Puf

  • La collection "Pratiques théoriques", dirigée par Etienne Balibar, professeur à l'Université de Paris X-Nanterre, et Dominique Lecourt, professeur à l'Université de Paris VII, a pour but de présenter à un large public des ouvrages de théorie et d'analyse concrète éclairant la problématique du changement de société. Relevant de différentes disciplines des sciences humaines, ou d'une approche pluridisciplinaire, ces ouvrages concerneront notamment les formes de domination idéologique, les mouvements de masse, les rapports entre tendances économiques et structures politiques.


  • La philosophe américaine Teresa de Lauretis entend penser le monde actuel,
    marqué par un trauma géopolitique lourd et diffus, en s'appuyant sur la théorie
    freudienne des pulsions, et notamment de la pulsion de mort. Celle-ci est
    comprise comme une force inconsciente de destruction et d'autodestruction qui
    tend à revenir à un état inerte de la matière inorganique. Relisant Freud à la
    lumière de Laplanche et de Foucault, l'auteur revisite la théorie des pulsions
    en la confrontant ensuite à deux productions culturelles dont les figures
    spécifiques inscrivent le sexuel en tant que pulsion de mort dans la trame de
    leur texte : il s'agit du roman de Djuna Barnes Le bois de la nuit (1936), et
    du film postmoderne de David Cronenberg eXistenZ (1999). Teresa de Lauretis est
    née et a étudié en Italie ; elle est professeur d'Histoire de la conscience à
    l'Université de Californie, Santa Cruz (États-Unis). Elle est l'auteur de
    nombreux ouvrages, très souvent traduits, questionnant la sémiotique, la
    théorie féministe, la psychanalyse, la littérature et la théorie du cinéma :
    Alice Doesn't: Feminism, Semiotics, Cinema (1984), Technologies of Gender
    (1987), The Practice of Love (1994), Soggeti eccentrici (1999). Théorie queer
    et cultures populaires : de Foucault à Cronenberg (préfacé par Pascale Molinier
    et traduit par Marie-Hélène Bourcier) a été publié par les Éditions La Dispute
    en 2007.

  • Pourquoi certaines espèces animales font-elles tout particulièrement l'objet d'interdits alimentaires rigoureux en islam ?
    L'examen de la casuistique des juristes permet en la matière de faire apparaître trois critères du licite et de l'illicite : le régime alimentaire de ces animaux (herbivores/carnivores et scatophages) ; leur rapport à l'homme (domestiques/sauvages) ; leur dimension mythologique (divins/démoniaques).
    Les animaux prohibés se répartissent ainsi en trois grandes catégories : les carnassiers, les scatophages et la vermine.
    La logique de l'interdiction se dévoile alors. toute nourriture est supposée exercer sur qui l'absorbe une influence plus que physique. or la chair des espèces comprises dans ces trois grandes catégories s'avère porteuse de traits antinomiques avec l'idée même d'humanité. en manger, c'est donc prendre le risque de se métamorphoser à l'image de ces bêtes.
    La perpétuation de l'espèce humaine suppose ces interdits.
    Ce livre, aussi divertissant qu'érudit, met en pleine lumière l'importance des interdits alimentaires en islam. " juguler l'animalité " en l'homme, n'est-ce pas là un ressort essentiel de l'humanisation ?.

  • Qu'appelons-nous " modernité " ? Cette question est travaillée selon une triple orientation philologique, épistémologique et historique, en prenant pour fils conducteurs l'auto-énonciation du sujet, la constitution du " nous " communautaire, l'aporie de l'institution judiciaire. L'interprétation défendue pose que les processus opposés du devenir-citoyen du sujet et du devenir-sujet du citoyen en viennent à se recouvrir. C'est aussi le moment où le rapport du commun à l'universel devient un écart politique au sein de l'universel lui-même. Le " jugement des autres " doit être rapporté à un " jugement de soi-même " attestant pour chacun sa propre normalité. Dès lors, l'humain ne peut coïncider avec l'institution du politique qu'à la condition de se retrancher de soi-même, dans la forme des " différences anthropologiques ". Le citoyen-sujet ne peut se comprendre indépendamment de son envers, qui le conteste et le défie.
    Étienne Balibar, né en 1942, est professeur émérite (philosophie politique et morale) à l'Université de Paris Ouest, et Distinguished Professor of Humanities à l'Université de Californie à Irvine. Il a publié récemment Violence et Civilité (Éditions Galilée) et La proposition de l'égaliberté (PUF).

