Judaïsme

  • Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère ; des prêtres aux rabbins Nouv.

    Pluriel et ancré dans son histoire, le judaïsme n'en obéit pas moins à une loi, la torah, dont le développement est soumis aux époques et aux territoires qu'elle traverse. Les huit siècles couverts ici sont ceux du glissement du judaïsme des prêtres à celui des chrétiens et des rabbins, du judaïsme de Palestine à celui de la Diaspora. A la suite notamment de l'échec des révoltes contre Rome, il a fallu à ce peuple forgé dans la déportation, qui ne reconnaît d'autre dieu que le sien, affirmer mais aussi - bien plus qu'on ne le croit - adapter son identité.
    Dans cette somme sur le judaïsme ancien, nouant les histoires politique et religieuse, il apparaît évident que l'évolution de la religion judéenne - juive -, mais aussi de la culture et de la société qui en découlent, n'est pas le produit d'une autarcie. Le judaïsme s'est moulé dans son époque, a évolué avec elle et les civilisations qui l'ont faite. Cette histoire antique y est décryptée dans une étude qui fera date pour tous ceux qui cherchent à comprendre réellement les racines d'un judaïsme bien moins figé que l'historiographie ne l'a laissé transparaître jusqu'ici.

  • L'ouvrage analyse, explique et tudie la notion de plerinage et de fte de plerinage dans la tradition juive en se fondant sur les textes bibliques, talmudiques et sur les crits des grands Matres de la pense juive du Moyen ge, de la Renaissance et de l'poque contemporaine. Ainsi, les trois ftes de plerinage, que la Torah prvoit, sont examines en utilisant de multiples approches traditionnelles qui permettent de dceler diffrentes couches de sens et d'interprtation. L'ouvrage voque aussi la dimension pratique des ftes de plerinage en analysant leurs rites et leurs leons. Il se conclue par la considrable contribution que les ftes de plerinage peuvent offrir pour penser, ou mieux penser, la modernit et les graves questions qu'elle suscite.
    Jacky Milewski est diplm du sminaire Isralite de France. Docteur en droit, il est l'auteur de plusieurs ouvrages consacrs aux significations thiques et morales des normes dans le judasme.

  • La vision d'un judaïsme privé de toute ouverture sur l'amour, celui de Dieu comme du prochain, doit être remise en cause. Issue du christianisme, sa postérité a été longue, y compris chez les philosophes, et elle demeure un préjugé chez nombre de personnes souvent déchristianisées.
    Sur la base de textes écrits par des philosophes ou des spirituels (surtout hassidiques) juifs, cet ouvrage analyse la façon dont une pensée très profonde relative à cet amour anime depuis toujours le judaïsme, sans minimiser sa complexité et ses difficultés. Comment interpréter les passages bibliques qui parlent de la crainte de Dieu ? Comment conjuguer l'importance de la Loi et des préceptes avec cet amour ? Comment penser ensemble amour de Dieu et amour du prochain ? Ou encore comment percevoir l'amour de Dieu dans un monde qui semble déserté par Lui ? Comment relier l'amour lié au désir et au manque ( éros ) à l'amour qui donne ( agapè ou hesed ) ? Cet amour va-t-il jusqu'à la mort ? La gravité - le poids, le centre - de l'amour dépend des réponses à ces questions.

  • Face aux passions du vin et de l'ivresse, les sociétés humaines sont parfois prises dans le tourbillon des transports alcooliques, à la recherche de l'extase, de la jouissance, de la guérison, de la magie, de la sorcellerie (cultures oenophiles), ou encore crispées dans la mortification ascétique et le refus sévère et intraitable de toute boisson enivrante (cultures oenophobes), ou, au milieu des deux extrêmes, dans une volonté d'équilibre et de modération (cultures oenotemperées). La civilisation biblique s'inscrit dans cette dernière vision, mais elle n'est jamais à l'abri des intenses tentations païennes : orgies sexuelles en l'honneur des divinités étrangères, festins royaux exubérants et grandioses. Le monde judéen sera aussi en proie à un intense refus de l'alcool, des liqueurs de la faute et de la culpabilité. Entre ces deux dérives de l'excès et de la privation, la sagesse des traditionnaires juifs prône une difficile et exigeante attitude de mesure, une maîtrise des pulsions de jouissance et de punition. Noé, Loth et ses deux filles, Nabal l'époux ivrogne de la belle Abigaïl, Holopherne, le tyrannique général décapité par l'héroïque Judith, témoignent d'une littérature où les nectars enivrants ont partie liée avec les passions les plus véhémentes de la condition humaine.

