition et de tracasseries techniques. Enfin presque... C'est à l'approche de Pilours, un écueil redoutable au large de Saint-Gille-Croix-de-Vie, que la mer calme jusque-là se met à fulminer. C'est le désastre. Dans cet écrit haletant, Daniel Garnier entrecroise plusieurs récits de vies, ceux de marins, ceux de paysans ou habitants de la côte vendéenne en ce jour sombre de 1787, veille de la Révolution française. Ce récit romancé n'aurait pu être écrit sans une recherche assidue dans les archives locales. Jean Braud illustre pas ces croquis ce livre.

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