• Quand le prisonnier le plus gardé de l'histoire réussit l'incroyable exploit de publier sous anonymat trois manuscrits en Angleterre, se jouant de ses geôliers de la plus belle des manières.

    1816. À Londres, le docteur Warden, chirurgien du navire qui convoya l'Empereur jusqu'à Sainte-Hélène, publie des lettres sur ses prétendues conversations avec lui. Grand succès. Napoléon comprend le parti qu'il peut en tirer. Le voici qui, en 1817-1818, rédige clandestinement et fait paraître en anglais trois écrits successifs - les Lettres du Cap, les Lettres d'un capitaine de bateau, enfin le Manuscrit de l'île d'Elbe -, chez le même éditeur londonien, à la barbe du gouverneur Hudson Lowe et du cabinet britannique qui ne surent jamais par quelles complicités ces textes étaient parvenus en Angleterre. L'écho fut retentissant, mais jamais le nom du véritable auteur ne fut découvert avant sa mort en 1821.
    Changeant de style d'un livre à l'autre, Napoléon traite successivement d'épisodes de son épopée, des conditions de sa détention et du caractère imprescriptible de la légitimité impériale, et révèle son génie exceptionnel de la communication sur le seul champ de bataille qui lui demeurait, celui de l'opinion. Il en sortit une dernière fois vainqueur. Ces textes largement oubliés retrouvent vie et signification grâce à l'édition établie par Pierre Branda dans ce nouveau volume de la « Bibliothèque de Sainte-Hélène », fondée et dirigée par Thierry Lentz.

  • Textes réunis, annotés et présentés par Jean Tulard, de l'Institut Napoléon ne fut pas seulement le stratège et l'homme d'État qui a marqué notre Histoire. Il fut aussi grand écrivain.
    Il sera, tout à tour, romancier rousseauiste dans sa jeunesse, puis journaliste redoutable, enfin écrivain militaire. Son style fera l'admiration de Thiers et de Sainte-Beuve.
    En 1967, Jean Tulard, l'éminent spécialiste napoléonien, décida de rassembler et de commenter la totalité des textes littéraires ainsi qu'une somme importante des écrits militaires de Napoléon Bonaparte. On y retrouve aussi bien des considérations sur le suicide, que le fameux Souper de Beaucaire ou les célèbres proclamations à l'armée d'Italie ou à la Grande Armée.

  • Napoléon a beaucoup écrit à Sainte-Hélène. Outre une abondante correspondance, le fameux Mémorial de Sainte-Hélène de Las Cases, il s'est attelé à des oeuvres historiques. Le Précis des guerres de Jules César en fait partie. Ecrit par M. Marchand sous la dictée de l'empereur, l'ouvrage fut publié pour la première fois à Paris, en 1819. Napoléon Ier n'est pas le seul à s'être intéressé à Jules César. On connaît mieux l'Histoire de Jules César de Napoléon III, car ce dernier fit appel aux meilleurs historiens et archéologues de son temps pour conduire une enquête très approfondie sur les lieux de la guerre des Gaules. Napoléon Ier n'avait pas les mêmes moyens sur son île. A partir
    de ses connaissances et de la documentation qu'il put trouver sur place, il dicte à son secrétaire ses propres commentaires sur la vie politique et militaire de Jules César. Le livre est divisé en deux chapitre : « La Guerre des Gaules » et les « Guerres civiles ». On peut y voir la reconnaissance d'un grand stratège par un autre stratège non moins grand. Le sujet permet ici à Napoléon de livrer quelques réflexions sur l'art de la guerre. On comprend ce qui a pu fasciner par ailleurs l'empereur déchu dans ce sujet : il contemple en miroir sa propre destinée dans celle de son antique prédécesseur. A cet égard, les dernières phrases de l'ouvrage sont révélatrices : « En immolant César, Brutus céda à un préjugé d'éducation qu'il avait puisé dans les écoles grecques ; il l'assimila à ces obscurs tyrans des villes du Péloponnèse qui, à la faveur de quelques intrigants, usurpaient l'autorité de la ville ; il ne voulut pas voir que l'autorité de César était légitime, parce qu'elle était nécessaire et protectrice, parce qu'elle conservait tous les intérêts de Rome, parce quelle était l'effet de l'opinion et de la volonté du peuple. »

  • Selon Napoléon, la première qualité d'un général est de savoir émouvoir son armée.
    Il s'y employa mieux que quiconque et fit la démonstration de son génie également en matière de rhétorique. Convaincu que " les mots étaient tout ", il sut galvaniser ses troupes et de l'ouverture de la campagne d'Italie aux adieux à la Vieille Garde, il prononça certains des plus beaux discours de guerre. Bien connues dans les pays anglo-saxons, ces proclamations et allocutions militaires sont tombées, en France, dans l'oubli.
    Elles sont réunies pour la première fois en un volume depuis la fin du XIXe siècle.

