Pu Du Mirail

  • Le Moine est un roman sulfureux, comme le XVIIIe siècle a su en produire.
    L'anti-catholicisme qui l'inspire offre à la vindicte publique les agissements criminels d'un supérieur de couvent pétri de vertus, qui succombe, étape par étape, à toutes les tentations. Celles, banales, de la chair, que lui procure une novice (en réalité agent du Diable) et qui ouvrent en lui de nouveaux appétits, car la sexualité mène au crime, c'est bien connu. Ambrosio, pris au piège de désirs inexplorés, est inéluctablement conduit vers de nouveaux méfaits.
    Viols, matricide, inceste... sous l'oeil courroucé de Satan, qui mène le bal et obtiendra du pécheur une fatale signature, scellant son destin et sa chute. A priori rien de vraiment original dans ce parcours faustien, qui a pourtant suscité une attention soutenue de génération en génération. Alors que les surréalistes - surtout Éluard et Breton - en avaient fait l'étendard de leur combat, la récente adaptation du Moine à l'écran, par Dominik Moll, atteste de l'intérêt sans cesse renouvelé pour cette oeuvre intemporelle.
    Cet ouvrage, revu, augmenté et annoté par Maurice Lévy, reprend la traduction originelle de cette oeuvre emblématique du roman gothique.

  • L'ouvrage étudie le vocabulaire du jazz en détail et propose des clés pour comprendre l'implicite esthétique et culturel dont les mots sont porteurs.
    Chaque chapitre étudie un aspect du jazz par son lexique : le blues, l'église et l'expressivité vocale, la ségrégation et la négritude, le rapport entre corps, rythme et sexualité, entre musique et pratiques culinaires, entre la nature de la musique et des conditions sociales. Plus de 200 mots sont ainsi passés au crible d'une analyse sémantique, étymologique et historique pour en saisir la pertinence esthétique.
    Un chapitre fait le point sur la naissance du mot jazz ; un autre sur les fausses étymologies et les stéréotypes qui ont été diffusés sur le jazz depuis des décennies.
    L'ouvrage passe en revue les métaphores du jazz, les concepts intraduisibles (comme soulfulness, swing...), les spécificités dialectales afro-américaines, des notions musicales ou historiques, etc.
    Ce livre s'appuie sur une abondance de citations authentiques, notamment recueillies lors d'interviews réalisées par l'auteur.

  • À partir de plusieurs cas de figure, par une approche pluridisciplinaire qui se déploie de l'Antiquité à l'époque contemporaine, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur l'interaction entre processus économiques et dynamiques de la création artistique.
    Que ce soit dans la cité antique ou dans les cours royales de France, sur les chantiers des églises romanes ou dans les villes italiennes à la Renaissance et à l'époque moderne, dans les boutiques des marchands d'art à Londres et à Paris ou dans les collections et dans les agences photographiques américaines, partout les éléments d'un langage commun se dégagent, pour façonner une histoire réellement partagée. L'attribution des prix et de la valeur, la formation aux métiers de l'art, la fonction des ventes aux enchères, la gestion des legs des peintres, l'administration des théâtres privés et les stratégies pionnières de la publicité d'entreprise, les entreprises d'artistes, le goût bourgeois pour les décors exotiques... autant de thèmes et d'espaces qui voient les arts et l'économie manifester des convergences insoupçonnées, que ce volume invite à découvrir.

  • Cet ouvrage s'intéresse à la question, toute moderne, du rapport au féminin, qu'il vienne de l'homme ou de la femme elle-même. La théorie de Jung offre de nouvelles issues pour penser cette question énigmatique. Jung a apporté à la notion de « bisexualité psychique » une complexité qui pourrait bien dépasser nos oppositions d'aujourd'hui entre sexe et genre. À partir de son expérience de clinicien, il a proposé et élaboré la problématique d'une libido qui serait bisexuelle et dont la source se trouverait dans un féminin archaïque, hermaphrodite des origines. Dans l'optique de montrer son évolution, mais également dans un souci de dialectique avec Freud, l'ouvrage déroule la pensée de Jung. En suivant l'oeuvre de ce dernier, on constate un rapport suivi entre les deux hommes, à travers leurs avancées théoriques respectives.
    Le propos est émaillé de l'expérience clinique de l'auteure, comme en dialogue avec la théorie et inversement.
    Le texte est divisé en quatre parties, chacune centrée sur un thème. Afin d'en alléger la lecture, des notes fournies et plus savantes se présentent comme un hypertexte destiné aux personnes qui voudraient approfondir les sujets abordés. Enfin, un court glossaire permet de comprendre certains termes spécifiques avant qu'ils ne soient développés et explicités plus avant dans le texte.

