Langue française

  • Juste en passant

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    • Puf
    • 8 Septembre 2021

    Dans un exercice de retour sur soi, la philosophe Chantal Jaquet met au clair ce qui dans la philosophie l'a sauvée d'une enfance douloureuse et la sauve encore aujourd'hui du vide. Pour elle, la vertu de la philosophie est qu'elle produit une disruption dans la pensée ordinaire et invite à élargir le champ étroit du présent. Pour cette grande spécialiste de Spinoza, les principales qualités requises pour un philosophe sont celles que Voltaire prêtait à madame de Choiseul : « la justesse dans l'esprit et la justice dans le coeur ». Au fil des mots et des souvenirs, Ch. Jaquet prend ici conscience que le lien entre tous ses travaux en apparence éclatés, c'est la question du passage, qui est aussi au coeur de son parcours de transclasse, concept qu'elle a elle-même forgé. Qu'est-ce qui passe et qu'est-ce qui reste, qu'est-ce qui est passager ou pérennisé, au cours de la mutation et de la transition ? Soucieuse de communiquer son amour du juste, dans le social, le politique et l'intime, elle livre ici une réflexion magistrale sur l'art de penser et l'art de se révolter.

  • Invités à s'exprimer au travers d'entretiens littéraires, les écrivains ont tendance à se réinventer une identité et un parcours. Déformation professionnelle ? Pas seulement : vu de plus près, on découvre qu'ils tendent tous à se rapprocher d'une image préexistante et légendaire de l'écrivain, et qui les légitimera.
    En étudiant les parcours respectifs des trois immenses romanciers américains que sont John Steinbeck, Ernest Hemingway et William Faulkner, l'auteure soulève le voile de la légende pour donner une description concrète de ces trois vies d'écrivains professionnels : les débuts, l'entrée dans la carrière, les succès, les échecs, les récompenses, les livres écrits les uns après les autres, l'organisation d'une vie privée qui facilite ou non cette vocation passionnée.
    Julia Kerninon met au jour la vie de labeur, de stratégie, de solitude et d'orgueil qui est la réalité de l'écrivain professionnel. Au-delà de la légende fascinante de l'écrivain en artiste incontrôlable et chaotique se cache la vérité d'un travail acharné et réfléchi, accompli dans le plus grand sérieux, envers et contre tous.

  • Spécialisée dans l'histoire des femmes depuis ses premiers travaux universitaires à la fin des années 1990, C. Bard témoigne de son parcours d'historienne s'efforçant de renouveler les approches dans ce domaine et s'attachant à des objets inédits comme les antiféminismes, les garçonnes, les travesties ou encore le pantalon et la jupe. Elle évoque également les enjeux contemporains du féminisme.

  • La bêtise est avant tout la sienne propre : on est toujours plus bête qu'on ne le voudrait. Mais s'en rendre compte est déjà un moyen de la surmonter. Comment toutefois faire face aussi à la bêtise en groupe ? institutionnelle ? professionnelle ? Celle qui est arrogante et sûre d'elle ? celle qui est véhiculée, divulguée, propagée ?
    En quelques tutoriels efficaces et imparables, François Rollin déjoue les manoeuvres et manipulations de la bêtise, la sienne d'abord, celle des autres, avec un peu moins d'espoir de réussite. En quelques chapitres aussi désopilants que parfaitement sérieux, François Rolin identifie l'ennemi, propose des parades, met au point une méthode. Ces formules font mouche : elles font rire, certes, mais elles contiennent des vérités que ne renieraient pas les meilleurs des philosophes. Ce livre se situe ainsi dans l'esprit des Dictées loufoques du Pr Rollin (éd. La Martinière) mais aussi dans la lignée de l'humour singulier du roi Loth de la série Kaamelott, tout en proposant un véritable diagnostic de la bêtise, dans ses différentes facettes (sottise, balourdise, ignorance, naïveté... ).

