Perseides

  • Jeanne d'Arc

    Jules Michelet

    " Ce qui fait de Jeanne d'Arc une figure éminemment originale, ce qui la sépare de la foule des enthousiastes qui dans les âges d'ignorance entraînèrent les masses populaires, c'est que ceux-ci pour la plupart durent leur puissance à une force contagieuse de vertige. Elle, au contraire, eut action par la vive lumière qu'elle jeta sur une situation obscure, par une force singulière de bon sens et de bon coeur. "

  • Ces esclaves qui ont vaincu Napoléon : Toussaint Louverture et la guerre d'indépendance haïtienne Nouv.

    Cet ouvrage nous plonge au coeur du drame fondateur qui s'est noué sur la scène coloniale caribéenne au moment même où la France accomplissait sa propre révolution. Un drame en trois actes. Un : soulèvement des esclaves de Saint-Domingue - surnommée la « perle des Antilles » et la plus riche des colonies françaises - en 1791, suivi trois ans après de l'abolition de l'esclavage par la nouvelle Assemblée nationale française. Deux : envoi sur l'île par Napoléon Bonaparte d'un corps expéditionnaire dirigé par le général Leclerc, beau-frère de l'empereur, en vue de renverser le chef des rebelles, Toussaint Louverture, et de rétablir l'esclavage. Trois : victoire des insurgés et création, en 1804, de la première république noire de l'histoire : Haïti. C'est cette expédition coloniale désastreuse, qui fit des milliers de morts des deux côtés et restera comme l'une des plus cuisantes défaites de l'empire français, tenu en échec par d'anciens esclaves, que raconte l'historien Philippe Girard dans ces pages. Pour comprendre les enjeux et le déroulement de l'opération, il a mené des recherches de part et d'autre de l'Atlantique et puisé aux sources les plus variées, qu'elles soient militaires, diplomatiques ou commerciales. À travers le prisme de l'expédition Leclerc, qui en fut le paroxysme, c'est toute la Révolution haïtienne, cet événement majeur de l'histoire atlantique, qu'il fait revivre.
    « Philippe Girard propose un récit très maîtrisé en dix-neuf chapitre. Son apport principal n'est pas dans la forme toute classique que prend son ouvrage, dont la vocation est essentiellement pédagogique. Il s'agit davantage de restituer cette tragédie à travers l'épaisseur souvent complexe de ses explications, de ses situations, de ses intrications. (...) Son récit de la guerre d'indépendance haïtienne offre cette opération historiographique rare qui vise à la coexistence des regards, des représentations, des actions, expliquées selon les différentes parties en présence. A la manière dont Clint Eastwood a voulu comprendre la guerre du pacifique en deux films contrastés, Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima (2006), l'historien propose ici un récit qui serait à la fois celui du Blanc et du Noir, du riche et du pauvre, du colon et du colonisé, du Français et de l'Haïtien. » (Antoine de Baecque, Le Monde des Livres).

  • Les îles à sucre : de la colonisation à la mondialisation Nouv.

    La plupart des sociétés insulaires de la Caraïbe, ainsi que quelques îles de l'Océan Indien - Réunion et Maurice -, du Pacifique - Hawaï et Fidji - et de l'Océan Atlantique - les îles du Cap Vert, Bioko (Fernando Poo), Sao Tome et Principe - ont une même origine historique : la colonisation et l'économie sucrière insulaire. Pourtant, si ce sont toutes d'anciennes « îles à sucre », elles sont aujourd'hui très différentes les unes des autres.

    Au plan politique, certaines sont indépendantes, d'autres ont institutionnellement été intégrées à un grand pays occidental, d'autres ont un statut d'autonomie. Au plan économique, certaines ont des indicateurs parmi les plus élevés du monde, d'autres se situent au niveau intermédiaire, d'autres encore sont parmi les pays les plus pauvres de la planète. Comment ces sociétés en sont-elles arrivées là ? Pourquoi ont-elles évolué vers des statuts politiques différents ? Pourquoi leurs niveaux de développement économique et social divergent-ils si fortement aujourd'hui ? Et face au contexte actuel de la globalisation, quelles perspectives leur sont réservées ? Telles sont les principales questions auxquelles tente de répondre cet ouvrage. Pour ce faire, l'auteur étudie la formation historique d'un certain nombre de ces sociétés insulaires. Dans la Caraïbe, l'ensemble des îles de l'archipel, de Cuba à Trinidad, y compris les Guyanes ; dans l'Océan Indien, La Réunion et l'Ile Maurice, et dans le Pacifique, les îles Hawaï.

