• Une analyse des actes technocritiques d'artistes, hackers et activistes de l'ère (post-)numérique.

    Contre l'hégémonie de l'innovation, ces derniers invitent à « mordre la machine », ré-ouvrir les boîtes noires, reprendre la main, transformer l'imaginaire technique. Leurs différentes approches - sous-veillance, médias tactiques, design spéculatif, statactivisme, archéologie des médias - explorent et expérimentent le hardware des machines, les coulisses de l'intelligence artificielle, les algorithmes de surveillance, la reconnaissance faciale, la visualisation des données.
    Ces actes de désobéissance numérique prennent le contre-pied de la gouvernementalité et souveraineté des plateformes (GAFAM). Ils réinscrivent l'histoire du code, du cryptage et du calcul dans une critique de la culture contemporaine et ré-ouvrent des voies d'émancipation citoyenne. « Faire oeuvre de hacking » recouvre ici des enjeux sociaux et politiques autant qu'esthétiques : réflexivité (critique), autonomie, indépendance, réappropriation des cultures matérielles (contre l'obsolescence et contre l'opacité des systèmes). La question du détournement y est centrale, l'humour et la parodie y occupent une place de choix.
    En proposant de « penser par l'art », l'ouvrage aborde différentes figures de cette désobéissance numérique à travers les oeuvres de plusieurs artistes internationaux : Trevor Paglen (USA), Paolo Cirio (Italie, USA), Julien Prévieux, Benjamin Gaulon, Christophe Bruno, Samuel Bianchini (France), Bill Vorn (Canada), Disnovation.org (France, Pologne, Russie), HeHe (France, Allemagne, Royaume-Uni).

  • Algorithmiques, interactives, performatives, responsives, opératoires... À l'ère numérique, les images changent de formes et de modes d'existence, elles offrent des possibilités d'action autant qu'elles agissent. Produites par des « machines de vision », objets de numérisation et de calculs, les images engagent des collaborations inédites entre arts, science et technologie. Enjeu de recherche et de création, cette transformation du régime des images est autant visible dans leurs formes qu'à travers leurs modes de circulation et leurs usages sociaux (images virales, téléchargées, copiées, collées, annotées, remixées, etc). Centré sur ces dynamiques interdisciplinaires, cet ouvrage propose d'analyser les nouvelles dynamiques de l'image interactive.
    En prenant appui sur l'histoire des arts et des évolutions récentes de la création en réseau, ce livre présente et analyse les oeuvres réflexives et souvent critiques d'artistes qui redéfinissent le statut de la vision et des actes d'images propres à l'ère numérique. L'accent est mis sur la pluralité des modes d'existence des images numériques ainsi que sur la dimension anthropologique et socio-politique des pratiques artistiques et activistes des médias.

  • À l'ère d'Internet, l'expression de nos identités numériques est prise en porte-à-faux. D'un côté, l'invention par les citoyens-internautes de nouvelles modalités d'expression et de revendications identitaires, individuelles et collectives sont susceptibles de renforcer le lien social et l'existence démocratique. D'un autre côté, la propension de contrôle de ces identités à des fins économiques et politiques s'accroît via la captation, la fidélisation et la traçabilité des profils. Répression et surveillance de nos comportements numériques semblent plus que jamais d'actualité.
    Comment maîtriser ses identités numériques ? Peut-on être personne sur le réseau ? Peut-on effacer ses traces ? Que faire de tous nos mots de passe et identifiants ? Ce volume des Essentiels d'Hermès propose de mettre en lumière les ressorts et dilemmes de la présence en ligne et de l'« être ensemble », ou autrement dit de la communication à l'ère numérique.

    Auteurs : Michel Arnaud, Franck Beau, Dominique Cardon, Alexandre Coutant, Oriane Deseilligny, Milad Doueihi, Olivier Ertzscheid, Jean-Paul Fourmentraux, Emmanuel Kessous, Sonia Livingstone, Giovanna Mascheroni, Louise Merzeau, Maria Francesca Murru, Marc Parmentier, Jacques Perriault, Bénédicte Rey.