  • Le théâtre a traversé l'histoire et la tradition juive dans un état ambigu d'attirance/détestation de la part des autorités. Peut-être parce que cet art fut sous l'Antiquité considéré comme un outil idolâtre au service de cultes païens et donc éloignant l'homme du " vrai " divin, il s'agit surtout d'en dénoncer sa pratique. L'histoire montrera pourtant à quel point cet art fut intimement lié à la religion juive, au point d'en devenir un des outils de transmission de la parole divine et plus encore un caractère inaliénable de son identité culturelle. Pourim est une preuve de cette nécessité de vivre et de s'exprimer par le théâtre pour un peuple qui utilisera cet art comme une échappatoire, un outil de défense face aux persécutions. Il est certainement plus sûr de se demander si finalement le théâtre ne fut pas ce don du ciel offrant à un peuple de pouvoir comprendre un Dieu fait de silence.

  • Ce numéro se propose d'approfondir notre compréhension des réponses mémorielles que les Juifs de France (Afrique du Nord incluse) apportèrent, avant le supposé « tournant » de la guerre des Six Jours (1967), à leur expérience de la Seconde Guerre mondiale et au génocide perpétré par l'Allemagne nazie et ses alliés à l'encontre d es Juifs d'Europe pendant ce conflit.
    Par Juifs de France, il faut entendre une mosaïque de groupes socioculturels, tous n'ayant pas traversé la guerre dans les mêmes conditions et ne s'en étant pas forgé une représentation similaire après 1945.
    Pour ce faire, le numéro étudie les différents vecteurs de mémoire afin de montrer tout l'éventail des médiums mobilisés pour mettre en mots et en sens les expériences vécues pendant la Seconde Guerre mondiale : commémorations, monuments, livres du souvenir, recherches historiques, collectes de sources, témoignages, arts, etc.
    Il croise les approches historiographiques (histoire culturelle, histoire intellectuelle, histoire politique, histoire religieuse ou encore histoire sociale), et ce afin de souligner tant l'ancrage que la diversité des mémoires de la Shoah parmi les Juifs de France entre la Libération et la guerre des Six Jours.
    Enfin, si le numéro s'inscrit indéniablement dans le cadre de la réévaluation historiographique globale présentée ci-dessus, l'étude des silences, des oublis et des tabous peut bien sûr aussi y trouvera aussi une place, notamment dans le cadre de contributions portant sur la sphère intrafamiliale, les relations interpersonnelles et les mécanismes de la transmission intergénérationnelle

  • L'ouvrage tudie les sources bibliques et talmudiques concernant les ftes de Rosh Hashana et de Kippour ainsi que leurs principaux rites. Ces deux solennits sont des jours dterminants car jour de Jugement : les hommes passent devant Dieu comme les moutons d'un troupeau que le berger examine. L'ouvrage dveloppe la pense des Matres de la tradition du Moyen ge, de la Renaissance, de l'poque moderne et contemporaine portant sur la techouva, ou retournement existentiel (thme essentiel de cette priode), sur la sonnerie de la corne de blier cense veiller les consciences et la notion de pardon. L'tude minutieuse des sonneries du chofar et des abstinences de Kippour aboutit une redfinition de l'humain, une rflexion sur les limites de l'humanit et son dpassement. C'est un livre qui parle de l'homme l'homme.
    Jacky Milewski est diplm du Sminaire Isralite de France. Docteur en droit, il est l'auteur de plusieurs ouvrages consacrs la dimension thique des normes hbraques. Il a notamment publi, dans la mme collection, Les ftes de plerinage dans la tradition juive (2011).

  • La Torah orale (Loi orale) est à la fois le vecteur fondamental du message sinaïque, le mode de lecture du texte biblique révélé et le moteur du développement de la tradition juive.

    Le développement de la Torah orale s'étend sur plusieurs millénaires depuis la révélation du Sinaï jusqu'à aujourd'hui. À chaque époque, les sages de la tradition juive utilisent la langue intellectuelle du moment pour mieux la dépasser et transmettre un message universel et intemporel.

