• Un mythe peut sembler tomber du ciel, comme Icare, ou bien jaillir des flots, comme Aphrodite. Il en résulte un feu d'artifice de récits fabuleux faisant intervenir dieux, monstres et forces surnaturelles, mais aussi hommes et Histoire...
    Les mythes gréco-romains nous parlent du passé, mais aussi de nous-mêmes, car notre monde moderne reste pénétré des cultures de l'Antiquité. Les figures de Prométhée, Achille, Ulysse, Jason, OEdipe, Orphée, Sisyphe, Hercule, et bien d'autres encore, ont traversé les siècles et les arts, et leur histoire fascine toujours.

    Découvrez :
    Les mythes de la création du monde ;
    La famille olympienne et les autres divinités ;
    La naissance des hommes et les exploits héroïques ;
    Le monde des morts et ses mystères ;

  • En reprenant dès le titre un adverbe qui était cher à Maurice Genevoix (1890-1980), cet ouvrage a voulu évoquer l'expérience d'une rencontre vécue avec le grand écrivain et de cette autre rencontre qu'est la lecture de ses oeuvres. Dans La Mort de près (1972), l'ancien combattant de la Première Guerre mondiale a évoqué l'héroïsme de Ceux de 14 et la blessure qui faillit l'emporter lui-même, mais aussi d'autres approches de la mort. Nombreux sont ses livres où, toujours très attiré par la nature et se sentant très proche d'elle, il y a perçu aussi des combats et une présence étonnante de la mort. Au terme de Trente mille jours, il lui a pourtant été donné, comme à la jeune chasseresse de La Forêt perdue, « de voir s'entrouvrir sous [s]es yeux un monde vrai », qui est celui de la vie, de la « vraie vie ».

    Pierre Brunel a été professeur de littérature comparée à la Sorbonne. Il est membre de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques) et auteur de nombreux ouvrages.

    Étienne Crosnier est l'auteur d'articles de bibliophilie, d'une histoire de Suresnes et de recueils de poèmes. Il est titulaire d'une maîtrise de lettres modernes à la Sorbonne.

  • Métamorphose : le mot évoque des phénomènes étonnants que l'on observe dans la nature. Il évoque aussi des fables que l'on considère souvent comme insignifiantes. Pierre Brunel y a trouvé l'un de nos mythes les plus profonds. Empruntant des exemples à toutes les littératures, des plus anciennes aux plus contemporaines, des « Eddas » scandinaves au « Koji-ki » japonais, il étudie plus particulièrement quelques textes majeurs : « Les Métamorphoses » d'Ovide, « L'Âne d'or » d'Apulée, « Alice au pays des merveilles » et « De l'autre côté du miroir » de Lewis Carroll, « Les Chants de Maldoror »de Lautréamont, « La Métamorphose » de Kafka, etc. Il y met en évidence des contradictions qui sont peut-être, pour ce mythe, la garantie de sa survie. Paru initialement dans la série « Mythes » (que Pierre Brunel a d'ailleurs lui-même créée avec la collaboration de Pierre Sellier) de la collection U prisme, Armand Colin, en 1974, ce classique des études en littérature comparée était épuisé depuis une quinzaine d'années.
    Nicolas Vanlin, Fabula.

  • " lecteur et lectrice, vous êtes à présent mari et femme.
    Un grand lit conjugal accueille vos lectures parallèles. ludmilla ferme son livre, éteint sa lampe, abandonne sa tête sur l'oreiller, et dit : - eteins toi aussi. tu n'es pas fatigué de lire ? et toi : - encore un moment. je suis juste en train de finir si par une nuit d'hiver un voyageur, d'italo calvino. " si le livre des romans suspendus était en quête d'unité, cette unité ne pouvait se réduire à l'uniformité.
    L'esprit de la variation devait l'emporter sur la simple redite. l'épilogue offre une charmante modulation sur l'oreiller (sul guanciale). il y a mieux que la promesse, l'irradiation d'un simple bonheur. bonheur d'un mariage qui n'empêche pas chacun des conjoints de conserver sa personnalité. bonheur de lecture, d'une lecture qu'on peut partager mais qui, en définitive, n'appartient qu'à moi.