  • Étudier la non-violence et la désobéissance civile à partir d'une approche genrée et postcoloniale des résistances permet de mettre en évidence ce qui, dans les antagonismes politiques, relève des inégalités en termes de sexe, de classe et de race. En ce sens, l'engagement tel qu'il se trouve ici redéfini ne relève pas d'une posture purement morale, consistant à s'engager pour « la cause de l'Autre », mais d'une résistance de ces corps qui sont toujours, inévitablement, déjà engagés, car sans cesse interpellés pour rendre raison de leur être dans les termes mêmes du pouvoir qui meurtrit leur chair.

  • " L'objectif des pages qui suivent n'est pas l'interprétation de la philosophie hégélienne, et on ne tentera pas de déployer les deux dimensions de l'expérience, celle du savoir et celle de l'éthique, dont Foucault considère à juste titre qu'elles sont pour Hegel inextricablement liées. C'est le sujet politique seul qui retiendra notre intérêt. S'il n'est pas déplacé pourtant d'ouvrir ce livre en nous référant à Hegel, c'est à la fois parce que, mieux que tout autre philosophe de l'époque moderne, il a réfléchi l'historicité des figures du sujet, et parce qu'il a rapporté toutes ces figures à des avatars successifs de la communauté. Démocratie est le nom que nous donnons aujourd'hui à la communauté politique idéale, dont l'on admet que les sociétés occidentales contemporaines constituent des formes approchées. La question centrale de ce livre est l'identification de la figure du sujet politique qui correspond à la démocratie, entendue en son sens moderne. Dans une continuité apparente avec Hegel, et bien que celui-ci ne se soit pas compris comme démocrate, on soutiendra que l'État moderne est le collectif qui a donné à ce sujet les caractères spécifiques qui sont les siens. Les démocraties libérales contemporaines ont plus de traits communs avec l'État hégélien que la lecture libérale ne veut l'admettre, et le citoyen démocrate peut reconnaître dans la personne juridique, le sujet de l'action morale, l'homme de la sphère économique de la société civile, ou encore le citoyen de l'État, les différents aspects solidaires d'une identité feuilletée qui est toujours la sienne. Là s'arrêtera cependant l'inspiration hégélienne du présent livre. Car si Hegel a vu dans l'État une forme encore communautaire du collectif, la thèse ici défendue est au contraire que le sujet politique moderne échappe essentiellement à toute assignation communautaire. Cette thèse va à rebours, non seulement de la pensée de Hegel, mais aussi de toutes les théories qui, aujourd'hui, vantent les mérites de la "communauté des citoyens", comme de celles qui, parce qu'elles ne se satisfont pas de la réalité sociale et politique des démocraties libérales contemporaines, s'inquiètent de la possibilité, ou de l'impossibilité, d'une forme inédite de communauté qui accomplirait les promesses non tenues par ces démocraties. " (extrait de l'Introduction) Catherine Colliot-Thélène est professeur agrégée de philosophie à l'Université de Rennes I. Ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses, elle obtient son doctorat en 1987 (Université de Paris I-Sorbonne). De 1999 à 2004, elle est directrice du Centre Marc Bloch à Berlin, puis chercheuse invitée au Hamburger Institut für Sozialforschung, à Hambourg en 2008.

