• Le champagne dans l'art

    Jean-Marie Pinçon

    • Thalia
    • 20 Septembre 2007

    A première vue, les artistes ne semblent pas avoir manifesté une passion pour le vin blond cher à Apollinaire. C'est à peine si, de mémoire, l'amateur peut citer quelques oeuvres de référence. Pourtant, le champagne n'en inspire pas moins le peintre, le dessinateur ou le graveur. Pour preuve, les quelque soixante oeuvres présentées dans cet ouvrage, choisies parmi plus de cent cinquante compositions recensées. Si aucune date ne fixe précisément la naissance du champagne, il est, dès qu'il apparaît, aussitôt reconnu et apprécié des élites, et il inspire les peintres prompts à exprimer les goûts de leurs commanditaires. Ainsi, en 1735, avec Jean-François de Troy et Nicolas Lancret, le champagne prend place sur les cimaises royales. Au fil des ans, la place du champagne évolue dans la société. Invariablement, le peintre s'en fait l'écho. Mieux, il devient historiographe. Ses oeuvres sont autant de chroniques sur le vin. Parfois, l'énigmatique artiste peut aussi bâtir un rébus. Il nous invite tour à tour à des célébrations religieuses ou profanes. L'oeuvre, enfin, rend hommage à la vigne et à ceux qui la travaillent.

  • Cinq cents ans avant J.-C., le prince Dariav monte sur le trône et fait de la Perse le plus grand empire jamais vu dans l'Antiquité. Intelligent, il gouverne avec sagesse et développe le commerce dans les provinces qu'il contrôle grâce à un réseau de communications entièrement nouveau. S'appuyant sur une armée de métier, il butera cependant sur quelques obstacles. Il ne parviendra pas à dominer les Scythes ni à vaincre les Grecs. À la fin de son règne, la défaite de Marathon remettra en cause la domination des Perses sur le monde. D'une actualité parfois troublante, ce roman met en scène ce long règne, théâtre d'intrigues inédites sur fond d'histoire.

  • Depuis un certain 22 novembre 1783, les montgolfières, vaisseaux baroques gonflés d'air chaud, dérivent au gré des vents complices dans les cieux du monde. Leur passage dans l'azur nourrit plus que jamais les rêves des hommes. Si les orgueilleux supersoniques fascinent, l'humble marche des escargots célestes enchante et fait toujours recette. On se bouscule pour grimper dans la nacelle de rotin et d'osier aux côtés des nouveaux aérostiers. Vue d'en bas, la danse des bulles est un spectacle constamment renouvelé. Leur parcours souvent facétieux, toujours insolite reste à deviner et prend à contre-pied. Le décor favorise les variantes lorsque la météo lance ses brumes matinales, fait courir ses cumulus ou ponctue l'azur d'immaculés cirrus. Variations encore, lorsque l'aérostat coudoie le soleil couchant ou la lune montante... Le ballon lui-même est objet de surprises. L'humeur du concepteur lui donne des formes étranges ou fantaisistes, pour le plaisir du spectateur. L'enveloppe est une surface bénie pour les graveurs de messages. Les sociétés l'ont compris qui communiquent utilement et rivalisent de logos imaginatifs. Les villes et les régions ne sont pas en reste et parrainent nombre de vitrines gonflables, jusqu'à posséder, à l'instar de la Lorraine, leur propre escadrille de bulles de com'. Vu d'en haut, hormis l'émotion de l'envol, le spectacle enivre les plus abstinents au plaisir. A terre, l'emboîtement des maquettes de villages piquetés de clochers, l'entrelacs des routes et des chemins, la billebaude des rivières, se succèdent à l'envi. Les étangs aux tracés indomptables contredisent la rigueur géométrique de la mosaïque des champs. L'oeil a maille à quitter le sol pour suivre la farandole des montgolfières lâchées en tir groupé. Les voilà jouant à saute-mouton par-dessus les bosquets, se mirant à la surface d'un lac, yo-yo géants multipliant ascensions et descentes... Spectacles infinis que l'objectif du photographe a cadrés avec talent, fixés en clichés éternels. Le fruit du regard appliqué ou humoriste de l'artiste a été rassemblé dans ce livre d'images splendides. L'ouvrage a été ordonnancé en chapitres scandant les moments de l'aérostation. Le texte s'est fait discret pour mieux servir le souffle poétique de ces ascensions d'un autre temps.

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