    Il décrit les principaux changements et ruptures qui ont marqué leur histoire : la colonisation, la fondation du modèle de l'économie sucrière esclavagiste insulaire, les abolitions, les modifications sociales, et économiques post-abolitionnistes, les ajustements face à la première phase de la mondialisation et les conséquences de l'effondrement du commerce mondial dans la première moitié du XXe siècle, la mise en place des statuts politiques actuels, le déclin du modèle de l'économie sucrière insulaire, les processus de modernisation économique et sociale, et enfin, les principaux enjeux auxquels ces îles sont confrontées aujourd'hui.

  • Histoires nocives

    Joyce Mansour

    « Jules César était méchante, vieille et plus négresse chaque année. » Le personnage qui porte ce nom est la nourrice et la servante, dans une histoire paysanne dont les personnages sont le père et la mère, deux jumeaux, la fille lubrique d'un bûcheron homicide, un grand singe avide de chair humaine.
    Îles flottantes a pour cadre un hôpital genevois, et l'humour qui permet de transposer la réalité sinistre s'exerce aux dépens du personnel, des médecins, et de l'auteur.
    Dans ces deux textes, l'auteur en liberté exerce sa méchanceté et son insolence décalée. Son humour, aiguisé par le laminoir surréaliste, permet à Joyce Mansour d'exprimer sa propre vision du monde, une image savoureuse et d'une irrésistible drôlerie.

  • L'empire des steppes - attila - gengis khan - tamerlan Nouv.

  • «Les crimes de Jack l'éventreur excitèrent l'imagination publique et chacun tenta d'interpréter les crimes suivant ses passions.Les antisémites voulurent y voir la marque rituelle des juifs...Les imaginatifs cherchèrent à établir un rapport entre les crimes et les pratiques d'une certaine secte chrétienne russe qui avait des adeptes à Londres et dont l'acte principal est de se mutiler sexuellement. Ils voyaient dans ces éventrations successives une vengeance religieuse contre le sexe coupable du péché originel. On imagina de terribles associations de sadiques opérant en série et jouissant de hautes protections. On supposa aussi que l'assassin occupait une haute position dans la société aristocratique anglaise et que, pour étouffer le scandale, on l'avait purement et simplement exécuté mystérieusement...Enfin les artistes voyaient en Jack l'éventreur un séduisant héros de roman considérant, comme Thomas de Quincey, l'assassinat comme l'un des beaux-arts...» En 1927, dans une série d'articles parus dans le quotidien Paris-Matinal (on est encore à l'âge d'or de la presse popu-laire et du faits divers criminel), Robert Desnos retrace le parcours sanglant de deux grandes figures du crime: Jack l'éventreur, sur lequel, quarante ans après les événements, il fait des révélations pour le moins originales, et Joseph Vacher, considéré comme l'un des tout premiers tueurs en série français. Le texte relatif à ce dernier était resté inédit à ce jour en volume et reparaît ici pour la première fois.

  • Si le roman antillais a aujourd'hui acquis ses lettres de noblesse (prix Renaudot pour Glissant, Goncourt pour Chamoiseau), les poètes français de la Caraïbe le sont moins. L'objectif de cette étude est de « donner la parole » à douze d'entre eux, d'Etienne Léro à Henri Corbin, en passant par l'incontournable Aimé Césaire et Edouard Glissant.
    Pour ce faire, Liliane Fardin a rassemblé poèmes (dont beaucoup sont inédits), interviews (Georges Desportes ou Aimé Césaire) et commentaire d'oeuvres, répartis selon trois catégories : pré-négritude et négritude, poésie du Tout-Monde et insularité. Ce livre intéressera tout autant les amateurs de poésie que ceux qui cherchent à mieux comprendre la culture et la pensée antillaise d'hier et de demain.

