Puf


  • " tout ce que j'ai reçu jusqu'à présent pour le plus vrai et assuré, je l'ai appris des sens, ou par les sens : or j'ai quelquefois éprouvé que ces sens étaient trompeurs et il est de la prudence de ne se fier jamais entièrement à ceux qui nous ont une fois trompés " (in première méditation).
    cette édition des méditations reprend la traduction faite à partir du texte latin, publié en 1641, par le duc de luynes et revue par descartes avant sa première édition française en 1647. le livre se compose de six méditation suivies des réponses aux objections. ces dernières avaient été sollicitées par descartes " pour faire que tout ce en quoi le lecteur pourrait trouver de la difficulté, se trouve éclairci par mes réponses.
    " (in lettre à mersenne, 21 janvier 1641).

  • "C'est dans cette tentative de changer la méthode suivie jusqu'ici en métaphysique et d'opérer ainsi en elle une révolution totale, suivant l'exemple des géomètres et des physiciens, que consiste l'oeuvre de cette critique de la raison pure spéculative.
    Elle est un traité de la méthode et non un système de la science elle-même." "Toute la question que je soulève ici est simplement de savoir jusqu'à quel point je puis espérer arriver à quelque chose avec la raison, si me sont enlevés toute matière et tout concours venant de l'expérience." Jusqu'à Emmanuel Kant (1724-1804) philosophes et savants avaient tenté de déterminer les méthodes de la science.
    Confrontés au problème de la connaissance et à celui de la nature de la vérité, ils confondaient science et métaphysique. la nouveauté de la philosophie kantienne, que son auteur appelle philosophie transcendantale, est de s'occuper "moins des objets que de nos concepts a priori des objets." Qualifié d'ouvrage le plus génial et le plus contradictoire de toute la littérature philosophique, la critique de la raison pure a apporté "une définition nouvelle de la vérité. Les choses ne se soumettent à nos idées que parce que l'esprit leur impose ses cadres."

  • Bergson a marqué l'importance de certains de ses " essais et conférences ", en les rassemblant dans deux recueils : L'énergie spirituelle en 1919, La pensée et le mouvant, en 1934. Il faut donc tout à la fois replacer ces écrits dans ses recueils (et dans l'ensemble de son oeuvre) et les lire pour eux-mêmes. Dans Le possible et le réel (1920), Bergson propose une distinction qui change tout : le " réel " dépasse, il précède même un " possible " que nous nous représentons en fait, seulement, après coup ; il actualise, en revanche, des virtualités qui sont le temps, la vie, la durée même ; l'illusion rétrospective, la création imprévisible, l'une et l'autre essentielles à notre vie, voilà ce qui se joue ici, dans ce texte précis, juste après la guerre.
    Henri Bergson (1859-1941) a uni au plus haut point la création des concepts (la durée) et la critique des problèmes (l'espace), les exigences de la science et celles de l'écriture, la vocation théorique et la vocation pratique de la philosophie. Prix Nobel de littérature, acteur politique, interlocuteur des plus grands de ses contemporains, il a montré en quoi la tâche de la philosophie est toujours à reprendre.
    Édition critique réalisée par Arnaud Bouaniche et Frédéric Worms.

  • "L'un des plus grands livres de sagesse qui soit" L'édition des Essais par Pierre Villey parue en 1924 en trois volumes, était devenue introuvable elle fut reprise par V. L. Saulnier en 1965, dont la préface explique le choix de P. Villey de l'édition de Bordeaux et le travail minutieux réalisé.
    Le travail de Pierre Villey est fondé sur l'édition de Bordeaux en 1588 (2e éd des Essais) enrichie des commentaires manuscrits de Montaigne. Une troisième édition est parue en 1595 après la mort de Montaigne à partir des ultimes notes de Montaigne recueillies par P. de Brach et M. de Gournay qui a longtemps passée comme étant la "version officielle et définitive". Mais l'exemplaire dit de Bordeaux reste la version la plus "authentique" dans la mesure où elle comporte les commentaires manuscrits de Montaigne et corrections pour une "sixième édition" destinée à l'imprimeur.

    Cette nouvelle présentation dans la collection Quadrige en un seul volume reste toujours fidèle à l'édition originale. Elle est enrichie d'une préface de Marcel Conche.

