• Nouvelle édition au format de poche, sans les illustrations, de ce texte marquant de Gertrude Stein dont la traduction française a paru en 2016 aux éditions Cambourakis. Ce petit «Livre de lecture»« »propose une vingtaine de leçons facétieuses, potentiellement destinées à un public enfantin, qui jouent avec la langue, la grammaire, les sonorités, et le sens. Sous leur allure désinvolte et ludique, ces courts textes questionnent avec une remarquable acuité notre pratique de la lecture et proposent un concentré de l'écriture de Gertrude Stein, figure tutélaire de la modernité littéraire américaine. 

  • Après le succès de l'édition de poche du «Livre de lecture», voici la pubiication dans ce même format de la traduction du «Monde est rond» par Martin Richet, parue en 2017 en grand format illustré. «Le Monde est rond» est le plus célèbre des livres de Gertrude Stein à destination des enfants. On y suit les tribulations de deux enfants, Rose et Willie, en quête d'identité au milieu d'une faune et d'une flore luxuriante. On y retrouve les éléments caractéristiques de l'écriture de Gertrude Stein, sa manipulation de la grammaire, les allitérations, le tout culminant dans la célèbre ritournelle « a rose is a rose is a rose », gravée sur un arbre sur le chemin des deux enfants.

  • Sortie au format poche de «Mrs. Reynolds», le dernier roman de Gertrude Stein préfacé par Jacques Roubaud. Plus narratif que ses ouvrages initiaux, il se déroule en pleine Seconde guerre mondiale, dans une petite ville de France en zone libre. On y suit cette femme sans prénom, vaquant à ses occupations de villageoise soumise aux desseins de la météorologie, de l'astrologie et de la prophétie. Entre autres voisins, deux personnages, Angel Harper et Joseph Lane, patronymes derrière lesquels on reconnaît facilement Adolf Hitler et Joseph Staline.

  • En 1938, William R. Scott passe commande à des grands auteurs comme Hemingway, Steinbeck ou Gertrude Stein d'écrire un livre pour enfants ; Stein accepte avec enthousiasme. «La Terre est ronde» «(The World is Round)», publié en 1939, relate les aventures de Rose, 9 ans, accompagnée de son cousin Willie, dans sa quête d'une identité stable dans un monde en mouvement. Ce récit tout en euphonie telle une comptine, où la signification des mots se confronte à leur sonorité, se joue des tropes des contes et de la fausse légèreté de leurs thèmes. A sa manière musicale et poétique, Gertrude Stein interroge le monde à hauteur d'enfance !

  • Alors que la menace allemande plane sur la France, Gertrude Stein publie en 1940 «Paris France», un petit opuscule mêlant souvenirs de jeunesse et observations sur son pays d'adoption : la France. Elle écrivait que les écrivains doivent avoir deux pays, celui auquel ils appartiennent et celui dans lequel ils vivent réellement. Le second est romanesque. Ce texte est malgré tout un hymne au plaisir et à la joie de vivre dans ce pays romanesque qu'était la France pour elle et les Américains de sa génération. Derrière les commentaires tranchés sur la mode, les traditions et les façons d'être des Français, on retrouve l'intérêt continu de Stein pour les caractères, pour les habitudes : tout ce qui se répète dans un comportement et qui fait le style d'une vie. Ce texte est complété par «Raoul Dufy»«. Il faut méditer sur le plaisir. Raoul Dufy est plaisir».

  • Après la publication en 2018 de «Mrs Reynolds», le traducteur Martin Richet et les éditions Cambourakis continuent le projet de mise en lumière du travail de Gertrude Stein en France avec ce récit policier cubiste et cinglant.

  • Tendres boutons

    Gertrude Stein

    • Nous
    • 5 Octobre 2018

    Tendres boutons opère une véritable retranscription formelle des problèmes que posait le cubisme : ici, c'est l'écriture, en prise avec des bouleversements de syntaxe, de grammaire et de sens, qui construit une architecture radicalement nouvelle de la vision, de l'écoute, de la lecture. Tendres Boutons est un livre qui effectue un bouleversement complet de notre façon de comprendre, de prononcer, de lire, de voir, de sentir :
    Il impose au lecteur, via une sensibilité extrême aux détails du quotidien (objets, nourriture, chambres), à l'infime et à la matérialité du mot, une expérience de lecture vertigineuse, troublante, jouissive. La langue de Stein, court-circuitant en permanence le sens, affole la relation qui unit communément le langage et le monde.
    La traduction qu'en propose Jacques Demarcq (traducteur de E. E. Cummings), par ses audaces et ses trouvailles, restitue toute la force et l'étrangeté de cette expérience de lecture déroutante.