  • Napoléon III était fasciné par Jules César et entreprit d'en rédiger la biographie.
    Très vite, la période de la guerre des Gaules devint le vrai sujet de son livre. Le plus novateur fut sa volonté de retrouver sur le terrain les traces du conflit. Pour ce faire, il réunit les meilleurs historiens de son époque et fit appel à des officiers brillants pour entreprendre des recherches sur les lieux décrits par César. Les résultats furent stupéfiants. De Gergovie à Alésia, les fouilles permirent de confirmer chaque épisode des batailles et des sièges, tout en suivant les mouvements des troupes ; En cela, Napoléon III fut un des fondateurs de l'Archéologie nationale.
    Loin d'être un objet de curiosité, cet ouvrage reste, par les informations qu'il nous livre, un document d'actualité.
    En effet, l'archéologie a confirmé depuis l'extrême justesse des études sur lesquelles il repose. Ce livre constitue un ouvrage fondamental pour tous ceux qu'intéressent l'histoire et la guerre des Gaules.
    Un atlas de 32 cartes en couleurs est reproduit en fin de volume.
    Il est complété par les commentaires que fit Napoléon Ier à Sainte-Hélène, et que rédigea un de ses aides de camp, sur la tactique militaire de Jules César.
    La lecture que fait Napoléon III du Bellum Gallicum de César reflète le constant souci de l'Empereur de ne négliger aucun des aspects nécessaires à la compréhension du texte, des faits, de la politique et des hommes.
    L'auteur sut s'entourer de meilleurs savants de son époque et mettre en oeuvre la fantastique énergie des érudits locaux à travers toute la France.
    N'hésitant pas à envoyer des troupes pour vérifier certains itinéraires des légions de César. Faisant reconstruire les machines de guerre romaines pour les expérimenter. Pionnière, cette fantastique aventure collective nous stupéfie, tant par les moyens dont elle put disposer en son temps que par les progrès scientifiques qu'elle suscita, et que nul ne saurait aujourd'hui renier.
    Il ressort surtout des recherches que Napoléon III et ses collaborateurs ont développées, qu'elles contenaient en germe toute l'archéologie moderne.
    Il faut, notamment, saluer le travail considérable des fouilleurs du Second Empire sur les sites de la guerre des Gaules.

  • «  Les Romains ne dissimulaient plus leur projet de réduire les Gaules en provinces  ; ils avaient dans chaque ville un parti qu'ils cherchaient par tous les moyens à rendre dominant  ; les Gaulois frémissaient à la vue des dangers que courait leur liberté. [...] Au commencement de l'an  52, l'insurrection éclata de tout côté  ; les Chartrains donnèrent le signal  ; ils entrèrent dans Orléans, massacrèrent les chevaliers romains, entre autres l'intendant des vivres de l'armée, qui s'était rendu coupable d'exaction. Les Auvergnats l'apprirent le même jour par les cris des hommes placés de distance en distance sur la route. Vercingétorix, jeune seigneur de Clermont, se montra à la tête des insurgés.  » Écrit sous la dictée et publié à titre posthume, le Précis des guerres de César est le fruit des dernières réflexions de l'empereur en exil à Sainte-Hélène, une analyse avertie d'un chef de guerre par un autre chef de guerre. Entouré de ses derniers fidèles, Napoléon aborde un sujet qu'il connaît depuis l'enfance et maîtrise à la perfection, s'attachant à restituer les combats décisifs de la guerre des Gaules puis de la guerre civile et à les commenter en stratège éclairé. L'étude comparée des conflits antiques et modernes fait apparaître l'influence durable du génie césarien autant que les bouleversements tactiques liés à l'émergence de l'artillerie, dans une fresque vivante et synthétique de l'art de la guerre romaine.
      «  Pour l'exilé de Sainte-Hélène, le sort de César devient le miroir de sa propre épopée et lui offre l'occasion de vilipender la restauration des Bourbons accomplie, selon lui, à contre-courant de l'histoire.  »  (Yann Rivière)   Présentation de Yann Rivière, directeur d'études à l'EHESS.
     