  • Alors que nous manquons aujourd'hui de repères, Tristan Garcia tente de nous en livrer quelques-uns, essentiels, singuliers, iconoclastes, grâce auxquels la possibilité d'une utopie nouvelle se dessine. Attaché à l'idée métaphysique qu'il « faut laisser être et rendre puissant », l'auteur se refuse à la fois de décrire simplement le réel (dire ce qui est) et de suggérer une prescription (dire ce qu'il devrait y avoir). Son geste d'écriture, sous de multiples formes (essai, roman, écrits sur l'art...), tente plutôt d'opérer une transcription de ce réel, tout en essayant de reformuler les catégories de la pensée.
    L'ambition immense de son oeuvre tend, en creux, à nous aider à transformer nos conditions d'existence. Son attention égale à ce qui finit et à ce qui commence, aux crépuscules et aux aurores, nourrit une pensée extrêmement riche, qui dans sa singularité même, occupe le centre de la vie intellectuelle contemporaine.

  • Bergson a marqué l'importance de certains de ses " essais et conférences ", en les rassemblant dans deux recueils : L'énergie spirituelle en 1919, La pensée et le mouvant, en 1934. Il faut donc tout à la fois replacer ces écrits dans ses recueils (et dans l'ensemble de son oeuvre) et les lire pour eux-mêmes. En reprenant dans L'âme et le corps (1912), les termes du dualisme le plus traditionnel, il les transforme profondément : ce qui les distingue, mais aussi les relie, ce ne sont pas deux types d'être, mais deux modes d'action, un corps qui répond aux contraintes de la vie, une création qui suppose un principe capable de s'en détacher, d'y ajouter. Ce n'est pas une séparation abstraite, mais une relation concrète qui est en jeu, dans notre vie même.
    Henri Bergson (1859-1941) a uni au plus haut point la création des concepts (la durée) et la critique des problèmes (l'espace), les exigences de la science et celles de l'écriture, la vocation théorique et la vocation pratique de la philosophie. Prix Nobel de littérature, acteur politique, interlocuteur des plus grands de ses contemporains, il a montré en quoi la tâche de la philosophie est toujours à reprendre.
    Édition critique réalisée par Camille Riquier et Frédéric Worms.

  • Jeune romancière et musicienne, engagée dans son époque à travers l'art de la scène et les livres, Blandine Rinkel revient ici sur le sens de l'écriture : se rapprocher des autres, rendre la vie plus désirable. Évoquant aussi son parcours, son enfance, ses lectures fétiche, oscillant entre le roman et les sciences humaines, elle déploie une curiosité infinie pour le monde. Elle tente d'y définir sa place. Sa maturité réflexive, associée à sa jeunesse, en fait un témoignage fort et sensible sur la manière dont une personne de 30 ans affronte de nos jours la vie. Pour elle, ce qui importe aujourd'hui, c'est d'oser se laisser déborder par ses affects, ses joies, ses inquiétudes. Elle ne partage pas la passion de l'époque pour le pire et le manque d'empathie général. Plus qu'une leçon de sagesse, elle livre ici une leçon de vie, roborative et stimulante. La voix d'une génération qui a connu la disparition des oiseaux, la raréfaction du silence et la pollution de l'air. Une promesse d'énergie.

  • Salomé

    Oscar Wilde

    L'histoire est connue et fut représentée de nombreuses fois en peinture : Salomé exigeant la tête de Jean-Baptiste sur un plat d'argent comme récompense d'une danse érotique devant son oncle Hérode. La pièce en un acte d'Oscar Wilde, condamné peu après à deux ans de travaux forcés pour homosexualité, avait de quoi effaroucher les spectateurs et fut interdite en Angleterre. Préparée par Sarah Bernhardt, illustrée par Aubrey Beardsley, mise en musique par Richard Strauss, Salomé reste une pièce sulfureuse à laquelle ont collaboré des personnalités artistiques de tout premier plan. L'autographe, ici publié en fac-similé, est l'état le plus ancien du texte rédigé en français par Oscar Wilde, accompagné de la reproduction de l'édition originale de la version française dédicacée à Paul Verlaine, que l'auteur considère comme son alter ego, de la traduction anglaise faite avec Alfred Douglas, ami intime d'Oscar Wilde, et rehaussé par les dessins de Beardsley.
    Oscar WILDE (1854-1900), poète et romancier irlandais, s'installe à Londres en 1879, devient célèbre en publiant Le portrait de Dorian Gray en 1890. Poursuivi par le père de son amant, il fut condamné à deux ans de travaux forcés pour homosexualité. Libéré en 1897, il s'exile en France puis meurt à Paris d'une méningite dans le dénuement et la solitude. Il est enterré au Père Lachaise, son tombeau est surmonté d'une célèbre sculpture de Jacob Epstein.