  • Il existe des biographies de Rimbaud. Celle-ci veut être une biographie intérieure, moins soucieuse d'accumuler des faits, authentiques ou légendaires, que de reconstituer ce qui est appelé "Vies" dans les Illuminations. A partir d'une signature, " Ce sans-coeur de Rimbaud ", Pierre Brunel a essayé de mieux comprendre les débuts poétiques, les décisions du voyant, la liaison avec Verlaine, l'entreprise de charité et ce " nouvel amour " qui peut prendre des dimensions cosmiques ou se réduire à la pratique de la masturbation. A Arthur, il oppose finalement son frère Frédéric, qui mourut " à un âge ordinaire ", mais dessine, en négatif, son génie même.

  • Pierre Brunel, réfléchissant sur l'oeuvre d'Arthur Rimbaud à partir de ce que Maurice Blanchot a appelé dans un livre de 1980 L'écriture du désastre, a voulu faire apparaître dans toute sa diversité et sa splendeur une progression et une diversité qui ne conduit nullement à un échec, mais à ce qu'il a appelé un « éclatant désastre ». Au-delà des mutations, des ruptures, des souffrances, l'évolution poétique de Rimbaud, de 1870 à 1875, l'a conduit d'une ambition encore parnassienne à une ambition démiurgique qui culmine, même s'il lui arrive de se briser, dans les Illuminations.

    Nouvelle édition revue et corrigée. Première édition dans la collection « Champ poétique » (1983)

  • Aimer Chopin

    Pierre Brunel

    Du plus loin que je me souvienne, j'ai aimé la musique de Chopin. Aussi quand on aime Chopin, et peut-être parce qu'on aime Chopin, il est difficile d'en parler. Le désespoir du créateur, Chopin l'a connu. Quel doit être alors le désespoir de celui qui essaie d'écrire sur lui et sur ses oeuvres, quand il n'a que les pauvres mots à sa disposition ! J'ai bien souvent, je l'avoue, manqué de confiance en moi et dans le seul langage auquel je pouvais avoir recours. Je suis persuadé, comme Félix Mendelssohn, qu'« une oeuvre musicale exprime une pensée non pas trop vague, mais trop précise pour être traduite par des mots ». Valse de l'adieu, Prélude de la goutte d'eau, Étude révolutionnaire... Ces titres font un peu partie de ma vie intérieure et j'ai décidé de les reprendre comme autant de jalons dans cette traversée de la vie et de l'oeuvre de Chopin. Il a pris lui-même ses distances à l'égard de ce type de titres, mais il n'a pas renoncé, sous une forme plus discrète, au pouvoir de suggestion des mots... Il n'est plus besoin de lutter aujourd hui pour imposer Chopin. Peu de compositeurs jouissent d'un prestige aussi universel. Mais il n'est pas interdit de vouloir le faire aimer ou mieux aimer encore. C'est la seule intention de ce livre.

  • Que serait la vie sans séduction ?
    Aussi la figure de don juan n'a-t-elle cessé d'inspirer écrivains, artistes et musiciens.

    Depuis el burlador de sevilla (l'abuseur de séville), publié en 1630 dans une collection de comédies attribuées à tirso de molina, quelque trois mille oeuvres mettent en scène le séducteur par excellence. jeune ou vieux, beau ou seulement intéressant de visage, marié ou non, père de nombreux enfants ou désespérément stérile, cynique ou hypocrite, gentilhomme ou moderne pdg, rebelle à l'amour ou sentimental - don juan peut prendre tous les visages, y compris celui d'une femme.

    Ce dictionnaire dresse le catalogue de toutes ces réincarnations. on y trouve bien entendu les don juan canoniques de molière, mozart, byron, pouchkine, shaw, kierkegaard, max frisch, strauss ou montherlant. mais les auteurs moins connus ne sont pas négligés pour autant. anna de noailles s'est intéressée à don juan, tout comme suarès ou roger vailland. des articles de synthèse retracent la carrière de don juan dans tel ou tel pays, la bohême ou la scandinavie, par exemple.
    Font également l'objet d'articles les compagnons de don juan, ses comparses, ses victimes : anna, elvire, ottavio. le mythe de don juan enfin est associé à certains thèmes : l'amour, l'argent, l'inconstance, la trahison, le destin, la mort, la paternité, la vieillesse. plus de 100 collaborateurs ont ainsi rédigé 300 notices consacrées à des écrivains, des musiciens, des peintres, des personnages, des lieux, des thèmes.
    Les renvois permettent de suivre toutes les métamorphoses de don juan.
    Robert kopp.

