Dualpha

  • On a souvent désiré voir en Napoléon un primaire. Cela est faux. Il a reçu, à Brienne, puis à l'Ecole Militaire de Paris une instruction assez complète, avec des lacunes : quelle instruction n'en a pas ? Quand il entre au régiment de La Fère, il sait à peu près, en tenant compte de la diversité des temps, ce que sait un jeunes de Saint-Cyr. Mais c'est lui alors qui, dans les loisirs de sa première garnison, Valence, loisirs augmentés par son isolement et sa pauvreté, s'aperçoit qu'il ne sait pas grand'chose. Pendant cinq ans, il ne cesse de lire, d'annoter, de remplir ses cahiers de son griffonnage. Il refait son instruction entière. Sa mémoire sans égale retient tout, dans le plus étonnant détail. Cette passion de lecture durera sa vie entière. Tout lui sera bon : histoire, science militaire, romans, poésie, théâtre, philosophie, études religieuses, rapports administratifs, législation. Dans son cabinet des Tuileries, dans chaque déplacement, à l'armée même, plus tard en exil, il lira toujours. Un savoir immense se logera peu à peu dans sa tête ordonnée et méthodique. Napoléon deviendra ainsi l'un des hommes les plus instruits, les plus cultivés de son siècle.
    Octave Aubry (1881-1946) est un historien et romancier français, élu à l'Académie française le 14 février 1946. Il a écrit de nombreux livre sur l'empereur Napoléon 1er. Le Dr Bernard Plouvier, né en 1949, a été élu membre de l'Académie des Sciences de New York en mai 1980. Il est l'auteur de nombreux livres sur la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi sur Jésus de Nazareth et Galilée.

  • Marie-Louise et Napoléon ont entretenue une correspondance importante durant les trois années 1812, 1813, 1814... Napoléon et Marie-Louise, mariés le 1er avril 1810, ne se séparèrent guère que quelques jours au cours des vingt-sept premiers mois de leur union. Le 29 mai 1812, l'Empereur quittait sa jeune femme à Dresde pour aller se mettre à la tête de la formidable armée destinée à l'invasion de la Russie et ne revit l'Impératrice, le désastre consommé, que sept mois après, le 18 décembre. Au cours de ces successives séparations - dix-sept mois - Napoléon écrivit, presque quotidiennement, à sa « bonne Louise » des lettres intimes et familières auxquelles, elle aussi, répondait presque chaque jour. L'entourage des souverains avait connu les allées et venues des estafettes qui, journellement, apportaient et remportaient les lettres ; Marie-Louise avait même parfois communiqué à ses amis quelques-uns des billets de son mari. Les lettres connues, écrites dans le style le plus familier, donnaient bien la note qui avait dû être celle de la correspondance intime. L'ensemble des lettres retrouvées constitue une sorte de journal quotidien de Napoléon pendant les campagnes de 1812, de 1813 et de 1814 et, partant, un document unique. « Ils s'écrivaient chaque jour, souvent plusieurs fois par jour... C'est le caractère, le tempérament, le génie et l'âme même ! Là devant, on ne suppose ni ne déduit : l'homme apparaît (...) À côté (des lettres officielles), chaque jour, il y a les lettres familières et intimes que Napoléon adresse à sa chère Louise, à sa bonne Louise (...) Pensez qu'il lui écrivait du champ de bataille de la Moskowa, devant Moscou flambant, des bords de la Bérésina, de Lutzen, de Bautzen, et le soir de Champaubert, et le soir de Montereau, et de Fontainebleau quand il allait s'empoisonner » (Frédéric Masson).

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