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À la cour, des noces fastueuses se préparent.
Thésée, duc d'Athènes, va épouser Hippolyte, la reine des Amazones. Deux ennemis immémoriaux, le maître et l'esclave, le Grec et le barbare, l'homme et la femme, vont donc se réconcilier. En revanche, au sein du quatuor de jeunes amoureux, l'inconstance compromet toutes les entreprises matrimoniales. Démétrius qui aimait Héléna, aime à présent Hermia qui aime Lysandre, alors qu'Héléna aime toujours Démetrius et se trouve délaissée... -
38 ficelles, tours et autres passes pour garder raison à tout prix en ayant objectivement tort ou comment terrasser son adversaire en étant de plus mauvaise foi que lui. Un court traité à l'usage de quiconque croit sincèrement aux dividendes de la pensée. Rédigé à Berlin en 1830-31, ce traité fut publié pour la première fois en 1864. Il est suivi dans la présente édition d'une postface de Franco Volpi.
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S'estimant proche de la mort, un roi décide de partager en trois son royaume, afin d'en doter ses filles : Goneril, Régane et Cordélia. Lors d'une vaste cérémonie où se décident à la fois le partage et les noces des trois héritières, il exige de chacune qu'elle lui fasse une déclaration d'amour qui scellera toutes ces donations. Mais alors que les deux premières le flattent avec ostentation et démesure, la troisième tient des propos raisonnable qui mettent le vieillard en fureur et l'amènent à maudire sa préférée...
Qu'elle est la morale de Lear ? Apparemment il y en a deux, celle du fou l'exprime : Ne renonces pas au pouvoir ! Ne partage pas ton pays ! L'autre morale est comprise implicitement dans l'histoire : donne ton pays à qui tu veux ; mais n'attends pas qu'il te rendra heureux.
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Parmi les plus grands poètes russes du début du XXe siècle, Vladimir Maïakovski s'est d'emblée imposé comme celui qui incarnait le mieux les idéaux de son époque, à tel point que son histoire personnelle, jusqu'à son suicide tragique, est devenue une sorte d'archétype de ces années de grands espoirs et de déceptions dramatiques. Mais Maïakovski était avant tout un grand poète, bien avant et au-delà de la Révolution d'Octobre, dont il fut le chantre le plus reconnu et qui en dressa peut-être un portrait trop partiel ; et cette anthologie le démontre une fois de plus, en sélectionnant des poèmes et des courts poèmes qu'il est certes réducteur de qualifier simplement de « poèmes d'amour » mais qui révèlent l'aspect le plus intime de son inspiration.
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Les poésies d'amour Tome 2 : Les romantiques anglais
Romantiques Anglais
- Circe
- Poésie
- 6 Février 2026
- 9782487698239
Qu'est-ce que l'amour aux yeux des Romantiques anglais ?
C'est d'abord une relation incarnée, individuelle et concrète, que la femme rêverait marquée du sceau de la sociabilité. Mais c'est sans compter sur la volatilité de l'amant romantique, aux yeux de qui les ambitions amoureuses de la femme sont mesquines et terre à terre. Alors l'homme s'absente, l'homme se fait attendre, l'homme disparaît. Il reste à la femme à attendre, à l'espérer, à le guetter, et finalement à se sacrifier à cette figure, qui refuse le bonheur par goût de l'absolu. Si jamais l'homme meurt, la catastrophe symbolique est sans appel : aux yeux de la femme, l'homme romantique ne peut se réincarner dans l'au-delà, ni être remplacé. -
Sélection de huit nouvelles de jeunesse de Rilke, écrites entre 1897 et 1901. Textes expérimentaux d'un jeune poète, peuplés de personnages énigmatiques et d'épisodes aux multiples facettes : « La Fête de famille» dépeint avec grotesque les conventions trompeuses d'une fête de famille ; « Vieillard » dresse le portrait affectueux de trois vieux excentriques ; dans « Albrecht Ostermann », le personnage principal rompt de manière inattendue avec sa vie bourgeoise ; Ewald Tragy témoigne du chemin ardu qui mène à la poésie.
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Qu'est-ce que l'amour aux yeux des Romantiques anglaises ?
C'est d'abord une relation incarnée, individuelle et concrète, que la femme rêverait marquée du sceau de la sociabilité.
Mais c'est sans compter sur la volatilité de l'amant romantique, aux yeux de qui les ambitions amoureuses de la femme sont mesquines et terre à terre.
Alors l'homme s'absente, l'homme se fait attendre, l'homme disparaît. Il reste à la femme à attendre, à l'espérer, à le guetter, et finalement à se sacrifier à cette figure qui refuse le bonheur par goût de l'absolu.
