• " Lisons l'évangile de Matthieu.
    - Bien, ouvre la Genèse ! - Mais je pensais à Matthieu. - Oui, ouvrons alors l'Exode, Jonas, Ruth surtout, Isaïe. " C'est que l'évangile n'offre pas une " Vie de Jésus ". Ses gestes, ses paroles, son destin unique, tout ce qui est de lui, est comme naturalisé dans l'ambre de la Parole de Dieu, soit des Ecritures d'Israël. Mais ce n'est pas la cinquantaine de citations explicites de tel prophète qui opère cette transfiguration.
    C'est l'emprise continue des Ecritures d'Israël sur la diction de Matthieu, l'embargo sans éclipse de la Loi et des Prophètes jusque dans le style, la totale invasion de la Parole de YHWH, qui annoncent que Jésus est le Fils de Dieu ; qu'il ne sera pas le roi selon les Nations, le cauchemar de la Torah et des Prophètes. Celui qui a l'Onction (le Messie, ou Christ) n'est pas un héros, un humaniste aux accents exotiques, le frère universel - soit un baal qui remplace Dieu.
    Cet essai, tel un midrach passionné, reloge sur le fond d'or (et rouge sang) des Ecritures d'Israël le texte si connu de l'évangile, trop tiré en Histoire, en psychologie, en morale. Il tente de laisser à Israël le Fils d'Israël, un Fils de Dieu qui ne cache pas Dieu à force de fraternité avec l'homme

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