Ma vie en chiffres (préface Pierre Bergounioux)

À propos

C'est là justement que le 29 mars 1957 j'étais en train d'absorber le 5372ème croissant de mon existence (je ne m'y suis mis que tard au croissant, avant mes moyens ne me permettaient que la mie de pain, lorsque - mais tout d'abord je dois compléter les renseignements que je fournissais tout à l'heure quant à mon alimentation : ces moyennes ne comprennent pas le samedi, car le samedi je fais la fête. Je me permets le sucre, l'amidon, l'acide iodhydrique, l'anhydride sulfureux, etc...
Toutes choses que je me refuse dans le courant de la semaine.
Depuis le groupe surréaliste - qu'il quitte en 1929 et dont il retient la conjugaison de la fantaisie débridée avec la construction rigoureuse - jusqu'à l'Oulipo - où il entre en 1961 poussé par la volonté d'échapper au flou de l'inspiration - toute l'oeuvre de Raymond Queneau, infatigable lecteur, infatigable curieux, est traversée par l'humour et la cocasserie, truffée de trouvailles littéraires qui sont l'effet d'une réflexion sur le langage. Amateur de calembours, citations, pastiches, parodies ;
à la fois romancier, satrape, poète, chansonnier scénariste ou peintre, Queneau distille dans ses textes nombre d'allusions autobiographiques, souvent indirectes ou voilées : déjà en 1937 dans Odile il est permis de deviner le récit de la rupture avec Breton.
Ma vie en chiffres rassemble ses tentatives autobiographiques inédites, sérieuses ou pas...
D'abord sous la forme d'une ode aux mathématiques où tout est prétexte aux pirouettes algébriques, où l'«eggsistence» du narrateur est rythmé par le comptage obsessionnel (du nombre d'heures travaillées à la quantité de croissants ingérés), puis sous celle d'une fiction avortée, l'Autobiographie trafiquée : tout décrit une existence banale finalement perturbée par la folie créatrice.
La verve de Raymond Queneau, oscillation permanente entre rêve et réalité, entre littérature et langue parlée, ne se sépare jamais de cet humour savant voué à nous régaler. Le Collège de 'Pataphysique dont il fût membre aux côtés de Boris Vian ou Max Ernst n'est pas loin : chaque texte est une mise en pièce de la vision traditionnelle et élève, plein d'espiègleries, un regard nouveau sur le monde.

Rayons : Littérature générale > Littérature argumentative > Essai littéraire

  • Auteur(s)

    Raymond Queneau

  • Éditeur

    Fata Morgana

  • Date de parution

    21/01/2022

  • EAN

    9782377920969

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    48 Pages

  • Longueur

    22 cm

  • Largeur

    14 cm

  • Épaisseur

    0.6 cm

  • Poids

    110 g

  • Distributeur

    Belles Lettres

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Raymond Queneau

Dès 1924, Raymond Queneau adhère au mouvement surréaliste, qu'il quittera en 1929 pour des raisons, affirmera-t-il, strictement personnelles. Il commence à s'intéresser aux fous littéraires, dont il compile les écrits. Il publie son premier livre 'Le Chiendent', et obtient le prix des Deux-Magots. A trente-trois ans, il devient, en tant que lecteur d'anglais, membre du comité de lecture des Editions Gallimard. 'Zazie dans le métro', son roman le plus connu paraît en 1959. Queneau y fait preuve d'un grand sens de l'humour et d'une inventivité formelle parfaite. Le livre sera adapté au cinéma par Louis Malle. Raymond Queneau est également le parrain du premier volume de la fameuse collection de la Pléiade.

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