  • Listen to me a été écrit par Gertrude Stein en 1936. La pièce est souvent considérée comme un aboutissement dans ses tentatives répétées de déconstruction de la forme théâtrale. Dans Listen to me, tout joue : les personnages secondaires, le rideau, les actes eux-mêmes. Les codes du théâtre sont entièrement refondus dans le discours, non sans humour et vivacité.

  • Ida

    Gertrude Stein

    " il y avait un bébé qui venait de naître et qui s'appelait ida.
    Sa mère l'avait retenu de ses mains pour empêcher ida de naître mais le moment venu ida était venue. et avec ida était venue sa jumelle, et c'est comme ça qu'elle était là, ida-ida. " ida est sûrement un des plus beaux livres deux femmes qui soient. chacune disant à l'autre les mots qui sont en elles, gertrude stein et ida, une seule femme, répétée à l'infini pour faire d'un être anonyme un personnage de légende.

  • La brave anna

    Gertrude Stein

    Anna Federner, vieille gouvernante allemande, bougonne et bornée, dirige de son mieux la maison de Miss Mathilde. Les jours se succèdent, ternes, monotones, uniquement rythmés par les petits drames du quotidien. Et la brave Anna meurt de n'avoir pas su vivre... D'une plume juste et sobre, Gertrude Stein évoque la banalité du quotidien et le destin manqué d'un coeur simple.

  • Américains d'Amérique

    Gertrude Stein

    Gertrude Stein, née en 1874, arrive à paris en 1903, où elle mourra en 1946.
    Elle aura été le centre de rayonnement des Américains à Paris, de la « génération perdue » des années 20, l'inspiratrice d'une nouvelle forme de littérature qui a donné notamment un Hemingway d'une part, un Scott Fitzgerald d'autre part. Son oeuvre personnelle, autant que son influence directe a marqué toute une époque et n'a cessé d'agir depuis. Elle a laissé deux oeuvres importantes : L'Autobiographie d'Alice B. Toklas (1932) et The Making of Americans dans son titre d'origine, livre gigantesque qui deviendra en français Américains d'Amérique. C'est l'histoire de sa famille israélite émigrée en Amérique au XIXe siècle, une vaste chronique familiale écrite très librement au fil des souvenirs et qui a pris peu à peu une valeur exemplaire. Il s'agit d'un livre essentiel par son contenu. Américains d'Amérique constitue un document d'une valeur historique et littéraire considérable, oeuvre d'une femme qui pendant trois générations a été à l'avant-garde des lettres et des arts et la créatrice d'un style nouveau. Gertrude Stein ne s'est pas contentée de peindre un fragment de l'Amérique, mais une famille complète, une famille qui est toute l'Amérique, en sa fuite, en ses migrations, ses installations et ses conquêtes, une famille sans interruption et sans lacune. C'est toute une idée de l'Amérique qui ressort à travers ces pages.

  • Lève bas-ventre

    Gertrude Stein

    • Corti
    • 5 Décembre 2013

    Un des plus grands plaisirs pris à traduire la poésie érotique, en anglais Lifting Belly, de Gertrude Stein, a consisté, pour moi, dans la formule de ce titre, précisément. Ou, moins mal dit, peut-être : dans la façon dont celui-ci m'a donné du fil à retordre - le fil de l'oeuvre. Je n'ai pu décider d'une façon d'équivalent à " lifting belly ". Stein considère les mots et les groupes de mots à la façon de séquences sonores passant à l'oreille, se superposant parfois les unes les autres, partiellement ici, là tout à fait. L'élaboration de l'oeuvre dépend directement des effets ainsi obtenus.
    En fin de compte, Stein ne fait qu'évoquer par le menu le déroulement d'un entretien, sexuel, charnel et langagier qu'elle a avec sa compagne, Alice Toklas. C'est bien ce feu de l'action (amoureuse, d'un amour en acte), auquel le texte se rapporte - venant non pas seulement couronner celui-ci, à la manière, peut-être, de ce qui aurait su s'attirer, pour l'organiser à son tour, cette volonté de mots, de discours et de paroles qu'est l'oeuvre, mais aussi, et plus certainement, relevant comment une formule elle-même (toute formule, peut-être) prend corps, se dessine dans une relation à ce qui convient et emporte l'adhésion. Si le français " lève bas-ventre " s'est finalement imposé à moi autant que je l'ai choisi, c'est parce que ma lecture de Lifting Belly (texte relativement bref), sur plus d'une année, a permis, petit à petit, de mettre en place un ordre de priorités quant aux principes de l'organisation interne du texte. Au fur et à mesure de ma prise de conscience de la dynamique qui porte celui-ci, dans le pas à pas et à tâtons de mon travail de transposition de son volume en langue française du commencement de notre XXIème siècle, s'est dégagé, tout d'abord, ce que Stein y entendait et que Stein y entendait (" entendait ", dans le sens de " désirait " comme dans celui de " percevait par l'ouïe ", ou ce qu'elle proposait à notre oreille).
    Je n'aurais pas songé à ce travail qu'est ma proposition de ce que fut Lifting Belly en son temps, sans une longue expérience de lecture et de commentaire du chef-d'oeuvre qu'est The Making Of.
    Entendre : " lifting belly ", ventre qui se lève et matrice soulevante, " lift in belly ", soulèvement intime, ascenseur utérin, " lift in belle, li- ", soulèvement dans la belle et sur le point de recommencer encore, avec vue sur le sans cesse, " lift in, belle, -ly ", mouvement intérieur et vers le haut, bellement, etc. : entendre.