  • A l'occasion du bicentenaire Napoléon 1821-2021, nous avons le plaisir de rééditer pour la première fois depuis sa parution originale en 1913, trente lettres composant un recueil épistolaire rare et peu connu des spécialistes de Napoléon, connu sous le titre de Tendresses impériales . Ces courriers retracent l'amour naissant entre le jeune Bonaparte, alors encore général, et la future impératrice Joséphine.

  • 1809 marque l'année allemande de l'Empereur. Revenu précipitamment d'Espagne au bruit des armements de l'Autriche, Napoléon prépare activement la guerre à venir en mobilisant ses alliés de la Confédération du Rhin. C'est l'objet de nombreuses lettres à Champagny, son ministre des Relations extérieures, à Berthier, son major général, et aux princes allemands concernés. Quand arrive l'automne, une fois la paix signée à Vienne le 14 octobre (après notamment la célèbre bataille de Wagram), il lui faut venir à bout des dernières résistances du Tyrol et surtout achever de dessiner la carte de la nouvelle Allemagne, qu'il ne cesse de remodeler depuis 1802. Si Napoléon ne peut se désengager de l'Allemagne tant que continue la guerre contre l'Angleterre, et se rassure de l'apparente « bonhomie » de caractère des Allemands, apparaissent ici et là quelques signes de la future révolte de l'Allemagne contre un libérateur qu'elle considère aussi comme un oppresseur. Ce volume important s'achève avec un autre basculement, le divorce entre l'Empereur et Joséphine, l'épouse liée intimement à son ascension et à l'établissement de son règne.

  • Ce nouveau volume de la Correspondance générale de Napoléon couvre une année cruciale et dramatique de l'épisode napoléonien : celle d'une nouvelle guerre franco-russe qui conduit certes les Aigles du Niémen à Moscou, mais c'est aussi celle de la retraite, première étape d'un formidable effondrement.
    La campagne de Russie, de sa préparation à son échec, occupe la majeure partie de cet ensemble de 2538 lettres dont 64 % d'entre elles qui ne figuraient pas dans la Correspondance publiée sous le Second Empire. Si elles sont majoritairement issues des grands centre d'archives français (Archives nationales, Service historique de la défense, Archives du ministère des Affaires étrangères), il faut souligner l'apport des centres d'archives russes qui ont contribué à enrichir cet ensemble.Comme les précédents, ce volume est complété d'une chronologie, d'index, de cartes et de trois études éclairant des aspects éparses de la Correspondance : François Houdecek, « La Grande Armée en 1812 » ; V.
    Bezotosnyi, « L'armée Russe 1810-1812 » ; M. Roucaud, « La correspondance en chiffrée ».

  • On a souvent désiré voir en Napoléon un primaire. Cela est faux. Il a reçu, à Brienne, puis à l'Ecole Militaire de Paris une instruction assez complète, avec des lacunes : quelle instruction n'en a pas ? Quand il entre au régiment de La Fère, il sait à peu près, en tenant compte de la diversité des temps, ce que sait un jeunes de Saint-Cyr. Mais c'est lui alors qui, dans les loisirs de sa première garnison, Valence, loisirs augmentés par son isolement et sa pauvreté, s'aperçoit qu'il ne sait pas grand'chose. Pendant cinq ans, il ne cesse de lire, d'annoter, de remplir ses cahiers de son griffonnage. Il refait son instruction entière. Sa mémoire sans égale retient tout, dans le plus étonnant détail. Cette passion de lecture durera sa vie entière. Tout lui sera bon : histoire, science militaire, romans, poésie, théâtre, philosophie, études religieuses, rapports administratifs, législation. Dans son cabinet des Tuileries, dans chaque déplacement, à l'armée même, plus tard en exil, il lira toujours. Un savoir immense se logera peu à peu dans sa tête ordonnée et méthodique. Napoléon deviendra ainsi l'un des hommes les plus instruits, les plus cultivés de son siècle.
    Octave Aubry (1881-1946) est un historien et romancier français, élu à l'Académie française le 14 février 1946. Il a écrit de nombreux livre sur l'empereur Napoléon 1er. Le Dr Bernard Plouvier, né en 1949, a été élu membre de l'Académie des Sciences de New York en mai 1980. Il est l'auteur de nombreux livres sur la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi sur Jésus de Nazareth et Galilée.