  • " Sujets du désir constitue ma thèse de 1984, revue en 1985-1986 pour la publication. J'avais consacré ce travail au concept de désir, en me concentrant sur la Phénoménologie de l'esprit de Hegel et sur quelques-unes des principales réappropriations de ce thème dans la philosophie française du vingtième siècle. (...) Cet ouvrage ne constitue ni une analyse exhaustive de l'hégélianisme français, ni un travail d'histoire intellectuelle. Il s'agit d'une enquête critique portant sur la relation récurrente entre désir et reconnaissance. " (J. Butler, préface à la 2e édition) Judith Butler est professeure de rhétorique et de littérature comparée à l'Université de Berkeley (Californie). Elle est considérée comme une théoricienne majeure du féminisme et de la théorie " queer " ; plusieurs de ses ouvrages sont traduits en français, dont aux PUF Le récit de soi (" Pratiques théoriques ", 2007).
    Ouvrage traduit par Philippe Sabot.

  • Le don est un objet privilégié de l'anthropologie et de la sociologie depuis l'Essai sur le don de Marcel Mauss. Dans la première partie, les principales notions de cet écrit (don, dette, obligation, échange) sont étudiées en lien avec l'engagement socialiste de Mauss. La deuxième partie traite du don chez Lévi-Strauss, Lefort, Derrida et dans l'ethnologie de la Kabylie (Maunier, Bourdieu). Puis on définit le don en le différenciant d'autres transferts de biens : impôt, amende, échange, marché, par la discussion de textes de Hobbes, Wittgenstein, J. R. Searle, M. Godelier, Alain Testart. On aboutit à une classification générale des transferts de biens. La troisième partie enquête sur la nécessité et l'universalité du don, compare les transferts de biens entre humains aux transferts de ressources dans les sociétés animales, et examine la possibilité de naturaliser le don.

  • La collection "Pratiques théoriques", dirigée par Etienne Balibar, professeur à l'Université de Paris X-Nanterre, et Dominique Lecourt, professeur à l'Université de Paris VII, a pour but de présenter à un large public des ouvrages de théorie et d'analyse concrète éclairant la problématique du changement de société. Relevant de différentes disciplines des sciences humaines, ou d'une approche pluridisciplinaire, ces ouvrages concerneront notamment les formes de domination idéologique, les mouvements de masse, les rapports entre tendances économiques et structures politiques.

  • " Parler d'expérience morale, c'est considérer que le souci moral est objet d'expérience ; c'est donner pour tâche à la philosophie morale de rechercher le sens, les conditions et les limites d'une telle expérience - et non pas d'examiner et de justifier les croyances morales ou les règles de conduite. C'est aborder l'examen de la dimension morale de la vie humaine en essayant de comprendre, d'une part, le sens et la valeur que les hommes peuvent accorder au fait de penser et de mener leur vie et, d'autre part, ce qui est requis pour qu'ils y parviennent. C'est donc comprendre la moralité comme une pratique, un exercice, comme un rapport à soi et au monde qu'un sujet éprouve et expérimente, et non comme un ensemble de valeurs ; c'est étudier l'activité de s'examiner soi-même et non l'essence morale ou la dignité de l'homme, l'activité de juger moralement sa conduite et non les critères du bien et du mal. Il s'agit d'une tentative de restituer le coeur de l'expérience morale sans rien présupposer de la moralité - de comprendre comment l'homme s'institue comme sujet moral à même son rapport à soi et au monde. " (Extrait de l'Introduction) Ancienne élève de l'École Normale Supérieure (Ulm), agrégée de philosophie en 2001, Valérie Gérard a soutenu en 2008 une thèse de philosophie sous la direction de Frédéric Worms : " Critique de l'autarcie morale. Sur les conditions extérieures du rapport à soi ". Elle est actuellement chargée de recherches à l'ENS-Ulm.