  • Bergson a marqué l'importance de certains de ses " essais et conférences ", en les rassemblant dans deux recueils : L'énergie spirituelle en 1919, La pensée et le mouvant, en 1934. Il faut donc tout à la fois replacer ces écrits dans ses recueils (et dans l'ensemble de son oeuvre) et les lire pour eux-mêmes. En reprenant dans L'âme et le corps (1912), les termes du dualisme le plus traditionnel, il les transforme profondément : ce qui les distingue, mais aussi les relie, ce ne sont pas deux types d'être, mais deux modes d'action, un corps qui répond aux contraintes de la vie, une création qui suppose un principe capable de s'en détacher, d'y ajouter. Ce n'est pas une séparation abstraite, mais une relation concrète qui est en jeu, dans notre vie même.
    Henri Bergson (1859-1941) a uni au plus haut point la création des concepts (la durée) et la critique des problèmes (l'espace), les exigences de la science et celles de l'écriture, la vocation théorique et la vocation pratique de la philosophie. Prix Nobel de littérature, acteur politique, interlocuteur des plus grands de ses contemporains, il a montré en quoi la tâche de la philosophie est toujours à reprendre.
    Édition critique réalisée par Camille Riquier et Frédéric Worms.

  • Les Trois essais étaient considérés par J. Strachey comme l'oeuvre la plus importante et la plus originale de Freud - exception faite de L'interprétation du rêve. Le 11 octobre 1899, alors que L'interprétation du rêve est sur le point de paraître, Freud écrit à Fliess : " Une théorie sexuelle devrait succéder très prochainement au ``livre des rêves''. " Nouvelle lettre le 26 janvier 1900 : " Pour la théorie sexuelle, on collecte et on attend que le matériel amassé puisse être embrasé par une étincelle. " Pourtant, remarque ici Strachey, " l'étincelle fut longue à venir ". Cinq ans vont s'écouler pendant lesquels Freud ne publie comme oeuvres importantes que Du rêve et Sur la psychopathologie de la vie quotidienne. Ernest Jones a rappelé la réprobation que suscita dans le public l'affirmation de l'existence d'une sexualité infantile. " Comment pardonner cette attaque contre l'innocence de l'enfance ?
    " Sigmund FREUD. Direction scientifique : Jean Laplanche. Direction de la publication : Pierre Cotet. Notices, notes et variantes par Alain Rauzy.
    Traduit par Janine Altounian, André Bourguignon, Pierre Cotet et Alain Rauzy.
    Préface de Christophe Dejours.

  • La pensée et le mouvant : " quoi de plus hardi, quoi de plus nouveau que de venir annoncer aux physiciens que l'inerte s'expliquera par le vivant, aux biologistes que la vie ne se comprendra que par la pensée, aux philosophes que les généralités ne sont pas philosophiques, aux maîtres que le tout doit s'enseigner avant les éléments, aux écoliers qu'il faut commencer par la perfection, à l'homme, plus que jamais livré à l'égoïsme et à la haine, que le mobile naturel de l'homme est la générosité ? " dans ce recueil, réunissant articles et conférences, bergson définit précisément sa méthodologie philosophique, remonte à son origine et étudie en quoi elle oriente la direction prise par la recherche.
    Figure tutélaire de la philosophie française moderne, henri bergson (1859-1941) a élaboré sa pensée via une analyse critique des méthodes et des résultats scientifiques de son époque. spiritualiste, sa philosophie se veut " un retour conscient et réfléchi aux données de l'intuition ", qui seule nous permet de coïncider avec le mouvement libre et créateur de la vie et de l'esprit.

  • Dernier grand texte métapsychologique de Freud, venant à la suite d'Au-delà du principe de plaisir, Le moi et le ça est le livre de la seconde topique, où sont introduites deux nouvelles figures : le ça (terme emprunté à Groddeck) et le sur-moi (l'autre nom de l'idéal du moi). Cette seconde topique prolonge la première (Conscient, Préconscient, Inconscient) ; le moi, " être de surface ", lié au système Perception-Conscience et tourné vers le monde extérieur, est aussi un " être de frontière ", confluant avec le ça (pulsionnel, inconscient, mais aussi héréditaire) ; de même, le sur-moi, instance morale et critique, est aussi, en tant qu'héritier du complexe d'oedipe, plus proche du ça que du moi. À cette nouvelle partition de l'appareil psychique Freud greffe, plus qu'il n'intègre, le second dualisme pulsionnel (Eros et pulsion de mort).