  • Contrairement aux cabinets de curiosités si prisés à la Renaissance, il ne sera pas question ici d'observer les mécanismes extraordinaires et complexes d'un automate ou le plumage d'un oiseau empaillé. Les objets exhibés dans cette vitrine relèvent de notre vie quotidienne et souvent, nous ne remarquons pas leur étrangeté : pourquoi les ballons sont-ils presque tous ronds ? Pourquoi les chantiers sont-ils toujours en retard ? L'apparition des téléphones portables change t-elle la probabilité d'existence des soucoupes volantes ? Telles sont quelques-unes des questions en apparence triviales posées par ce livre.
    En apparence seulement car, comme pour tout cabinet de curiosités, il s'agira d'édifier l'esprit par l'exemple et d'ouvrir le regard aux marges de la réalité. Et cette marge ne se situe pas aux confins du monde connu, mais juste là... devant nos yeux.

  • Après tout

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    • Puf
    • 13 Janvier 2021

    Dans le cadre de la collection du centenaire des Puf, ouverte à des récits de vie et des savoirs de chercheurs, penseurs et écrivains voués à esquisser des horizons et ouvrir des voies d'espérance pour l'avenir, le romancier et essayiste Philippe Forest revient sur son oeuvre traversée par l'idée de deuil, l'expérience de la perte et la question de la survie.
    « J'écris pour recevoir du monde une réponse à la question que je lui pose et qui est identique à celle que, tous, écrivains ou pas, sous une forme ou sous une autre, nous lui adressons. », confie-t-il dans une conversation habitée par les souvenirs de jeunesse, par l'intérêt pour les avant-gardes, par une certaine conception de la littérature et de l'éthique politique. Au fil de l'entretien, l'écrivain met à nu tout ce qui l'anime et l'habite dans le fait d'écrire, de lire, de croire en la littérature, qui même si elle ne sauve de rien, porte sur les choses essentielles de la vie, de l'amour, de la mort. Pour lui, la littérature n'est pas là pour réparer la réalité mais pour porter témoignage de la part d'irréparable, d'irrémédiable que comporte l'existence.

  • On préfère de nos jours parler d'éthique plutôt que de morale. Les deux termes renvoient pourtant à une même réalité. Comment expliquer cette réticence ? Comment expliquer aussi que fleurisse l'expression « c'est une belle personne », qui ne veut rien dire, mais qui exprime ce refus de toute référence à la morale ? Serait-ce parce que la morale rappelle la "leçon de morale", entre punition et contrainte ? Pourquoi est-il si difficile d'être quelqu'un de bien ? Pourquoi nous sentons-nous obligés d'ajouter, lorsque nous disons de quelqu'un qu'il est gentil, que c'est là un compliment ? La gentillesse serait-elle un défaut et la méchanceté un signe d'intelligence, à tout le moins de lucidité ? Qu'est-ce que la méchanceté ?
    /> Philosophie du bien et du mal, des gentils et des méchants, cet ouvrage fait appel, sans jargon mais avec le sérieux requis, aux thèses, souvent radicales, et aux critiques, parfois étonnantes, des philosophes pour interroger notre rapport au bien et au mal, et pour tenter de déterminer ce qui peut faire de nous quelqu'un de bien.

