• La vie des nombreux petits métiers qui animaient naguère notre pays. Cela va du berger au garde champêtre, du passeur d'eau à la filetière, tout un monde d'artisanat, d'esprit écologique avant la lettre, de gestes discrets et bien tournés qui rendaient heureux leurs acteurs et contribuaient à maintenir une économie locale. Une mine pour les conteurs.

  • C'était, je m'en souviens, un lundi de la mi-septembre 1781. Nous venions de croiser deux cavaliers. « Méfiance ! » grommela Grand-père qui se gardait des visages inconnus. Et, chemin faisant il me raconta que le secret des caillouteurs avait souvent excité de méchantes curiosités. Que je vous dise ! Les caillouteurs extraient des rognons de silex qu'on nomme les chailloux.
    Ces chailloux, aussi gros que les melons, ils les débitent ensuite en pierres à fusil. Or, les pierres à fusil, croyez-moi, ça vaut presque son pesant de pierreries, à cette heure.


  • gérard boutet, gourmet et gourmand, s'est penché au-dessus des marmites de nos aïeules et en a rapporté plus de 200 recettes dont les parfums évoquent irrémédiablement des souvenirs d'enfance.
    aux côtés de mets qui fleurent bon le terroir et qui s'assaisonnent de secrets de grands-mères, il livre de savoureuses histoires d'arrière-cuisine, sans lesquelles les meilleurs repas ne pourraient se concevoir.

  • Durant l'été 1724, au pire des chaleurs orageuses, la dépouille d'un homme est déterrée, étripée, salée. Puis, en dépit des abominables relents de putréfaction qui s'en dégagent, on la traîne par les chemins de la paroisse, accrochée à l'arrière d'une charrette, avant de l'exposer devant l'auberge du village. Ainsi passe la justice du Roi. Elle supplicie la mémoire d'un vieil huguenot dont le crime, à l'article de la mort, fut de n'avoir point renié ses convictions religieuses. Ce châtiment effroyable est le dénouement de l'affaire Moïse Gréjon qui suscita, à l'époque, un vif émoi dans le pays. Gérard Boutet - qui descend à la fois du martyr posthume et d'un des délateurs - ressuscite ce « procès à cadavre » dont sa famille fut doublement marquée.
    Ces pages terribles reposent sur des faits authentiques. C'est l'intolérance de tous les temps, quels que soient les croyances et les prétextes, qui s'y trouvent mises en accusation. Au-delà de l'anecdote macabre, le livre renvoie à un fanatisme qu'on voudrait éteint à jamais.

  • Au printemps 1726, au début du règne de Louis XV, deux couples de paysans - les ancêtres de l'auteur - s'éloignaient de leur province, l'Orléanais, pour se rendre à Tournai, au-delà des frontières du Nord, dans le but de s'y marier selon leur religion. Ils étaient protestants. Pareil déplacement enfreignait la loi. Ils allaient en sabots, couchant ici sous une grange, là dans une maison sûre, mais toujours se cachant des délateurs et des argousins. Ils couvrirent, en vingt et un jours, deux cent vingt-cinq lieues, soit quotidiennement cinquante de nos kilomètres. À leur retour au pays, les tracasseries rancunières, constamment attisées par le curé du village, tournèrent vite au drame. Leur existence devint un enfer.

  • Sept vieillards se souviennent de l'ancien temps, quand ils n'étaient encore que des gadouillots, et un conteur les écoute.
    A travers leurs souvenirs, c'est tout un village d'autrefois qui renaît, qui s'anime et qui revit. Les vendanges succèdent aux moissons, on s'apprête à tuer le cochon dans l'attente de la batteuse, le feu des veillées crépite dans la cheminée... Prêtez l'oreille à votre tour : vous entendez déjà le marteau du maréchal-ferrant qui rebondit sur l'enclume de la forge. C'est le coeur du village qui se remet à battre !

  • Subtil jus de la treille, sur quels tons n'es-tu pas louangé ? Mais l'enivrant nectar n'est un bienfait de la nature que par la science de l'homme : son élaboration nécessite un savoir séculaire.
    Le vigneron " élève " ses cuvées au secret d'une cave, tel un alchimiste dans son antre. Il y a de la magie dans la transmutation d'un verjus en un vin gouleyant.