  • À travers douze contributions, ce numéro de Pallas « spécial concours » analyse l'organisation de la religion romaine et son expansion dans le monde sous la domination de Rome, à partir de la deuxième guerre punique. Il s'intéresse notamment à son évolution dans le contexte de la romanisation, ainsi qu'à ses rapports avec l'exercice du pouvoir.
    Il s'agit de la publication des actes du dernier colloque SoPHAU, organisé par la Société des professeurs d'histoire ancienne de l'université (SoPHAU) en rapport avec la question d'histoire ancienne au programme des concours de recrutement de l'enseignement secondaire.

  • La santé est un bien trop précieux pour être confié au marché. Ce jugement, auquel souscrivent la majorité des Européens, ne doit pas occulter la réalité : médicaments, lunettes, transport sanitaire, assurance maladie complémentaire, mais aussi alimentation ou produits sanguins..., le marché est partout, même si ses modalités sont souvent très éloignées de l'échange économique « standard ». Promesse ou menace, certains y voient même l'avenir de l'État social.
    Loin d'être une nouveauté, l'existence de marchés sanitaires est pourtant une réalité ancienne : depuis deux siècles au moins, le marché et la santé ont connu un développement parallèle, se contredisant quelquefois, se renforçant souvent grâce, en particulier - par un paradoxe qui n'est qu'apparent -, aux lois sociales cherchant à rendre solvable une demande de santé nouvelle ou ancienne. Ils constituent ainsi deux faces majeures de notre modernité.
    Ce livre réunit douze études de cas sur les liens entre santé et marché depuis la fin du XIXe siècle en France et en Europe. Loin de toute approche polémique ou partisane, mais aussi de théorisations scientifiques parfois éloignées de la réalité, il offre une perspective historique, concrète et rigoureuse, sur une question au coeur d'enjeux politiques et sociaux majeurs.

  • Cet ouvrage vise à renouveler les études récentes consacrées à l'ornement par une analyse critique de ce qui a traditionnellement défini et qualifié l'ornement : l'ornement est second, mensonger, superficiel, mais aussi, selon les périodes ou les lieux, vecteur d'une démarche culturelle et spirituelle, objet de plaisir, de beauté et d'ordre. Cependant, cet ouvrage prétend déplacer l'approche du sujet : habiter l'ornement suppose que l'on s'intéresse aux pratiques habitantes telles que Heidegger les questionne dans « Bâtir, habiter, penser » et « L'homme habite en poète ». En quoi et comment l'habiter, en tant que manière physique ou mentale d'être au monde, est-il indissolublement lié aux pratiques ornementales ? Quelles sont les propositions des architectes, des designers, des plasticiens au regard des pratiques de l'habiter et de ses représentations ? Quelle relation l'ornement entretient-il avec le jugement esthétique qui se joue dans l'habiter ? L'ouvrage s'organise en quatre volets : le premier propose des réflexions d'ordre esthétique, le deuxième concerne l'espace architectural, le troisième s'attache à la question du corps, et le quatrième aux pratiques plastiques contemporaines.

  • Ce manuel d'arabe littéral, langue écrite, lue et enseignée dans tous les pays arabes, est la réédition du manuel paru en 2014, revu et étendu au niveau B2 du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). La progression est construite à travers l'étude détaillée de douze textes extraits de la littérature arabe contemporaine, roman, poésie et théâtre. La méthode se base sur le réemploi, chaque chapitre reprenant les acquis du chapitre précédent. La grammaire et la conjugaison sont étudiées de façon implicite et constamment dans l'usage, sans jamais faire l'objet de leçons particulières. L'accent est mis de façon prioritaire sur l'acquisition du vocabulaire et son utilisation dans la compréhension et l'expression écrite, le but ultime étant la maîtrise de la lecture non vocalisée par l'acquisition des réflexes de lecture. Le manuel s'achève sur un mémento des principales notions de grammaire, de conjugaison et d'orthographe et par des exercices d'auto-évaluation. Un enregistrement permet l'écoute des textes et donne les corrigés des exercices, les traductions et les explications nécessaires en français.