  • Le mot "signe" est un des mots les plus fréquents de la Recherche, notamment dans la systématisation finale qui constitue Le Temps retrouvé. La Recherche se présente comme l'exploration des différents mondes de signes, qui s'organisent en cercles et se recoupent en certains points. Car les signes sont spécifiques et constituent la matière de tel ou tel monde. On le voit déjà dans les personnages secondaires : Norpois et le chiffre diplomatique, Saint-Loup et les signes stratégiques, Cottard et les symptômes médicaux.
    Un homme peut être habile à déchiffrer les signes d'un domaine, mais rester idiot dans tout autre cas : ainsi Cottard, grand clinicien. Bien plus, dans un domaine commun, les mondes se cloisonnent : les signes des Verdurin n'ont pas cours chez les Guermantes, inversement le style de Swann ou les hiéroglyphes de Charlus ne passent pas chez les Verdurin. L'unité de tous les mondes est qu'ils forment des systèmes de signes émis par des personnes, des objets, des matières ; on ne découvre aucune vérité, on n'apprend rien, sinon par déchiffrage et interprétation.
    L'oeuvre de Proust n'est pas un exercice de mémoire, volontaire ou involontaire, mais, au sens le plus fort du terme, une recherche de la vérité qui se construit par l'apprentissage des signes. Il ne s'agit pas de reconstituer le passé mais de comprendre le réel en distinguant le vrai du faux.

  • Cette anthologie fut publiée pour la première fois en 1948 à l'occasion du centenaire de la Révolution de 1848 et de la publication des décrets abolissant définitivement l'esclavage et instituant l'instruction gratuite et obligatoire dans les colonies. « C'est ainsi que les hommes de couleur, singulièrement les Nègres, ont pu accéder non seulement à la liberté du citoyen, mais encore et surtout à cette vie personnelle que seule donne la culture. » « Voici des hommes noirs debouts qui nous regardent et je vous souhaite de ressentir comme moi le saisissement d'être vus. » Dans un texte préliminaire, Orphée noir, lu et discuté avec passion, notamment aux États-Unis, Jean-Paul Sartre témoigne avec lyrisme de « l'éminente dignité de la négritude » et analyse l'importance littéraire mais aussi politique de cette Anthologie, dont les oeuvres apportent « leur contribution à l'humanisme français d'aujourd'hui, qui se fait véritablement universel parce que fécondé par les sucs de toutes les races de la terre ».

  • Dans la petite ville normande de Gisors, Madame Husson, dame patronnesse friande de vertu, désespère de trouver une jeune fille assez pure pour obtenir le titre convoité de rosière. C'est donc un rosier, l'innocent Isidore, qui finit par être désigné, en échange d'une coquette somme. Argent qui va brûler les doigts de cet esprit simple, incapable de résister aux plaisirs les plus bestiaux : il sombrera dans la débauche et l'alcool.
    Preuve qu'" un bienfait n'est jamais perdu ", à en croire le narrateur. Dans une introduction très documentée, Edouard Graham déroule l'historique de la création de ce texte, présente les modes de travail et d'écriture de Maupassant, ainsi que les pratiques et les goûts des éditeurs et des bibliophiles de la Belle Epoque en matière de livre illustré. Avec ses six romans et ses célèbres recueils regroupant plus de trois cents nouvelles, Guy de Maupassant s'est taillé une place parmi les principaux auteurs français de la fin du XIXe siècle.
    Adepte d'un genre " objectif " plus que " naturaliste ", il donna une peinture souvent sans fard de la société provinciale comme parisienne de son temps, sans s'interdire des incursions fréquentes du côté du fantastique.

  • « Ce recueil d'impromptus obéit aux mêmes principes que le précédent, Impromptus, publié chez le même éditeur, il y a une vingtaine d'années : il s'agit toujours de textes brefs, écrits sur le champ et sans préparation, entre philosophie et littérature, entre pensée et mélancolie, sous la double invocation de Schubert, qui donna au genre ses lettres de noblesse musicale, et de Montaigne, philosophe «imprémédité et fortuit». Je m'y suis interdit toute technicité, toute érudition, toute systématisation.
    Ces douze textes, dans leur disparate, dans leur subjectivité, dans ce qu'ils ont de fragile et d'incertain, visent moins à exposer une doctrine qu'à marquer les étapes d'un cheminement. Un impromptu est un essai, au sens montanien du terme, donc le contraire d'un traité. Si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les autres. » André Comte-Sponville