  • Rien n'est plus captivant que d'écouter un passionné !
    C'est parce qu'il a enseigné durant quarante ans la littérature générale et comparée à la Sorbonne que son anthologie est différente. Normalien, agrégé de lettres classiques donc amoureux de l'Antiquité grecque..., Pierre Brunel a suivi sa pente naturelle en ponctuant son commentaire de citations empruntées aux textes littéraires modernes et classiques, car il est vrai qu'il n'est pas de survie de l'art sans cette « vraie vie » dont parlait si bien Proust : « La vie enfin éclaircie, la seule vie par conséquent vécue, c'est la littérature. » Et le professeur Pierre Brunel d'ajouter qu'elle l'inspire et lui confère une patine qui n'est plus seulement celle du temps, mais celle des mots !
    Une présentation chronologique...
    Pour nous inviter à le suivre dans ce merveilleux voyage à travers sa sélection des plus belles oeuvres de l'art grec, l'auteur a pris le parti des historiens d'art en procédant par chronologie, en évitant toutefois l'abus des subdivisions qui créent plus de confusion qu'elles n'apportent de clarté à la compréhension.
    Un travail minutieux, une iconographie renouvelée !
    Pour son « musée imaginaire », Pierre Brunel s'est également appuyé sur les travaux suggestifs et rigoureux de chercheurs comme Louis Hourticq (1948), René Ginouvès (1964), tout en s'aidant de travaux plus récents comme ceux de Claude Rolley sur la sculpture grecque (1994). L'album du R.P. Raymond V. Schoder « Chefs-d'oeuvre de l'art grec », tout à fait exceptionnel par son organisation et sa clarté, a constitué pour l'auteur un modèle de présentation, cependant largement enrichie d'une iconographie renouvelée, de remarquable qualité.
    Avec cette anthologie, Pierre Brunel ne nous propose pas un livre de plus sur un sujet déjà bien riche en publications de toutes sortes, mais un ouvrage vraiment différent, très personnel, ou la littérature accompagne le lecteur, l'instruit et le guide au fil de chaque page !

  • Ce livre, complément de Glissements du roman français au XXe siècle (Klincksieck), évoque un siècle de roman féminin, du Visage émerveillé de la Comtesse de Noailles en 1904 à Rosie Carpe qui valut le prix Fémina à Marie Ndiaye en 2001.
    L'auteur procède par grands regroupements, mais pour mieux mettre en valeur des oeuvres représentatives. S'il met en doute que l'écriture féminine soit AUTRE, il est persuadé qu'elle mérite d'être dite à voix HAUTE et qu'il faut envisager avec sérénité l'avenir de la littérature française.

  • Ce travail n'est pas celui d'un " tout jeune homme ", et je me suis toujours gardé d'une quelconque identification avec l'auteur des Déserts de l'amour, qui est devenu celui des Illuminations.
    Achevé presque au terme d'une longue carrière universitaire, il est pourtant l'aboutissement d'une promesse ancienne. Pierre-Georges Castex, recevant l'un de mes premiers articles sur Rimbaud, me dit en effet : " Vous devriez publier une édition commentée des Illuminations ". Cette " série de superbes fragments ", pour reprendre l'expression de Verlaine, constituait en effet pour lui le livre capital ".
    Entre l'apparat critique et les prolongements, fallait-il donc avoir la prétention de glisser des commentaires, qui occupent finalement le plus grand espace dans ce livre ? " Commentaire ", ce mot parait bien scolaire, et guerrier à la fois si l'on pense à César. Rimbaud a choisi, à partir d'août 1870, et surtout en mai 1871, d'échapper au carcan de l'école. Même s'il était fils de militaire, la vie de caserne et la discipline de l'armée ont toujours été sa hantise.
    Face aux Illuminations, la tentation est grande alors de jeter les livres, - à commencer par celui que je prépare. Mais les Illuminations sont là, devant nous. Avec ou sans commentaires, elles exercent toujours la même fascination. C'est à elles qu'il faut revenir, et à elles seules. Telle est du moins ma conviction à l'orée de ce volume et au terme d'un travail qui n'aura de mérite pour moi que de me les faire plus précisément approcher.