  • Les bombardements s'intensifient, Palerme devient de plus en plus dangereuse.
    Oncle Cesare a décidé de mettre sa famille en sécurité dans une petite maison à 30 km de la ville. Ils fuient. Le déménagement en lui-même est une aventure cocasse. Dès que la famille est installée dans le village, petits et grands doivent se mettre à l'oeuvre pour faire survivre le clan.
    Les récits de guerre abondent dans le corpus littéraire, pourtant tout est nouveau dans Mai 43. Deux singularités cimentent cette histoire : le langage hybride de l'enfant qui raconte, et l'observation innocente qui le protège de la cruauté. Orphelin de 12 ans, Gioacchino adresse son récit à la tombe de son frère. Entre des parties de cartes truquées, des perquisitions fascistes, des bombardements aériens et des repas qui ne se composent que de citrons, Gioacchino, qui n'est plus un enfant mais qui n'est pas encore un homme, devra manoeuvrer et réagir pour pouvoir survivre. À son insu, il devient le héros d'une épopée.
    Plus largement, Mai 43 est le chant universel de toutes les victimes ravagées par une guerre qu'elles n'ont pas choisie et, souvent, dont elles ne comprennent plus les enjeux.

  • L'éolienne est une machine de production présente depuis 1180 en Occident qui, dès l'origine, met en oeuvre un principe physique et une architecture globale qu'elle conserve encore aujourd'hui. L'histoire proposée dans le livre s'articule autour de quatre scènes techniques, chacune située à une époque et dans un lieu précis et présentant un type particulier d'éolienne :
    Moulins à huile à Lille aux XVIIIe et XIXe siècles, moulin électrique au Danemark au tournant du XXe siècle, aérogénérateurs en France dans les années 1950 et éoliennes modernes en Allemagne du Nord à la fin du XXe siècle.
    Pour chacune de ces scènes, les dynamiques techniques et les dynamiques socio-économiques qui façonnent l'éolienne sont présentées à partir d'une analyse historique détaillée. Sur la base de ces histoires, deux indicateurs de long terme sont définis donnant un éclairage nouveau sur l'histoire de cette machine, articulant recherche technique d'efficacité et exigence sociale de régularité de production.

  • Lieu de pèlerinage pour les chrétiens d'Éthiopie, le site de Lalibela est mondialement connu pour son complexe d'églises taillées dans une roche de couleur rouge sous le niveau du sol. Perchés à 2 500 mètres d'altitude sur les hauts plateaux de l'Éthiopie septentrionale, les monuments se répartissent en trois groupes dans lesquels s'enchevêtrent églises, passages souterrains et à ciel ouvert, cours et salles troglodytes. L'ensemble est communément attribué au souverain qui porte le même nom, le roi Lalibala, dont on sait avec certitude qu'il régnait durant le premier tiers du XIIIe siècle.
    Codirectrices de la mission française de recherche sur le site de Lalibela, Claire Bosc- Tiessé et Marie-Laure Derat livrent ici une synthèse des études historiques menées sur Lalibela et sa région et posent les principes d'une méthodologie archéologique spécifiquement développée pour ce site rupestre, à la fois témoin géologique exceptionnel et haut-lieu du christianisme éthiopien depuis le XIIIe siècle.
    Comprendre les raisons d'une implantation royale à Lalibela sans disposer de textes se rapportant à la région avant et pendant le règne de Lalibala ; déployer sur le site un regard archéologique sans avoir accès à des niveaux stratigraphiques ; croiser histoire et archéologie afin d'amplifier la force du signal témoignant de la vie du site et de son inscription dans un contexte régional, royal, puis fédéral ; telles sont les gageures des recherches menées à Lalibela et exposées dans cet ouvrage.