  • Le testament de Freud - et la clé de la lecture de toute son oeuvre - se trouve dans L'homme Moïse et la religion monothéiste. Aucun de ses livres n'a poussé aussi loin la spéculation psychanalytique afin de livrer les secrets de l'altérité et de la paternité. Aucun ne s'est confronté avec autant de rigueur à la nécessaire et complexe articulation entre le psychique et le culturel. Avec cet ultime ouvrage, les hypothèses théoriques du meurtre du père et du banquet totémique de Totem et tabou sont transformées : l'homme Moïse devient la figure d'un père qui échappe aux liens du sexe et du sang en raison de son origine égyptienne. L'interprétation à laquelle Freud se livre ici permet de comprendre les remaniements qu'il introduit dans sa métapsychologie, au premier rang desquels le renoncement pulsionnel et le progrès dans la spiritualité. Si le cannibale meurtrier et incestueux que chacun abrite en lui-même a la possibilité d'échapper à son destin tragique, cela passe par sa capacité à entendre les propos sans illusion de Freud, et leurs conséquences pour une définition de l'humain.

  • Gradiva : ein pompejanisches Phantasiestück avait été publié en 1903 par Wilhelm Jensen (1837-1911), auteur de nouvelles fantastiques et de romans historiques. L'étude de Freud parut en mai 1907, inaugurant la série des Schriften zur angewandten Seelenkunde, dont elle constituait le premier cahier.
    Ce fut sa première analyse approfondie d'une oeuvre littéraire, si l'on excepte son commentaire sur La Justicière de Conrad Ferdinand Meyer et ses notations sur Oedipe Roi et Hamlet. En 1925, il confirmera qu'il a pu, en s'appuyant sur la nouvelle de Jensen, " mettre en évidence que les rêves nés de la fiction poétique autorisent les mêmes interprétations que ceux qui sont réels, que sont donc à l'oeuvre dans la production du poète les mécanismes de l'inconscient que nous connaissons à partir du travail de rêve ". Sigmund FREUD. Direction scientifique : Jean Laplanche. Direction de la publication : Pierre Cotet.
    Notices, notes et variantes par Alain Rauzy. Traduction par Janine Altounian, Pierre Cotet, Pascale Haller, Alain Rauzy et Christophe Jouanlanne. Préface de Christophe Jouanlanne.

  • Dans cet essai, Gilles Deleuze entreprend une analyse de la méthode philosophique employée par Kant dans ses trois grands livres, Critique de la raison pure, Critique de la raison pratique, Critique du jugement.

  • Le 21 décembre 1914, Freud écrit qu'il prépare « une théorie de la névrose avec des chapitres sur les destins de pulsions, le refoulement et l'inconscient ». Il commence en mars 1915 à composer ces trois essais qu'il présente, dans la lettre du 1er avril à Lou Andreas-Salomé, comme « une sorte de synthèse psychologique de ses conceptions antérieures ».

  • En décembre 1908, Granville Stanley Hall, président de la Clark University de Worcester, Massachusetts, avait invité Freud à faire une série de conférences à l'occasion du 20e anniversaire de la fondation de cette Université. Freud déclina d'abord l'invitation, mais, la date de la commémoration ayant été repoussée en septembre 1909, il décida de l'accepter. Après avoir retrouvé Brill et Jones à New York, il se rendit à Worcester où il prononça cinq conférences, du 6 au 10 septembre. Jones rapporte qu'il s'exprima en allemand, sans s'aider de notes et " d'un ton familier qui impressionna beaucoup l'auditoire ". Le texte publié connut constamment un vif succès dont témoignent les nombreuses rééditions et traductions. Sigmund FREUD. Direction scientifique : Jean Laplanche. Direction de la publication : André Bourguignon, Pierre Cotet. Préface, notices, notes et variantes par Alain Rauzy. Traduit par René Lainé et Johanna Stute-Cadiot.

  • " ainsi donc, évoquer schoelcher, c'est rappeler à sa vraie fonction un homme dont chaque mot est encore une balle explosive.
    que son oeuvre soit incomplète, il n'est que trop évident. mais ce serait puérilité et ingratitude que de la sous-estimer. " (a. césaire). ainsi se termine la préface d'aimé césaire pour la publication, en 1948, d'un choix de textes de victor schoelcher célébrant le centenaire de l'abolition. il s'agit d'un ouvrage fondamental puisque des historiens y ont rassemblé pour la première fois l'essentiel des textes de combat de schoelcher avant l'abolition, son décret de 1848 et tous les écrits d'intervention du célèbre abolitionniste français jusqu'à sa mort.
    l'autre intérêt du volume de 1948 est cette fameuse préface de césaire, texte magnifique dans lequel le poète martiniquais ouvre le chantier gigantesque du travail de mémoire et d'histoire sur l'esclavage.