    Elle précède la Torah écrite dans laquelle elle apparaît en filigrane à une époque où règne en maître la problématique sacrificielle. Par la suite, face aux grands empires de l'Antiquité, la rédaction de la Michna va dessiner une loi déterritorialisée de l'exil, tandis que parallèlement au développement de la culture grecque va naître le Talmud. Au Moyen Âge, les sages emprunteront à la dynamique de la scolastique et, à la Renaissance, ils produiront des codes de loi indispensables dans un monde plus ouvert. Avec les Lumières, les sages vont ensuite devoir intégrer et penser le paradigme de l'histoire puis, face à la philosophie classique, ils vont développer des concepts qui ne se réduisent pas à l'idéalisme. À l'époque moderne, la Torah orale va intégrer les nouvelles avancées scientifiques et technologiques. Enfin, dans notre monde postmoderne en mal de théories globalisantes, la Torah orale continue à offrir une perspective positive où la pensée consiste à systématiquement déconstruire les théories existantes pour toujours mieux affirmer le message monothéiste.

  • Pluriel et ancré dans son histoire, le judaïsme n'en obéit pas moins à une loi, la torah, dont le développement est soumis aux époques et aux territoires qu'elle traverse. Les huit siècles couverts ici sont ceux du glissement du judaïsme des prêtres à celui des chrétiens et des rabbins, du judaïsme de Palestine à celui de la Diaspora. À la suite notamment de l'échec des révoltes contre Rome, il a fallu à ce peuple forgé dans la déportation, qui ne reconnaît d'autre dieu que le sien, affirmer mais aussi - bien plus qu'on ne le croit - adapter son identité.
    Dans cette somme sur le judaïsme ancien, nouant les histoires politique et religieuse, il apparaît évident que l'évolution de la religion judéenne - juive -, mais aussi de la culture et de la société qui en découlent, n'est pas le produit d'une autarcie. Le judaïsme s'est moulé dans son époque, a évolué avec elle et les civilisations qui l'ont faite. Cette histoire antique y est décryptée dans une étude qui fera date pour tous ceux qui cherchent à comprendre réellement les racines d'un judaïsme bien moins figé que l'historiographie ne l'a laissé transparaître jusqu'ici.

  • Que nous reste-t-il du mot idolâtrie ? Un culte lié à des objets ; ou une attitude excessive, ou exclusive, relative à un sujet donné ou vis-à-vis d'un individu, d'une valeur, d'un pays ; ou bien encore le fait de dire qu'il y a plusieurs dieux ou plusieurs pouvoirs dans le monde. Face à cela, l'attitude raisonnable serait alors celle qui permettrait la sortie de ces idolâtries par la démocratie, le monothéisme, l'athéisme ou les sciences : toutes sortes d'instruments qui permettraient de réguler les extrêmes.
    Loin de ces compréhensions, la lecture que nous proposons à partir du texte biblique et de ses différents exégètes nous conduit à découvrir comment la tradition talmudique considère l'idolâtrie, son passé, son évolution, jusqu'à son présent dans le quotidien de chacun.
    Nous analysons ce qui constitue l'idolâtrie en prenant appui sur l'émergence du Peuple juif dont la venue au monde symbolise un passage entre idolâtrie et non idolâtrie, et en suivant les manières dont il manifeste hésitations et résistances face à un " nouveau monde " dénué d'idolâtrie. Pour le judaïsme, l'idolâtrie est la pierre de touche de toute inscription dans le monde, mais elle n'est pas là où on le croit. Idolâtrie et interdit de l'idolâtrie, encore faut-il savoir de quoi l'on parle.
    Cet ouvrage offre un parcours d'étude où la convocation de différentes voix du Talmud vise à révéler une complexité constitutive qui doit pourtant rester, encore et toujours, l'objet d'une étude non livresque.
    Linguiste et ethnologue, formé à la Pensée juive à Jérusalem, Paris et Strasbourg, Frank Alvarez-Pereyre est directeur de recherche au CNRS.
    Aaron Eliacheff est rabbin à Strasbourg. Enseignant et conférencier, il dirige l'Institut " Talmud et transmission ".