  • La destruction par le fer et par le feu du grand temple de Sérapis à Alexandrie, en 392, à la suite des édits de Théodose condamnant les pratiques polythéistes, puis la transformation du temple d'Isis de Philae en une église consacrée à Saint-Étienne quelques décennies plus tard marquent officiellement la fin du culte public de ces divinités autrefois souveraines. Toutefois, leurs noms, leurs images, leurs pouvoirs, bref un riche imaginaire a survécu dans la mémoire des peuples jusqu'à nos jours, sous des formes multiples et dans des domaines variés. Revisitées, détournées, resémantisées, instrumentalisées parfois, les divinités du cercle isiaque, à savoir Isis, Sérapis, Anubis, Harpocrate, Apis et Osiris, ont traversé les siècles dans les arts et la musique, la littérature, les sciences (y compris les sciences occultes), la philosophie, les savoirs antiquaires et même la politique.
    Ce volume offre ainsi un kaléidoscope richement illustré des vies multiples et surprenantes de plusieurs dieux de l'Égypte pharaonique, de la fin de l'Antiquité à nos jours.

  • Prologues au Brexit et à la crise de la mondialisation, les deux pièces de ce volume témoignent de l'état de l'Angleterre et du monde.
    Mirror Teeth est une comédie grinçante en trois actes. À force d'expressions fossilisées et de situations stéréotypées tirées du quotidien de « la petite Angleterre », la langue acerbe de Gill invente du neuf et surtout du vrai sur le monde globalisé, la famille, la xénophobie. Le premier acte se passe chez les Jones, une famille typiquement anglaise, structurée par le machisme du père, le racisme de la mère, la frustration sexuelle de la fille et le pédantisme du fils, jeune étudiant. Le deuxième acte entraîne la famille au Moyen- Orient. Curieusement, la maison n'a pas changé, et les préjugés non plus. Le troisième acte se déroule dans le même pays et démarre par le récit cocasse du camouflage d'un cadavre. Entre jusqu'au-boutisme colonisateur et freudisme caricatural, la comédie se fait forme par excellence du tragique.
    Sand, pièce inédite jusqu'ici, prend le contrepied de cette mécanique comique bien huilée et s'attaque à la prolifération de l'arme atomique.
    L'action, portée par une narratrice, circule entre époques et lieux divers (Corée du Nord, Hiroshima, Newcastle) concernés par la problématique de l'arme nucléaire jusqu'à ce que le texte, comme le monde, se pulvérise en un sable apocalyptique.

  • La question des relations entre ingénieurs et entreprises est au coeur des préoccupations des écoles qui les forment, des entreprises qui en emploient et des réseaux qui les fédèrent. Le sujet est propre à dessiner le portrait changeant, au gré des contextes et des situations historiques, des figures de l'ingénieur. Il offre aussi l'opportunité d'approcher l'entreprise dans ses fonctionnements les plus intimes, en suivant en cela une perspective originale : s'interroger sur ce qu'est un ingénieur (sous-entendu notamment :
    Que fait-il ? à quoi sert-il ?) revient peu ou prou à s'interroger sur ce qui fait une entreprise.

  • 1824, Goya quitte Madrid, accompagné de sa deuxième famille : Leocadia Zorrilla et ses deux enfants, Rosario et Guillermo Weiss. Il s'installe à Bordeaux auprès de son ami, l'auteur espagnol Leandro Fernández de Moratín.
    C'est cet exil bordelais qu'explore un auteur caché dans l'ombre du théâtre.
    Entre brumes, jeux d'ombres et fantasmagories, il esquisse une oeuvre mêlant les événements historiques - la guerre franco-espagnole, le Triennat libéral, la lutte entre libéraux et absolutistes... - et la peinture du grand maître.
    Ce faisant, ce sont aussi la création et ses incertitudes qui sont explorées, en même temps que sont questionnées l'histoire et ses représentations, sous une plume toujours aussi novatrice et éclairante, à l'esthétique résolument contemporaine.

  • Cet ouvrage généraliste rend compte de la vie quotidienne, culturelle, sociale, politique et idéologique de la République démocratique allemande (RDA) entre 1949 et 1990. Outre les notices thématiques qui retracent le fonctionnement de la vie dans cet État (ex. : élections, chômage, Trabi, Datcha), il répertorie d'un côté une partie du jargon bureaucratique et idéologique du SED, le parti hégémonique de l'État socialiste, et de sa police politique, la Stasi. Il s'attache notamment aux néologismes, sigles et concepts hérités de la tradition marxiste-léniniste, importés du russe ou encore à saisir dans la continuité avec la République de Weimar ou même le national-socialisme (ex. : sich dekonspirieren, FDJ). De l'autre, il se penche sur le contre-langage ou langage codé utilisé pour contourner la censure, évoquer les tabous ou communiquer de façon alternative dans la vie quotidienne, par exemple dans le cadre du marché noir, au sein de subcultures artistiques, ou encore dans les milieux de l'opposition politique clandestine (ex. : Écriture entre les lignes, jeans, mouvement pour la paix). Enfin, il s'intéresse aux concepts forgés par la recherche et la société pour désigner des réalités est-allemandes avant ou après 1990 (ex. : Ossi/Wessi, Ostalgie).