Si jamais l'homme meurt, la catastrophe symbolique est sans appel : aux yeux de la femme, l'homme romantique ne peut se réincarner dans l'au-delà, ni être remplacé. -
L'histoire d'un homme encore jeune, heureusement doué, partagé entre deux vocations incompatibles pour l'art et la vie pratique. La chance d'un héritage fait de lui un propriétaire foncier qui se consacre avec succès à l'agriculture, activité quasiment sacralisée par Stifter. Sa fortune faite, il entreprend l'indispensable voyage en Italie, interrompu dès le début par un épisode inattendu bien que préparé au commencement du récit : un long séjour dans une famille dont les deux filles, à la fois presque semblables et radicalement différentes, vont apparaître comme les images projetées des ses deux vocations. Il lui faudra quitter ce séjour paradisiaque pour comprendre qu'il s'est épris de la cadette...
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En l'an 2013, dans un monde que les magnats de l'industrie dominent, éclate une épidémie qui, en peu de temps, fait disparaître toute la race humaine. Soixante ans après, dans le décor apocalyptique d'une Californie retournée à l'âge de pierre, un vieil homme, l'un des rares survivants - très longtemps persuadé d'avoir seul survécu - , devant une poignée de gamins sauvages - les petits-fils des autres survivants - réunis autour d'un feu après la chasse quotidienne, raconte comment la civilisation s'en est allée en fumée quand l'humanité, sous le prétexte que l'on ne pouvait arrêter l'épidémie, s'est dépêchée de revenir, dans une frénésie de perversité, à des degrés inimaginables de cruauté et de barbarie. La peste écarlate est l'un des grands textes visionnaires de Jack London qui, ici encore, anticipe des thèmes qui deviendront obsédants un siècle plus tard.
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Poète explorateur, poète héros, poète martyr, Nikolaï Goumilev fut tout cela et bien plus. « Je veux que non seulement ma poésie, mais ma vie même soit une oeuvre d'art » aurait-il dit peu avant sa mort. Et il y est parvenu sans conteste. Son mariage malheureux avec la poétesse Anna Akhmatova, ses nombreux voyages ethnographiques en Afrique, son héroïsme durant la première guerre mondiale, son atelier poétique fréquentés par les poètes les plus connus de son temps ont contribué à sa légende. Fusillé en 1921 à l'âge de 35 ans par les bolcheviks, interdit de publication en Russie jusqu'en 1985, Nikolaï Goumilev a laissé des vers ciselés, dont certains d'une force et d'une beauté à couper le souffle.
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Georg Simmel (1858-1918) était un philosophe et sociologue très attentif à l'art de son temps. La sculpture de Rodin l'a particulièrement inspiré. Il publia dès 1902 une première étude (avant même celle de Rilke) et reprit régulièrement la question jusqu'à la mort de Rodin en 1917. Le paradoxe de cet art était selon lui d'installer le mouvement, propre à la modernité telle qu'il l'avait analysée par sa Philosophie de l'argent, dans l'oeuvre plastique, la déportant constamment hors d'ellemême. La reprise et l'approfondissement de ses arguments signale l'enjeu que représentait Rodin à ses yeux. Elle participe de son élaboration d'une pensée de l'art originale.
Le volume rassemble la totalité des écrits consacrés par Simmel à Rodin, permettant de retracer l'histoire captivante de cet échange -
La fatigue d'épuisement est une fatigue de puissance positive. Elle rend incapable de faire quelque chose. La fatigue qui inspire est une fatigue de puissance négative, à savoir du ne-pas-faire. Même le Shabbat qui signifie à l'origine arrêter, est un jour du ne-pas-faire, un jour libéré de toute intention de faire, pour reprendre Heidegger, de toute inquiétude. Il s'agit d'un temps intermédiaire. Après la création, Dieu déclara que le septième jour serait sacré. Le jour de l'intention-de-faire n'est donc pas sacré mais c'est le jour du ne-pas-faire qui l'est. C'est un jour où on pourrait utiliser l'inutilisable. C'est le jour de la fatigue. Le temps intermédiaire est un temps sans travail.
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Parmi les quelque mille sept cent poèmes qu'a légués Emily Dickinson à la postérité, plusieurs centaines traitent indirectement ou directement du sentiment amoureux et dessinent la trajectoire de vie d'une amante incessante et inquiète. Le décor de toutes ces amours, explicites ou allusives, fut probablement limité aux parois d'un cerveau et aux quatre murs d'une maison de famille. La poétesse vécut un peu plus d'un demi-siècle de célibat, même si elle entretint avec plusieurs hommes, mentors littéraires mais aussi amants impossibles, une abondante correspondance. Emily imagine un ou plusieurs hommes à l'horizon de ses désirs inassouvis, mais « la porte de chair impatiente » ne s'est peut-être jamais entrouverte devant ses pas.