  • Ce livre est un coffret rempli d'émouvants souvenirs liés, par l'image et la mémoire, aux mariages de naguère. Convoler était un engagement que nul ne prenait à la légère. Pour les "épouseux", l'aventure ne se limitait pas au plus beau jour de la vie. En accompagnement des documents qui parlent d'eux-mêmes sans dire tout, Gérard Boutet évoque les intrigues sentimentales, les manoeuvres de séduction, les espiègleries entre promis et promises, les rites infaillibles qui permettaient d'enflammer le coeur d'une belle, les précautions par lesquelles un soupirant s'attachait les faveurs de sa bien-aimée... Durant la noce, les invités ne manquaient jamais d'égayer l'événement en multipliant les facéties. Ces clichés d'hier, ces historiettes gentiment contées, ces traditions ressuscitées composent un témoignage d'une étrange valeur, celle d'un temps pas si lointain où un couple, après ses serments à la mairie et devant Monsieur le curé, formait un ménage indissoluble. Car on s'unissait alors dans l'espérance du meilleur et la résignation du pire, sans imaginer que le destin pourrait y changer quelque chose.

  • Un nouvel auteur, Jerry Josnes ?
    Pas tout à fait. Dans les années 70, il était un de ces polardeux publiés dans une collection dite « de gare ». Parti sans laisser d'adresse à la suite d'on ne sait quel déboire, il a fini par se faire oublier, lui et ses bouquins. On ignore ce qu'il est devenu. Nul ne peut dire où il vit, ni comment. C'est par hasard, l'autre jour, que Gérard Boutet a remis la main sur plusieurs manuscrits laissés par son ami d'autrefois. Il les a lus et, ravi de leur écriture enjouée, s'est promis de les faire éditer.
    Ce premier roman restitue toute une ambiance surannée, qui n'a rien de commun avec l'époque actuelle. Les ordinateurs ressemblaient à des armoires blindées ; on ne parlait pas du minitel, d'Internet encore moins. Inconnus, les portables : il fallait trois mois pour obtenir le téléphone. Le cinoche en technicolor résistait vaillamment à une télé parcimonieuse qui venait de colorer sa deuxième chaîne. Dans la rue, les bourgeois en costard-cravate se rinçaient l'oeil sur les minijupes des minettes. L'avenir promettait des lendemains qui chantent, avec du boulot pour chacun...
    À travers une intrigue à rebondissements, Flic flaque est une invitation à flâner dans un monde que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître.

  • Décisifs. Il est superflu de rappeler qu'au théâtre des Illustres Figures, les drames, comme les comédies, se jouent davantage en coulisse que sur scène. Les exemples ne manquent pas. Ainsi, sans l'inconstance de certaines belles endormies, la plupart de nos princes charmants n'aurait jamais cherché noise à leur entourage.
    De même, sait-on qu'avant d'ensanglanter les champs de bataille, bien des guerres en dentelle furent déclarées au secret des alcôves royales. Mais les historiographes patentés ne sauraient se faire l'écho de ces turpitudes inavouables. Aux manigances d'antichambre, piteuses débandades et bassesses lamentables, ils préfèrent les hauts faits, les éclatantes victoires et les glorieuses postures.

  • Découvrez Contes braconnes par les bois de Sologne, le livre de Gérard Boutet

  • Berquinades malicieuses et autres facéties de grimaud.
    Connu pour ses nombreux ouvrages qui rendent hommage à la paysannerie et à l'artisanat rural, notamment à travers les collections "Ils étaient de leur village" et "les gagne-misère", Gérard Boutet a publié le magistral dictionnaire "La France en héritage" encyclopédie de référence qui fait de lui un maître incontesté de l'histoire populaire. Ici, il reprend le ton du conteur qui lui est familier pour nous offrir un florilège drolatique qu'il narre, avec gourmandise, dans la tradition des veillées de naguère. Faits mystérieux, menées criminelles, événements mémorables et fredaines croustillantes, les chapitres s'enchaînent en évoquant le registre des colporteurs qui, au temps jadis, véhiculaient nouvelles, billevesées et carabistouilles de village en villages. Au fil de ces récits terrifiants ou cocasses, c'est un lot coutumier de cachotteries, de frayeurs et de joies que le lecteur découvre. Mais nul n'ignore que, sous la fable plaisante, perce souvent une moralité qui vaut une sérieuse leçon.

  • Il y a cinquante ans, la France était un pays rural, les villes avaient des allures de gros villages, traditions et savoir-faire se perpétuaient depuis des générations.