  • Une grosse fissure menace la sécurité de l'immeuble où vivent les protagonistes de cette histoire. Un seul semble s'en rendre compte : c'est « L'Homme de l'étage au-dessous », qui depuis des mois tente en vain de convaincre ses voisins d'entamer des travaux de rénovation. Mais la fissure se situe exactement sous le sofa où vit « La Femme la plus grosse du monde », qui pèse 460 kg et ne peut plus bouger. La seule solution serait de la faire maigrir, mais le bonheur que la nourriture lui procure est trop grand pour que la femme et son mari puissent y renoncer. Un final surprenant ouvre cette situation comique à des horizons plus universels, en plaçant la dystopie face à la réalité.
    Dans une époque où notre société semble avoir atteint son plus haut degré de richesse et de satisfaction, cette pièce - grotesque et paradoxale - nous pousse à imaginer une alternative à notre mode de vie, où le bonheur ne soit pas synonyme d'autodestruction.

  • Du repeuplement des campagnes à l'économie résidentielle, de la recomposition de la société villageoise à la transition mobilitaire, de la culture au village au marketing territorial ou du local au global, les mutations de la ruralité sont considérables. Elles appellent un profond renouvellement des catégories qui permettent d'en rendre compte.
    Cinquante auteurs réunis ici y apportent leur contribution, par leurs réflexions sur les usages, les ressources et les gouvernances des territoires ruraux. Ces réflexions sont rassemblées autour de cinq invitations pour redéfinir le rural et les ruralités, actualiser les méthodes, croiser l'usage des lieux et la mobilité, intégrer la diversité des activités productives, réévaluer les enjeux fonciers.
    Mieux étudier les ruralités permet alors de mieux comprendre les configurations inédites par lesquelles les acteurs répondent aux défis de la globalisation, de la solidarité, de la transmission entre les générations, de la sécurité alimentaire, du changement climatique et de la réorganisation des territoires.

  • L'Histoire de Jacob est inspirée d'un fait réel : un prêtre catholique apprend à l'âge de 35 ans qu'il est juif... Il s'agit de Romuald Jakub Weksler- Waszkinel, né dans le ghetto et sauvé par une famille polonaise chrétienne.
    Son histoire, avant d'être portée sur scène par Tadeusz Slobodzianek, a été racontée par la réalisatrice Ronit Kertsner qui, dans son documentaire Karuah [Éclaté], retrace les pérégrinations spirituelles de Jacob dans un kibboutz en Israël où, après avoir quitté la soutane, il cherche à approfondir la foi de ses ancêtres.
    Les thèmes de la pièce sont la quête identitaire, la foi, le doute, l'altérité et l'aliénation. Jacob se sent mal à l'aise dans le contexte polonais, mais il éprouvera une solitude encore plus profonde en Israël. Il n'y a de place pour lui nulle part, ni non plus de réponse à ses questionnements. N'étant réellement accepté dans aucune des deux communautés - car aussi bien l'origine que la confession doivent être bien définies pour y accéder -, il n'arrive pas à réunir les deux parties de sa personnalité éclatée.

  • À la suite d'un incident technique mystérieux, et donc effrayant, les clients et employés d'un supermarché se retrouvent coincés dans ce temple archétypal de la consommation où, venus faire leurs courses quotidiennes, ils traversent une incompréhensible expérience-limite de fin du monde en chantant. Pendant ce temps suspendu, ils interagissent, se disputent, s'imaginent mourir, s'imaginent survivre, tirent des plans, se révèlent aux autres ou à eux-mêmes, s'adaptent et se transforment.
    Parabole chorale, et qui relève d'une anticipation d'actualité, cette pièce se présente comme un crypto-thriller musical tragi-comique à l'atmosphère étouffante, parsemé de coups de théâtre, riche de gags, de jeux de mots et de chansons. Mais nous la recevons aussi comme une méditation politique, poétique et scénique sur le langage, cette langue capitaliste et postmoderne qui est celle de notre société, la novlangue d'aujourd'hui.
    La pièce parvient ainsi à dessiner pour nous une image verbale, physique et sonore aussi juste que décalée, aussi tendre que critique, des plus invisibles et irrésistibles aliénations de notre temps.