  • Ce recueil de textes de Wendy Brown amorce une réflexion sur la vie politique moderne à travers la question de la blessure et de la vulnérabilité individuelle.
    Toute une série de sujets sont traversés par cette interrogation : la pornographie, le litige, la politique de la gauche, etc.
    Ainsi, les chapitres sur l'identité et la moralité dans les formations intellectuelles et politiques contemporaines mobilisent Nietzsche de manière critique ;
    Les chapitres sur les droits et le libéralisme reconsidèrent la critique marxienne du libéralisme et la critique foucaldienne de la régulation par l'individuation ;
    Les chapitres sur le pouvoir d'État sont en dialogue avec Weber, Foucault, et la pensée libérale ; et le premier Baudrillard est mobilisé afin de réfléchir sur l'effort de Catharine MacKinnon pour adapter Marx à une théorie du genre.
    Ils examinent la manière dont les projets politiques censément émancipatoires ou démocratiques reflètent de façon problématique les mécanismes et configurations du pouvoir dont ils sont un effet et auxquels ils prétendent s'opposer.

  • Qu'est-ce que comparer deux sociétés, deux institutions ou deux mythes ? C'est à partir de cette question qu'on peut comprendre l'oeuvre de Lévi-Strauss.
    Au lieu de répertorier les ressemblances entre les cultures, il choisit de faire de leurs différences le moteur de la comparaison. Ce geste, qui trouve son point d'aboutissement dans les Mythologiques, est indissociable d'une thèse sur la production des phénomènes culturels : chaque société forge ses mythes et ses rites en traduisant et en défor-mant ceux de ses voisines. Comparer ne se réduit donc pas à classer les faits sociaux, mais devient un moyen de saisir le fonctionnement de l'esprit humain aux points de contact entre les cultures, d'éclairer les opérations mentales par lesquelles elles construisent leurs différences.
    C'est dans l'étude des mythes que ce redéploiement du savoir anthropologique s'est opéré. Afin d'en éclairer les enjeux, ce livre retrace une histoire conceptuelle qui passe par Tylor, Granet, Dumézil, mais aussi Freud, Saussure et Jakobson. Il conduit à une réinterprétation de la notion de structure : loin de figer la vie sociale dans des modèles immuables - comme on le lui a souvent reproché -, elle est une manière de décrire les dynamiques de transformation qui amènent chaque culture à affirmer une identité distinctive.

  • Le destin de l'oeuvre d'Althusser fut très singulier. D'une part, il a été le premier et l'unique penseur marxiste de haut vol que la France produisit dans toute son histoire. Au milieu des années soixante, lors de la parution de ses oeuvres classiques, Althusser acquit un prestige qui semblait inébranlable. De nouvelles perspectives, de nouveaux concepts, des rapports solides avec des disciplines voisines (la psychanalyse, l´anthropologie, etc.) se sont ouvertes moyennant une lecture rigoureuse de l'oeuvre de Marx. Mais cet éclat ne dura pas longtemps. Dès le début des années soixante-dix, son nom a été associé, ne serait-ce que par simple proximité chronologique, à la crise du marxisme puis à l'effondrement des régimes de l'Est. L'oeuvre du philosophe fut dès lors stigmatisée et jetée, après sa mort en 1990, aux oubliettes. Deux faits vinrent changer la situation : la publication posthume de son autobiographie et celle - encore en cours - de ses textes inédits. La sincérité avec laquelle il décrit une vie jalonnée de soucis théoriques et de périodes de dépression émut profondément les lecteurs. Enfin, la publication des inédits fit naître un intérêt passionné pour son oeuvre.

  • Pourquoi Simondon (1924-1989), philosophe nourri de pensée bergsonienne, d'épistémologie française et de phénoménologie, auteur d'une thèse principale d'ontologie portant sur les différents régimes d'individuation dans l'être, a-t-il consacré sa thèse complémentaire à une réflexion sur les machines et la technologie ? L'idée défendue dans ce livre est que l'unité des travaux ontologiques et technologiques doit être cherchée dans le projet d'une « axiomatisation des sciences humaines » et d'un nouvel « humanisme ». On s'attache ici à expliciter la signification et la portée de ce projet, d'une part en examinant la façon dont Simondon dialogue avec les sciences humaines de son temps, mais aussi avec les multiples programmes « d'ingénierie sociale » proposés en vue de réguler les sociétés humaines (Human Engineering, Cybernétique), d'autre part en détaillant le rôle des techniques et de la technologie dans la formulation de cet « humanisme » que Simondon lui-même qualifiait de difficile.