  • Galicien

    Barnet Miguel

    Galicien aborde une question centrale dans toute l'oeuvre de Miguel barnet : celle de l'identité cubaine. Dans ce roman de l'exil, qui a pour toile de fond l'émigration des paysans espagnols de la côte Cantabrique vers les Tropiques dans les premières décennies du xxe siècle, Manuel Ruiz, « témoin » et personnage central du livre, ne résiste pas à l'attraction que représente la ville de La Havane à cette époque pour nombre de Galiciens en quête d'une vie meilleure. Le soleil, la vie facile, les fortunes a cumulées par les Indianos, autant de clichés renvoyant l'image d'une réussite sociale fantasmée, éloignée des réalités auxquelles ils seront confrontés. Dans une Cuba en proie à la domination étatsunienne dans bien des domaines, Manuel Ruiz est tour à tour docker, vendeur de rue, marchand de charbon, conducteur de tramway et menuisier... Il finit par revenir dans son village natal d'Arnosa, en Galice, où la vie n'a guère évolué. Il y retrouve sa famille puis s'engage dans les troupes républicaines durant la Guerre civile espagnole (1936-1939), avant d'être à nouveau contraint de quitter l'Espagne à la fin des combats, comme bon nombre de ses compatriotes, pour se retrouver au camp d'Argelès-sur-Mer, où les réfugiés vivent dans des conditions très précaires. Manuel Ruiz incarne l'immigrant galicien qui a traversé l'Atlantique « en voyageant léger », comme l'écri-vait Antonio Machado, pour se construire une nouvelle vie en Amérique. « Dans cette histoire, explique l'auteur en préambule, Manuel Ruiz pourrait s'appeler Antonio, Fabian, José, mais il est surtout Manuel Ruiz le Galicien. »

  • Les événements qui ont conduit une partie des Provinces Unies à s'affranchir de la tutelle de l'Espagne et à fonder la République indépendante des Pays-Bas. Introduction et notes de Marie-Thérèse Lorain. Illustrations, annexes, bibliographie.

  • Alors que le conflit n'est pas encore tout à fait terminé, l'historien anarchiste et pacifiste Elisée Reclus, futur combattant de la liberté sous la Commune, relate et analyse le confit fratricide entre Unionistes (Nord) et Confédérés (Sud) connu sous le nom de Guerre de Sécession, dont l'abolition de l'esclavage n'était pas le moindre enjeu. Nombreuses photographies dans le texte.

  • Skull fragments

    Michael Arnzen

    Avec ce nouveau petit opuscule, la collection « Art bref » touche cette fois à la fiction. Skull Fragments nous révèle un écrivain d'horreur et de fantastique américain, Michael A. Arnzen, l'inventeur d'un genre très moderne, la nouvelle en trois ou quatre phrases, même si dans Skull Fragments, toutes sont liées entre elles par un préambule quelque peu horrifique. Imaginez : une banale scène de famille se déroulant dans un fast-food vire soudain au cauchemar quand la petite fille du narrateur découvre, au milieu de l'espace de jeu, un crâne humain. On bascule alors dans un univers inquiétant et vertigineux. Inventif et brillant, Arnzen se révèle un maître dans l'art de faire surgir du quotidien l'horreur en quelques phrases.

  • Ce genre d'alerte glaçait l'échine de tous les bipèdes qui se trouvaient sur le front.
    Tous avaient entendu parler de l'attaque d'ypres au mois d'avril précédent. les fridolins avaient utilisé des vagues dérivantes de chlore. le gaz moutarde avait attaqué les éponges de 20 000 gonzes et en avait rectifié fissa 5 000. sans parler des pauvres bestioles qui avaient trinqué : les taupes, lapins et rongeurs de toutes sortes qui se planquaient au fond de la terre pour échapper à la bêtise humaine avaient été enfumés et étaient sortis crever à l'extérieur.
    Après le bombardement, les brancardiers qui avaient chômé sur le champ de bataille, tant les rescapés étaient rares, avaient été stupéfaits par le nombre de cadavres de bêtes qu'ils y avaient trouvé. un massacre impeccablement mené, d'autant plus qu'on racontait encore l'histoire des survivants qui en avaient tant bavé des ronds de chapeau que certains s'étaient fait sauter le caisson pour ne plus endurer des souffrances par trop inhumaines.