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" quelle horrible puissance m'a poussée vers vous ? la faiblesse attirée par la force ? celle qui tombe vers celui qui monte ! ou était-ce l'amour ? l'amour, ça ? vous savez ce que c'est, l'amour ? "
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Les affaires vont mal dans l'école de danse de Monsieur Rigadon. On y mange chichement. Danseurs et danseuses y subissent la tyrannie d'un maître avare et lubrique, et les bizarreries de sa soeur, vieille fille en quête d'amour. La révolte couve sous une apparente bonne humeur, attisée par un courtier sans scrupules. Des couples se forment pour opposer une résistance désespérée aux manigances du tyran. Ce jour-là, Maître Rigadon s'apprête à traiter des contrats avec un imprésario un peu trop crédule et à envoyer ses danseurs sur les scènes d'Europe pour son plus grand profit... Une comédie de Goldoni qui offre une satire très virulente du monde de la danse, mais aussi un regard inhabituel sur la femme et l'amour.
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« C'est à peine si nous sommes les collaborateurs de notre amour, et c'est par cela même qu'il restera au-dessus des dangers banaux. Tâchons de connaître ses lois, ses saisons, son rythme et la marche des constellations à travers son vaste ciel étoilé. » Rilke dessine à travers sa poésie amoureuse une géographie universelle de l'amour, des premiers regards échangés à la douleur de l'absence. Au-delà de l'expérience intime, à côté des grands poèmes métaphysiques où s'inscrit une métaphysique de l'amour, le poète s'adresse dans les poèmes réunis dans ce volume à la Bien- Aimée : femme multiple et unique, pensée (mais non rêvée), extrêmement proche et extrêmement lointaine en même temps, dans la fi gure de laquelle s'opère la transmutation du discours amoureux en discours poétique.
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Topographies de l'émancipation inquiète : Kafka, Pasolini, Kantor, Chagall
Daniel Payot
- CIRCE
- Tissages
- 17 Octobre 2025
- 9782842425012
Les oeuvres ici évoquées parlent de résistance, de délivrance, d'espérance. Mais, conçues au xxe siècle, elles savent que les désirs de libération peuvent nourrir des desseins tyranniques. C'est l'une des leçons qu'elles retiennent de l'histoire.
Pour Kafka, Pasolini, Kantor et Chagall, l'expérience de l'émancipation ne peut plus être qu'inquiète, parce qu'elle se trouve inéluctablement confrontée à des formes historiques et contemporaines de domination, parfois de terreur.
L'humanité que leurs oeuvres dépeignent est comme traversée par les courants adverses de la répression totalitaire et de l'ouverture utopique. C'est cette tension qu'ils nous lèguent en héritage. -
Le livre de Günther Anders s'intitule Kafka, pour et contre. Il est tout entier travaillé par cette tension entre admiration et « de?gou^t » pour le succès qu'a connu cette oeuvre. La mode de Kafka, dans l'Allemagne comme dans la France d'après-guerre, semblait cacher, sous la forme d'un « enthousiasme esthe?tique » et d'une une tendance à l'acceptation d'une culpabilité. Anders se souvient de son arrivée en France, en 1933, ayant été déchu de la nationalité allemande. Il était apatride, et cela l'avait fait perdre, , « sa personnalite?, son identite?, son droit, son droit a` l'existence ». « Tant notre situation d'alors e?tait kafkai?enne ! s'exclame Anders. Et l'on pouvait penser qu'au fond, pour nous et nos pareils, le difficile e?tait de ne pas e?crire sur Kafka. »
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Dans une première partie, nous assistons à la naissance du fils tant désiré du pêcheur Olai et sa femme Marta. Le garçon s'appel-lera Johannes et il sera pêcheur comme son père. La deuxième partie, qui occupe l'essentiel du roman évoque ce qui semble d'abord être une journée dans la vie de Johannes devenu vieux. Mais des indices nous font pressentir quelque chose d'insolite : Johannes se sent plus alerte, et le monde lui apparaît comme baigné d'une lumière inhabi-tuelle.
Et quand il descend vers la grève où est amarré son bateau, il aperçoit son ami Peter, mort depuis des années... Après la douleur et le foisonnement du diptyque Melancholia,Fosse semble s'orienter vers une sorte de sérénité et vers une plus grande simplicité. Certes, la structure du roman est complexe, notamment dans la deuxième partie avec ses effets de montage alterné; les références mythiques y sont nombreuses, et l'écriture est partout marquée par les répétitions si caractéristiques de l'auteur.