    Toute cette richesse humaine, ces besognes du quotidien, disparues avec l'urbanisation des années 1960, constituent l'essentiel de notre histoire commune.

    Ce dictionnaire encyclopédique abondamment illustré de photos d'outils, de publicités d'époque, d'objets de tous les jours, traite des métiers et tâches de la terre, de l'artisanat, de la petite industrie et des manufactures, évoque les corporations, l'organisation du monde paysan, les étapes de la vie (naissance, mariage...), les fêtes calendaires, les croyances ancestrales (médecine, météo...), la sagesse des proverbes, les chansons et les comptines... En bref, tout un pan de la vie quotidienne de nos proches ancêtres. Ainsi passe-t-on, sur la même page, de « Brouettier » (menuisier fabriquant des brouettes) à « Brouteur de persil » (surnom des tireur de bateaux sur les canaux du Berry), puis à « Broyeur » (ouvrier qui battait les tiges de végétaux textiles), à « Bruixa » (jeteuse de sort en Languedoc) puis à « Buandier » (lavandier).

    La France en héritage est donc une somme patrimoniale de première importance, oeuvre d'une vie de Gérard Boutet, spécialiste reconnu de l'histoire populaire et infatigable arpenteur de nos campagnes.

  • On imagine mal ce que pouvait être l'existence journalière des gens de naguère, bien avant que la machine ne vienne améliorer leur condition. Souvent on naissait sans être vraiment désiré ; on grandissait comme une mauvaise herbe et sitôt les dix ans, avec plus de force en bras que de jugeote en ciboulot, on se louait pour gagner sa croûte loin des jupes rassurantes d'une mère trop occupée à torcher les puînés. On apprenait le boulot sur le tas, en regardant faire les anciens qui n'étaient pas avares en coups de pied au cul.
    Ils ne sont plus légion, ceux qui peuvent encore évoquer ces duretés qu'ils ont endurées. Les années ont coulé. Ils sont partis les uns après les autres, sans bruit, le plus simplement du monde. Avec eux ont disparu les derniers témoins d'une époque à jamais révolue.
    Gérard BOUTET En quarante ans, de 1920 à 1960, la vie quotidienne dans nos campagnes a subi plus de transformations que pendant les vingt siècles qui ont précédé.
    Conscient de la disparition progressive d'un savoir-faire rural devant les assauts de l'urbanisation et de la mécanisation, Gérard Boutet a arpenté nos campagnes à la rencontre de ces gens de peu, les gagne-misère, et a rapporté sans nostalgie le récit de leur vie quotidienne avant qu'ils ne s'éteignent, et avec eux la mémoire de nos campagnes.

  • Jusqu'au milieu du XX e siècle, chaque village et bourg de France abritait une cohorte d'artisans qui participaient à la vie quotidienne d'une population encore très rurale et étaient indispensables à la bonne marche de la communauté. Puisant dans la somme encyclopédique de La France en héritage, Gérard Boutet a réalisé ce petit dictionnaire dans lequel on trouvera des métiers que l'on attend (maréchal-ferrant, charpentier, chaudronnier, sabotier, tonnelier...) et d'autres aujourd'hui insolites, tels que l'épinglier (qui fabriquait des épingles), le fleuristier (fabricant de fleurs artificielles pour les modistes ou les couronnes mortuaires), voire le patenôtrier (fabricant de chapelets et colifichets de piété) ou l'oribusier (fabricant de chandelles de résine). Chacun des 120 métiers, qu'il soit de petite industrie ou de petite main, est défini en prenant en compte les caractéristiques régionales, sans oublier les aspects historique et anecdotique.

  • Dans l'ombre du père, puis souvent dans celle du mari, les femmes ont pris leur part de travail... souvent effacées, toujours efficaces, veillant au quotidien de tous, avec le ménage à tenir et les enfants à élever. À la ferme, il ne fallait pas ménager son courage. Dans les fabriques ou les manufactures, les petits métiers se faisaient sans rechigner, pour un maigre salaire. À l'heure des confidences, Gérard Boutet est là pour écouter les joies et les peines de ces vies de femmes.

  • Rappelons-nous notre enfance et sa poésie quotidienne des étonnements dus aux artisans ou aux colporteurs. Gérard Boutet poursuit son Tour de France des métiers disparus par des récits à la nostalgie à peine feinte qui décrivent désormais un monde légendaire.

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