  • Revue Pallas N.115 ; percussions antiques : organologie, perceptions, polyvalence ; l'affichage de la parenté dans le monde antique Nouv.

    Dossier 1 : Il s'intéresse aux percussions antiques, c'est-à-dire aux instruments de musique et plus largement aux objets sonores selon différents angles d'approche : l'analyse des mécanismes sonores de ces artefacts (archéologie, organologie) ; l'analyse de leurs représentations (iconographie, littérature) ; l'analyse de leurs usages et valeurs symboliques (rhétorique, narration, discours identitaires). Les 9 contributions abordent différentes aires culturelles et historiques : Mésopotamie, Égypte, Grèce, Rome, Mésoamérique.
    Dossier 2 : Les articles de ce dossier se donnent pour ambition d'appréhender les modes de construction du familial, du parental, tels qu'ils apparaissent dans les traces consciemment laissées par les protagonistes, se proposant de rendre compte des processus d'identification et d'affiliation, ainsi que des problèmes méthodologiques auxquels nous confrontent les sources anciennes. Sont notamment abordés les modes de nomination, les stratégies familiales, ainsi que la valeur sociale de la parenté.

  • Fondé à Toulouse il y a plus de 800 ans, l'ordre des Dominicains place au premier plan la formation de ses membres et l'utilisation des livres.
    Pourtant, l'histoire de la bibliothèque du couvent de Toulouse restait encore à écrire. C'est désormais chose faite avec cet ouvrage qui rassemble à la fois le catalogue de l'exposition de 2016 qui s'est tenue à la Bibliothèque d'étude et du patrimoine de Toulouse et les actes des journées d'études qui eurent lieu à la suite en 2017.
    Avec près d'une centaine de manuscrits médiévaux conservés dans les réserves de la bibliothèque, ce fonds est le témoignage exceptionnel d'une bibliothèque médiévale à l'histoire mouvementée. Les spécialistes rassemblés dans cet ouvrage abordent l'histoire de la bibliothèque toulousaine d'un point de vue pluridisciplinaire, en étudiant successivement l'importance des fragments médiévaux réemployés dans les manuscrits, le contenu des registres d'Inquisition, le rôle des Dominicains dans la production enluminée toulousaine et dans l'élaboration d'une iconographie singulière, la mise en place d'une liturgie unifiée et l'histoire de l'ordre à travers des manuscrits qui permettent d'évoquer les figures de saint Dominique, Bernard Gui ou encore Vincent Ferrier.

  • La question des identités en situation coloniale, aujourd'hui largement inter- rogées, renvoie aux questions démographiques, pourtant beaucoup moins étudiées. Pour l'Algérie du xix e siècle, ce paradoxe s'explique par le caractère lacunaire, incertain de la connaissance des faits démographiques, et par le manque de sources fiables. Le bilan de la catastrophe démographique de 1867-1868, largement méconnue du grand public, reste en partie à dresser, aussi bien pour la population indigène qu'européenne. De plus, les historiens débattent de l'état économique du pays avant 1830, du nombre d'habitants que compte l'Algérie à l'arrivée des Français, de l'impact des maladies sur les populations, ou encore des conséquences démographiques de la guerre d'invasion. En mobilisant les abondantes archives du personnel militaire de la seconde armée coloniale du monde, cet ouvrage propose pour la première fois une histoire anthropométrique de l'Algérie sur la longue durée (1800- 1880) qui apporte des éléments de réponse à ces questions. La stature adulte des soldats indigènes et européens, considérée comme indice biologique des niveaux de vie, est confrontée aux autres données économiques, dé- mographiques et climatiques. L'ouvrage situe ainsi de manière nuancée la trajectoire démographique des populations entre scénario d'Ancien Régime (facteurs naturels) et scénario critique (facteurs humains) et, enjeu majeur, réévalue sensiblement le nombre d'habitants à l'aube de la colonisation.

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