  • Tant d'oeuvres de la littérature et du cinéma se sont inspirées de pocahontas qu'il est souvent difficile de dissocier les faits de leurs nombreuses réécritures.
    En 1607, une centaine d'hommes débarquent en virginie dans le but d'établir une colonie au nom de la couronne d'angleterre. parmi eux se trouve john smith, un capitaine aux aventures picaresques. il est capturé par les powhatans au cours d'une expédition de reconnaissance, et sauvé in extremis de la mort par pocahontas, la fille du chef. celle-ci devient l'ange gardien de la colonie de jamestown. baptisée et mariée à john rolfe, un ambitieux planteur de tabac, elle est ensuite emmenée en angleterre et présentée à la cour comme un trophée.
    Mais la rencontre initiale entre l'indienne et smith pose les jalons d'une légende romantique qui se transforme rapidement en un mythe fondateur de la nation américaine. dès lors, pocahontas est une source d'inspiration qui semble intarissable. au fil des siècles, elle entre dans la littérature et le théâtre, apparaît comme icône en peinture, génitrice spirituelle, ancêtre précieuse, héroïne pour enfants, et enfin victime silencieuse, selon certains auteurs qui tentent de la réhabiliter en la libérant d'un mythe biaisé.

  • Cet ouvrage rassemble 26 textes en provenance de Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion, Polynésie française et Nouvelle-Calédonie, sur un thème commun à l'ensemble de l'outre-mer français : la cohabitation dans les esprits de sentiments dont la conciliation n'est pas aisée. Si la brutalité de la domination coloniale n'est plus qu'un mauvais souvenir, un ressentiment diffus l'accompagne, que certaines situations réveillent, et qu'une large part des élites...
    politiques, intellectuelles, artistiques entretient :
    adossé au sentiment de ne pas faire partie, historiquement, géographiquement et culturellement, de la Nation française, il nourrit un rêve indistinct d'émancipation.
    Face à ce versant, un autre, symétrique.
    Ces communautés, dans leur complexité, sont fruits de l'aventure coloniale : elles se savent filles de la France, et lui sont attachées à plus d'un titre. Pour les conditions
    de vie matérielles qu'elle leur procure aujourd'hui, certes, en les maintenant à l'abri des exigences de plus en plus impitoyables de l'économie de marché.
    Mais aussi par une réelle fierté d'appartenir à la République, à la fois distante et proche, hautaine et généreuse, qui a finalement su imposer sur place une égalité de traitement. Sur le terrain du droit, de l'histoire et de l'analyse politique et sociale, en intégrant les évolutions les plus récentes l'apport du droit européen , et en tirant les
    conséquences de la consultation du 7 décembre 2003, qui proposait la création de collectivités aux pouvoirs renforcés, cet ouvrage montre comment, dans tous ses territoires et départements d'outre-mer, la double aspiration subsiste par rapport à la France : être tout à la fois de plus en plus « dehors » et de plus en plus « dedans ».

  • Si Le Monde comme volonté et comme représentation est resté pour la postérité l'oeuvre philosophique majeure d'Arthur Schopenhauer, ce sont les Parerga et Paralipomena, publiés en 1851, qui lui apporteront la gloire auprès de ses contemporains. Les quatre textes présentés ici, à l'image de ce volumineux ouvrage dont ils sont extraits, témoignent tout autant de la puissance d'un esprit à l'érudition prodigieuse que du foisonnement d'une pensée n'hésitant pas à s'emparer des sujets les plus variés sans être strictement philosophiques. On y retrouve le Schopenhauer à l'ironie mordante et à la plume acérée, volontiers provocateur et s'adonnant à une critique radicale des milieux intellectuels de son temps, tout particulièrement des hégeliens, « les plus impudents de tous les mortels ». Dans ses réflexions sur la lecture et les livres, il fustige tour à tour auteurs, éditeurs et critiques, véritable « gredinerie littéraire » qui « accapare le temps, l'argent et l'attention d'un public » avide de nouveauté en publiant « le récent gribouillage de cerveaux plus qu'ordinaires n'écrivant que pour l'argent ». Au-delà de cette diatribe, il distille quelques conseils d'écriture, les premières qualités de l'auteur devant être à ses yeux la clarté et la concision, car « rien n'est plus facile que d'écrire de façon à n'être compris de personne ». Dans le dernier texte retenu ici, Schopenhauer démontre que notre attachement à l'opinion d'autrui, engendré par « une faiblesse particulière de notre nature », ne nous permet nullement d'accéder au bonheur. Là encore, l'indépendance intellectuelle du philosophe, doublée d'une totale liberté de ton, nous offre un véritable bonheur de lecture. Ces textes sont suivis d'une biographie de Schopenhauer par Foucher de Careil, qui a rencontré le philosophe à Francfort en 1859 et a rapporté un brillant portrait de ce « profond penseur ».

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