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"Quand j'étais élève, j'ai aimé un personnage haut en couleur, exotique, extravagant : Else Lasker-Schüler. Je voulais écrire des poèmes comme les siens, et lorsque j'écrivais encore des poèmes, je l'ai certainement beaucoup imitée. Je voulais m'habiller de façon originale et écrire des choses magnifiques." (Elfriede Jelinek). Else Lasker-Schüler fut certes la "muse de Berlin" (Michel Rachline), mais aussi la mal-aimée, la malquerida (Luisa Futoransky), et "la plus grande poétesse que l'Allemagne ait connue" (Gottfried Benn, qu'elle aima passionnément).
Figure légendaire de la bohême berlinoise, née en 1869 dans une famille de la bourgeoisie juive de province, morte en 1945 en exil à Jérusalem, vivant la plupart du temps dans des conditions extrêmement précaires, elle se voua avec la même intensité aux amours de passage, aux amitiés passionnelles, et surtout à la littérature, qui pour elle fut toujours un absolu. Ses poèmes et ses pièces de théâtre, dont l'amour reste le thème principal et qui comptent parmi les oeuvres marquantes de l'expressionnisme, reflètent cette passion : Les cieux nous ont créés ; D'un souffle d'or ; Oh, comme nous nous aimons... -
Jules César
William Shakespeare, Jean-Marc Lanteri
- Circe
- Circe /Theatre
- 23 Janvier 2026
- 9782487698185
Rome. Auréolé de ses conquêtes militaires, il a été nommé dictateur à vie, mais dans son entourage, on s'inquiète de ce qu'il pourrait exiger le titre de roi.
Sans que les preuves d'une telle ambition soient réunies, Cassius réussit à convaincre Brutus, proche de Jules César et figure aimée du peuple, d'entrer dans un complot, et d'assassiner Jules César afin de préserver la République.
Après cet assassinat qui déstabilise Rome tout entière, une guerre civile se déchaîne, qui oppose le camp des conjurés, mené par Brutus et Cassius, et celui des partisans de César, dirigé par Marc Antoine et Octave. -
"Chaque vers est enfant de l'amour » écrivait Marina Tsvétaïéva. Mais si l'exacerbation amoureuse, l'énergétique passionnelle est e ectivement une des caractéristiques de son oeuvre, ce qui frappe avant tout, au-delà de la liste infi nie des « muses » masculines ou féminines, c'est qu'elle n'est que très peu assimilable à la poésie amoureuse, classique ou moderne. Il s'agit non pas tant de chanter, l'objet de sa passion, son propre sentiment, de mettre en scène l'épiphanie de l'amour ou la sou rance de la séparation, que de fonder sa poésie, donc son être même, sur un « absolu de l'amour »
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Présentation
Du même auteur
Vingt-quatre heures dans la vie d'un petit groupe humain du Nord de l'Allemagne durant la guerre de Sept Ans (1756 à 1763) : le temps que s'annonce, déferle et s'éloigne la tornade de la guerre. Tous n'y survivront pas, et ceux qui le feront verront leurs rapports durablement modifiés, car l'épreuve aura appris à qui l'ignorait la présence parmi eux d'une autorité secrètement révérée, et imposé à tous sa reconnaissance.
Avec ce récit, paru en 1888, où l'ironie souriante équilibre la peur, c'est le bellicisme de ses concitoyens grisés par la victoire de 1871 sur la France que cible Wilhelm Raabe en leur suggérant que les héros d'une société civile digne de ce nom ne sauraient être ceux qu'ils célèbrent : « Ainsi Le Champ de Wotan initiait-il avec son «héros passif» l'essor qu'allait connaître jusqu'à il y a peu, dans la littérature allemande, un nouveau motif » (Ulrich Dittmann), celui de l'antihéros. -
La nouveauté radicale d'Akhmatova résidait moins dans la « déferlante amoureuse » de sa poésie que dans une poétique inédite. Ayant « puisé dans la prose russe du dix-neuvième siècle sa sensibilité morale, la vérité des motivations psychologiques », elle fait de chaque poème un fragment de nouvelle ou de roman, une page arrachée à un journal intime, retraçant toutes les phases et situations de l'aventure amoureuse.
«L'héroïne lyrique», comme le notait dès 1923 le poéticien Boris Eichenbaum, est un oxymore incarné, tressant l'émouvant et le sublime au terrestre et à l'effrayant, la simplicité à la complexité, la sincérité à la malice et la coquetterie, la bonté à la colère, l'humilité monastique à la passion et la jalousie ».