  • Un comédien virtuel, des images interactives, un cirque trans-média, des agents intelligents, des logiciels, interfaces et bases de données numériques...
    Ce livre porte sur la manière dont la création artistique et la recherche technologique, qui constituaient autrefois des domaines nettement séparés et quasiment imperméables, sont aujourd'hui à ce point intriqués que toute innovation au sein de l'un intéresse (et infléchit) le développement de l'autre. Dans les nouveaux laboratoires de la création - artistique et informatique - les oeuvres hybrides qui résultent de leur interpénétration rendent irréversible le morcellement des anciennes frontières opposant art et science.
    Car en articulant des contributions interdisciplinaires, l'art numérique instaure en effet un morcellement de l'activité créatrice et des modes pluriels de désignation de ce qui fait oeuvre. Les logiques de conception et la régulation du travail qui en découlent étant désormais orientées vers une pluralité d'enjeux : exposition (artistique), invention (technologique) et connaissance (académique). L'examen de ces évolutions en France et au Canada révèle de nouvelles manières de faire oeuvre commune et soulève plusieurs questions : le travail artistique relève-t-il de la science ? Peut-il faire l'objet d'une recherche ? La création peut-elle, elle-même, recouvrir une dimension théorique ? L'interdisciplinarité mise en jeu s'accompagne-t-elle d'une transformation des modes d'attribution et de valorisation des oeuvres partagées entre art et science ?

  • Depuis le milieu des années 1990, Internet bouscule les formes de création et de diffusion de l'art contemporain. Dans le même temps, le « travail artistique », plus collectif et interdisciplinaire, préfigure de nouveaux usages de l'Internet. Cet ouvrage analyse les dynamiques et tensions de cette articulation de la recherche technologique et de l'innovation artistique. Il examine les modalités d'émergence d'un monde de l'art centré sur l'Internet, ainsi que l'institution de nouvelles conventions de travail et d'échange culturel. Quels sont ici les ressorts de la mise en oeuvre d'art ? Que signifie être auteur ? Quelles formes d'exposition et de réception sont imaginées ?

    Le Net art place en effet l'oeuvre d'art au coeur d'une négociation entre artistes, informaticiens, dispositifs techniques et publics amateurs. Le suivi de la conception, de la disposition et de l'exposition du Net art permet ici de voir se constituer des projets à dimensions multiples - programmes, interfaces, images, dispositifs - dont les enjeux relationnels et collaboratifs renouvellent les manières de « faire oeuvre » à l'ère des médias praticables.

    L'auteur propose une typologie de ces oeuvres et une analyse de leur « carrière sociale », mettant en perspective la redéfinition des modes de circulation des oeuvres, les outils et les stratégies de leurs mises en public, en exposition ou en marché. Axé sur « l'oeuvre en situation de travail », cet ouvrage permet ainsi de saisir à la fois le travail à l'oeuvre et le travail de l'oeuvre dans le Net art.

  • À l'heure ou ressurgit sur la scène académique l'incertain mariage de l'art et de la science, cet opus des Essentiels d'Hermès souligne le rôle qu'ont pu jouer dans ce contexte l'image et la communication.
    Il offre une mise en perspective des interrogations qui ont accompagné ou contraint ce désir, en pointant les enjeux autant que les dilemmes des tentatives récurrentes d'union ou d'association de l'art et de la science.
    Le domaine de l'image constitue une voie d'entrée privilégiée pour aborder cette histoire : le double caractère expérimental et tangible de l'image, ses dimensions visuelles et techniques, esthétiques et physiques, l'ont en effet inscrite simultanément dans l'histoire de l'art et de la science. De nos jours, les figures, les modes de production et les usages des images ne cessent d'osciller entre le désir de vérité et le besoin d'illusion.
    L'évolution des opérations d'exposition, de monstration mais aussi de démonstration ou de conservation, ont constitué le creuset de nouveaux questionnements, fondateurs pour les sciences de l'information et de la communication.
    Ces apports historiques, indispensables, que la revue Hermès nous offre aujourd'hui de revisiter, sont ici articulés à des contributions inédites qui éclairent d'une façon originale nos débats contemporains sur le devenir des arts et des sciences en partage.

  • En une décennie, le monde des médias et de l'image a été profondément bouleversé sous le double effet d'Internet et des nouvelles ergonomies visuelles/numériques. En passant de deux (cinéma et télévision) à cinq écrans (ordinateur, téléphone portable et console de jeu), les arts et cultures médiatiques connaissent une série de ruptures. Un nombre croissant de dispositifs transmédia et d'oeuvres de création proposent de réinventer les mises en scène et les modes de relations aux images et aux récits à l'interface des arts numériques, du cinéma interactif, des jeux vidéos et de l'Internet. Depuis quelques années, les web-documentaires, fictions, clips et jeux interactifs ou serious games fleurissent en effet sur le Web, ce qui apporte à la fois de nouvelles possibilités artistiques aux créateurs et place le public dans une situation nouvelle. L'hypothèse retenue est que ces Digital Stories se trouvent désormais placées au coeur d'une négociation entre divers enjeux et finalités d'invention technologique et de création artistique. En prenant ces « récits transmédia » comme objet d'étude privilégié, il s'agit de documenter les transactions et les conventions singulières qui se stabilisent au cours de leur réalisation en interactivité avec le public, et au cours de leur attribution et valorisation entre art, science et technologie.

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