  • Les ingénieurs structurent notre quotidien. Ingénierie des procédés industriels, financière, juridique, sociale, voire humaine... Nous pourrions poursuivre à l'envie l'inventaire des domaines à travers lesquels l'ingénierie colonise notre manière d'agir. Pourtant, il n'en existe aucune définition satisfaisante. Son emprise est désormais telle qu'elle constitue une menace pour notre survie, à travers ses effets sur le vivant, le climat ou les ressources.
    Mieux comprendre l'ingénierie est devenue dès lors une urgence pour infléchir de l'intérieur la trajectoire suicidaire des systèmes productifs. Dans cet ouvrage, nous proposons un éclairage nouveau sur l'action des ingénieurs, leur rapport à la science et à l'éthique. Ce cheminement invite en retour à inscrire l'ingénierie dans une pensée écologique.

  • Une bonne culture générale vaut son pesant de papier. Il lui fallait donc un poids lourd : la somme des connaissances censées être acquises au sortir de l'adolescence, et qui pourtant nous échappent sans cesse, est désormais à votre portée. Littérature, histoire, philosophie, sciences et arts : ces domaines se croisent ici en bonne harmonie.
    L'expérience de plus de v ingt ans d'enseignement nous a permis d'écrire ce guide unique en son genre car :
    - il couvre l'ensemble des principales cultures existant dans le monde ;
    - il s'étend sur la totalité de l'histoire, de la formation de la Terre à nos jours ;
    - il présente toutes les grandes activités culturelles pour chaque période et chaque pays ;
    /> - sa présentation claire permet tous les choix de lecture : au fil du livre, par périodes historiques, par thèmes ou par pays ;
    - un index de plus de 9 000 entrées permet de toujours tout trouver.

  • « Avoir inventé la tragédie est un beau titre de gloire et ce titre de gloire appartient aux Grecs. [.] La tragédie grecque présentait, dans le langage directement accessible de l'émotion, une réflexion sur l'homme. Sans doute est-ce pourquoi, dans les époques de crise et de renouvellement comme la nôtre, on éprouve le besoin de revenir à cette forme initiale du genre. On attaque les études grecques, mais on joue, un peu partout dans le monde, des tragédies d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide parce que c'est en elles que cette réflexion sur l'homme brille avec sa force première. » Cette lumineuse étude de la tragédie grecque reflète une parfaite connaissance et une passion profonde de l'auteur pour une culture et une pensée ayant modelé notre vision de l'homme. Les oeuvres des trois grands tragiques, Eschyle, Sophocle et Euripide, témoignent « d'une foi en l'homme qui éclaire de l'intérieur toutes les tragédies, même les plus sombres ». « Cela s'appelle l'aurore », déclarait le mendiant de l'Électre de Giraudoux après une nuit de désolation.

  • Le parcours de Ferran Adria, tour à tour cuisinier du célèbre restaurant El Bulli, représentant de l'Espagne à la Dokumenta (foire internationale d'art contemporain) de Kassel en 2007, et actuellement directeur d'un centre de recherche à l'université de Barcelone, est emblématique d'un double processus de dé-définition : de l'art d'une part, des sciences humaines de l'autre.
    Il y a peu de temps encore, les artistes entendaient magnifier le sensible ou exprimer les tréfonds de leur intériorité ; aujourd'hui, beaucoup d'entre eux prétendent faire de la recherche et s'avancent sur les terres de l'histoire, de la sociologie ou de l'anthropologie.
    Mais qu'est-ce que l'art et la science ont à gagner ou à perdre dans ce type de rapprochement ?

  • Le 21 décembre 1914, Freud écrit qu'il prépare « une théorie de la névrose avec des chapitres sur les destins de pulsions, le refoulement et l'inconscient ». Il commence en mars 1915 à composer ces trois essais qu'il présente, dans la lettre du 1er avril à Lou Andreas-Salomé, comme « une sorte de synthèse psychologique de ses conceptions antérieures ».

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