  • Dans les 3006 lettres qui couvrent l'année 1810, la première des affaires importantes est sans nul doute le mariage autrichien. Napoléon avait tout d'abord hésité à entrer dans la famille des Habsbourg mais une fois décidé, il ne sait cacher son impatience et attend fébrilement l'arrivée de sa jeune épouse. Les premiers contacts se révèlent très positifs. Napoléon est enchanté de "sa Louise" et s'empresse de le communiquer à François 1er, son plus ancien ennemi, devenu en l'occasion son très cher "frère et beau-père". Ce mariage lui promet de surcroît une descendance qui devient réalité un an plus tard, le 20 mars 1811.



    Pourtant, ce mariage est gâché par l'absence de 13 cardinaux sur les 27 invités. En effet Pie VI, détenu à Savone, a non seulement excommunié Napoléon et a refusé de reconnaître la nullité de son premier mariage, mais il persiste à refuser l'investiture des prêtres et évêques nommés par l'Empereur.

    Enfin, cette union modifie le système des alliances : la Turquie et la Russie n'y sont pas favorables, alors que l'Autriche est le nouvel allié. Napoléon renforce donc l'intensification du blocus continental en fermant le continent européen aux Anglais, et multiplie les annexions dont celle de la Hollande.

  • Environ 3.000 lettres écrites en 1811, année charnière pour l'Empire, dont l'avenir semble assurer grâce à la naissance du roi de Rome et aux projets grandioses de Napoléon, alors que les tensions diplomatiques avec l'Empire russe et le clergé révèlent des fissures dans ses fondements.

  • On pourrait résumer ce volume 8, portant sur l année 1808 et janvier 1809, aux « affaires » de la péninsule Ibérique qui sont omniprésentes : Aranjuez, Madrid, Bayonne, Baylen en forment les jalons les plus marquants. Mais il faut y ajouter l entrevue d Erfurt où Napoléon et Alexandre tentent de consolider les accords établis un an plus tôt ou l occupation de Rome qui entérine les désaccords profonds entre la France et la Papauté. L année 1808 marque en réalité un tournant décisif dans l histoire du Premier Empire : c est ici qu apparaissent les premières fissures dans l édifice européen voulu par Napoléon.
    Ce nouvel opus de la Correspondance générale publiée par la Fondation Napoléon regroupe 3025 lettres annotées par Gabriel Madec. Collectées en France et à l étranger, ces lettres augmentent le corpus connus depuis le Second Empire de près de 62 % ; 25 % des lettres peuvent être considérées comme inédites. Ce volume est enrichit de 5 cartes, d une étude, d annexes et des indispensables index (notamment biographique). Avec ce 8e volume de la Correspondance générale, la Fondation Napoléon entame la seconde moitié de la vaste entreprise qu elle s est fixée.

  • L'une des ambitions de l'aspirant Buonaparte était de devenir homme de lettres. Ces oeuvres de jeunesse sont encore aujourd'hui peu connues. Nous publions ici quatre textes de fiction contemporains de sa période de formation militaire. Napoléon a alors 17 et 18 ans, il fait ses études d'artilleur et expérimente ses premiers amours. On perçoit déjà entre les lignes la personnalité du chef militaire qu'il deviendra et l'homme attaché à ses amours. Le Masque Prophète paraphrase un épisode de l'Histoire des Arabes, de Marigny. Les Réfugiés de la Gorgona datent du Napoléon anglomane, nourri de Boswell et du souvenir d'Horace Walpole qui délivra de sa prison pour dettes le malheureux roi de Corse Théodore Ier. Le Discours sur l'Amour est une discussion paradoxale entre deux jeunes artilleurs, Napoléon et son ami Des Mazis, qui s'ennuient en garnison. L'Aventure au Palais Royal est enfin une courte nouvelle sur le ton des écrivains débutants, celui des confessions.

  • En 2 567 lettres (dont 30% inédites), les deux années les plus captivantes de la vie de Bonaparte ? probablement aussi l'une des périodes les plus brillantes de l'histoire de France.

    Le tome III d'une aventure éditoriale qui a d'emblée su trouver son public.

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