  • Comment le judaïsme a-t-il, au cours des âges, vécu les philosophies générées par les sociétés environnantes ? Tel est le sujet traité dans le présent ouvrage. Les rabbins du Talmud face à la philosophie grecque, Maïmonide et Aristote, le Maharal de Prague - kabbaliste, mais aussi témoin privilégié de l'émergence de la science moderne -, le Gaon de Vilna et sa perception " messianique " des sciences, Hirsch qui inséra l'orthodoxie juive dans la modernité, autant de personnages-clés dont les opinions sur cette problématique forment une trame que nous reconstituons.
    Y sont également évoquées les nombreuses disputes et controverses suscitées par les " sciences extérieures ", ainsi que l'attitude de diverses autorités rabbiniques par rapport au mouvement de la Haskala, parmi lesquelles Rabbi Yaacov Emden, Rabbi Moché Sofer, Rabbi 'Hayes, Malbim, Rabbi Tsadok Hacohen et bien d'autres encore. Bien entendu, il y sera surtout question d'éducation, et - discussion qui n'a rien perdu de son actualité en ce troisième millénaire qu'est le nôtre - de la manière d'insérer le profane dans le sacré.
    Formé à la Yéshiva (École Talmudique) de Montreux (Suisse) dans un premier temps, puis à la Yéshiva de Beer Yaacov (Israël) dirigée par le Rav Shlomo Wolbe, Henri Infeld embrassa le monde des affaires qu'il combina avec l'étude de la Torah. Inspiré par l'enseignement du Maharal, par celui des grands Maîtres 'hassidiques ainsi que par les écrits de Rav Yitz'hak Hutner, Henri Infeld, aujourd'hui installé à Jérusalem, est l'auteur de publications qui reflètent ces écoles de pensée : La Thora et les Sciences (Galia, 1990), Ktav Ivri - Ktav Achouri (Feldheim, 2008), Torat HaGra Oumichnat Ha'Hassidout (Mossad HaRav Kook, 2010).

  • À l'origine, Dieu parle à l'Homme. Il l'a créé avec la parole et l'en a doté. L'homme écoute Dieu, mais ne lui parle pas. Puis, parallèlement à l'annonce monothéiste, Abraham et ses successeurs développent le concept de prière. L'homme peut parler à Dieu, intercéder, demander. Vient ensuite le peuple juif souverain, entité nationale sur sa terre, dotée de la splendeur du Temple des juifs qui rayonne pour l'humanité. La prière se fond dans le culte sacrificiel. La parole collective existe mais se fait discrète, en retrait face à l'ordre révélé. Mais soudain tout bascule. Le Temple brûle, la souveraineté est anéantie, le culte piétiné, le peuple choisi, dispersé. Le judaïsme historique voit le jour ; celui d'un peuple de messages et de valeurs, d'une religion de parole avant tout. Les actes se maintiennent, mais ce sont les mots qui les font vivre. La parole devient acte. Synagogues et maisons d'étude vont en devenir le contenant, le cadre. La prière est devenue Temple, le Temple est devenu parole, la vie est devenue mots. Les juifs remontent le temps à contre-courant, à la recherche de la parole créatrice. Envers et contre l'oppression, ils atteignent la " prière liberté ", celle qui répond à la révolution démocratique, à la révolution industrielle, à celle du monde des lumières et du savoir, toujours par la prière, encore dans la prière. Jusqu'à passer de " l'autre côté " de l'histoire humaine ; celui qui succède à Auschwitz et à Hiroshima ; celui où Internet et la technologie inondent l'humanité d'un Maboul de paroles, dont personne ne comprend plus la cohérence. Une fois encore, la prière juive s'adapte et adapte ; elle devient la " prière chaos " ; le nouvel ordre est dans le désordre créateur de la parole. Là également se trouve l'espoir.
    Ancien Secrétaire Général du Consistoire Israélite de Paris et d'Ile de France - première organisation juive d'Europe par la taille -, expert en économie et en banque internationales, en déontologie financière et en éthique médicale, directeur de projets philanthropiques internationaux, Hervé Landau est peut-être d'abord et avant tout, un talmudiste, un enseignant. Le souci d'actualisation permanente d'une parole âgée de plus de 3 000 ans, et d'une parfaite intégration de la réflexion et de la parole talmudiques à la pensée et à l'action de notre époque et de nos sociétés, l'a porté à créer et à diriger la collection " Lectures du judaïsme " aux PUF. À travers cette aventure innovante, c'est la naissance d'une nouvelle école de l'écriture juive francophone que vise Hervé Landau.

  • Histoire d'israel

    Baron S W.

    • Puf
    • 1 Août 1986

    A la différenciation politique, sociale et économique qui marquait le judaïsme, en Palestine et dans la Diaspora, était proportionnée l'incroyable diversité des croyances et des pratiques religieuses qui avaient cours parmi les Juifs. Les facteurs principaux se laissent aisément discerner. Un vaste syncrétisme alla de pair avec des mouvements sectaires. Certains éléments syncrétistes s'infiltrèrent nettement jusque dans des sectes purement juives. En revanche, la formation des sectes stimula encore davantage la fusion des doctrines et y fournit une matière nouvelle.
    Dans l'ensemble, les communautés de Syrie et d'Asie Mineure furent très exposées à subir l'influence des idées étrangères et les assimilations syncrétistes qui en étaient la conséquence. En Palestine, au contraire, les contrastes sociaux et économiques, dont les racines étaient profondes, eurent pour résultat principal des divisions sectaires.
    A cette époque, qui fut véritablement l'âge d'or du syncrétisme, des millions de Juifs furent entraînés par le courant d'une facile synthèse où se fondaient les doctrines religieuses et les rites les plus disparates.

