Sciences humaines & sociales

  • Fondé par des tribus d'Asie, mû dès l'an mille par un désir fervent d'appartenir à l'Europe chrétienne, Budapest n'a jamais cessé de résumer le meilleur de notre civilisation. Liée aux Anjou, aux Habsbourg, à l'Italie de Botticelli et du Titien; francophile au XVIIIe, anglophile au XIXe siècle, temple de l'Art nouveau, la ville n'a jamais cessé de synthétiser toutes les valeurs du continent. Écartelé entre Orient et Occident, Budapest fut aussi malheureusement, du fait de sa position stratégique, le cadre de toutes les convoitises et le lieu de toutes les cruautés. À la veille du cinquantenaire de l'invasion soviétique, l'histoire de Budapest rappelle que l'appartenance à l'Europe peut se payer cher. Roman vrai d'une cité martyre, roman traversé par des figures historiques aussi mythiques que Sissi ou Franz Liszt, roman du malheur urbain par excellence, de la guerre des civilisations, mais aussi des plus grands raffinements intellectuels, du courage politique et de l'abnégation, ce livre devrait faire réfléchir ceux qui croient que le destin de l'Europe peut s'affranchir de l'Histoire.

  • Christian Combaz, enfant de la bourgeoisie moyenne, a le même âge que François Hollande et Nicolas Sarkozy. Il a passé son adolescence dans le même quartier. Il a fréquenté les bancs du collège qui voisinait avec le lycée Pasteur où gravitait ce qu'il appelle la France de Neuilly, celle des Bronzés, du Splendid, de Jacques Attali, de Sarkozy. Une nébuleuse qu'on retrouve partout dix ans après, aux commandes de la France qui n'aime pas les ploucs. À Sciences Po, quand il croise la promotion Voltaire dans les couloirs, il n'imagine pas qu'il subira toute sa vie son cynisme et sa cupidité.
    Pendant que le futur président profite des avantages du socialisme triomphant pour se hisser dans le carré de tête du système Mitterrand, l'auteur subit plutôt le maccarthysme de proximité, la marche forcée vers le « goût américain », l'art du blacklistage de gauche, dont il nous décrit ici les mécanismes dans le journalisme, la littérature, l'édition, avec un humour confiant car il croit que rien n'est perdu. Son propos consiste à épargner à la génération future la barbarie que la France de Neuilly a laissé se développer partout. L'auteur rappelle que ces ploucs qui sont décrits si souvent dans les sketches, les films, les chansons de la nébuleuse Bronzés-Canal Plus représentent la majorité de la population française.
    Il prédit qu'on n'a pas fini de les entendre.

  • égaux et nigauds

    Christian Combaz

    " Les partisans de l'internationale, qu'elle soit communiste ou marchande, nous assomment de leur vision horizontale de la planète depuis plus d'un siècle.
    Chacun sait que, pour étendre son horizon dans ce cas-là, il faut tôt ou tard monter sur les autres. Tandis que l'universel, le vertical, c'est l'égalité à la portée de tous. Pour prendre sa mesure sous les étoiles, pas besoin d'écraser autrui ou de dresser des tours de deux cents mètres. Il suffit de lever les yeux. "

  • Enfants sans foi ni loi

    Christian Combaz

    • Rocher
    • 13 Novembre 2002

    A dix ans j'ai connu un monde où l'on craignait ses parents, où l'on recherchait l'approbation de ses professeurs.
    A vingt ans, j'ai subi la bohème de la pensée qui prétendait ne craindre personne et s'affranchir de tout.
    A quarante ans, j'ai vu la violence se développer chez les enfants, leurs jeux devenir criminels, leur morale frôler la barbarie et je me suis dit : que cherchent-ils, sinon la hiérarchie dont on les a privés ?
    A soixante ans, faute d'avoir pu leur inculquer mes règles, devrai-je subir les leurs ?

  • Le déclin du modèle français est en train de provoquer ce que l'on observe dans une famille quand les parents se laissent déchoir. Nos anciennes colonies sont livrées à la guerre civile. Nos immigrants se communautarisent. Nos annexés se raidissent. La Bretagne, la Corse, la Savoie (qui avait encore un sénat et une armée propres il y a un siècle et demi) ont du mal à reconnaître le pays tel qu'il est devenu. Un pays dont les élites renient le passé chrétien pour ne pas déplaire à la Turquie. Un pays qui traite son patrimoine avec désinvolture et dont les provinces sont les sous-locataires d'une maison qui ne ferme plus.

  • Gens de Campagnol

    Christian Combaz

    Christian Combaz, réfugié en province depuis trente ans, nous invite à écouter une France que personne n´entend plus mais dont il craint qu´elle ne finisse par élever la voix. Sa chronique villageoise prend souvent le ton de la parabole et nous offre un tableau chaleureux d´une population vouée au service d´autrui, résignée à un sort ordinaire, mais qui n´a jamais suscité autant d´ironie chez les parvenus.
    Du vieux curé qui vit avec l´épicière au partisan de José Bové qui s´enrichit dans l´immobilier, du clochard algérien devenu la coqueluche du conseil général au menuisier local qui se flatte d´avoir la clientèle du Dalaï-lama, ce livre est truffé de personnages peu convenus mais archétypiques, d´événements à la fois locaux et planétaires et de bons sentiments propres à éveiller l´intérêt du journal de 13 heures - heure à laquelle, symboliquement, l´horloge de Campagnol est restée bloquée.

    Couverture : photomontage d´après un panneau © Alexandre Fundone / Flickr / Getty Images et un paysage de campagne © Derek Croucher / Photographer´s choice / Getty Images

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