  • La science de l'homme est, selon Hume, la science première, ce qui signifie que la nature humaine est l'objet même de la philosophie. Mais comment se caractérise cette nature humaine ? C'est une autorégulation qui caractérise chez Hume les principes de la nature humaine. Celle-ci peut être envisagée comme un système autorégulé. C'est aussi une autorégulation qui régit la science de la nature humaine, son corrélat. Telles sont les formulations modernes que ce livre se propose d'appliquer à cette "inventivité" de la nature humaine qui peut effectuer, dans les moments critiques, les "changements de direction" destinés à assurer les rééquilibrages indispensables à sa survie, tant du côté de l'entendement que du côté des passions.

  • " le normal a pris la relève de l'ancestral ".
    C'est en ces termes que michel foucault salua l'avènement d'une nouvelle ère, celle des disciplines - moment où les sujets cessent de s'identifier par leurs généalogies et leurs positions dans un système d'alliances, par des mécanismes historico-rituels, mais sont plutôt voués à l'interminable hantise de la norme, à ne plus se connaître et se reconnaître que par le détour de l'altérité de l'anormal : voués à ne ressaisir leur identité et à n'être auprès d'eux-mêmes qu'au plus proche du spectre inquiétant de ce tout autre qu'ils repoussent au plus loin.
    Alors, l'enfance de l'homme n'est plus la mémoire de son innocence perdue, mais la forme première de son insoumission ; le primitif n'est plus celui qui, depuis l'autre rive d'un quelconque voyage, lui fait signe vers le mirage de sa bonté native, mais celui qui indique, sous les espèces de la plus honteuse barbarie, le danger qu'il représente pour sa propre race ; et la folie n'est plus le masque grotesque ou sublime d'un au-delà de la raison, mais le miroir tendu de sa propre faiblesse.
    Car, si le temps est venu où " l'homme calculable " a remplacé " l'homme mémorable ", il n'en reste pas moins que le travail de la norme (les toiles infinies que trament les signifiants du normal et de l'anormal) ne consiste pas, comme on le croit trop souvent, à produire un effet d'uniformisation sociale, mais fait bien plutôt jouer un complexe système de codage différentiel des conduites, à l'intérieur duquel nous sommes pris et advenons comme sujets.
    Pour autant qu'il engage notre mode d'être de sujets modernes, il nous appartient donc d'explorer ce code étrange et familier : c'est la tâche que se fixe l'auteur, à partir de l'un des concepts-clé de l'oeuvre de foucault.

  • "Dans le volume I, j'ai présenté deux conceptions différentes des origines de la Grèce ancienne. Selon la première que j'ai appelée le Modèle ancien, la Grèce aurait été originellement habitée par les Pélasges et d'autres tribus primitives. Ces peuples auraient été civilisés par des colons égyptiens et phéniciens, qui auraient gouverné plusieurs régions du pays durant l'Age héroïque. Suivant la seconde conception, le Modèle aryen, la civilisation grecque serait le résultat d'un mélange culturel issu de la conquête par des Grecs d'expression indo-européenne venus du Nord, de peuples pré-helléniques antérieurs.

    J'ai annoncé que ma conviction était qu'au modèle aryen devrait être substitué ce que j'appelle le Modèle ancien révisé. Ce modèle admet d'une part que des colons égyptiens et phéniciens se sont installés en Grèce ancienne et y ont exercé une influence massive. D'autre part, il prend en compte le fait indubitable que le grec est fondamentalement une langue indo-européenne ..

