• Sous nos yeux, notre société matérialiste, frappée de pestilence, s'est décomposée en quelques semaines. Ce que d'aucuns appellent d'un mot approprié le « darwino-capitalisme », ce pouvoir économique hostile aux faibles et impitoyable aux inutiles, a trouvé plus fort que lui.

    Cet essai n'est pas un livre de plus sur la pandémie mais sur ce que nous avons consenti à perdre. Et si la nouvelle peste affectait nos sensibilités et nos valeurs humanistes depuis longtemps ? Ce drame attente à notre vérité profonde, à notre dignité, et telle est bien la seule question qui vaille la peine d'être posée : sommes-nous restés humains ? À moins que dans le culte de la performance et son progressisme militant, ce fanatisme propre aux utopies, nous ayons progressivement perdu notre humanité.

  • On entend souvent prononcer les mots d'humanisme et de liberté. C'est d'abord qu'humanitas et libertas sont liées par des rapports pratiques, historiques et philosophiques très profonds. On se doute que des valeurs aussi vitales dans la culture européenne ont toujours besoin d'être étudiées pour être défendues. Voilà précisément la fonction que l'auteur reconnaît aux intellectuels humanistes. Si telle est leur utilité, loin de constituer une catégorie nouvelle, les intellectuels humanistes ont toujours existé depuis Pic de la Mirandole et depuis Érasme. Mais mieux vaudrait demander : qui sont-ils actuellement ? Ils appartiennent à ces travailleurs de l'esprit, chercheurs, professeurs, savants, confrontés à leur condition d'intelligences modernes assiégées par l'économie. Ils sont les premiers concernés par l'inexorable métamorphose des institutions du savoir, universités et autres, censées garantir la liberté de penser. Depuis que celles-ci ont franchi le cap qui sépare leur devoir-être humaniste du règne des purs échanges techniques, elles n'opposent plus aucune résistance à la rentabilité où une idée, fût-elle la libertas, vaut son seul prix d'objet marchand.
    Dans ce livre la théorie mène à la pratique. Cette recherche définit la liberté d'esprit et parle pour elle en compagnie des grands précurseurs de la Renaissance. Avec eux et souvent dans leur sillage figurent quelques noms prestigieux de l'humanisme intellectuel du XXe siècle : Aby Warburg, Alfred Weber, Erwin Panofsky, Edgar Wind, Eugenio Garin ou Ezio Raimondi. À entrer dans leur pensée et à les écouter, le lecteur retrouve sa propre liberté d'esprit.

  • Qu'est-ce que l'humanitas ?
    Qu'est-ce qui a conduit l'humanisme contemporain à n'être plus qu'un fétiche verbal en Europe ?
    Et qu'est-ce que la rentabilité, dernier antihumanisme en date à menacer le savoir dans ses humanités?
    Telles sont les questions traitées dans ce premier volume d'études, Humanitas et Rentabilité, consacrées aux humanismes et aux antihumanismes du Quattrocento à nos jours.
    Entre les abstractions de l'anthropologie et les approximations de l'humanitarisme, il n'est qu'un seul chemin pour retrouver l'humanité qui s'éloigne : l'exactitude philosophique.
    La Renaissance italienne guide ces recherches, qui tentent d'imposer une clarté historique à des principes vagues et d'opposer des principes clairs à la fuite des idées.

  • 1812. Les armées de Napoléon s'apprêtent à entrer dans Moscou. Le gouverneur Rostopchine fait détruire les bouches d'incendie et libérer tous les prisonniers de droit commun avec un seul mot d'ordre : ils seront amnistiés s'ils acceptent d'incendier la ville. Au coeur du brasier infernal qu'est devenue Moscou, un homme est totalement indifférent au danger. Vassili est prêt à tout pour atteindre un but inatteignable : retrouver sa famille.

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