  • Lors de la Pâque juive, la famille se réunit autour d'une table pour un repas traditionnel, qui commémore la sortie d'Egypte et la libération du peuple hébreu, soustrait à l'esclavage.
    La Haggadah de Pessah réunit les textes liturgiques et commente les rites qui scandent la cérémonie. Le manuscrit reproduit ici a été réalisé par un scribe enlumineur hautement réputé du XVe siècle, Joël ben Siméon, dont les ateliers, tant en pays germanique qu'en Italie du Nord, sont connus pour la qualité exceptionnelle de leur production. On suivra les différentes étapes de la célébration en contemplant les somptueuses illustrations de ce livre, témoin d'un moment clé dans l'histoire de la culture juive.

  • Pour promouvoir de tels efforts, des intellectuels et universitaires de premier plan présentent leurs conceptions d'une  éducation juive idéale dans le monde contemporain. Ce livre de rupture s'attache aussi à la traduction d'idées en matière d'éducation en pratiques éducationnelles et rapporte des expériences de mise en oeuvre des idées exposées dans des contextes éducationnels donnés.Conçu pour stimuler d'autres contributions pour de nouvelles approches de l'enseignement juif, ce livre vise à participer à la réflexion en vue de réformer l'éducation générale et à induire un renouvellement de l'éducation pour des groupes spécifiques.

  • Personne, à son époque, n'a éveillé autant de crainte ni de haine que Baruch de Spinoza. Tyrannique séduction, pourtant. La terreur qu'il sut inspirer à ses contemporains l'a sauvé à jamais de l'oubli. Mais reposons-nous aujourd'hui la question : de quoi eut-on peur dans son oeuvre appliquée de moraliste pervers ? Je me demande si ce n'est pas de l'explication d'un fait historique : l'expérience marrane, l'expérience de la fin de toute religion du salut (qui suit immédiatement son apothéose). Je me demande si ceux qu'il fascina et terrorisa ainsi n'eurent pas peur avant tout de leur propre image, réfléchie par celui qui fit de son livre l'expression minutieuse de l'inconscient torturé de son peuple. Et telle est mon hypothèse : Spinoza comme cristallisation théorique d'une perte absolue d'identité, qui sape les fondements de toute conception traditionnelle du sujet. Le caractère imaginaire de toute identité subjective a précisément été vécu par la communauté dont Spinoza représente le sommet comme une expérience déchirante, au moment précis où elle finit par l'expulser. De la conjoncture historique de la liberté hollandaise et de la mémoire tragique du marranisme est née la révolution spinoziste, une des deux ou trois mutations vraiment radicales qu'ait connues l'histoire de la philosophie. Après l'ivresse messianique, le temps est venu du reflux anti-téléologique. La mystique de la délivrance cède la place à cette pratique patiente de la désespérance qu'est la philosophie.

  • Y a-t-il une philosophie de la religion au sens classique, mais qui soit juive ? Y a-t-il une explication rationnelle des sources juives de l'Ancien Testament, telle qu'elle puisse être conciliable avec une morale philosophique kantienne tout en la dépassant ? Dans cet ouvrage, couronnement de sa carrière et ultime effort de sa vie, Cohen cherche à montrer comment la morale atteint ses limites dès qu'il s'agit de penser la singularité d'autrui. La religion vient ainsi compléter la morale tout en affirmant sa priorité par rapport à l'éthique. Pour la morale, l'autre est un " il " relisant l'Ancien Testament, Cohen affirme la priorité essentielle d'un " tu " qui préfigure la vision de Buber et celle de Lévinas. Ce faisant, il installe une vision philosophique de la prière, de la Révélation, des vertus, de la loi, du messianisme et du prophétisme.


    Table des matières Avant-propos -- Introduction : A / La Raison B / La religion C / Les sources du judaïsme L'unicité de Dieu -- Le culte des idoles -- La création -- La Révélation -- La création de l'homme au sein de la Raison -- Les attributs de l'action -- L'Esprit saint -- La découverte de l'homme comme autrui -- Le problème de l'amour religieux -- L'individu en tant que Je -- Le pardon -- Le jour de la réconciliation -- L'idée de messie et l'humanité -- Les passages messianiques chez les prophètes -- L'immortalité et la résurrection -- La loi -- La prière -- Les vertus -- La justice -- La vaillance -- La fidélité -- La paix Index des noms

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