    Au lieu de garder ma neuralité pour confronter les deux points de vue de leur utilité heuristique, je vais essayer de montrer à quel point le Modèle ancien révisé permet de décrire et d'expliquer le développement et la nature de la civilisation grecque antique d'une manière plus complète et plus convaincante que le Modèle aryen." Extrait de l'Introduction

  • Un traumatisme crânien, une blessure à la tête, une artère cérébrale obstruée : le sujet de la parole est soudain devenu un patient aphasique, un homme qui ne parle plus, ou moins bien, ou différemment ; ou bien un homme qui entend ce qu'on lui dit et cependant reste sourd au sens de ce qu'il entend. Cette situation singulière, comme ses causes, constitue alors l'objet d'une enquête pluridisciplinaire (neurosciences, psychologie, linguistique). En une synthèse inédite, ce livre retrace l'histoire de l'appréhension de ces troubles : depuis le moment où la question joue un rôle crucial dans la constitution d'une connaissance renouvelée du cerveau humain (Gall, Broca, Wernicke), jusqu'à l'actualité de l'investigation cognitive. Il reconstruit un domaine qui a fasciné les philosophes (Bergson, Cassirer, Merleau-Ponty) parce qu'il invite à réfléchir à des questions fondamentales - langage et pensée, normal et pathologique, réceptivité et spontanéité -, à partir d'un champ empirique qui instruit les réponses et permet d'éprouver leur force et leur faiblesse. On se demandera, en particulier : comment concevoir le rapport entre celui qui parle et ce qui lui permet de parler ? Qu'est-ce qu'une incapacité acquise peut nous apprendre sur l'aptitude correspondante ? Comment penser l'esprit, si tel est l'effet de l'affection du corps ? Quelle que soit la difficulté de leur déchiffrement, les aphasies offrent l'occasion d'une analyse de notre capacité à dire quelque chose, une occasion de définir une " anatomie " de l'expression.

  • La collection "Pratiques théoriques", dirigée par Etienne Balibar, professeur à l'Université de Paris X-Nanterre, et Dominique Lecourt, professeur à l'Université de Paris VII, a pour but de présenter à un large public des ouvrages de théorie et d'analyse concrète éclairant la problématique du changement de société. Relevant de différentes disciplines des sciences humaines, ou d'une approche pluridisciplinaire, ces ouvrages concerneront notamment les formes de domination idéologique, les mouvements de masse, les rapports entre tendances économiques et structures politiques.

  • Cette étude est un regard parallèle entre l'art, l'artiste en train d'oeuvrer, l'oeuvre du peintre et l'oeuvre philosophique de Merleau-Ponty pour lequel la pensée est créatrice de sens. Penser ou exprimer sont une création artistique, au sens d'une expérience de l'être, une "passivité opérante".


    Table des matières Ouverture I -- "La passivité de l'activité" II -- Subjectivité opérante et expérience du monde III -- Possibilité de la création et liberté Horizons -- Bibliographie

  • Le présent volume conjoint deux grands soucis, en droit distincts. Le premier est méthodologique. Il vise à élaborer ce qui n'existe ni en France ni ailleurs, à savoir une histoire comparée des philosophies. Par là, il faut entendre une histoire qui brouille les partages universitaires et reconstruit ses objets propres par les voies expérimentales auxquelles les vrais historiens
    (des institutions, des religions, etc.) sont accoutumés depuis longtemps. C'est alors l'activité philosophique elle-même qui apparaît autrement, dans la singularité de pratiques nationales qui l'effectuent toujours dans une conjoncture donnée. L'Europe spirituelle n'existe pas.
    La seconde préoccupation ordonnant ces analyses est anthropologique. Elle se présente comme une histoire polémique des historicités observables de Vico à aujourd'hui, où l'Événement est devenu la pierre philosophale. On y comprend mieux comment les hommes, pour simplement vivre, doivent s'installer dans un temps donné. Ils y nouent présent, passé et futur selon des modalités indéfiniment variables, mais toujours illusoires ainsi se définit chaque époque. L'Histoire universelle n'existe pas. Dans ces pages, il n'existe donc que des philosophies comme il n'existe que des historicités. On n'y proclame pas la mort de Dieu : soyons plutôt polythéistes !

