Parascolaire

  • La Métamorphose révèle une vérité méconnue, les conventions disparaissent, les masques tombent. Le récit qui porte ce titre est un des plus pathétiques et des plus violents que Kafka ait écrits ; les effets en sont soulignés à l'encre rouge, les péripéties ébranlent les nerfs du lecteur. C'est l'histoire, « excessivement répugnante », dit l'auteur, d'un homme qui se réveille changé en cancrelat. Cette transformation est un châtiment imaginaire que Kafka s'inflige. Et son personnage est celui qui ne peut plus aimer, ni être aimé : le conflit qui se déroule dans une famille bourgeoise prend une ampleur mythique. Seuls quelques éléments comiques ou grotesques permettent de libérer de l'oppression du cauchemar.

  • Depuis dix ans, Ulysse, roi d'Ithaque, erre sur les mers. Il a affronté le Cyclope, résisté au chant des Sirènes, déjoué les pièges de Circé et de Calypso... Mais Ulysse «aux mille ruses» ne s'avoue jamais vaincu. Et c'est déguisé en mendiant qu'il revient en son royaume pour se débarrasser des prétendants qui cherchent à lui ravir son trône.

  • Ce matin, Nicolas se fait beau. C'est le jour de la photo de classe. Mais les enfants font des bêtises. Le photographe s'énerve... Et rien ne se passe comme prévu...

  • Le papa de Nicolas a promis: si Nicolas fait zéro faute à la dictée, il aura un train électrique! Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu...

  • Nicolas ne veut pas aller à la cantine! Mais il s'y amuse tant qu'il ne veut pas retourner à la maison le midi... La cantine, c'est chouette !

  • Nicolas est ravi: il va avoir un vélo! Mais Monsieur Blédurt, le voisin, propose au papa de Nicolas de faire la course... Quand les adultes font des bêtises, ils ont intérêt à les réparer !

  • Etienne Lantier, machineur sans travail, trouve un emploi de mineur à Montsou, dans le nord de la France. Il partage désormais la vie dure et misérable du coron. Quand la Compagnie des Mines veut encore réduire le salaire du travail, la révolte explose. Etienne en prend la tête, persuadé qu'en cette fin de XIX e siècle, le peuple affamé saura se faire entendre. Mais la grève et la répression armée ne font qu'accroître la détresse des plus faibles. Nombre d'entre eux vont y laisser la vie...

  • Thérèse Raquin

    Emile Zola

    Le Figaro du 23 janvier 1868 à propos de Thérèse Raquin : « C'est le résidu de toutes les horreurs. Le sujet est simple, le remords physique de deux amants qui tuent le mari mais qui, ce mari tué, n'osent plus s'étreindre, car voici le supplice délicat qui les attend : "Ils poussèrent un cri et se pressèrent davantage, afin de ne pas laisser entre leur chair de place pour le noyé. Et ils sentaient toujours des lambeaux de Camille, qui s'écrasait ignoblement entre eux." Enfin, un jour, ces deux forçats de la morgue tombent épuisés, empoisonnés, l'un sur l'autre, devant le fauteuil de la vieille mère paralytique, qui jouit intérieurement de ce châtiment par lequel son fils est vengé... Forçons les romanciers à prouver leur talent autrement que par des emprunts aux tribunaux et à la voirie.»

  • Le misanthrope

    Molière

    Alceste est un « mélancolique » qui s'aveugle sur lui-même pour mieux condamner les autres. Placé dans une situation sociale comique, amoureux d'une coquette, il voit défiler tous les types humains qu'il réprouve. Molière a enfermé toute une époque dans un salon mondain, le portrait d'un milieu où le Misanthrope fait figure d'attardé, où il a raison et se met dans son tort.
    La profondeur du Misanthrope est dans la mise en question implicite d'une norme qui, dans sa prétention à dépasser les contradictions humaines, s'éloigne de la vérité. Molière a fait de ces contradictions mêmes la substance de la comédie, prenant le risque de priver le public de la gaieté qui naît des solutions fictives pour lui offrir ce plaisir plus subtil qu'apporte l'intelligence de la complexité et des ambiguïtés de la vie.

  • Phèdre

    Jean Racine

    C'est la plus célèbre des tragédies de Racine et la plus trouble. Elle emprunte à la Grèce, patrie de Sigmund Freud dans le domaine de l'imaginaire, la légende dont elle fait une intrigue. Se heurter au tabou de l'inceste, c'est se condamner à mort : alors seulement le jour reprend sa pureté. « La psychanalyse, a écrit Raymond Picard, n'est guère qu'une exploitation peu éclairée de la psychologie racinienne. »
    Psychologie, mythe, récit épique, ici tout est violence : le véritable monstre ne sort pas des flots, il est enfermé dans l'héroïne avec une incroyable audace - comme il le sera dans Athalie.