  • La collection " Écriture " dirigée par Béatrice Didier, professeur à l'École normale supérieure - Ulm, publie des essais sur divers problèmes théoriques concernant la littérature au sens large, témoignant de différentes sensibilités et approches du monde littéraire.

  • Don Juan passe pour être un personnage insolent.
    Il a quelque chose d'insolite aussi car à beaucoup d'égards il est en rupture de ban avec sa famille, avec la société dans laquelle il évolue, avec la religion. Du XVIIe siècle à nos jours, à travers littératures française et étrangères, on assiste donc à ces métamorphoses quand l'imagination des auteurs se donne libre cours. Ces auteurs peuvent être les plus connus (Molière) ou moins connus de nous (Alexis Tolstoï), attendus (Dumas père) ou inattendus (Roland Topor). Mais l'ouvrage déroule surtout des Don Juans surprenants dont le génie brise les codes esthétiques comme les autres.

  • Pierre Brunel Rimbaud Il y a eu très tôt une légende Rimbaud : celle du poète adolescent, de «l'homme aux semelles de vent», et du «passant considérable» qui n'eut ni le désir ni le temps d'une carrière d'écrivain. Des premiers poèmes aux derniers, cinq années simplement s'écoulent, mais entre la modernité de Baudelaire et celle de Mallarmé, cette fulgurance suffit pour que Rimbaud devienne l'une des sources vives du siècle poétique qui suivra.
    La légende, néanmoins, ne doit pas nous cacher les textes, et l'objet de ce livre - qui se referme sur une anthologie - est de les présenter et de les analyser, de montrer le lien qu'ils entretiennent avec la poésie de leur temps mais aussi la rupture qu'introduit le jeune Rimbaud qui cherche une «langue nouvelle» et tente de définir à travers la Voyance une poétique qui lui soit propre avant d'abandonner les vers pour des écritures différentes : Une saison en enfer et les poèmes en prose des Illuminations.
    Après quoi, sans se retourner en arrière, il s'en va vers l'Abyssinie dont il ne reviendra que pour mourir en 1891. «Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud !», écrira René Char : «Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi.»

  • Don Quichotte peut être considéré comme le dernier des romans de chevalerie ou comme le premier des romans modernes. Entre ces deux extrêmes, l'analyse proposée ici évolue capricieusement. Le célèbre livre se trouve défini moins comme un roman ou même comme un antiroman que comme un pseudo-roman. Pour devenir Don Quichotte, Alonso Quijano imite les héros de romans, et aussi ceux des poèmes héroïques, avant de redevenir lui-même et de prendre un vrai visage humain.
    Dans cet essai de littérature comparée, l'auteur a pris le parti d'un va-et-vient entre des modèles anciens, comme L'Âne d'or d'Apulée et des héritiers modernes, Italo Calvino ou même Raymond Queneau. Sans doute faut-il fixer une chronologie à partir de l'année 1605, comme les célébrations du quatrième centenaire du premier Don Quichotte y invitent. Mais dans les dix années qui ont suivi, jusqu'à la Deuxième Partie de 1615, tout se brouille déjà avec l'intrusion de « l'apocryphe », le Second Tome d'Avellaneda. Il en résulte, pour la riche postérité du pseudo-roman, un étonnant imbroglio auquel se trouvent mêlés Lesage et Sterne au XVIIIe siècle, Thomas Mann et Calvino au XXe - d'autres encore, évoqués de manière plus fugitive.
    En définitive, les aventures romanesques de Don Quichotte et les aventures du romanesque tel qu'il se dessine à partir de lui sont inséparables. Et c'est cette intrication qui est fondatrice du roman moderne, quand la culture et l'imagination s'allient à la plus éblouissante des virtuosités.

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