  • Money

    Gertrude Stein

    Recueil de cinq courts articles parus dans le Saturday Evening Post entre juin et octobre 1936 consacrés à l'argent. Inspirée par la politique de l'époque, G. Stein y diagnostique la démonétisation des grands nombres, dont bénéficie le gouvernement des États-Unis avec les impôts.

  • Picasso

    Gertrude Stein

    • Casimiro
    • 23 Janvier 2018
  • Ces textes écrits à divers moments de la vie de Gertrude Stein et tirés de différents volumes, tous relativement courts, ont en commun d'être animés par une intention similaire, celle qu'avait l'auteur de s'expliquer devant un auditoire ou un public de lecteurs.
    Ce sont pour la plupart des conférences, ou de petits écrits didactiques portant sur des sujets aussi divers que les problèmes de la prose, du roman, de la poésie, sur les romans policiers, la description, la peinture.

  • Henry James

    Gertrude Stein

    • Phebus
    • 17 Janvier 2008

    Qui aurait pu penser que la prêtresse d'une écriture radicalement révolutionnaire, résolument jazzy, s'intéresserait à Henry James, qu'elle serait fascinée par le plus subtil et sans doute l'un des plus grands écrivains américains ? Qui aurait imaginé la voir composer l'un des textes parmi les plus éblouissants jamais écrits sur l'auteur du Tour d'écrou et de Portrait de femme ? Dans ce Henry James fulgurant et visionnaire, Gertrude Stein évoque le maître Shakespeare afin de mieux saisir l'essence même de James. Nous comprenons soudain ce qu'écrire signifiait pour James, ce qu'écrire signifiait pour Stein. Et nous comprenons ce à quoi la lecture d'un texte engage: la disponibilité de tout l'être. Nous sommes au coeur de la création et de cette énigme qu'est le génie. Shakespeare en avait à revendre, James aussi, Stein de même. Comment alors ne pas faire précéder le Henry James de Stein par le Shakespeare de Henry James ?

  • "La guerre n'est jamais fatale mais elle est toujours perdue.
    Tout en disant cela ils se savaient sincères. Cela me ramène à l'époque où, de huit à douze ans, j'ai lu tous les drames historique de Shakespeare ainsi que ses autres pièces. De plus en plus cette guerre, en 1942-1943, s'apparente à cela. Les horreurs, les terreur de tous et l'impuissance de ces terreurs rapprochent cette guerre, si différente des autres, des drames de Shakespeare. La guerre de 1914-1918 n'était pas du Shakespeare tandis que celle-ci, n'ayant aucune signification, fait que le néant devient tangible".
    Gertrude Stein écrivit ces souvenirs sous l'Occupation, alors qu'elle s'était réfugiée avec Alice B Toklas chez des amis français dans un village de l'Ain.

  • "The Autogiography of Alice B. Toklas" is in fact Gertrude Stein's own autobiography, seen through the eyes of her friend, Alice B. Toklas. With occasional glimpses into her early life, it describes her years in Paris until 1932.

  • En 1934, Gertrude Stein retourne aux Etats-Unis son pays natal, après plus de trente ans d'exil, pour y donner une série de conférences. L'écrivain a alors soixante ans. Etablie à Paris, elle y est connue pour sa collection d'art, son amitié avec Picasso, sa poésie réputée difficile. Elle est aussi nouvellement célébrée pour L'Autobiographie d'Alice Toklas, publiée en 1933, qui lui apporte une attention dont elle était jusque-là relativement frustrée.
    La tournée américaine durera huit mois et connaîtra un important succès ; Stein y expose ses idées sur la littérature en général et sur la sienne en particulier. A l'invitation de Thornton Wilder, universitaire et romancier, elle intervient à l'Université de Chicago pour quatre conférences qui sont publiées aux Etats-Unis dès 1935 sous le titre Narration, et sont traduites pour la première fois en français dans ce volume.
    Stein tente d'y définir ce qui constitue la spécificité de la littérature américaine, la ligne de séparation entre poésie et prose, les conditions de possibilité du récit. Elle ne propose cependant pas une théorie des genres ; la langue des conférences contourne l'explication académique, provoque plutôt la pensée par sa poésie propre.

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