  • la sociologie est, dit-on une science particulière parce que son objet, le social, posséderait des caractéristiques défiant toute tentative d'explication...
    ce livre envisage les choses tout autrement. il considère que la particularité de la sociologie tient surtout à ce que la grande majorité de ceux qui la pratiquent a le plus grand mal à prendre au sérieux le fait qu'elle puisse être une science. il existe un remède à ce mal : reconnaître que la sociologie est une activité de nature scientifique définie par une série d'instructions qu'il convient simplement de mettre en application.
    il ne s'agit donc pas de répondre à la question : comment faire de la sociologie en suivant les règles d'une méthode ? (il existe déjà trop de réponses à cette question), mais à cette autre : qu'est-ce que faire de la sociologie veut dire, c'est-à-dire comment s'accorder sur les règles d'une pratique ? les études qui composent l'ouvrage confrontent quelques thèses classiques de la sociologie (celles de garfinkel et de bourdieu, de dewey et de goffman, de durkheim et de mead) en les examinant à la lumière des problèmes de description et d'explication que pose leur utilisation dans l'enquête.
    cette façon d'envisager le théorique à partir de l'empirique reflète bien le principe que l'auteur défend : le travail sur la méthode ne doit être, en sociologie, ni délégué à des épistémologues, ni conçu comme un sous-secteur de la discipline, mais résolument et méthodiquement conduit de l'intérieur même de l'enquête et de l'analyse telles qu'elles se mènent dans le quotidien de la recherche. en respectant ce principe (qui vaut pour les deux versants, quantitatif et qualitatif, de la discipline), on peut se donner les règles d'une pratique de la sociologie affichant les attributs de la visée scientifique : autonomie, réalisme, rigueur et inventivité.

  • La psychanalyse, comme méthode de traitement de la souffrance psychique, est une pratique qui produit des effets, non seulement sur les individus qui en font l'expérience, mais aussi sur le monde social. Le sujet de cet ouvrage est celui de l'intrication du singulier et du collectif, sur laquelle la psychanalyse offre une perspective spécifique. L'argument de l'auteur s'organise autour de quelques problématiques reliant des textes écrits sur différents registres, durant plus de vingt ans d'exercice de la psychanalyse, et de réflexions nourries par la philosophie et l'esthétique. D'abord, la spécificité et l'agir de la pensée psychanalytique, puis certains aspects de la relation complexe entre psychanalyse et philosophie à partir d'une méditation de Michel Foucault, enfin les débats contemporains sur la question sexuelle, ce que l'on peut appeler un malaise dans la sexuation. Au final, ces questions sont reprises dans l' analyse d'objets esthétiques, danse et cinéma en particulier. L'enjeu de l'activité psychanalytique est ainsi abordée dans ses objets extérieurs, excentrés.

  • Ce recueil qui traite de l'injustice sociale et rassemble différentes traditions de théories critiques et différentes disciplines des sciences humaines et sociales s'inspire de l'antique programme interdisciplinaire de la première génération de l'École de Francfort, sans que cette filiation soit toujours ni revendiquée, ni même forcément reconnue par les auteurs des textes de cet ouvrage. Dans l'idée que toutes contribuent ainsi à la fabrication de ce qu'on appelle la " critique ", sont donc représentées dans ce livre non seulement ces sciences humaines et sociales qu'on a pu appeler " sciences particulières " - la sociologie, l'économie, l'anthropologie politique ou la psychanalyse - mais aussi cette " science " qui ne se veut pas vraiment particulière, à savoir la philosophie.
    /> L'objectif poursuivi est de donner une vue d'ensemble des perspectives adoptées aujourd'hui à l'égard de l'injustice sociale, c'est-à-dire des faits d'injustice qui surviennent au sein de la société et sont provoqués par elle. À la question " Quelles voies pour la critique ? " que pose son sous-titre, il ne prétend néanmoins pas fournir une réponse unique, mais uniquement donner à entendre, dans ce qu'elles ont de concordant mais aussi de discordant, certaines des voix à travers lesquelles la critique s'exprime dans le débat actuel.

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