• Sophie Calle se dit, se livre, se montre, s'affiche. Nous connaissons les couleurs de ses draps, de ses menus, de ses humeurs. Une telle exposition de soi sur la scène publique nous plongerait d'emblée dans la télé réalité si nous ne savions qu'elle est une artiste, et non des moindres : en témoigne le nombre d'expositions à son actif (on se souvient entre autres de la rétrospective " M'as-tu-vue " au Centre Georges-Pompidou, en 2003).
    Entre roman-photo, journal intime, filature, confession, road movie, autofiction, les textes, les photographies et les performances de Sophie Calle n'ont cessé d'emprunter aux mass media leur engouement pour le reality show. L'art intimiste dont elle a fait son style et sa marque de fabrique se réduit-il à un "air du temps " ? Mimétisme ou dérision, connivence ou parodie, ruse ou stratégie, l'oeuvre brouille à plaisir les niveaux de lecture et tire sa force et son originalité de ce savoir-faire.
    Les fantasmes de Sophie Calle, dans lesquels les médias peuvent se trouver un miroir, sont-ils les siens ou ceux d'une époque, les pirouettes d'une artiste branchée ou les habiles détournements
    d'un art qui joue les caméléons avec son temps et se joue de ses propres mascarades oe
    Quel " art " Sophie Calle donne-t-elle à voir ? Au-delà du " cas Calle ", c'est toute la question des frontières incertaines et mouvantes de la " médiaculture" contemporaine qu'examine ici l'auteur.

  • "L artiste ne saurait être l unique auteur de son oeuvre, ne serait-ce que parce qu il peut difficilement éviter d avoir recours à des compétences qui lui sont généralement étrangères - qu il s agisse de savoirs traditionnels comme la gravure, ou des apports de nouvelles technologies telles que le numérique, la robotique, ou l intelligence artificielle. Comment les artistes vivent-ils ce partage de compétences ? La réflexion porte sur le processus de collaboration et de réalisation de trois oeuvres singulières, signées respectivement Miquel Barceló, Eduardo Kac et Céleste Boursier-Mougenot."

  • Le regard est au coeur de toutes nos activités.
    Il s'inscrit dans toute relation avec le monde, filtre et organise une grande part des informations qui nous sont nécessaires et constitue ainsi un fait social majeur, en même temps qu'un principe actif de changement. Socialement produit, le regard l'est en effet en ce qu'il est conditionné par le jeu des formes qui nous entourent et qui contribuent à édifier des codes visuels générateurs d'habitus perceptif, cognitif et symbolique.
    Mais il est aussi producteur du social puisqu'en retour le voir est générateur de savoir, l'élaboration des concepts commençant avec la perception des formes. A l'intérieur d'une histoire des formes culturelles - art et science -, l'enjeu est donc de saisir la dynamique selon laquelle un ordre visuel participe à la " construction sociale de la réalité " et contribue au renouvellement des rationalités.

  • La collection est dirigée par Georges Balandier, professeur émérite à l'Université de Paris Sorbonne, directeur d'études à l'EHESS. Les ouvrages publiés sont des travaux de jeunes chercheurs français en sciences sociales.

  • L'image est au coeur des nanosciences. Interface obligée entre le chercheur et la matière, elle rend visible ce qui pourtant est invisible à l'oeil, ce qui en déborde le système optique. Fruits de médiations multiples - conception, calcul, simulation, design, observation, interprétation... -, que nous apprennent ces images sur notre regard instrumenté ? Que signifie " voir " l'invisible ? Les artistes comme les chercheurs - ou les artistes avec les chercheurs - témoignent ici de la construction d'une nouvelle " pensée visuelle ", à mi-chemin entre le voir et le savoir, et nous aident à démêler les images de leurs mirages. Artistes, physiciens, chimistes, biologistes, philosophes, sociologues, critiques d'art et galeristes croisent ici leurs regards sur les impacts de certains outils scientifiques (les microscopes à sonde locale notamment), la dynamique de la représentation et de la simulation, les rapports entre le perçu et le réel, les modalités de la réception et de l'interprétation de ce nouveau monde des formes, mais aussi les dérives cognitives voire commerciales auxquelles il se prête. En s'appropriant ou en détournant les images et les artefacts scientifiques, quel est l'ordre des significations que leur apportent les artistes, que conservent-ils du contenu d'origine, quelles dimensions originales leur confèrent-ils et de quels messages les chargent-ils ?

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