Fayard

  • Éloge de l'âge

    Christian Combaz

    • Fayard
    • 17 Janvier 2001

    Voici un livre paradoxal, provocant. Il va contre l'opinion, aujourd'hui commune, que les vieillards sont encore assez jeunes pour profiter de la vie, faire du sport, consommer, voyager...
    Les jeunes gens, ou les gens encore jeunes, attendent autre chose de leurs parents âgés ou de leurs grands-parents que ce simulacre de jeunesse prolongée. Ils en attendent ce que toutes les civilisations ont attendu des vieillards : un enseignement (fût-il muet), une leçon de vie dans l'acceptation sereine de l'âge et de sa fin ultime.
    Christian Combaz - né en 1954 - s'insurge contre cette société qui interdit à nos vieux d'être vieux. Qui les prive du droit de tirer des leçons de leur vie. Qui les distrait, leur épargne la solitude sans laquelle nous ne sommes rien, les préfère, bronzés, insouciants, insignifiants, et les pousse dans des maisons de retraite remplaçant l'amour et l'admiration qu'on leur doit par les soins qu'on leur donne.
    Tout cela est mensonge. Il est moins important d'être en forme que d'être en paix. Il faut accepter de vieillir, accepter la solitude, tendre vers le détachement. La vieillesse n'est pas une maladie, c'est un âge, de la vie. On peut le vivre consciemment, sans tricher.
    " Etre vieux, c'est être bien partout ", dit Victor, le vieil homme (si vrai) de ce livre.

  • Cent ans et demi

    Christian Combaz

    • Fayard
    • 1 Mars 2006

    Le jour de son centième anniversaire, au lieu de répondre aux toasts et aux discours par les banalités d'usage, le richissime Victor Wiegant déploie son mètre quatre-vingt dix et s'administre une dose de cocaïne sous les yeux de ses invités, avant de leur annoncer: «Si je ne suis pas mort dans un quart d'heure, je vais passer une journée formidable.» Il soeensuit plusieurs mois de frasques à l'échelle de ses moyens financiers.
    Scandales dans les théâtres et les restaurants les plus chics, déclarations fracassantes en direct à la télévision, générosités spectaculaires, délires mystiques, fantaisies mégalomaniaques. Rien ne semble pouvoir arrêter ce vieillard qui noea plus rien à perdre.


    Comme le dit le narrateur : «Les hommes qui mesurent un mètre quatre-vingt dix n'ont pas tous de l'assurance. Les gens riches non plus et les vieux encore moins. Mais ceux qui sont à la fois grands, riches et vieux semblent avoir compris qu'ils n'ont plus de prédateurs.»

  • Après la guerre à Paris, deux êtres que tout semble séparer, un restaurateur homosexuel et un juge catholique et père de famille, sont réunis par le sauvetage d'une fillette abandonnée.
    Pendant trente ans, cette Marianne, devenue ce qu'on appelait autrefois une " traînée ", tombe dans tous les panneaux de l'époque, ruine les efforts de ses bienfaiteurs, les oblige à remonter à quelque faute originelle et finit, à force de maladresse devant la vie, par leur infliger une rédemption qu'ils ne réclamaient pas.

  • Les jeunes ambitieux se confient volontiers au premier venu, surtout s'il a dépassé la trentaine. pour simon faugier, l'aventure aurait pu s'arrêter là. or elle va beaucoup plus loin. un confident d'un soir voit en lui une proie facile. cet inquiétant chasseur de têtes commence par envoyer simon chez un riche septuagénaire. victor wiegant lui propose un travail de bibliothécaire, puis le fait entrer comme rédacteur dans une revue d'art, dont il est le propriétaire, avant de l'associer à l'organisation d'un festival de musique, dont il est cette fois le bailleur de fonds.
    Simon y gagne rapidement l'amitié de cet homme chez lequel il passe la moitié de ses journées. fascination d'un jeune arriviste pour la richesse d'un vieux bourgeois ? pas sûr. ce n'est pas l'argent qui fascine simon, car il en a. ce n'est pas non plus la bourgeoisie, car il en fait partie. c'est plutôt l'âge.

    «du grand art. seul compte le ton, et combaz en a un qui frappe tout de suite par son élégance, son impassibilité mériméenne, son aptitude à clarifier, dans la psychologie de l'individu, les manigances de l'ombre », écrit angelo rinaldi dans l'express en 1979, à la sortie de messieurs, premier roman de christian combaz.


    Christian combaz est l'auteur d'une biographie de tycho brahe, de nombreux essais polémiques, dont enfants sans foi ni loi, et d'une quinzaine de romans - le dernier, nus et vêtus, est paru en 2002 chez fayard.

  • Léonard agonise à Amboise.
    Il se confie à Francesco Melzi, son dernier jeune " compagnon ". Mais c'est Salay qu'il voudrait à son chevet, Salay, le traître, le fils selon son coeur qu'il préfère à tous ses disciples. Que n'a-t-il réussi à garder l'amitié de ce beau Ganymède, lui qui a conçu tant de machines volantes ! Que ne s'est-il changé en aigle comme Zeus pour l'emporter sur l'Olympe ! Léonard évoque avec nostalgie l'époque où, flanqué de cet adolescent insolent et voleur, il sillonnait l'Italie en quête de reconnaissance.
    Il raconte ses désillusions, son emprisonnement à la suite d'une affaire de moeurs à vingt-quatre ans, sa lutte pour conserver l'estime de son père naturel, son impuissance à se rapprocher de sa mère, cette femme simple qu'il recueillit après son veuvage. Il raconte aussi la grossièreté du duc de Milan, le dédain de Michel-Ange, le génie du jeune Raphaël qu'il admirait, et jalousait plus encore. Il raconte, enfin, comment, malgré son orgueil et sa mauvaise réputation, il résista à ses détracteurs, avant de s'en remettre à la protection de François 1er, faute de ressources.
    Et Léonard de Vinci, qui aimait à se représenter en Lion ardent, succombe au doute autant qu'à la maladie. " La gloire qui m'était promise ne m'est point échue, tant pis ", s'écrie-t-il sur son lit de mort. Le portrait de Léonard de Vinci a été cent fois tracé - par des ingénieurs, des scientifiques protestants, peu enclins à l'indulgence vis-à-vis de ses penchants latins, ou par des hagiographes préférant ignorer les énigmes de sa vie.
    Dans ce roman sensible et intuitif, Christian Combaz se penche sur les secrets du maestro : pourquoi a-t-il abandonné plusieurs de ses grands travaux avant leur achèvement ? Pourquoi a-t-il toujours fui la marquise de Mantoue, Isabelle d'Este ? Pourquoi n'est-il jamais devenu un homme riche comme la plupart de ses rivaux ? Pourquoi sa passion douloureuse du vol et des oiseaux s'est-elle éteinte du jour au lendemain ?

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