  • "Les mots et les expressions qui font leur apparition pour la première fois sont là pour le dire : défense, conversion, projection, fuite dans la psychose... Et au-delà des mots, les conceptions : du conflit psychique, de l'inconscient, du rôle de la sexualité... En même temps que se dessinent les contours de la chose, le mot se forge : de "l'analyse psychique" à "la psychoanalyse" dont la première occurrence se trouve dans un texte publié en français." (J. André in Préface). Les textes premiers et fondateurs de la psychanalyse dont on retrouve les échos dans la correspondance de Freud avec Fliess (nouvelle traduction publiée aux Puf, 2006)

  • Qu'on réfléchisse au destin d'une région du monde âprement disputée ou qu'on examine attentivement ce que l'histoire du christianisme doit à ses lieux originels, on en vient nécessairement à la mémoire contemporaine de la terre sainte.
    Or c'est ici même que la théorie de la mémoire collective a connu sa première grande étude systématique. dans une introduction inédite, danièle hervieu léger, jean pierre cléro, marie jaisson, sarah gensburger et eric brian l'analysent et la situent dans l'horizon de travaux comparables de philosophie, de sociologie et d'histoire.

  • La Recherche de la Vérité par la lumière naturelle, la seule oeuvre dialogique de René Descartes, bien qu'inachevée, constitue l'un des textes cartésiens parmi les plus vifs et pénétrants qu'il ait écrits. Il y apparaît la "modernité" d'une pensée formée par une culture très proche du scepticisme moderne et des Essais de Montaigne. Eudoxe (Descartes) ouvre un débat polémique contre un représentant de la tradition (Epistémon) et s'efforce de convaincre un jeune (Poliandre) - qui n'a pas étudié au collège et ne fait confiance qu'à la lumière naturelle - qu'il est possible de fonder une science solide, tout à fait "autre" que celle des "philosophes". Dans ce but, Eudoxe expose dans une forme presque pédagogique les points déterminants de sa spéculation métaphysique : une singulière forme de scepticisme - le plus vertigineux qu'il ait peut-être professé -, une analyse du doute de rare profondeur, une assertion bâtie sur les ruines de la logique aristotélicienne et du principe de contradiction.
    Ouvrage introduit par Ettore Lojacono, qui enseigne la philosophie à l'Université La Sapienza (Rome) ; texte revu par Massimiliano Savini, professeur de philosophie à l'Université de Lecce.

  • Première analyse d'enfant, ce dialogue entre un père et son fils, commenté après coup par Freud, ouvre des voies nouvelles à la psychanalyse.
    L'Analyse de la phobie d'un garçon de cinq ans est d'abord un cas d'hystérie d'angoisse. Hans, l'enfant oedipien et phobique, trouve une solution à son angoisse d'origine pulsionnelle, " correspondant à une désirance érotique refoulée ", en lui donnant un objet et en la transformant en peur du cheval. Mais il découvre bien davantage : avec ses mots, ses images et ses rêves, ce " petit chercheur " met au jour ce que Freud nommera le " complexe de castration " et les " théories sexuelles infantiles ".

  • Bergson a marqué l'importance de certains de ses " essais et conférences ", en les rassemblant dans deux recueils : L'énergie spirituelle en 1919, La pensée et le mouvant, en 1934. Il faut donc tout à la fois replacer ces écrits dans ses recueils (et dans l'ensemble de son oeuvre) et les lire pour eux-mêmes. Le cerveau et la pensée (1904) est sous-titré : Une illusion philosophique. Bergson cherche à y montrer que le cerveau, s'il participe à la production de la pensée, la suppose aussi, comme toute " représentation ". Il n'y a pas plus de production de la pensée sans pensée que de pensée pure sans objet et sans corps ; à cette double illusion, il faut opposer une seule relation, entre notre corps et notre durée, et ceux du monde et des choses.
    Henri Bergson (1859-1941) a uni au plus haut point la création des concepts (la durée) et la critique des problèmes (l'espace), les exigences de la science et celles de l'écriture, la vocation théorique et la vocation pratique de la philosophie. Prix Nobel de littérature, acteur politique, interlocuteur des plus grands de ses contemporains, il a montré en quoi la tâche de la philosophie est toujours à reprendre.
    Édition critique réalisée par Guillaume Sibertin-Blanc et Frédéric Worms.