  • L'avare

    Molière

    « Au voleur ! au voleur ! à l'assassin ! au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! je suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent. » Il est comme cela, Harpagon : son argent, c'est sa vie. A entendre les effets produits sur son comportement et sur ses rapports avec ceux qu'il devrait aimer davantage que sa cassette, la richesse ne fait pas de lui un homme heureux. Car tout se transforme en angoisse de la perte et en volonté de posséder toujours plus. Le plaisir n'est jamais au rendez-vous : ça, c'est le domaine de son fils, Léandre. Qui de l'un ou de l'autre imposera sa façon de vivre ?
    Quelques exemples saillants pris dans le dossier :
    Je découvre - Molière raconté par son père, Jean Poquelin : « Je me souviens de ta naissance, cette froide journée du 13 janvier 1622. Je me souviens de toi, courant dans les rues et imitant les défauts des passants. J'aurais dû voir que tu avais cet incroyable talent qui te ferait accéder à la célébrité, mais je pensais que tu me succèderais dans mes fonctions de tapissier et valet de chambre du roi. Le destin en a décidé autrement. » J'analyse - Au coeur de la phrase : La langue du XVII e siècle est encore très marquée par la langue latine dont elle hérite. Et en latin, le verbe était systématiquement place à la fin de la phrase. Cela explique que parfois, certains passages rendus vous paraissent bien étranges...
    Par exemple : « Je vous prie de ne me point faire de remontrances. », « Finissons auparavant votre affaire, et me dites qui est celle que vous aimez. » Nous prenons la parole - Organisons le débat : Nous l'avons vu, Cléante et son père ont deux perceptions différentes de l'épargne... Et vous quel est votre rapport à l'argent ? Pensezvous qu'il faille le dépenser ?
    Prolongements - « L'avare qui a perdu son trésor » , Jean de La Fontaine ; De l'épargne sordide , Jean de La Bruyère ; Le Cheval et la Mariée , Niki de Saint-Phalle.
    Pour les classes de cinquième Thème : « Avec autrui, famille, amis, réseaux »

  • La peste règne à Thèbes. Pour mettre fin à l'épidémie, l'oracle de Delphes réclame que soit puni le meurtrier de l'ancien roi Laïos. Au fil des interrogatoires, Oedipe mène l'enquête et découvre la vérité sur ses origines : les destin tragique rejaillit sur chacun, Jocaste se pend et lui-même se crève les yeux.

  • Rien n'est plus étranger au personnage de Julien Sorel que la sérénité des vainqueurs. Alors que Napoléon, son modèle, est à jamais défait, Sorel est condamné à grandir dans une famille mesquine, à vivre dans une province trop étroite. Le fracas des fusils a laissé place au bruit lancinant de la scierie familiale : soldat privé de bataille, il ne lui reste que le coeur des femmes à faire saigner. Premier de ses amours, dernière de ses victimes : Mme de Rênal, jeune femme mélancolique, tombée amoureuse de Julien, devenu précepteur de ses enfants. Il la retrouvera dans le claquement des pistolets. Arrivé à Paris il séduit Mathilde de la Mole, jeune et fougueuse aristocrate, non pour sa fortune mais par défi, pour subjuguer la fierté qu'il croit lire dans ses yeux.
    Pour Sorel c'est là tout l'amour : un combat enraciné dans l'hostilité d'un échange de regards. Ayant pour origine un fait divers sanglant, Le Rouge et le Noir y puise une singularité tranchante. Loin d'une fresque abstraite, le roman a tout d'un corps rouge du sang qui s'y écoule, noir de la poudre qui y brûle.

  • Le texte intégral, présenté, commenté et analysé.
    Édition présentée et commentée par Henri Behar, professeur de littérature française à l'université de la Sorbonne Nouvelle (Paris III).
    Le père Ubu est un être ignoble, monstre de crétinisme et de tyrannie imbécile. Il assassine le roi de Pologne, jette à la trappe les nobles, les fonctionnaires et les paysans. Il invente le « décervelage » pour mieux les engloutir et les massacrer. Sa cagoule en forme de poire et son ventre en saindoux abritent un cannibale grotesque et gâteux, Guignol gigantesque broyeur d'individus. Ce pantin réunit toutes les folies meurtrières de Shakespeare et les énormités de Rabelais. Il est à l'image d'un État aveugle et destructeur et préfigure les horreurs des totalitarismes du xxe siècle qui tuent la pensée et détruisent les individus. Jarry pousse ici l'humour et le canular jusqu'à la férocité...