  • Pourquoi intervenir dans le débat sur sa nature et les problèmes qu'elle soulève ? d'abord la philosophie l'a longtemps délaissé ou abaissé.
    La pensée religieuse, sans doute mal comprise, lui a prêté son concours : le corps, source de plaisir, et de péché, y était tenu alors en suspicion. le philosophe lui a toujours opposé l'esprit. il lui préfère " les états de conscience ". pour lui, il lui semble plus aisé de se connaître (l'ego) que le corps. il ne rompt pas facilement avec le mentalisme. il abandonne volontiers le corps aux anthropologues, aux ethnologues voire aux médecins, ou pis encore, mais afin de le diminuer un peu plus, aux anatomistes (l'aspect cadavérique).
    /> La société contemporaine à la fois protège et exploite le corps. jusqu'à quel point ces interventions " technologiques " sont-elles acceptables ? comment éviter l'éclatement entre le corps subjectif et le corps objectif ? le philosophe se doit de revenir sur le corps " condition nécessaire de l'action ".

  • Dans l'Autoprésentation, Freud montre comment la psychanalyse est indissociable de sa vie. Tout s'est joué pendant cet hiver à Paris où il a suivi l'enseignement de Charcot à la Salpêtrière ; puis ce furent les Études sur l'hystérie écrites avec Breuer. Il fonde alors sa propre école, appelée à dépasser les frontières de l'Autriche. Il raconte dans Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique comment les désaccords d'Adler et de Jung conditionnèrent leur départ. Si sa théorie a eu un retentissement si universel et si durable, elle le doit à sa rigueur scientifique irréprochable et à sa recherche exigeante de la vérité.

  • "Nous estimerions que nos recherches ne méritent pas une heure de peine si elles ne devaient avoir un intérêt spéculatif", écrivait en 1893 Durkheim dans "De la division du travail social".
    A l'origine de son investissement dans l'élaboration d'une sociologie de statut scientifique, on trouve une volonté d'engagement dans une action de changement. Le problème d'où il part est celui des rapports entre "individualisme" et "socialisme". Sa solution passe par la constitution d'un corps de connaissances sur ce qu'est une société, mais ces connaissances doivent servir, orienter les acteurs sociaux dans la voie des changements nécessaires.
    Au bout du compte, Durkheim précise, tout au long de son itinéraire de recherche, le visage d'une organisation sociale qui concilie les exigences du respect de la personne et de la vocation de l'Etat. La société dont l'avenir est d'une certaine manière inclus dans le présent se définira démocratique, socialiste, personnaliste, sous peine de sombrer dans la barbarie. On trouvera dans ce recueil un ensemble de textes (articles et conférences) qui jalonnent ce souci de lier la science sociale et l'action.
    Parmi ceux-ci : "L'individualisme et les intellectuels", publié au moment de l'affaire Dreyfus ; les articles où Durkheim se situe vis-à-vis du marxisme, sous l'aspect du socialisme et de la conception matérialiste de l'histoire ; le compte rendu de son intervention dans un colloque sur "Internationalisme et lutte des classes".

  • Les Contributions à la psychologie de la vie amoureuse réunissent trois textes publiés entre 1910 et 1918 que Freud aura constamment voulu voir réunis. Que disent-ils de l'amour ? Paradoxalement, qu'il est affaire de scission. Scission de l'objet de l'amour entre les deux figures (mais ce ne sont pas exactement des figures) de la maman et de la putain, non-conjonction du courant tendre et du courant sensuel d'où résulte l'impuissance psychique chez l'homme (" Là où ils aiment, ils ne désirent pas, là où ils désirent ils n'aiment pas ") et, chez la femme, la négociation complexe avec l'interdit. Tout paradoxe obéit à une double logique. Dans la première, il est presque seulement un mode de présentation d'une difficile vérité : lorsque celle-ci paraît, le paradoxe disparaît. Ainsi la scission de l'amour est-elle prise dans un autre clivage, de plus grande portée, qui sépare les " revendications de la pulsion sexuelle " et les " exigences de la culture ". La seconde logique demande, elle, avec insistance, pourquoi il a fallu avoir recours au paradoxe : ce que dit le paradoxe ne peut alors être saisi qu'en se plongeant dans le texte même qui le met en oeuvre : la difficile et sublime écriture de Freud.

  • Comme Freud le précise dans la préface, les nouvelles leçons n'ont pas été réellement prononcées devant un auditoire. Elles constituent néanmoins un prolongement de la série initiale (les Leçons d'introduction à la psychanalyse), prenant en compte les développements considérables de la pensée freudienne depuis 1917 : c'est le cas particulièrement des XXXIe, XXXIIe et XXXIIIe leçons. Sigmund FREUD. Direction scientifique : Jean Laplanche.
    Direction de la publication : André Bourguignon, Pierre Cotet. Notices, notes et variantes par Alain Rauzy. Traduit par Janine Altounian, André Bourguignon, Pierre Cotet, J. Dupont, Alain Rauzy et Rose-Marie Zeitlin. Préface d'Alain Rauzy.

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