  • En 1953, le magazine américain the reader's digest demanda à giono d'écrire quelques pages pour la rubrique bien connue " le personnage le plus extraordinaire que j'aie jamais rencontré ".
    Quelques jours plus tard, le texte, tapé à la machine, était expédié, et la réponse ne se faisait pas attendre : réponse satisfaite et chaleureuse, c'était tout à fait ce qui convenait. quelques semaines passèrent, et un beau jour giono descendit de son bureau. son visage reflétait la stupéfaction. il venait de recevoir une deuxième lettre du reader's digest, d'un ton bien différent de la première : on l'y traitait d'imposteur...
    Giono trouvait la situation cocasse, mais ce qui dominait en lui à l'époque, c'est la surprise qu'il puisse exister des gens assez sots pour demander à un écrivain, donc inventeur professionnel, quel était le personnage le plus extraordinaire qu'il ait rencontré, et pour ne pas comprendre que ce personnage était forcément sorti de son imagination...

  • 1815. Accusé de bonapartisme, Edmond Dantès est emprisonné au château d'If, victime de deux rivaux, Fernand et Danglars, et de Villefort, un magistrat ambitieux. Grâce à l'amitié de l'abbé Faria, il s'évade et peut alors assouvir sa vengeance. Version abrégée avec dossier pédagogique.

  • Molière mourant s'est arraché une de ses plus belles comédies, et des plus actuelles. Qui ne se croit malade ? Qui ne dépend un jour de ses médecins, au point de refuser de guérir, ou d'en être séparé ? Et quel médecin n'est tenté par l'arrogance et le secret ?
    Un auteur visionnaire a ainsi dépeint la France, pays qui détient le record de la consommation des médicaments en Europe.

  • Toute la Provence en Folio Junior Textes classiques !

    La petite chèvre de M. Seguin, maître Cornille, le curé de Cucugnan, l'Arlésienne..., autant de personnages de contes aujourd'hui inoubliables. Avec les Lettres de mon moulin, c'est toute la Provence qu'Alphonse Daudet a fait entrer à jamais dans la littérature française.

  • Du Roman de Renart, ensemble de récits (les «branches») composés aux XIIe et XIIIe siècles, la Pléiade propose, principalement d'après un manuscrit inédit, une édition intégrale et bilingue (ancien français / français moderne). À l'origine de ces récits, une faute inexpiable, le viol par Renart de l'épouse d'Isengrin. Au centre, le goupil, universel trompeur. Autour de lui, des animaux qui jouent aux hommes : sans rien perdre de leur animalité, le loup Isengrin, le chat Tibert, le cerf Brichemer, barons du roi Noble, usurpent les dignités et le langage humains. Leurs valeurs ? l'intérêt, le désir, la volonté de puissance : les moeurs du temps et les travers des hommes trouvent dans le travestissement animal un miroir sans pitié. Ce qui les pousse à agir ? la faim. C'est parce qu'il faut manger que Renart se lance dans des aventures violentes, dont la puissance comique ne fait pas oublier l'extrême cruauté. Cruauté des situations, des gestes, des sentiments, cruauté des gabs, ces paroles lancées aux vaincus. Car le Roman de Renart est aussi le roman de la parole. Instrument de la ruse, arme des faibles (sans elle, un renard ne saurait vaincre un loup), la parole, ici, ne se soucie pas de vérité. Elle méconnaît les repères habituels du bien et du mal. Elle permet à qui la maîtrise - et nul ne la maîtrise mieux que Renart - de nier l'évidence, de triompher de la force et d'échapper toujours au châtiment. Les malheureux qui reçoivent les nombreuses «confessions» du goupil en savent quelque chose : écouter Renart, c'est, déjà, être sa victime.

  • Guy de Maupassant (1850-1893), commis au ministère de la Marine puis au ministère de l'Instruction publique, publie la première de ses nouvelles en 1875 dans L'Almanach lorrain de Pont-à-Mousson. La dernière paraîtra en janvier 1891 dans Gil Blas. Son entrée en littérature s'accomplit sous la protection de Gustave Flaubert qui le guide, l'encourage. Le tout jeune écrivain pénètre dans le cercle des écrivains naturalistes ou réalistes. Il rencontre Tourgueniev, Émile Zola - il donne Boule de Suif pour le recueil Les Soirées de Médan aux côtés de Huysmans (Sac au dos) et d'Émile Zola (L'Attaque du moulin). En dix ans, pendant les années 1880, outre ses trois cents nouvelles, il publie six romans.Rongé par la syphilis, il fait une tentative de suicide dans la nuit du 1er janvier 1892. Interné à la clinique du docteur Émile Blanche, il meurt de paralysie générale le 6 juillet 1893.Dans ses Contes et Nouvelles, Maupassant décrit aussi bien l'univers sordide de la campagne normande, que les caractères et les attitudes de « bon bourgeois » avec une ironie violente. Sa vision des femmes, victimes des hommes (les amours ancillaires, le viol), ou victimes de l'amour est d'une noirceur désespérée.Quarto, qui reprend l'établissement des textes de La Pléiade, propose ce remarquable ensemble en un volume parfaitement lisible sur le modèle typographique de La Recherche du temps perdu - contrairement aux ouvrages de la concurrence, soit incomplets, soit peu lisibles.

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